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Mézières et Christin… (Dargaud, 1983)

Mézières et Christin... (Dargaud, 1983) valerianhs00

Cet album, édité en 1983, rend un hommage plus que mérité à ce formidable créateur d’univers qu’est JC Mézières. Bien que Christin soit crédité au générique, la plupart des histoires présentent dans ce recueil ne sont dues qu’à Mézières lui-même. Préfacé par son complice de toujours, ainsi que par Gérard Klein, cet album comprend un épisode inédit de Valérian, Les Mauvais Rêves, dans lequel il rencontre pour la première fois Laureline.

Des récits complets de SF ou de Western parus dans Pilote, Tintin, Metal Hurlant, Fluide Glacial ou (A Suivre), en particulier Mon Amérique à moi, une bd de dix pages dans laquelle Mézières nous raconte sa passion pour le Grand Ouest, son départ seul pour les USA et son expérience de garçon vacher (les « vrais » cowboys).

On découvre également que Mézières et Christin avaient travaillé dès le début des années 80 à une adaptation vidéo de Valérian, qu’ils définissent comme « …une recherche susceptible de déboucher sur une nouvelle forme de narration à la fois graphique et audio-visuelle. L’avenir dira si c’est possible ». Et l’avenir leur donnera raison, même si l’actuelle série d’animation est assez éloignée de ce projet initial…

On trouve également diverses illustrations pour des couvertures de revue, de fanzine, que Christin présente en préface : « …c’est sans doute au fil de courts récits solitaires, au détour de quelque dessin pleine page isolé qu’on comprendra mieux ce qui irrigue l’ensemble de l’œuvre, qu’elle soit menée avec un scénario ou pas. En effet, Jean-Claude, avec autant d’humilité que d’opiniâtreté, revient toujours sur ce à quoi il croit profondément, et il importe peu que ce soit de façon explicite ou implicite. Le mythe fondateur de son système de représentation, c’est celui de l’Ouest américain, bien évidemment, comme on pourra en juger à la lecture de nombreuses pages qui suivent. »

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Illustration pour le fanzine PLGPPUR…

Mézières est un immense graphiste. Il jongle avec une facilité déconcertante entre réalisme et style humoristique. Il a rapidement trouvé sa voie, unique et indémodable, entre un classicisme à la Gillon et un burlesque à la Moebius. Il est capable de traiter de manière très réaliste les formes pour le moins humoristiques de ses personnages. Ses décors sont remarquables. Que ce soit pour représenter des extra terrestres, des planètes, des vaisseaux, des architectures, des faunes ou des flores, Mézières fait preuve d’une constante inventivité qui apporte toute sa richesse à sa série phare, dans laquelle on ne ressent aucune impression de répétition – ce qui est une gageure pour une « saga SF » de plus de vingt albums…

« Le dessinateur Jean-Claude Mézières occupe un rôle central dans la bande dessinée française. Je dis bien central. Ni plus, ni moins. Car on peut soutenir par exemple que son style se situe plutôt à l’arrière-garde de cette avant-garde qui a révolutionné le genre dans les années 1960-1970 : des innovations nombreuses chez Jean-Claude, certes, mais dans le strict respect de la tradition. Et, de ce point de vue, on peut dire aussi qu’il est franco-belge ou plus exactement frontalier, comme ces ouvriers qui chaque jour du côté de Tournai ou de Rocroi passent d’un pays à l’autre en fonction de la nature du travail proposé. Attention : rien  à voir avec ce qu’on appellera plus tard la « ligne claire », qui sera mise en œuvre par de faux Belges investissant en clandestins un système narratif qu’ils noyauteront rapidement à leur avantage. En 1966, lorsqu’il débute à Pilote, Jean-Claude est avant tout un Français à la recherche d’un discours graphique original mais qui paye son écot aux grands maîtres de l’époque précédente, tout comme les peintres français du quotidien au XIXème siècle ont reconnu leur dette à l’égard d’une école flamande bien antérieure. » (Pierre Christin)

