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Dix questions pour une bibliothèque #5 : Bruce

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Impossible de ne pas convoquer l’ami Bruce pour répondre à ce questionnaire. Depuis toujours grand amateur et collectionneur exigeant de belles pépites culturelles, tant pour leur contenu que leur contenant (disques, films, livres, bandes dessinées…), il aime à jouer le rôle de passeur, transmettant volontiers sa passion pour les bonnes choses (la liste serait trop longue si je devais détailler). C’est dans cette optique qu’il lança il y a quelques années maintenant le forum Secteur 7, qui nous permit d’échanger à loisir sur nos découvertes et coups de cœur culturels. Et nous aura surtout mit le pied à l’étrier de l’aventure « bloguèsque ». Il est donc plaisant de le voir prodiguer ses précieux conseils sur son blog My Name is Bruce qui, quelque part, existait bien avant sa création en 2009. Curieux, exigeant et précis, ses avis sont assumés et toujours argumentés. A l’image de ses réponses. Merci pour tout frangin et happy birthday !

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Matériellement, elle prend deux murs. Dans mon cœur et le plaisir qu’elle procure à mon regard elle prend bien plus que tous mes mètres carrés. Quand j’ai emménagé, sa place a d’ailleurs été choisie avant tout autre chose.

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Elle est actuellement en deux parties et dans deux pièces bien distinctes. Les BD et quelques beaux livres consacrés à des artistes (Ronis, Salgado, Schiele, Hopper, Kafka, Hemingway, Hitchcock, Carpenter, Al Pacino… sur Freud aussi) se trouvent dans trois bibliothèques de 80 cm de large et 160 cm de haut. Elles sont présentes dans le séjour, la pièce où je suis le plus souvent. Ces tailles ne me permettent pas d’y ajouter mes romans qui se trouvent sur des étagères faites sur mesure et fixées dans un couloir menant à la chambre et la salle de bain.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

Je ne change pas ou plus. J’intègre juste mes dernières dépenses sans bouleverser quoi que ce soit. Je m’efforce à tenir un rangement avec lequel je n’ai guère de soucis pour trouver en quelques secondes l’oeuvre que je recherche. Je classe donc le plus souvent par maison d’édition. C’est plus simple car les formats et les couvertures s’adaptent bien entre elles et les auteurs sont souvent fidèles à leur éditeur. C’est vrai que c’est plus difficile de s’y retrouver avec les romanciers que les dessinateurs car ils sont édités en premier lieu en format large puis, en second lieu, en poche ou autres. Comme je ne mélange jamais les formats, je fais alors de mon mieux en fonction de ce que je possède pour ne pas perdre de vue que les œuvres du même auteur doivent se retrouver le plus proche possible entre elles. J’essaie d’intégrer aussi le fait que ce soit visuellement agréable pour les yeux, par conséquent plus lumineux, jonglant ainsi avec les couleurs et les polices d’écriture. C’est mon unique méthode car j’en suis pleinement satisfait. C’est un exercice qui me plait, celui d’insérer des nouveaux venus car j’aime tout autant manipuler les livres que les observer posés. J’aime à penser que mes livres sont heureux que je leur trouve la place qui leur conviennent.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Des BD bien sûr, donc de la fiction. 70% de mes livres sont des thrillers ou des policiers. 20% sont des romans et des essais. Le reste oscille entre le bio et le fantastique. Quelques beaux livres aussi en très grand format comme je l’ai dit plus haut. Cela peut paraître « léger » mais c’est en définitive beaucoup du fait que ma BDthèque s’est constitué en moins de trois ans. Aussi, j’ai acheté le premier roman de cette « nouvelle » collection personnelle il y a à peine deux ans. J’ai été un grand dépensier DVD et CD par le passé et j’ai rééquilibrer les dépenses avec cette nouvelle passion que sont les livres et abandonner quelques peu les bibliothèques de ma ville. En tout cas, si j’achète généralement plus vite que je ne lis, la tendance est en train de s’inverser.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

