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Zaï Zaï Zaï Zaï – Fabcaro (6 Pieds Sous Terre, 2015)

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L’unanime engouement pour ce « Zaï Zaï Zaï Zaï » nous ferait presque oublier que Fabcaro n’est pas un perdreau de l’année, et trace son chemin dans la bandessinée d’umour depuis une bonne dizaine d’année maintenant. Et quel chemin parcouru depuis son Steak haché de Damoclès. Alors qu’il aurai pu s’enfermer dans le genre «déboires-existentiels d’un-dessinateur-de-seconde-zone», il a su se renouveler et aborder différentes formes d’humour, du détournement absurde (La Bredoute, une parodie bien déjantée du fameux catalogue) aux strips humoristiques à la con (avec son Jean-Louis) ou grinçant (avec Parapléjak), de courts récits autobiographiques (On n’est pas là pour réussir) au faux récit de voyage (Carnet du Pérou), sans oublier divers scénarios pour ses camarades (Amour, passion et CX diesel, Achille Talon…), ainsi qu’un roman. Prolifique et varié, on retrouve sa signature dans les pages de nombreux magazines et fanzines : L’Echo des Savanne, Zoo, Fluide Glacial, Psikopat, Jade, Alimentation Générale

Avec Zaï Zaï Zaï Zaï , il ne se limite pas à une seule forme d’humour et fusionne les procédés : comique de répétition (avec ces moult itérations), satirique, de par son thème principal et même de gestes, bien que les mouvements de ce soi-disant « road movie » sont plutôt figés (à l’image du salto avant de la Clio!). Il aime avant tout faire évoluer ses personnages dans des situations incongrues… Il sait mettre de côté ce trait hachuré qu’on lui connaît (avec ces nez en U) pour un graphisme plus réaliste, dont les visages quasi abstraits rappellent ceux de Ruppert & Mulot.

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Là où il est fort et mérite d’être encensé, c’est pour cette précision quasi chirurgicale. L’humour ne supporte pas l’à-peu-près et Fabcaro l’a bien compris. Il fait preuve ici d’une parfaite minutie dans les plans, les cadrages, les attitudes, les dialogues… Un rythme théâtral, avec peu de mouvement et de nombreux plans fixes. Il enchaîne les gags à chaque page (voire à chaque case) sans se répéter et réinvente l’art de la chute par la roulade arrière. Chaque réplique est vectrice de gag, misant sur un constant décalage avec les images.

Comment ne pas voir dans cette histoire d’oubli de carte de fidélité une métaphore à peine voilée de la situation malheureusement bien réelle des sans-papiers. Il pousse à l’extrême ce bon gros délire paranoïaque pour dénoncer les dérives sécuritaires de notre époque. Il accentue à peine la dimension ubuesque du système, qui transforme chaque drame humain en un spectacle malsain. Il évoque également la précarité dans laquelle vivent les auteurs de bd en particulier, par extension toutes les personnes socialement fragiles qui peuvent en un instant devenir des parias. Pas très joyeux tout ça. C’est pourquoi les humoristes de cette trempe sont nécessaires. Ils apportent une juste distanciation sur ces thèmes graves et déclenchent en nous ce rire ravageur salutaire. 

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Dix questions pour une bibliothèque #8 : Yves Frémion

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J’ai croisé Yves Frémion au festival de BD de Darnetal, où il était invité dans le cadre du « Print in black », un événementiel autour du Fanzine, co-organisé par le festival Normandiebulle, le cinéma Omnia, les studios Le Kalif, la librairie Le rêve de l’escalier… BD, cinéma, musique, littérature, poésie, politique, tous les genres et époques de l’auto-édition sont abordés avec pertinence et moult expositions.

Bonne initiative de la part des organisateurs, car s’il est un contemporain qui connaît le monde de la « small press » sous tous ses aspects (en tant qu’éditeur et chroniqueur), c’est bien Frémion. Père du mythique Petit Miquet qui n’a as peur des gros, Maître d’œuvre de la non moins célèbre Gazette de Fluide Glacial, durant plus de trente ans (sans oublier de nombreuses autres chroniques, faisant de lui un pilier porteur du journal). Il se consacre maintenant à son travail d’archiviste au sein du Centre International de l’Imagerie Populaire, du Dessin Imprimé et du Patrimoine sur Papier, et assure la fonction de rédacteur de la publication de l’organe Papiers Nickelés.

Je me procure enfin des numéros de Papiers Nickelés, qui ne sont pas facile à trouver. Le mieux est de s’y abonner. Je choisi le n°7 consacré à Alexis et le n°9 à Bosc, dans lesquels on trouve quelques inédits. C’est l’une des démarches de l’équipe, retrouver, recenser et présenter des raretés d’artistes, dont parfois même les ayant droits ignoraient l’existence ou croyaient perdus. Ainsi, dans le numéro 36, ils ont exhumés des dessins humoristiques de Marcel Duchamp. Une vraie mine d’or cette revue, nous permettant de riches découvertes.  