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Première rencontre entre Valérian et Laureline…

Histoires Ordinaires – Binet (Fluide Glacial, 1979)

Histoires Ordinaires - Binet (Fluide Glacial, 1979) dans Chroniques BD bidochon0047830

Il est des œuvres qui marquent à vie. Se faire offrir cet album de Binet quand on est à un âge où son univers bédéphilique se limite à Tintin, Gaston et Pif gadget, ça laisse des traces… L’ami qui m’a fait ce présent m’annonçait à cette occasion que j’allais découvrir autre chose que ce que j’avais pu lire jusqu’alors… La découverte du monde adulte se fait par plusieurs étapes successives. Il est clair que je venais d’en franchir une…

Comment ne pas être interpellé, intrigué par ces histoires d’inceste, de sexualité, de libération de la femme, de problème de couple, d’homosexualité, de conflit de voisinage… Bref des préoccupations d’adultes, aux antipodes de celles qui étaient les miennes alors (j’avais douze ans à peine)… Histoires Ordinaires est paru à une époque où les institutions sociales étaient bousculés : le travail, la famille, la justice, les bonnes mœurs… Tous ce que cette jeunesse de Mai à voulu (et contribué parfois) à changer : les droits des femmes et des enfants, la parité homme-femme, le droit de vivre autrement…

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Dans ce troisième album (après Kador et Poupon la Peste), recueil d’histoires pré-publiées dans Fluide Glacial, Binet possède déjà toute sa maitrise graphique, s’appuyant sur ces formes arrondies mais très expressives, qui rendent parfaitement la laideur, voire la monstruosité, de ses personnages. Une laideur physique et intérieure qui n’en demeure pas moins humaine. Car Binet est un observateur imparable des comportements de ses contemporains, dans ce qu’ils ont de moins flatteurs.

Cette absence de décors (dont il s’amuse dans le premier album des Bidochons) permet à notre œil de ne pas se distraire et d’aller à l’essentiel : les personnages et les dialogues. Une sorte de théâtre en bd où le lieu est à chaque fois unique et les plans souvent fixes (tout se joue au niveau du dynamisme des attitudes et des mouvements). La séquence est temporelle plutôt que spatiale.

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L’histoire de « Bertrand (ou les absents ont toujours tort) » nous rappelle que l’égalité de la justice est une belle utopie. « Adèle ou : on m’a pas bien expliqué » démontre que la libération de la femme n’est pas encore gagnée.  « Marthe et Richard ou : jamais seuls avec HLM » est en fait la première mouture des Bidochons. La « beaufitude » et les problèmes relationnels sont déjà bien présents. Un coté salace en plus… L’histoire de Carole apporte une réponse à la question : « qu’est-ce qu’on peut faire quand on est une petite fille et qu’on s’emmerde le mercredi » ? « GetM », jolie jeu de lettres pour signifier les initiales des deux personnages (Georges ? et Michel) et ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre… « Vieux fou vieux con » est un petit bijou. Les protagonistes de cette histoire de voisinage ne sont pas les personnes, mais leur maison, qui dialoguent entre elles.  Le jeu des ombres est remarquable. « Jojo » raconte une rencontre organisée par petite annonce, où les rapports hommes-femmes sont inversés.  La dernière histoire : « Guignol et Kirsch » nous rappelle qu’il n’est pas simple d’éduquer nos chères têtes blondes, sans parfois pêter un plomb… Ces histoires furent écrites dans les années 70 mais, (mal)heureusement pour nous, elles demeurent d’une modernité folle.

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Lire les albums de Binet n’est pas sans conséquence pour notre amour-propre car on en prend à chaque fois pour notre grade. Il bouscule les parties basses de nos instincts. Surtout avec ces « Histoires Ordinaires », qu’il aurait aussi bien pu intituler « Contes Cruels ». Mais avec le temps (du Kador à Poupon la peste, en passant par M le Ministre, sans oublier les Bidochons), Binet semble faire preuve de plus de compassion avec l’espèce humaine, de moins de cruauté. Alors qu’on ne le mérite pas !

