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Charlie Mensuel

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Wheelan

Charlie mensuel, revue de bande dessinée des éditions du Square, active de 1969 à 1986, était un pilier de la presse bd pour adule. Un incroyable vivier d’auteurs et de dessinateurs, des classiques du comic-strip (Krazy Kat, Peanuts, Andy Capp, Popeye…) à l’avant-garde européenne (Crepax, Masse, Pichard, Druillet…) en passant par des auteurs ‘Mad’ (Kurtzman, Gotlib, Mandryka..). Sans oublier l’école italo-argentine (Breccia, Buzzelli, Munoz, Quino), des francs tireurs tels que Topor, Bosc ou Willem, ou les auteurs maison (Cabu, Cavanna, Gébé, Reiser, Wolinski..).

charlie pichard 

Pichard

Mais Charlie mensuel, c’était surtout de formidables couvertures. Usant très souvent de ce procédé – également utilisé par Robial pour certaines couvertures de la collection 30X40 de Futuropolis – consistant à agrandir et recadrer un élément du dessin ou une case de la planche, afin de créer une couverture originale.

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Herriman

Une technique issue du Pop Art, en particulier les œuvres de Lichtenstein (bien que créées de toute pièce, ses compositions donnent l’impression, de par ces effets de trame, d’être des cases de bandes dessinées agrandies) ou de Warhol, qui reformatait et agrandissait des photos issues de papiers journaux (voir sa série des chaises électriques..). L’usage de couleurs vives et décalées renforce cette filiation au Pop Art !

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Varenne

Ces superbes couvertures se suffisent à elles-mêmes. Belles et puissantes, elles peuvent s’exposer telles de véritables œuvres d’Art. Et heureusement, Charlie mensuel n’était pas qu’un contenant, son contenu était d’un haut niveau, rarement égalé depuis…

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Sydney Jordan

Librairie Goscinny

BDoubliées

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Bonheurs Mélancoliques – Ivars (Zebu éditions, 1996)

 

Bonheurs Mélancoliques - Ivars (Zebu éditions, 1996) dans Chroniques BD bonheursmelancoliques

Ivars sévit depuis de nombreuses années dans les pages du Psikopat. Son style humoristique, aux formes rondes et caricaturales lui permettent de faire passer la pilule plutôt amère des thèmes qu’il traite (la dépression, le suicide, le voyeurisme, la perversion…). Car à la question peut-on rire de tout ? Ivars y répond par la positive (sans pour autant positiver), sans tabous. Et il ne nous épargne rien. Dans ce Bonheurs mélancoliques, il prend un malin plaisir à mettre ses personnages dans des situations malsaines et honteuses. Dans son album laissez nous vivre, il invente les manières les plus débiles pour mettre fin à ses jours, à l’image du chien qui cherche à se noyer dans sa collerette…

Malgré les apparences, Ivars a beaucoup de tendresse pour ces personnages qui agissent au gré de leurs pulsions. Et on prend un malin plaisir à les voir évoluer dans des situations catastrophiques et irréversibles (mieux vaut eux que nous !). Car se laisser aller à nos instincts les plus vils n’apporte que des ennuis. Ouf, la morale est sauve… Les maux de nos sociétés individualistes sont passés au crible de son humour ravageur et tendre à la fois. Ivars possède un sens de la chute cruelle et absurde, qu’on n’avait pas vu depuis le Pervers Pépère de Gotlib…

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eric-ivars.com

Tout et son contraire – Philippe Vandel (France Info)

Tout et son contraire - Philippe Vandel (France Info) dans Plein les ouies 350pxphilippevandel

Tout et son contraire est l’émission quotidienne de Philippe Vandel. Découpée en 3 ou 4 parties, réparties tout aux long de la journée dans la grille des programmes de France Info, l’émission nous permet d’entendre bon nombre de gens (artistes, journalistes, musiciens, hommes politiques…) qui ne jouissent pas d’une grande couverture médiatique. En particulier des auteurs de bandes dessinées (certes, les plus connus tels que Wolinski, Cabu, Dionnet, Algoud, Binet, Margerin, Zep, Gotlib, Petillon, Moebius, Sfar…), qu’il est toujours bien sympa d’entendre sur les ondes…

J’aime bien sa manière candide de poser des questions qui, l’air de rien, sont toujours pertinentes et judicieusement enchainées. Ce qui favorise la complicité, la confidence… De plus, et ce n’est pas négligeable, Vandel connait très bien ses sujets. Il n’est jamais approximatif. La qualité des réponses, sans langue de bois, nous le confirme. Un ton qui nous change de la plupart des interviews télévisées… Je vous incite fortement à découvrir la page web de l’émission – bien foutu, avec à chaque fois une présentation claire et succincte de l’invité – et piocher dans la longue liste des interviewés, sur le site de France Info.