Frémion et ses ami-e-s mettent en lumière tout un patrimoine qui ne doit pas sombrer dans l’oubli. Une démarche louable et salutaire. De fait, Yves Frémion est un conservateur, un accumulateur qui, lorsque je lui soumet mon questionnaire sur sa bibliothèque, m’explique qu’elle occupe une maison entière et qu’il y a même des gens qui lui demande pour la visiter…

C’est en quelques secondes qu’il répond à mon questionnaire sur papier. Réponses brèves mais précises. Merci Monsieur.

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ? 2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

En un seul bloc : une maison de trois niveaux sur 3×70 m²

3) Possèdes-tu un classement particulier ? En changes-tu souvent ?

Oui ; et non

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Oui, et +

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

2/3 + 1/3

6) Tes ouvrages sont-ils rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Verticale

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ?

Place définitive, quand elles sont entrées dans mes fiches

8) Dans quelle proportion lis-tu tout ce que tu achètes ?

Tout sauf livres achetés pour seuls illustrations

9) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ? Qu’y manquerait-il ?

+ ou – 1 milliard de volumes

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Éternellement – on va m’y enterrer -

Questions bonus : Quel(s) ouvrage(s) prêterais-tu volontiers ?

Aucun ! Ça va pas ?

Et celui/ceux que tu conserves jalousement ?

Tous.

[Entretien réalisé en live le 27 septembre à Darnetal]

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L’équipe de Papiers Nickelés

Dix questions pour une bibliothèque #3 : Terreur Graphique

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Difficile de croire que Terreur Graphique n’ait sorti son premier album qu’en 2010. Il semble faire partie du « paysage bédé d’humour » depuis bien plus longtemps : Psikopat, Fluide Glacial, Jade, mais aussi Aaarg ou Alimentation Générale, dont il est à l’initiative. Et il n’en manque pas, d’initiative. Prolifique, il multiplie les projets et les collaborations et, l’air de rien (avec beaucoup de travail tout de même), peaufine son art au fil de ses publications.

Bien installé dans le registre de l’humour (souvent trash et sûrement absurde), il ne s’y réduit pas pour autant. J’ai déjà eu l’occasion de dire le bien que je pensais de son Rorschach (pas encore en détail, mais ça ne saurai tarder). En attendant, Terreur a accepté de répondre à mon petit questionnaire (on se rend compte sur sa page fb que c’est un sujet qu’il affectionne). Des réponses franches, sans fioritures. Tout à son image (son site s’intitule Minimun Syndical !).

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Grande ! Un grand mur entier de haut en bas et de droite à gauche (ou inversement).

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Un gros bloc dans le salon qui est grand ( 30m²)et qui est aussi mon bureau + 3 étagères dispersées dans la maison + un tas dans les toilettes évidemment.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

Oui, en ce moment on classe les livres par couleur (oui la déco j’avoue) mais c’est plus complexe que ça : couleur/collection/ taille/ auteur/éditeur tout ça rentre en ligne de compte. qui a dit psychopathe ? Oui on change tous les 6 mois.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Essentiellement des bandes dessinées et des romans.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

70/30.

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Verticale sauf dans les toilettes, et sauf la collec’ de vieilles revues BD…

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Oui, table de chevet à côté du lit puis rangement ou lorsque que j’ai trop de retard j’ai une petite caisse de vin à part pour les mettre en transit.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Je trouve toujours que j’ai pas tel ou tel livre indispensable, mais ça va.

9) Qu’y manquerait-il ?

Un peu plus de beaux livres sur autre chose que la bd…

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Je la vois devenir obèse.

[Entretien réalisé par courrier électronique le 27 avril 2014]

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En revues en voilà…

En revues en voilà... dans Presse et Revues aaarg-1-221x300

On peut se réjouir de voir apparaître en cette fin d’année quatre nouvelles revues de bande dessinée : Lapin, qui fait son retour attendu dans une formule mensuelle personnalisée, laissant carte blanche à un auteur/rédacteur pour choisir le thème et les participants. On commence avec Ayroles, suivront Baladi et Gerner. Papier chez Delcourt, revue créée par Trondheim, au format manga poche ‘cheap’. La Revue Dessinée, réunissant journalistes et auteurs partageant cette envie d’informer en bande dessinée. Une démarche réussie, proche de l’esprit du hors série du ‘Monde Diplo’ ou de la revue XXI. Et pour finir Aaarg, revue grand format initié par le scénariste Pierre Starsky. Dans la continuité de l’ouvrage collectif Aaarg… Je meurs, dont on retrouvera de nombreux collaborateurs. Ce qui s’annonce plutôt bon.

Un engouement quasi unanime (même dans la presse généraliste), saluant le salutaire retour des publications périodiques de bande dessinée. Certes, on peut s’en réjouir, mais il me semble nécessaire de préciser une chose : ces nouvelles revues – aux ambitions éditoriales différentes et complémentaires (du reportage à l’humour potache) – ne sont pas vendus dans les kiosques à journaux, mais en librairie spécialisée. Et de fait, s’adressent à un lectorat de connaisseurs. Ce n’est donc pas un retour de « la presse BD » comme on peut le lire partout, mais la sortie de revues spécialisées susceptibles de trouver rapidement leur lectorat (qu’ils partagerons, assurément). Les éditeurs ne prennent plus le risque de lancer un nouveau magazine au tirage plus important, moins confidentiel. Créer une revue spécialisée pour un lectorat spécialisé est moins risqué !