Je peux te répondre sans commettre d’erreur car tout est rentré sur deux sites spécialisés en ligne. Je possède à peu prés 350 BD et plus de 120 bouquins. Trois quarts des livres sont donc avec images et le quart restant n’en contient aucune. Je suis pleinement satisfait de ma BDthèque qui stagne par ailleurs depuis un long moment. Puis, je commence à découvrir des romanciers qui me passionne, qui plus est des auteurs qui ont beaucoup publiés. Cela devrait s’équilibrer dans les deux ou trois années qui viennent.

6) Tes ouvrages sont-ils globalement rangés à l’horizontale ou la verticale ?

A part deux trois rares exceptions, ils sont tous rangés à la verticale et quelques uns sont même mis à la verticale avec couverture mise de face. C’est un deux en un, que dis-je, un trois en un ! En un – enfin qu’importe l’ordre – c’est chouette de mettre la couverture de face comme dans une librairie. C’est comme un tableau ou une affichette qui égaye l’étagère alors que l’emplacement serait vide et trop immaculé. Puis, en deux, c’est bien pratique car placés ainsi ils me servent de serres-livres. Enfin, en trois, ça laisse de la place pour un éventuel rangement qu’un dernier achat viendrait bousculer. Je te l’accorde, il faut encore avoir de place pour pouvoir faire de la sorte. En somme, seules mes lectures en cours sont à l’horizontale, posées sur une table, le lit ou le canap’.

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Mes nouvelles acquisitions intègrent immédiatement leur place définitive ou presque définitive.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Je suis très satisfait de ma BDthèque, surtout en one-shot. Je pense avoir Les et surtout Mes essentiels même si dans l’absolu je ne me débattrai pas si j’avais la place et le budget pour qu’elle soit doublée. A présent, je pense que seulement de nouvelles sorties viendront l’enrichir comme récemment avec mes achats des derniers Winshluss et Alfred ou une bonne occasion qui m’aurait échappé comme « Coney Island Baby » de Nine Antico que j’ai acheté la semaine dernière à -60%. Pour les livres c’est différent, elle est en construction. Je suis dans une phase d’attaque. Je me séparerai des livres qui m’ont déplu pour les remplacer par d’autres jusqu’à ce qu’elle soit très satisfaisante.

9) Qu’y manquerait-il ?

Quelques intégrales tels que Blueberry, Monster, Gaston Lagaffe, Les Bidochons, Corto Maltese… mais ça va venir. Je pense avoir des étagères de BD qui ont de la gueule. C’est plus compliqué pour moi pour les livres car j’ai une lecture très imagée et elle est constamment cinématographique, c’est pour ça que j’ai surtout des thrillers ou des romans aux ambiances que j’aime trouver dans les films. De plus, le mot peut sembler un peu fort, mais je déteste tout ce qui est historique et se passe antérieurement aux années 50. Ce qui pour le coup, en littérature, exclu forcément un paquet de belles œuvres. Il me faudra un grand travail de lecteur, d’ouverture d’esprit pour pouvoir constituer une bibliothèque qui soit à la hauteur. Depuis mon enfance je possède dans les domaines musicaux, cinématographiques et la bande dessinée mes coups de cœur d’hier et d’aujourd’hui. Ce sont les mêmes oeuvres dont on parle et on parlera encore dans trente ans. Je suis fier de ça. En romans, je suis timide pour m’aventurer, je suis comme un jeune dépuceler qui va encore mettre du temps avant de bien s’y prendre. Avec l’expérience je compte découvrir quelques maîtres tout en continuant de m’enrichir de Kafka, Fauklner, Ellroy, Auster et Roth dont je suis loin d’avoir ne serait-ce que la moitié de leurs écrits. Il n’y a bien évidemment pas d’obligation, mais quand ma culture s’élargira ma bibliothèque s’agrandira en conséquence. De quoi ? Je ne le sais pas encore. Mais il ne fait aucun doute qu’il y aura toujours plus de thrillers que tout autre genre et que je fais le pari qu’il n’y aura aucun roman historique !