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Binet sur bedetheque

Autobio – Cyril Pedrosa (Fluide Glacial, 2008)

 Autobio - Cyril Pedrosa (Fluide Glacial, 2008) dans Chroniques BD autobio21042008124645

Le titre annonce la double couleur : Autobio nous raconte les (mes)aventures quotidiennes d’une famille soucieuse des valeurs écologiques et du développement durable. Une famille bien de son temps : le troisième millénaire (qui sera écolo ou ne sera pas !). Sauf que vivre au quotidien en respectant les préceptes de l’éco-citoyenneté, du tri sélectif, de la nourriture bio ou du commerce équitable n’est pas si évident que cela. C’est même plutôt contraignant. Il leur faut composer avec le cynisme ambiant, l’incompréhension de leur entourage (le papy qui pollue, le voisin qui désherbe…) et quelques démons intérieurs (difficile de résister aux fameuses saucisses cocktail). Sans oublier la peur sucitée par le film d’Al Gore ! Bref, un combat de tous les instants…

Pedrosa se met en scène avec sa famille, dans un style humoristique vif, fluide et coloré. C’est drôle, finement observé et mine de rien, Pedrosa en dit long sur nos rapports plutôt ambigus avec la cause écologique, entre préoccupations et indifférences… Le catalogue de Fluide Glacial ne cesse de se renouveler. Pedrosa assure la relève… Le tome 2 est sorti en 2009.

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Pedrosa sur Bedetheque

 

Night Taxi – Matthias Schultheiss (Delcourt, 1990)

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Il y a d’abord Wilhelm Busch, le créateur de Max und Moritz, qui fut l’un des précurseur de l’art invisible. Plus récemment Ralf König, que l’on croise régulièrement dans les page de Fluide Glacial ou encore, Jens Harder, qui a raflé de nombreux prix (mérités) avec son superbe Alpha. Bref, même s’ils ne disposent pas d’une forte notoriété internationale, nombre d’auteurs s’exportent et jouissent d’une reconnaissance dépassant les frontières de nos cousins germains. Schultheiss est de ceux-là.

Night Taxi est sorti en 1990, chez la toute jeune maison d’édition Delcourt. L’histoire de Léo, cette conductrice de taxi ne croisant que des clients louches, qui se retrouve envoutée par une amulette mystérieusement oubliée dans sa voiture, n’est pas la principale réussite de cet album. Ce sont les indéniables qualités graphiques et picturales de Schultheiss (ainsi que l’ambiance étrange qui se dégage de ces pages) qui nous incitent à aller au bout de cette aventure urbaine, sous influence vaudou…

« La ville n’a qu’une réalité : celle que tu lui donnes. Et peu importe que ce que tu vois existe aussi, ou non, pour les autres. Tu sens les événements à fleur de peau, comme le flux, comme des morsures dans ton coeur. Tout est véridique : Léo, Franky, les désaxés, le Diable. Ils sont en moi, comme je suis en eux. Je les aime. J’aime ces nuits à la frontière du rêve. J’aime Hambourg. » (Matthias Schultheiss)

Pour ce Night Taxi, Schultheiss n’utilise plus le style noir et blanc hachuré de ses débuts (il a commencé très fort avec son adaptation des Contes de la folie ordinaire de Charles Bukowski), influencé par Moebius ou Bilal. Son travail de modelage de la matière par la couleur, ses formes soutenues par un trait de contour, ses contrastes clair-obscurs puissants ou l’expressivité de ses visages font plutôt référence à son voisin transalpin Liberatore. Mais en plus stylisé, cubiste… Schultheiss est un auteur singulier, à l’esthétique riche et intense. Il vient de sortir un nouvel album, après presque 20 ans d’absence, qui s’annonce bien bon : Le voyage avec Bill.

