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Lucien se met au vert – Frank Margerin (Les Humanoïdes Associés, 1989)

Lucien se met au vert - Frank Margerin (Les Humanoïdes Associés, 1989) dans Chroniques BD luciensemetauvert181220

On ne présente plus l’ami Margerin, qui fait la joie des amateurs de rock et de bd depuis une bonne trentaine d’année maintenant.

D’un trait épais, massif, tout en modelé emprunté aux grands de Metal Hurlant (dont il était à l’époque le seul à faire dans l’humour.), au service d’histoires teintées de Science Fiction et d’absurde, Margerin a évolué de manière linéaire vers ce trait simple, ces formes rondes et dynamiques si caractéristiques du style humoristique à « gros nez ».

Adepte d’histoires courtes, avec une chute finale typique au genre, Margerin est petit à petit arrivé à des formats d’histoires plus longues, où l’humour, toujours présent, y est plus subtil, diffus…

Des histoires où il laisse transparaitre sa gentillesse, son affection pour ses personnages (Lucien, Ricky, Nanard, Manu, Momo…) qui se retrouvent dans des situations souvent embarrassantes, mais jamais dramatiques. Observateur pertinent de la Comédie Humaine, Margerin ne tombe jamais dans le cynisme, et arrive à nous faire rire sans une once de méchanceté (excepté peut-être dans l’album Ya plus de jeunesse)

Impossible de déterminer quel serai son meilleur album, il en a fait tellement de bon (Ricky banlieue, Bananes métalliques, Votez Rocky…). Cependant, Lucien se met au vert a cette particularité d’être un album de transition. Le premier album dans lequel on trouve, suite à une succession de quelques courts récits, une histoire longue de plus de vingt pages, dans laquelle il démontre un savoir faire évident dans l’art de l’ellipse. On le sent encore pris dans ses habitudes d’histoires courtes, et même si cela ressemble à une succession de sketch (comme dans Lulu s’maque), l’histoire demeure cohérente de bout en bout. Une manière de faire qui préfigure ses albums actuels.

Ce qu’il conserve avec le temps, c’est ce génie du détail, du gag visuel caché à l’arrière plan. Ce qui fait la richesse de ses albums et nous incite à les relire à satiété.

Toujours sincère et authentique, Margerin évolue plutôt bien. Depuis son arrivé à Fluide Glacial, il a su renouveler son héros fétiche, Lucien, en le faisant vieillir avec lui. Ce qui lui permet de rester connecté avec les préoccupations de son personnage, et de ses contemporains.

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Frank Margerin

La mare aux pirates – Francis Masse (Casterman, 1987)

La mare aux pirates - Francis Masse (Casterman, 1987) dans Chroniques BD mareauxpiratescouv

Francis Masse est un franc-tireur de la bande dessinée rare et singulier, dont l’univers pictural et l’humour absurde ne sont pas simples d’accès.

Après avoir enseigné le graphisme, Francis Masse, déjà peintre et sculpteur, débute au début des années 70 par des courts-métrages en animation. Ses premières planches de bande dessinée paraissent dans la presse underground de l’époque puis, fin des années 70, dans la presse de bande dessinée : Pilote, Fluide Glacial, Charlie Mensuel, Hara-Kiri, L’Echo des Savanes, etc. C’est à cette époque qu’il affuble ces personnages de cet imper et ce chapeau melon si caractéristiques.