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Physiquement ? Continuant sans cesse mes achats je serai amené à changer un jour pour un mobilier plus « classique », qui prendra toute la largeur et hauteur du mur de mon séjour. Des bibliothèques moins profondes mais plus hautes que celles que j’ai aujourd’hui.

Sentimentalement ? Une bibliothèque doit en permanence grandir à tes cotés et vice-versa. Tout ça à un coût mais ce serait comme être sans souffle si je devais ne plus l’enrichir. Ce sont des œuvres d’art, il faut chiner, fouiller puis toucher, les sentir et les chérir. Oui, je compte posséder tout ce que j’aime. Je ne peux concevoir l’amour sans possession.

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Oldies from seventies…

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1972, c’est encore la grande période de Pilote, celle d’avant la création de la nouvelle presse dissidente (L’Echo, Fluide, Métal…). Cette version hebdomadaire a permis à de nombreux lecteurs de découvrir de nouveaux jeunes dessinateurs qui deviendront pour beaucoup les maîtres de la BD d’aujourd’hui. A l’image de Bilal, qui signe la couverture et publie ici une de ses premières histoires de pure SF. Son graphisme est encore maladroit. Il se cherche encore (et toujours, d’ailleurs !) mais on y décèle les prémices d’une œuvre forte.

On trouve au sommaire de ce numéro 671 les planches de Vidal et Hoppe, Beketch et Loro, Beketch et Alexis, Vidal et Clave, ou Carthy qui, de part leur forme « fiche conseil », demeure sous forte influence « Madienne ». Coté bandes, que du bon : des histoires complètes avec Leconte, Bilal, Gibo, Fred, Greg ou Jean-Claude Gal… Et des prépublications avec Astérix (extrait du Devin), Forest ( Hypocrite), Lucky Luke (Chasseur de primes) ou Blueberry (Ballade pour un cercueil). Sans oublier les pages d’actualités de Jean Florac et Guy Vidal. Un numéro qui reste parfaitement lisible et tout à fait intéressant, même plus de quarante ans après sa sortie.

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A une époque (début des années 70) où ni Métal Hurlant ni Mad Movies n’existaient, les amateurs de fantastique avaient peu de chose à se mettre sous la dent ! Heureusement pour eux, il y avait Creepy, et son cousin Eerie. Deux revues traduites directement du matériau issu des EC Comics (Les Contes de la Crypte). D’où la présence dans ces pages de Wally Wood, Angelo Torres ou Richard Corben.

Ce recueil de trois numéros (les 18, 20 et 21. mais où est passé le 19 ?!), datant de 1973, alterne entre bandes dessinées déviantes en noir et blanc et articles de films fantastiques (de Universal, la Hammer ou les productions Corman) richement documentés. On y trouve de nombreuse images d’archives des (dorénavant) classiques du cinéma d’épouvante (Le bal des vampires, La créature du lac noir, Westworld, Dracula, La nuit des morts-vivants, etc.), ainsi que des chroniques sur les fanzines et revues de l’époque (ils parlent de Mad Movies en ces termes : « Le meilleur fanzine français consacré au cinéma fantastique dont la qualité s’accroit au fil des numéros »).

Creepy et Eerie sont actuellement réédités par le label Delirium des éditions ça & là.

