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Snack « avec surgelés de qualité » – Besseron (Même Pas Mal éditions, 2011)

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Nouvelle livraison de Besseron, qui nous proposent dans ce paquet de Snack, des histoires fraichement décongelées du Psikopat ou de Jukebox. Je savoure avec délice cet humour absurde et débile plutôt épicé, ce graphisme copieux et généreux.

Au menu, un boucher jaloux, un super héros loser, un mauvais perdant, de jeunes skateurs, une course poursuite sans suite, des chasseurs de lapins… Besseron n’épargne pas ses contemporains et dresse des portraits peu flatteurs mais pourtant si vrai de ceux que l’on nomme communément « les beaufs ».

Ce plateau d’amuse-gueule d’une à deux pages, servi par Même Pas Mal, se picore ou se dévore, c’est selon votre appétit. Toujours est-il que ce Snack se digère facilement car le gras de l’humour (qui donne du goût !) se marie parfaitement avec ce style tranché jusqu’à l’os.

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Besseron a du talent. Frémion ne s’y est pas trompé en l’interviewant dans sa chronique « Que vous êtes joli, que vous semblez beau ! » du dernier Fluide Glacial (n°422) :

- Tu publies chez Ferraille et dans le Psikopat, ici chez Mêmepasmal : tu évites les grands éditeurs délibérément ?

Besseron : Bien évidemment non, mais quand un éditeur indépendant me propose de publier mon travail bien présenté sur un joli papier, je vois pas pourquoi je refuserais. Les indépendants et moi c’est une grande histoire d’amour depuis pas mal d’années déjà. Cependant je vais bientôt refaire équipe avec mon camarade Frédéric Felder avec qui j’ai fait l’album « Meli Bielo ».

- La forme courte, de quelques pages au plus, devient rare. Tu sembles exceller dans ce genre lui aussi moins commercial. C’est un choix ?

Besseron : Il est vrai que les histoires courtes sur quelques pages ne me causent plus trop de problèmes, ça c’est le résultat de plusieurs années de publications dans des magazines et autres collectifs en tout genre. Ca a été un choix, mais c’est devenu un handicap pour les longs récits. Réaliser une histoire de soixante pages est maintenant pour moi un vrai défi.

- L’humour noir a peu de supports en France, troisième choix non commercial de ta part. Tu veux vraiment mourir de faim ?    

Besseron : l’humour noir c’est ce que j’aime et les histoires les plus courtes sont les meilleures dans ce domaine, je suis pas sûr de mourir de faim.

- [...] Tes mains, elles n’ont que quatre doigts : c’est un hommage à ce flemmard de Disney ?   

Besseron : Non, c’est juste qu’une main à cinq doigts m’amène à faire des doigts trop fins et cela ne colle pas avec mes personnages. Tandis qu’une main à quatre doigts en forme de knacki est beaucoup plus adaptée. J’ai toujours dessiné des mains à quatre doigts, sans même m’en rendre compte, jusqu’au jour où quelqu’un m’a dit « Tiens tu fais des mains à quatre doigts », je me suis souvenu qu’enfant j’étais un grand fan de « Super Matou » et « Horace » de Poirier dans Pif magazine, qui ont fait partie de mes premières lectures, ça vient aussi peut-être de là.

- Globalement, ton inspiration vient d’où ? De la vie quotidienne ? Tu devrais déménager un de ces jours, non ?

Besseron : Mes parents ont tenu un bar pendant vingt-cinq ans dans un village du Poitou et j’ai vécu une grande partie de mon enfance et adolescence derrière un comptoir d’un mètre dix où j’ai pu m’imbiber et m’inspirer d’une clientèle (pieds de vigne) qui étaient déjà pour moi des personnages de BD.

http://besseronolivier.free.fr/

The Autobiography of Me Too… – Bouzard (les Requins Marteaux, 2004-08)

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J’ai découvert Bouzard dans les pages de Fluide Glacial avec son Club des quatre et dans Ferraille Illustrée, où il exprimait déjà sa passion du football avec les aventures du FC Ferraille. Il est également scénariste pour Besseron (Claude et Jérémy) et s’est fait connaître dans les pages de Jade avec son super héros abruti Plageman. Bouzard a su renouveler le genre autobiographique en y injectant une bonne dose d’absurde, d’autodérision, et malgré tout un peu de vérité… Il est devenu son propre héros de BD !

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Proche dans l’esprit du Retour à la Terre de Larcenet et Ferri (mais en moins sentimental), Bouzard nous raconte sa vie de trentenaire installé à la campagne avec son amie, son chien stupide (qui parle et s’habille comme tout le monde), ses potes d’apéro, le patron du bar, les nouveaux X-Men, Dieu ou Lemmy de Motorhead… Des situations banales qui tombent à chaque fois dans le délire, le grand n’importe quoi. C’est génialement con ! Bouzard est un fan de Punk Hardcore (qui craint le « Jazz mou ») et ça se ressent…

Dans cette série excelle toute la virtuosité et la vivacité de son trait. Le fait de s’imposer une structure en gaufrier l’oblige à faire preuve d’une inventivité constante. C’est de cette contrainte que son style humoristique, expressionniste et « underground » prend toute son ampleur et sa démesure. Avec de belles couvertures collorées, ce dynamisme des planches associé au dynamisme du trait, les Autobiography of me too sont des albums qui vous sautent littéralement à la figure et accrochent le regard. Un régal !