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Histoires à carreaux, in « L’écho des savanes présente F. Masse », éditions du fromage, 1976

« Masse est dès l’origine un cas, le seul dessinateur peut-être auquel il serait vain de chercher des influences. Son graphisme tout en hachure fait de lui un virtuose du noir et blanc, mais il prouve qu’il est tout aussi à l’aise avec la couleur. Masse propose un univers évident, entendons par là, un univers qui se suffit, qui véhicule sa propre logique, qui repose sur sa propre physique et s’impose à partir du simple enchaînement ainsi réglé des images et des dialogues. Il n’est même pas besoin d’évoquer le fameux nonsense. Certes masse n’y est pas insensible, mais rien n’est pourtant plus sensé que l’univers qu’il nous présente. Car le plus surprenant est là, l’univers de Masse est un univers familier. Il en est d’autant plus inquiétant.  » (L’encyclopédie des bandes dessinées. Albin Michel, 1986)

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Les deux du balcon

Sorti après Les deux du balcon, archétype de l’univers loufdingue de Masse, la mare aux pirates joue de ce même décalage entre ce que vivent les personnages, souvent dans des espaces insolites (un balcon ou ici un bateau pirate) et la teneur de leurs propos. A l’image des deux du balcon qui, dans Quanticos contre Classicos, vendent des tomates pourries depuis leur balcon, tout en dissertant sur le concept de non-séparabilité de la physique quantique. Ou quand les pirates de la mare prennent un cours d’économie, dispensé par le perroquet du navire…

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La mare aux pirates

Cette succession de situations surréalistes l’inscrivent dans une filiation avec Fred. En particulier cet amour partagé pour bousculer le langage BD, questionner en permanence les dimensions spatiales et temporelles de la planche et du dessin et ainsi mettre la 2D dans ses retranchements. Son humour repose très souvent sur ces incessants décalages entre un espace très théâtral (unité de lieu et de temps, impressions de décors en cartons pâtes, personnages déguisés…), les situations vécues par les protagonistes et les dialogues dingues.

Car Masse n’a pas peur du verbe, bien au contraire. Certaines de ses cases sont envahies par des phylactères bourrés de textes. Cependant, ces bavardages lui permettent d’installer des moments de silence, qui cassent le rythme de la narration.

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La mare aux pirates

Son graphisme minéral et brut génère des formes sculpturales. « J’étais le roi du modelé : hachures d’ombres qui faisaient tournoyer les volumes dans la lumière… ». Comme il nous l’explique dans l’interview réalisée pour l’exposition Quintet, il était arrivé aux limites de la représentation en deux dimensions et ne supportait plus cette vision du monde coincée dans un rectangle. De cette planche de bd qui n’est qu’une succession de rectangles dans un grand rectangle. Pas étonnant alors qu’il se soit investi dans la sculpture. Il lui fallait de la matière, de la sensualité, de la masse…

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Intrigues de basse cour, Nicole et Francis Masse, 1996

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What’s the news in Fouloude ?

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Une couverture d’Edika est toujours un plaisir (et la garantie de bonne vente du numéro !). Un dessin d’une grande sentimentalité (Edika est un sensible), dans lequel pointe malgré tout les détails absurdes et cons qui font la marque de fabrique du dessinateur ET du journal. Une couverture d’Edika (en moyenne une à deux par an) est indispensable pour conserver le fil avec « l’Umour Fluidien » originel.

« Fouloude Glôzial » évolue plutôt bien depuis ses débuts en 1975. Cette ‘continuité dans le changement’, tout en conservant l’esprit des fondateurs est la marque de fabrique du journal, et explique son incroyable longévité. Cependant, depuis l’arrivée du nouveau rédac’ chef Goffette (qui me semblait au départ une très bonne chose), on ne peut qu’observer une baisse de la qualité générale, des modifications dans la ligne éditoriale qui empêchent les lecteurs de s’y retrouver. L’apparition de nouvelles rubriques qui n’ont plus trop de liens avec l’esprit du journal (je ne suis pas contre les chroniques rock ou ciné, mais encore faut-il qu’elles s’inscrivent dans la logique  ‘Umour et Bandessinée’), de nouvelles séries plutôt médiocres, que ce soit Duc Béton de Conrad et Frissen ou la quête de Fluide de Frizou et Dubuisson. Sans parler de l’étonnant licenciement d’Eric Deup, pour un article (jamais publié) soi-disant diffamant envers la nouvelle direction du journal (tous les détails ici). Peut-être faut-il être indulgent, et prendre le temps de s’habituer à ces changements ?