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Première mouture de l’Echo des Savannes, et de loin la meilleure, car uniquement consacrée à la bande dessinée. L’Echo de 1974 est encore géré par le trio infernal Mandryka, Gotlib et Brétécher, avant que ces deux             dernier(e)s ne s’envolent pour d’autres folles aventures éditoriales…

Mandryka est absent de ce dixième numéro (mais bien sur crédité en tant que directeur de publication), qui comprend la présence du génial Alexis et son loufoque La publicité dans la joie, scénarisé par Gotlib. Le monstrueux Masse et son noir et blanc massif nous raconte Une soirée en famille digne de Kafka et Dali. Leconte qui, avant de se faire un nom en tant que réalisateur, était un dessinateur talentueux et prolifique (il a bossé pour Pilote, Mormoil, Fluide Glacial…) au style monolithique et absurde très personnel qui ma foi, vieilli plutôt bien. Gotlib lui, nous présente sa version hallucinante et déjantée de l’Exorciste, en pas moins de 16 pages. On sent qu’il se libère ici de toute ces années de frustrations et d’(auto-)censures accumulées au sein de Pilote et de Pif. Plus aucuns tabous de sa part, ça fornique, dégueule, sue, chie et trucide à tout va. Jubilatoire ! Brétécher ferme le bal avec l’histoire de Chandelle, une jeune frustrée qui porte bien son prénom.

Un numéro dix de l’Echo qui, dans sa forme (édito de Gotlib !) et son sommaire (excepté cette absence de rédactionnel), annonce le futur Fluide Glacial qui sortira l’année suivante, en 1975.

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Y a pas à dire, Métal Hurlant était ce qui se faisait de mieux en cette époque de la fin des années 70. Pour preuve, le nombre de revues et fanzines qui s’en sont inspirés, même encore aujourd’hui. Un journal copieux (comprenant de nombreux dossiers complets, riches analyses et chroniques érudites) et généreux (sur cent pages en moyenne, de nombreuses bandes et illustrations d’auteurs prestigieux). Cette générosité constante est une preuve que la passion et le respect de son lectorat, étaient les principaux moteurs de la rédaction. Cette envie de partager, de faire connaître, fait de Métal Hurlant un journal-passeur, le prospecteur d’une nouvelle génération d’auteurs… Un lieu incontournable pour les grands artistes internationaux de la BD et de la SF.

Ce 39ème numéro comprend la présence de beau monde : Cornillon, Voss et son Kar War, Hermann et son Jérémiah, Druillet, Lob, Charlier & Gir avec leur Blueberry (en couleur !), Chaland, Margerin, Moebius et son garage hermetik, Paul Gillon et ses naufragés du temps…

La ‘formule Métal’ est ici à son summum : alchimie parfaite entre les auteurs « classiques » (Druillet, Moebius, Voss…) et les « modernes » (Chaland, Margerin…), la pure science fiction et l’humour absurde, la ligne claire et un graphisme plus chargé. Une revue qui reste d’une insolente modernité.

 

Midnight Movies – From the Margin to the Mainstream (Stuart Samuels, 2005)

 

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Midnight Movies est un passionnant documentaire faisant la lumière sur un phénomène plutôt obscure mais ô combien fondamental de la culture américaine. Un reportage dans lequel tous les protagonistes (Jodorowsky, Romero, Waters, Lynch…) reviennent sur cette formidable aventure contre-culturelle des années 70. Tout commence au ELGIN Theater de New York à l’automne de l’année 1970, quand le patron du cinéma, Ben Barenholtz, décide d’ouvrir une séance à minuit afin de passer un film que personne n’a encore osé diffuser (si ce n’est le MoMA) et qu’il est impossible de projeter à une heure normale. Un film de cowboy trop expérimental et mystique pour attirer les fans de John Ford ou même ceux de Sergio Leone. El Topo restera plusieurs années à l’affiche, attirant de plus en plus de fanatiques (artistes et hippies de toutes sortes), par un effet de bouche à oreille des plus efficaces. C’est rapidement plus de 600 personnes par soir ! Un mythe est né. Les séances de minuit ont depuis pullulé un peu partout, et existent encore aujourd’hui.