 

Mad se paie une toile – Collectif (Neptune, 1984)

Mad se paie une toile - Collectif (Neptune, 1984) dans Chroniques BD mad0222092003

Mad, la référence. Là où a commencé l’aventure de la bande dessinée humoristique pour adulte. Dans une époque d’après guerre où les mœurs et modèles de société ont irrémédiablement changé, est apparu auprès d’une nouvelle génération d’artistes un sentiment de liberté et une certaine revanche sur la vie, qui n’était pas qu’illusion et beaux discours. Cela dit, les années 50 étaient encore très conservatrices, mais brulait déjà les braises de la future contre-culture made in US (à base de beat génération, de rock n’ roll, de cinéma d’exploitation, de comics…), devenant un modèle culturel qui s’exportera très bien.

Mad est l’un des piliers fondateurs de cette contre-culture, qui influencera la bande dessinée underground des années 60, à nos jours. Goscinny, Crumb, Spiegelman, Gotlib, Mandryka, Moebius, Shelton, Petillon, Daniel Clowes… Tous ont été marqués au fer rouge par la revue de la bande à Kurtzman. Par cet humour absurde, à plusieurs niveaux de lecture, parodiant le monde qui l’entoure (essentiellement culturel), abordant de façon satirique des thèmes de sociétés…

« Mad, ses parodies dévastatrices, ses outrances ravageuses, ses vulgarités bienfaitrices, ses gags énormes et jamais vus. Et ses plaisanteries énigmatiques. Que signifie « Potrzebie » ? Et « Fershlugginer » ? Mystère. Des mots cabalistiques placés par Kurtzman ici et là, toutes les fois où il ne savait pas quoi y foutre d’autre, probablement. On en fini pas de répertorier les trouvailles du Maître. Les coups de révolver entre les yeux qui laissent de beaux trous bien ronds, comme percés au vilbrequin. Les milliers de panneaux disposés un peu partout et indiquant que « Killroy était ici » ou qu’il fallait « Manger chez Joe » ou demandant « A propos, comment va ta mère, Ed ? » Personnages aux expressions outrageusement démentielles, hystérie collective, cases parasitées par une multitude de gags dans les gags dans les gags, bande dessinée faite par d’authentiques aliénés mentaux et engendrant ce rire, le plus énorme qui soit. Ce rire qui fait tellement de bien par où ça passe ! » (Gotlib en préface)

L’audace graphique est privilégiée, publiant des dessinateurs dingues (entre génie et folie) mais surtout non-académiques, en décalage par rapport aux canons officiels du dessin de presse. Tous les artistes qui ont œuvrés pour Mad sont rapidement devenus des références incontournables dans le monde du 9ème art : Wallace Wood, Will Elder, Jack Davis, Don Martin ou Basil Wolverton (je vous renvoi au dernier T’ar ta lacrèm’ de Frémion, consacré à cet auteur, dans le fluide n°414)…

Co-traduit (avec entre autres Jacques Lob) et préfacé par Gotlib, cet album regroupe les parodies de films (marque de fabrique de la revue) qui ont été réalisées dans le journal du n’9 au n°23, soit de février 54 à mai 55. De Jules César à King Kong, de L’équipé sauvage à Ouragan sur le Caine… Kurtzman et ses acolytes (Wood, Davis et Elder, ainsi que Krigstein et Severin) revisitent donc certains grands classiques de l’âge d’or du cinéma américain. Le tout entrecoupés de réflexions pertinentes (et madiennes !) sur la conception des affiches de films, la technique du slow-motion, les différences entre un livre et son adaptation cinématographique, ou encore les scènes qu’on aimerait réellement voir dans un film…

Kurtzman et ses amis s’amusent avec les codes du médium (montages photos, itérations iconiques, etc.), prenant les lecteurs à témoin de leurs délires. Wallace Wood est le roi du détail de second et troisième plan, nous obligeant à scruter ses dessins pour en saisir toutes les subtilités. Jack Davis est plus contrasté, plus excessif dans les mouvements (ce qui a surement marqué un Gotlib !) Will Edler se situe entre les deux, dynamique et minutieux. Bernie Krigstein est à part. Il est plus stylisé. Son graphisme expressif fait plutôt référence au cubisme (mouvements excessifs, formes anguleuses et anatomies déformées). Le graphisme de John Severin se rapproche plus des 3 premiers…

Bref, ce Mad se paie une toile est un ouvrage de référence, le deuxième volume d’une anthologie qui en compte 5, initiée en 1978 par les éditions du Fromage, et terminée en 1987 chez Albin Michel. Une série jamais réédités depuis…

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démonstration de Slow Motion par Jack Davis

http://www.dccomics.com/mad/

HERGE (2ème partie) – Pierre Assouline (Folio Gallimard, 1998)