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Heureusement, on trouve encore les incontournables Lindingre, Julien et Mo Cdm, Thiriet, James, Margerin, Gaudelette, Lefred-Thouron et bien sur Edika. Sans oublier les inaltérables rubriques de Frémion, Léandri, Casoar ou Fioretto. Espérons que cette baisse de régime ne soit que temporaire, et que le journal puisse renouer avec ses qualités intrinsèques. Je pensais que l’esprit sans concessions de Goffette s’adapterait bien à l’esprit fluidien, sans le dénaturer… Pourtant, Goffette a de bonnes idées, comme l’invité du mois. Dommage de n’y consacrer qu’une page en début de journal et ne pas, par exemple, les impliquer dans la conception des marges de la gazette, qu’ils aient la possibilité de commenter le contenu du journal… Dans son édito, Goffette annonce deux numéros spéciaux à venir sur/avec les Monty Python, puis Groland. Souhaitons que ces deux monstres étalons du genre puissent redonner du peps au journal…

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Mais revenons au génialement fou Edika. Il triture comme personne le langage BD et crée des mises en abyme de dingue, des histoires à tiroirs qui nous plongent littéralement « dans » le système structurel de la narration séquentielle (ça en jette comme formule !). Il nous balade entre les dimensions (la deuxième, la troisième, la quatrième…), incrustant ses personnages dans des décors photos ou les laissant se casser la gueule sur la rigidité du cadre ou de la planche. Un auteur qui joue et se joue des spécificités du médium, se mettant en scène en train de réaliser l’histoire qu’il est en train de nous raconter, toujours perturbé par ses personnages qui l’interpellent pour décider d’eux-mêmes, ou refuser, ce qui doit leur arriver. Un créateur qui se fait constamment débordé par ses créatures. C’est la dure vie d’un auteur. Une virtuosité graphique au service de délires narratifs, Edika arrive à décliner son savoir-faire sans donner l’impression de se répéter. A l’image du journal de Gotlib !

 « Dans les périodes de doute, c’est toujours à la référence Gotlib que l’équipe revient. Quand cette référence ne sera plus compréhensible par ceux qui font le journal, il n’y aura plus de journal. » (Yves Fremion, tirée du numéro spécial 30 ans de Fluide)

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Edika

Presse en revues…

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Couverture double de Solé

J’apprends en lisant le dernier Fluide Glacial que Christophe Goffette est le nouveau rédacteur en chef de la revue, suite au départ de Thierry Tinlot, partit pour de folles soirées belges… Je suis d’abord agréablement surpris, Goffette est un bon, indépendant et sans concessions, et le savoir à la tête de Fluide n’annonce que du bon pour les mois à venir (en gros, ce n’est pas demain la veille qu’on trouvera de la publicité dans le journal !)

Puis, un doute m’assaille, cette nouvelle fonction aurait-elle un lien avec l’absence dans les kiosques de la revue Brazil2 depuis juin ? Je prospecte un peu sur le net et apprend par Wikipédia l’arrêt de diffusion des revues Crossroad et Brazil, éditées par Bandits Company, la société indépendante fondée par Goffette en 2000. « Du fait d’une chute aussi imprévisible qu’irrémédiable des rentrées publicitaires, les magazines cessent leur parution en juin 2011, après environ 250 numéros publiés en toute indépendance. » Merde !

Bon, la bonne nouvelle, c’est le retour de Siné dans les kiosques, avec un mensuel qui « fait mal et ça fait du bien ». On y retrouve de nombreux chroniqueurs et dessinateurs de l’hebdo, réunis dans un 32 pages à la maquette bien foutu, claire et colorée. A 4euros 80, toujours sans publicité, c’est le prix de l’indépendance…

De son côté, Charlie Hebdo a fêté son 1000ème numéro le 17 aout dernier. 1000 numéros depuis sa reprise en 1991 ! C’est tout de même un exploit pour un hebdo satirique. Vu les nombreux chamboulements survenus dans la rédaction ces dernières années, ce n’était pas gagné. Tant mieux pour nous !