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Schultheiss sur Bedetheque

 

Le cimetiere des fous – Al Coutelis / Rodolphe (Dargaud, 1984)

Le cimetiere des fous - Al Coutelis / Rodolphe (Dargaud, 1984) dans Chroniques BD dampierremorrison101120

Suite à un naufrage, deux hommes se retrouvent abandonnés sur l’épave d’un yacht qui ne semble pas vouloir sombrer, portés par les flots, au gré des vents et des courants d’une mer recouvert d’algues. Ils croisent un vieux bateau abandonné, dans lequel ils découvrent des cadavres mutilés. Ils y récupèrent un vieil homme qui ne peut leur dire quoi que ce soit, tant il est pétrifié. Nos héros se rendent vite compte qu’il se cache des choses affreuses sous la surface de l’eau. Mais quoi ?… Ils vont bientôt le découvrir et au moment où ils se sentent perdus, ils accostent sur une île, qui n’en est pas vraiment une, plutôt un amas d’épaves de bateaux collés les uns aux autres. Tous les naufragés de cette mer semblent s’être tous échoués sur cette véritable cité flottante, « la communauté des Sargasses » sur laquelle règne « Queen », fille de Theops IV… Sont-ils sauvés pour autant ? Rien n’est moins sur…

Al coutelis est un excellent dessinateur réaliste (ce n’est pas anodin s’il a réalisé un album de Tanguy et Laverdure !), mais je le trouve bien meilleur dans le style semi-réaliste teinté d’humoristique, qu’il nous propose dans Fluide Glacial avec Bienvenue à Welcome Land et surtout Di Cazzo. Il a également participé à un album collectif d’un héros incontournable de la bande dessinée française : Superdupont ! (oui nide iou). Dans ce « cimetière des fous », qui date de 1984, Coutelis maitrise son graphisme, mais il n’a pas encore trouvé ce trait vif et fluide si caractéristique. On le sent encore « coincé » par l’influence d’un Pratt, d’un Giraud, d’un Bernet… Le personnage de Dampierre est un croisement entre les physiques de Corto et Torpedo. Morisson m’évoque plus le Barbe Rouge de Hubinon et.Charlier (avec lequel il collabora à plusieurs reprises). Rodolphe est un scénariste plutôt prolifique (initié à la bd par Jacques Lob), qui a débuté comme chroniqueur dans les pages de Metal Hurlant, Pilote ou Charlie… Il a collaboré avec de nombreux auteurs de talents, tels que Floch’, Goetzinger, Léo, Le Tendre, Juillard…

Une histoire plutôt originale qui, partant d’un postulat dramatique, s’insinue petit à petit dans le fantastique, sans oublier quelques passages purement horrifiques. Une aventure fantastique rythmée, bien menée, sans temps morts, mais traité un peu trop au premier degré à mon gout. Ca manque d’humour, de décalage, d’absurde… Mais c’est le parti pris des auteurs. Par contre, les couleurs ont mal vieillies. Le traitement n’est pas réaliste. La coloriste Claire Lesueur use d’un procédé qui n’est plus trop utilisé, consistant à changer les couleurs des décors quasiment à chaque case, en fonction des situations et des plans, afin de renforcer les émotions des personnages (Par exemple le ciel peut-être à la suite bleu, jaune, rose ou vert…). Les contrastes sont trop sombres et la palette n’apporte pas assez de clarté. Certaines planches sont trop chargées, manquant de lisibilité. Mais fort heureusement le graphisme et l’histoire nous font oublier ces quelques défauts et rendent cet album plutôt intéressant. D’ailleurs, les auteurs avaient prévu de publier deux autres aventures, comme on peut le lire en quatrième de couverture. Des albums qui ne sont jamais parus… Encore un mystère pour Dampierre et Morrisson…

 dans Chroniques BD

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Al Coutelis & Rodolphe sur Bedetheque

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Du beau, du bon, des bds…

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