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El Topo d’Alejandro Jodorowsky (1970)

 

Ces Midnight Movies (ou Midnite) sont rapidement devenus de véritables emblèmes de la contre-culture des années 70. Six films qui n’ont absolument rien en commun (entre un western métaphysique, un classique du cinéma d’horreur, une comédie musicale, un film de rasta, une comédie trash et un film expérimental) si ce n’est de réunir à chaque séance de plus en plus de monde, jusqu’à l’hystérie. Le sommet est atteint avec le Rocky Horror Picture Show quand rapidement, le spectacle n’avait plus lieu sur l’écran, mais dans la salle où le public déguisé, rejouait les scènes du film.

Ce reportage nous présente donc ces films de manière chronologique, par ordre de diffusion. Il ne faut cependant pas oublier d’autres œuvres cultes qui ont fait les grandes heures de ces séances nocturnes : The Wall d’Alan Parker et Pink Floyd, Freaks de Tod Browning, Harold et Maude de Hal Ashby ou Reefer Madness, film de propagande anti-marijuana. Sans oublier de nombreux cours métrages diffusés en première partie. Le tout projeté dans une ambiance plutôt enfumée…

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The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975)

 

« Un documentaire original qui explore le parcours de six films cultes des années soixante-dix. Entre 1970 et 1977, ces six films à petit budget, montrés aux séances de minuit, ont influencé la manière de faire et de voir les films, ils ont réinventé le médium en dépassant les frontières du mauvais goût et des tabous sociaux. Assister aux « films de minuit » est devenu un marqueur social, intellectuel, cinéphilique et culturel, un rite de passage pour toute une jeune génération en crise. » (allociné)

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La Nuit des morts vivants de George A. Romero (1968)

Avec El Topo (1970), Jodorowsky revisite le western spaghetti en poussant le genre dans ses retranchements, tant au niveau de la représentation de la violence (le gore, il aime ça !) que du rythme de narration (une sorte de road-movie shakespearien). Maitre du symbolisme, Jodo use de scènes et d’images archétypales, puisées dans notre inconscient collectif…

Night of the Living Dead (1968) marque un tournant dans l’histoire du cinéma. Un film à mi-chemin entre le cinéma d’horreur classique (huis-clos en noir et blanc, scènes de dialogue assez « théâtrales »…) et ce que sera le cinéma gore quelques années plus tard (ah, la scène choc du festin cannibale !). Un traitement réaliste, quasi documentaire, renforcé par l’utilisation du noir et blanc et la présence d’images télévisuelles. Un nihilisme total, des images chocs, une fin loin de toute moralité, Night of the Living Dead est un film matriciel, qui influence encore bon nombre de cinéastes plus de 40 ans après sa sortie.

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Pink Flamingos de John Waters (1972)

Pink Flamingos (1972) est le chef-d’œuvre du mauvais gout assumé. John Waters est un esthète du trash. Une famille recomposée (ou plutôt décomposée) se dispute avec ses voisins le titre de la famille la plus dégoutante de la planète. Le film accumule les scènes trash cultes, dont le summum est atteint lorsque Divine, l’héroïne, avale devant nous une déjection canine fraichement démoulée. Un film qui marque à jamais.

The Harder They Come (1972) est le seul que je ne connais pas vraiment. J’ai du l’entrevoir une fois lors d’une diffusion sur Arte, il y a longtemps. Je ne me rappelle donc que très très vaguement cette histoire d’un chanteur (interprété par Jimmy Cliff) issu de la campagne, voulant faire carrière à la ville (Kingston) mais qui deviendra un hors-la-loi. Ce film a surtout marqué pour son engagement, son dépaysement (le cinéma jamaïcain était peu connu à l’époque. Encore maintenant d’ailleurs) et sa bande-son reggae.