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Snack « avec surgelés de qualité » – Besseron (Même Pas Mal éditions, 2011)

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Nouvelle livraison de Besseron, qui nous proposent dans ce paquet de Snack, des histoires fraichement décongelées du Psikopat ou de Jukebox. Je savoure avec délice cet humour absurde et débile plutôt épicé, ce graphisme copieux et généreux.

Au menu, un boucher jaloux, un super héros loser, un mauvais perdant, de jeunes skateurs, une course poursuite sans suite, des chasseurs de lapins… Besseron n’épargne pas ses contemporains et dresse des portraits peu flatteurs mais pourtant si vrai de ceux que l’on nomme communément « les beaufs ».

Ce plateau d’amuse-gueule d’une à deux pages, servi par Même Pas Mal, se picore ou se dévore, c’est selon votre appétit. Toujours est-il que ce Snack se digère facilement car le gras de l’humour (qui donne du goût !) se marie parfaitement avec ce style tranché jusqu’à l’os.

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Besseron a du talent. Frémion ne s’y est pas trompé en l’interviewant dans sa chronique « Que vous êtes joli, que vous semblez beau ! » du dernier Fluide Glacial (n°422) :

- Tu publies chez Ferraille et dans le Psikopat, ici chez Mêmepasmal : tu évites les grands éditeurs délibérément ?

Besseron : Bien évidemment non, mais quand un éditeur indépendant me propose de publier mon travail bien présenté sur un joli papier, je vois pas pourquoi je refuserais. Les indépendants et moi c’est une grande histoire d’amour depuis pas mal d’années déjà. Cependant je vais bientôt refaire équipe avec mon camarade Frédéric Felder avec qui j’ai fait l’album « Meli Bielo ».

- La forme courte, de quelques pages au plus, devient rare. Tu sembles exceller dans ce genre lui aussi moins commercial. C’est un choix ?

Besseron : Il est vrai que les histoires courtes sur quelques pages ne me causent plus trop de problèmes, ça c’est le résultat de plusieurs années de publications dans des magazines et autres collectifs en tout genre. Ca a été un choix, mais c’est devenu un handicap pour les longs récits. Réaliser une histoire de soixante pages est maintenant pour moi un vrai défi.

- L’humour noir a peu de supports en France, troisième choix non commercial de ta part. Tu veux vraiment mourir de faim ?    

Besseron : l’humour noir c’est ce que j’aime et les histoires les plus courtes sont les meilleures dans ce domaine, je suis pas sûr de mourir de faim.

- [...] Tes mains, elles n’ont que quatre doigts : c’est un hommage à ce flemmard de Disney ?   

Besseron : Non, c’est juste qu’une main à cinq doigts m’amène à faire des doigts trop fins et cela ne colle pas avec mes personnages. Tandis qu’une main à quatre doigts en forme de knacki est beaucoup plus adaptée. J’ai toujours dessiné des mains à quatre doigts, sans même m’en rendre compte, jusqu’au jour où quelqu’un m’a dit « Tiens tu fais des mains à quatre doigts », je me suis souvenu qu’enfant j’étais un grand fan de « Super Matou » et « Horace » de Poirier dans Pif magazine, qui ont fait partie de mes premières lectures, ça vient aussi peut-être de là.

- Globalement, ton inspiration vient d’où ? De la vie quotidienne ? Tu devrais déménager un de ces jours, non ?

Besseron : Mes parents ont tenu un bar pendant vingt-cinq ans dans un village du Poitou et j’ai vécu une grande partie de mon enfance et adolescence derrière un comptoir d’un mètre dix où j’ai pu m’imbiber et m’inspirer d’une clientèle (pieds de vigne) qui étaient déjà pour moi des personnages de BD.

http://besseronolivier.free.fr/

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