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Débutée dans le My Way de Chester, cette série fut diffusée dans les pages du Psikopat. En noir et blanc, les 3 premiers volumes sont édités chez les Requins Marteaux (dans la belle collection Centripete)… Le quatrième (Autobiography of a Mitroll), tout en couleurs, est sorti dans la collection Poisson Pilote de Dargaud. De même que son Football Football, une compilation des strips qu’il dessina pour le journal Sofoot (entre 2006 et 2007) comprennant également un compte rendu dessiné de la coupe du monde 2006. C’est super marrant et toujours super con (genre Steve Marlet est-il le fils de Bob Marlet ?), même si on est pas super fan du ballon rond (et oui, il y en a !).

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Bouzard sur Bédétheque

JADE (revue) – 6 Pieds Sous Terre

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Dernier numéro

Chaque magazine de BD a des intentions, des objectifs (et des moyens) qui lui sont propre. Différentes manières de concevoir, présenter, critiquer, penser la Bande Dessinée… 
De fait, la plupart sont des catalogues, des vitrines, permettant aux maisons d’édition de présenter leurs séries avant de les éditer… Que leurs nouveaux auteurs trouvent un public… Que leurs ouvrages se vendent…Cela se vérifie aussi bien chez les grandes maisons (Dupuis-Dargaud-Lombard avec Spirou Le Strip ou Kid Paddle, Soleil avec Lanfeust Mag, Glenat avec Tchô, et qui a récupéré L’Echo des Savannes, etc.) que chez les « indépendants » (Audie avec Fluide Glacial, les éditions du Zebu avec le Psikopat, l’Association avec Lapin, Les Requins Marteaux avec le formidable et regretté Ferraille Illustré…)
Un Art, la Bande Dessinée est également un produit de consommation culturelle. Il faut bien que les artistes vivent… C’est le but de moult publications périodiques que de promouvoir leurs produits « maisons ».
Je ne critique pas cet état de fait, au contraire. En tant qu’ amateur (donc consommateur) de BD, je suis heureux de voir que le marché se porte bien. Avoir un maximum de choix, faire des découvertes… C’est pour moi la vocation première d’un magazine, d’une revue… Et même si la presse BD se porte un peu mieux depuis quelques temps, je déplore qu’il n’y ait plus de choix correspondant à mes attentes (une vraie ligne éditoriale qui ne soient pas qu’une suite de présentation d’albums, développant un vrai sens critique mais surtout, nous proposant des histoires inédites, de nouveaux auteurs…
Nombre de revues, de fanzines (PLG par exemple) mériterait d’être diffusés en kiosque, plus accessibles…

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Deuxième formule

C’est donc par hasard, entre deux BD du rayon « indépendants », que je tombe sur le Jade 2503U , la revue des éditions 6 Pieds Sous Terre. Je croyais à une nouveauté mais en fait, cette revue existe depuis très longtemps… D’abord sous la forme d’un fanzine de cultures alternatives (BD, Bruits, B-movies…), 64 pages, distribué dans des librairies spécialisées et dans les kiosques du sud-ouest, de 1991 à 1995. Elle fut consacrée par des prix dans sa catégorie au festival d’Angoulême (1992) et au festival d’Audincourt (1994). 10 numéros furent publiés. De 1995 à 2003, une nouvelle mouture comprenant 26 numéros fut disponible dans tous les kiosques et dans des librairies spécialisées en France, Belgique et Suisse. Ce fut la principale revue qui accompagnât et se fit l’écho des nouvelles tendances de la bande dessinée des années 90. Des auteurs comme Bouzard, Winshluss, Colonel Moutarde, Cizo, Witko, Vanoli, Ambre, Kaze Dolemite, Baladi, Blanquet, Matthias Lehmann, Tirabosco, Jampur Fraize, Monsieur Vandermeulen etc. y aiguisèrent leurs crayons et gagnèrent leur public. Cette troisième version, disponible uniquement en librairies spécialisées, entend donner la parole à ces mêmes auteurs ainsi qu’à de nouveaux et jeunes auteurs, directement influencés par cette génération.  (source)

Revue d’humour décalé, Jade fait parti de la même famille que Lapin ou Ferraille Illustré . C’est d’ailleurs avec plaisir qu’on y retrouve des anciens de Ferraille (Guerse & Pichelin, Bouzard, Besseron, Cizo, Witko, Winshluss… J’aime bien cette idée de « famille » que l’on peut retrouver dans (et entre) certains magazines. Comme par exemple l’équipe de Fluide qui possède un esprit particulier qu’elle partage avec celui du Psikopat ou de Charlie
Voici l’intention de l’actuel rédacteur en chef de Jade , Jean-Philippe Garçon : « …un espace d’expression qui peut intéresser des tas de gens, des gens avec qui on ne peut pas nécessairement faire un livre de but en blanc, et donc pouvoir proposer une revue, c’est toujours un bon terrain pour voir comment les collaborations se font, et que les gens puissent gagner en expérience aussi avec un tel support. De fait, relancer Jade est vraiment parti de ce constat… »
Voilà qui donne du sens à cette revue ! 

Mais au fait, qu’est ce qui distingue une revue d’un magazine ?
Selon Wikipedia : « Une revue est une publication périodique (une fois par semaine ou par mois ou plus) spécialisée dans un domaine précis tandis qu’un magazine est une publication périodique, le plus souvent illustrée, traitant de divers sujets ou parfois spécialisée. » ??!! Encore une définition hasardeuse de la Free Encyclopedia ? Ceci dit, ces deux mots sont des synonymes : publication périodique, parfois spécialisée… Cette définition colle très bien au fanzine également… Quelles différences alors ? Outre le format et la périodicité, je ferai pour ma part une distinction au niveau de leur distribution : les magazines sont plutôt vendus en presse, dans les kiosques (Fluide , Psikopat, etc.). Les revues, dans les librairies spécialisées et grandes enseignes (9ème Art , l’Eprouvette , etc.). Les fanzines, plutôt par correspondance ou dans les lieux spécialisés (conventions, festivals, librairies…)


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