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The Harder They Come de Perry Henzell (1972)

The Rocky Horror Picture Show (1975). J’avoue ne pas aimer ce film. Je ne supporte pas les comédies musicales, aussi rock et déjantée soient-elles. Je reconnais cependant que ce film (adaptation du spectacle du même nom) mérite son statut d’œuvre subversive (parler de transexualité à l’époque était un sacré tabou !) et donc libératrice pour bon nombre de marginaux…

Eraserhead (1977) est un ovni. Une expérience sensitive et émotive intense, plutôt qu’un délire intello. Une esthétique industrielle, renforcé par une bande son hallucinante. Lynch ne nous raconte pas une histoire linéaire, mais nous confronte à une succession de séquence qui nous plonge dans un univers onirique, insensé, où les têtes tombent et les fœtus portent des costards… Un trip indéfinissable.

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Eraserhead de David Lynch (1977)

Ce documentaire est un indispensable témoignage sur une époque maintenant révolue, où le cinéma authentique et sans concessions, subversif et déviant, existait grâce à la volonté de quelques artistes et programmateurs indépendants, et n’était pas encore récupéré par les industriels du spectacle filmique.

Midnight Movies sur Cinétrange.com

RUFUS – Si Dieu meurt je ne lui survivrai pas (L’Arganier, 2005) / Les poissons meurent de soif (Actes Sud, 2001)

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Artiste éclectique par définition, acteur (théâtre, cinéma, télévision…) auteur-interprète (avec Brigitte Fontaine et Jacques Higelin), écrivain, romancier (une petite dizaine de livres), chanteur… Rufus est un incontournable second couteau du cinéma français, connu de tous pour ces rôles dans les films de Jeunet, Mocky et bien d’autres… Je ne connais pas assez sa filmographie, mais il me semble qu’il n’a jamais obtenu de rôle à la hauteur de son talent, qu’il exprime cependant pleinement au théâtre, dans des pièces de Samuel Beckett, Woody Allen ou Eric-Emmanuel Schmitt. Je n’ai pas eu la chance de le voir sur les planches, pas encore. En fait, je m’aperçois que je connais mieux le Rufus écrivain que le Rufus acteur.

J’ai lu il y a quelques années maintenant son : Les poissons meurent de soif (ne me dites pas que…), un superbe petit ouvrage (par sa taille uniquement) dans lequel il nous raconte quelques souvenirs d’enfance, en particulier la naissance de sa vocation d’artiste.

« Mon fils plaisantait en disant « si tu m’offres un cadeau, ne m’offre jamais un livre ! » pour rigoler, j’ai écrit ce livre exprès pour lui. Il n’a pas pu refuser ce cadeau… D’autant que j’y raconte les circonstances de cette phrase essentielle livrée un jour par mon propre père : « Sois payé pour faire ce que tu aimes » en réponse à ma question : « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir choisir comme métier ? ».(Présentation par l’auteur, tirée de son site)   

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Je suis en train de finir « Si Dieu meurt je ne lui survivrai pas »  qui, comme son nom pourrait le laisser supposer, n’est pas un traité de théologie, mais un roman méchant (comme indiqué sur la couverture).

Rufus nous dépeint le portrait de contemporains plutôt décalés, marchant au bord des sentiers balisés de la raison (légèrement fous, quoi). Si Dieu… nous narre l’histoire de Charles Tuparle, un agent d’assurance plutôt apathique (ancien soldat à Sarajevo, ca marque !), qui mène son enquête sur les dangers que provoquent les antennes émettrices de téléphones portables. Non pas pour dénoncer un odieux scandale de santé public (les ondes seraient dangereuses pour la santé des utilisateurs ?!), mais dans son propre intérêt, afin de proposer aux opérateurs téléphoniques un contrat d’assurance couvrant ces risques qui n’existent pas officiellement. S’il arrive à les convaincre, un énorme coup se prépare pour lui…

Ce « roman méchant », certes roman, sert bien sûr d’outil à Rufus pour alerter. Sensibilisé depuis toujours aux problèmes de santé publique et d’écologie, il y mêle, pour dépeindre un monde qu’il aime « moi non plus », la férocité de l’écriture et la tendresse d’une mise en garde aux humains qui le peuplent. Car enfin, écrire… n’est-ce pas déranger ? (site de l’artiste)