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Je referme cette riche biographie avec le sentiment d’avoir enfin découvert Hergé. Un homme avec ses qualités (patient, candide, affable, modeste, fidèle en amitié…) et ses défauts (orgueilleux, égocentrique, puritain, colérique, fuyant les conflits, maniaque…). Un personnage ambigu dans ses relations aux autres mais pourtant très clair vis à vis de lui même. Un angoissé, qui dans le fond n’aura qu’une obsession, atteindre la sagesse et la pleinitude. Il deviendra au fil du temps un érudit en matière de philosophie orientale (le Taoisme en particulier), d’ésotérisme et de parapsychologie (grâce à sa rencontre avec Jacques Bergier, co-auteur du livre Le Matin des Magiciens, et de la revue Planète). Un artiste qui tentera d’autres expériences (la peinture, le cinéma en cherchant à adapter Tintin…) mais qui reviendra toujours à la bande dessinée, car en bon perfectionniste qui se respecte, il se rend compte que c’est véritablement dans ce domaine qu’il excèle.

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 Hergé par Jacobs

J’ai appris également qu’Hergé n’était pas un dessinateur isolé dans une tour d’ivoire, mais un amateur éclairé qui; à la fin de sa vie, s’intéresse grandement à ce qui se fait dans la bande dessinée moderne. Il est très ouvert d’esprit et apprécie à leur juste valeur les productions de la nouvelle génération, des auteurs qui se situent pourtant aux antipodes de son oeuvre. Pierre Assouline nous raconte : « Il tiens Sempé pour le La Bruyère du XXème siècle, et sous la plume de cet honnête homme, il n’est pas de plus beau compliment. Les planches des Frustrés de Claire Bretécher sont d’une férocité et d’un pathétique qui l’enchantent et lui procurent un vrai bonheur de lecture, qu’il s’agissent des dessins ou des dialogues. En dehors d’hommes comme Jacobs, Cuvelier, Schulz ou Johnny Hart, qu’il considère déjà comme des classiques ,Hergé loue volontierles qualités d’artistes tels que Jean Giraud dit Gir dit Moebius, Hermann, Gébé (« qui n’a que du talent »), Franquin (« prodigieux dessinateur »), Gotlib ou Raymond Macherot, le créateur d’Anthracite et de Chlorophylle, qu’il juge l’égal de Walt Disney dans sa manière de camper le caractère des animaux. Il lit d’une traite Les Six Voyages de Lone Sloane, un héros auprès duquel Tintin lui paraît excessivement bourgeois et raisonnable. Son auteur Philippe Druillet est un des rares, selon lui, à donner une dimension nouvelle à la BD, plus proche de l’onirisme que du fantastique. Il se délecte de ses grandes images « à la fois précises, minutieuses et fulgurantes où tout fuse et explose dans une sorte de délire graphique ». Quant à Jean-Claude Mézières, qu’il peut se flatter d’avoir repéré dès l’âge de 15 ans, Hergé se dit impressionné par se capacité d’invention et sa puissance de composition. Après avoir lu L’Ambassadeur des ombres, les Oiseaux du maitre, Le pays sans étoiles ou l’Empire des mille plamètes, il va même jusqu’à évoquer Jérôme Bosch et Gustave Doré, c’est dire !

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Tintin par Moebius

Mais à ses yeux, Fred, pilier de Pilote où il dessine Philémon et scénarise Timoléon, demeure largement au-dessus du lot. Pour sa faculté à se dégager de l’influence américaine. Pour la dimension poétique et la lisibilité de son dessin. Pour son irrespect à l’endroit des institutions. Pour sa faculté de faire croire à l’incroyable. Et pour ce mélange de surréalisme, de loufoque, d’inquiétude, d’absurde, de logique qui n’appartiennent qu’à lui.
Pour être ouvert à la culture d’une autre génération de dessinateurs, Hergé n’est pas pour autant prêt à accepter n’importe quoi. Ni jeuniste, ni démagogue, il met un frein à ses enthousiasmes. Peu lui chaut de passer pour conservateur. Il distinguera toujours les créateurs des fabriquants. Et les artistes du reste des fournisseurs. En fait, seuls la vulgarité, la confusion et le travail bâclé le choquent vraiment. Ainsi, en découvrant un paquet de bandes dessinées underground expédié d’Amsterdam, il ne le récuse pas globalement. Il apprécie les dessins de Robert Crumb et parvient même à trouver « intéressantes » les bandes les plus pornographiques tant leur agressivité, leur bonne humeur et leur exagérations les rendent finalement comiques ».
Ces attraits pour les auteurs modernes nous en apprend bien plus sur lui, sa personnalité, son ouverture d’esprit… Bien plus qu’une enième analyse.

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Hommage de Tibet

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