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Pour la nouveauté dans les kiosques, il faudra repasser. Certes Fluide glacial annonce une nouvelle nouvelle formule qui, bien heureusement, ne diffère pas fondamentalement de la précédente. Heureusement oui, car c’est ce que j’attends en tant que (vieux) lecteur de fouloude : pas trop de chamboulement dans mes bonnes vieilles et rassurantes habitudes (Leandri, reviens !)… Le dernier numéro double (avec un coté spécial Edika) est bien sympathique. Le psiko lui ne change pas et on ne s’en plaindra pas ! Autre fausse nouveauté, qui ravira les amateurs de grands classiques et les nostalgiques de plus de 50 ans : les Pieds Nickelés de Pellos sont réédités en album cartonné à dos toilé… Comme toujours avec ce genre de produit, on n’achètera que le premier numéro (qu’on retrouvera rapidement en foire à tout !).

Dommage pour les jeunes lecteurs de ne pouvoir découvrir, par hasard, chez leur buraliste, même un dimanche après-midi au fin fond du pays de Caux, ces magazines de bandes dessinées souvent passionnants et originaux ( je dis bien DE bande dessinée et pas SUR la bande dessinée, tels les Casemate et autres dBD). Comme j’ai pu le vivre avec les Corto, (A suivre), Pilote ou plus récemment Street life stories et autres Ferraille Illustré (derniers magazines BD découvert en kiosque, en 2003)…

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 Dessin de Gipi pour la Revue Dessinée

Festival BD Normandiebulle (Darnetal, 2013)

Festival BD Normandiebulle (Darnetal, 2013) dans Evenements culturels normandiebulle

18ème édition du festival normand de la bande dessinée, je m’y suis rendu afin de rencontrer trois auteurs que j’apprécie particulièrement.

Terreur Graphique, un régulier des périodiques Jade ou Fluide Glacial, au style humoristique trash et déjanté. Mais c’est son remarquable album Rorschach qui m’a réellement bluffé. Dans cet ouvrage, Terreur se livre sans tabou et aborde le décès de sa mère de manière quasi autobiographique. Il m’explique qu’il s’est appuyé sur son propre vécu pour le transcender en une histoire où les délires narratifs rivalisent avec cette outrance graphique incroyable. Pour lui, la forme a naturellement découlé du fond. Il n’a pas cherché à faire « expressionniste », c’est le sujet qui l’y a amené.

Il est sensible au fait que je lui parle de cet album, la plupart des gens qu’il rencontre ne connaissent que l’aspect humoristique de son travail. Il est temps pour eux de réparer cette erreur…

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Lionel Richerand, que je connais pour ses illustrations et son « work in progress » disponibles sur son site. Comme il me le confie, Dans la forêt est son premier livre de « pure » bande dessinée, dans lequel il s’est pleinement confronté aux contraintes de la discipline : cases, planches, séquences, narration… Nous avons ensuite échangé sur nos découvertes musicales du moment, ses lectures (il lit actuellement Le monstre dans l’art occidental de Gilbert Lascault) et bien sur, de dessin. Je lui demandais s’il en jetait souvent, ceux dont il n’était pas satisfait. Il m’explique que du fait de dessiner sur cahier (que je feuillette, admiratif), il garde les ratés, les mets de côté et y reviens plus tard pour retravailler dessus et repartir sur une autre idée. Du coup, rien n’est perdu et des accidents peuvent l’amener à trouver d’autres chemins, d’autres formes…

La prochaine fois Lionel, on prendra le temps de boire un verre et continuer la discussion…

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Anthony Pastor, à qui je n’ai pas manqué de dire à quel point j’ai apprécié son Las Rosas. Nous avons bien sur discuté de la genèse, du fait qu’il ait centré son travail sur la juste articulation entre les divers récits et personnages de cet album choral. C’est en voyant un reportage sur un village africain, uniquement composé de femmes rejetées de diverses tribus, qu’il a eu l’idée de cette ville, croisement de divers destins et véritable personnage central de l’histoire. Plus que le dessin ou les dialogues, c’est l’enchaînement des diverses séquences qui a attiré son attention, de manière à rendre crédible l’ensemble, tout en prenant le temps de développer la personnalité de chaque protagoniste.

Son Castilla Drive est de la même trempe. Passant cette fois ci à la couleur, Anthony conserve cette faculté à rendre attachant ces personnages de papier…

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Trois belles rencontres, riches d’échanges sympathiques, au ton juste, qui m’auront permis de mettre un visage sur ces noms. Eux aussi d’ailleurs, car tous trois connaissaient mon modeste blog et j’avoue en tirer une jolie satisfaction.

Bien entendu, je reparlerai plus en détail de ces trois albums…

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