Son univers flirte avec le surréalisme, saupoudré d’une pincée de situations absurdes, mais reste bien ancré dans le réel. Ce roman est une fiction (je l’espère) qui dénonce de nombreux éléments de notre réalité (les dangers des ondes téléphoniques, la veulerie des assureurs, l’hypocrisie des opérateurs, la manipulation des experts scientifiques…)

Proche de l’écriture d’un Roland Topor (ils excellent tous deux dans l’invention de noms à tiroir pour leurs personnages), en moins cruel mais usant tout aussi subtilement d’un humour noir qu’on ne distingue pas forcement au premier abord (cependant, en lisant les titres de ces deux livres, on y retrouve le verbe mourir !).

C’est un vrai régal de lire cette prose franche, jamais vulgaire, fluide, rythmée, et jamais plombante…

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http://www.rufus.fr/

Halloween 2 – Rob Zombie (2009)

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J’aime bien le cinéma déjanté de Rob Zombie. Un cinéma déviant, amoral, qui nous met face aux dérives psychopathologiques de notre société occidentale et nous confronte à nos propres démons. Il développe une esthétique de la violence particulière, sans concessions, qui fait autant référence aux classiques du genre horreur seventies (entre Tobe Hopper, John McNaughton et Wes Craven) qu’aux films de Peckinpah ou Boorman. Un cinéma certes très référencé, mais parfaitement de son temps. A ce titre, son Devil’s Reject est un petit bijou…

Pour ses deux derniers métrages, Zombie s’est attaqué à LA figure emblématique du fantastique des seventies. Même si son Halloween 2 m’a déçu sur la fin, il reste une assez bonne suite, plutôt cohérente par rapport à ce qu’il avait développé dans le premier opus.

Je cite le billet de Cédric Janet, tiré du dernier numéro de Brazil2 (n°28), avec lequel je suis bien d’accord, à propos de ce film en particulier (auquel il met 3 étoiles sur 5) et le cinéma de Zombie en général :

« Avec Halloween 2, Rob Zombie remet le couvert après un reboot (refais-le moi depuis le début) réussi de la célèbre franchise créée au milieu des années 70 par John Carpenter. Je sais que dans nos murs résident des détracteurs du bonhomme, qui le jugent aussi mauvais scénariste que mauvais directeur d’acteurs, et plus encore, mauvais musicien. Pour ce qui est de la zic, j’admets, mais ce n’est ni l’endroit ni le moment.

Le cinéma de Zombie, je le trouve efficace et jubilatoire. Voilà, c’est dit. Seulement, il y a un hic, voir même des hics. Ses histoires et ses personnages sentent le réchauffé. Vous me direz que là, c’est un peu normal !! Mais cette impression perdure tout le long de son diptyque fou animé par le Capitaine Spaulding. Nous sommes en droit de préférer la cuisine traditionnelle de tonton Carpenter plutôt que celle plus actuelle de cousin Rob. C’est un art d’accommoder les restes. 

Rob Zombie modernise, met au goût du jour, mais n’améliore pas. Après coup, le côté craspec « métal industriel » qu’il propose fait plus figure d’effet de style que de véritable coup de pouce au genre. Je crois que Zombie attache plus d’importance à la forme qu’au fond, et que les quelques séquences oniriques (assez comiques et grandiloquentes) entre maman et fiston Myers cachent de graves lacunes scénaristiques. En fin de compte, nous n’apprenons pas grand-chose de cette folie qui habite le tueur et de cette peur qui étreint sa sœur. Quid de la famille. Comme si Rob Zombie n’avait en tête que de faire mal. Mais le fait-il bien ? Pas sûr. Halloween 2 se laisse regarder avec plaisir. Le film est généreux. Zombie devrait s’attacher à faire progresser ses intentions d’auteur ». CQFD.


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