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Dix questions pour une bibliothèque #1 : Maël Rannou

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L’idée d’établir des interviews me trotte dans la tête depuis longtemps. Je me lance enfin. Partant du principe que chaque bibliothèque est unique, celle-ci ne peut que refléter la personnalité de son propriétaire. Une manière comme une autre de faire connaissance avec une personne, en la questionnant sur les rapports qu’elle entretien avec sa bibliothèque. Et par extension, sur ses goûts en matière d’art et de littérature, si elle est conservatrice ou détachée de l’objet livre…

Je soumettrai donc ces dix questions à des artistes, auteurs, blogueurs, amis avec lesquels je partage cette passion pour l’objet livresque. La seule consigne est de répondre le plus franchement possible (chacun décidant de prendre les questions au sens propre ou figuré), sachant que certaines réponses mériteront d’être commentées. Et surtout, en profiter pour parler des œuvres qui leur semblent incontournables à toute bonne bibliothèque qui se respecte.

Et quoi de mieux que de commencer cette nouvelle rubrique avec le camarade Maël Rannou (dont je vous ai parlé le mois dernier), passionné de livres devant l’éternel et, de surcroît, bibliothécaire de métier. Merci encore pour ta sincère participation !

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ?

Elle est énorme, d’ailleurs elle se disloque entre mon appartement actuel, mon ancien appartement où vit toujours ma compagne et la maison de mes parents, ou elle remplie ma chambre et la chambre d’amis !

2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

Ha, j’ai déjà commencé à répondre précédemment : en plusieurs partie, dans différentes pièces et dans différents lieux ! Et encore je n’ai pas parlé de la bibliothèque dont je suis responsable (puisque je suis bibliothécaire de métier).

Pour rajouter une info disons qu’en plus d’être sur les étagères il y a perpétuellement plusieurs dizaines de bandes dessinées à trainer un peu partout (en attente de lecture, en attente de rangement, etc.).

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ?

J’ai classé ma bibliothèque il y a un an ou deux et n’y touche plus. Globalement l’idée est simple : un classement alphabétique de dessinateur. Après j’ai adapté à quelques contraintes : les séries changeant d’auteur (elles sont classées au nom du premier dessinateur), l’espace (pour des contraintes d’espace gâché j’ai divisé ma chambre en trois sections de formats : une étagère de grand format, les formats classiques puis des petites étagères de formats poches), des exceptions (ainsi, si je suis amateur d’un scénariste en particulier je regroupe tout à son nom, c’est le cas de Moore par ex qui me semble plus connu que ses dessinateurs), et le classement des revues et fanzines, posées à part.

J’ai aussi un étrange classement « qualitatif » : chez ma compagne on trouve un peu plus d’une centaines de Bds que je trouve essentielles, je les avais sélectionné et emmené avec moi pour pouvoir toujours les lire (résultat elles sont loin de moi!), chez mes parents ma chambre est emplis de tout ce qui est alternatif, adulte, etc. Alors que la chambre d’ami contient tout ce qui est classique franco-belge et BD tout public/pour enfant (ce n’est pas aussi binaire et certainement pas un jugement de valeurs, certains de mes albums favoris étant là bas, ceux de Franquin, Tillieux, Will et Goscinny en tête) et dans mon appartement on trouve les dernières Bds que j’ai acheté, une bonne centaine aussi, mais là « en attente » d’être classé ailleurs.

Je tiens à préciser que ce classement est fonctionnel parce que je m’y retrouve mais que je ne le professerai pas, chacun fais comme il se retrouve pour chez soi. Ce qui est certain c’est que je le trouverai inadapté pour une bibliothèque recevant du public, un sujet pour lequel je renvoie à mon mémoire de licence : « La bande dessinée en bibliothèque municipale : présenter, classifier et valoriser un fonds » ( http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?page=memoire&id_memoire=27 )

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Il s’agit en grande majorité de bandes dessinées mais aussi de « livres de mots » (je déteste évidemment la distinction bande dessinée/livres). Pas mal de romans tout de même, même si en ce moment, hors bande dessinée, je lis surtout des essais.

De manière générale on y distingue un goût évident pour les choses un peu « en marge », que ce soit dans la bande dessinée (fanzines, petits tirages, choses obscures des 70′, beaucoup d’éditeurs alternatifs actuels, etc.) ou dans le reste. Par exemple j’ai un rayon de poésie québécoise (avec l’incroyable et inconnu ici Denis Vanier), pas mal d’essais politiques (mais pas des machins témoignages écrit par les nègres d’un ministre je vous rassure), des livres de chez Pauvert, des bouquins d’argot, etc. Après je ne crache évidemment pas chez de grands inspirateurs comme Gide, ou sur la littérature anglo-saxonne du début XXe qui occupe une place forte en mon cœur (Lewis Carroll, L. Frank Baum et James Barrie en tête).

Sur les livres d’Art c’est surtout de l’expressionnisme, dans les essais les livres d’histoire, de philo et de littérature sont avant tout des reliquats de ma prépa littéraire, mais j’y réinsère de l’histoire politique régulièrement, et un certain nombre de penseur de l’anarchie en ce moment.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

A minima du 80% pour les livres avec images, mais pas juste de la bande dessinée (livres pour enfants, livres illustrés, livres d’art)… Et pourtant je ne manque pas de livres de mots, mais la proéminence de la bande dessinée est incontestable et incontestée !

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Horizontale, arrivée en bas de l’étagère on remonte en haut de la suivante. Certains très grands formats (principalement des 30×40 de Futuropolis mais pas que) sont à plat en haut d’une étagère. [ - C’est marrant de voir qu’on a pas interprété de la même façon le rangement horizontal ou vertical. L’ensemble est en effet rangé à l’horizontale (de gauche à droite, comme tout bon occidental :) mais je parlais plutôt des livres qui eux sont chacun rangés à la verticale…  - Ha oui, à l’horizontale comme ça oui… En fait les piles en bas de mon lit et mes zines sont en vertical en ce cas ! Mais je voyais en lignes d’étagères moi ^^]

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ?

Je ne range rien avant que ce soit lu. A l’achat mes livres sont posés à côté de mon lit, ils entrent ensuite plus où moins rapidement dans les étagères, généralement chez mes parents après être passés par le « purgatoire » de mon appartement.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ?

Oui, mais moi qui n’ai aucun désir de possession immobilière en soit, je rêve d’un grand hangar rempli d’étagères.

9) Qu’y manquerait-il ?

Certains auteurs sans doute, des bouquins en VO – mais je ne parle aucune langue étrangère alors bon – mais surtout de la place, de l’espace, encore plus d’étagères !

10) Comment la vois-tu évoluer ?

En s’étendant inexorablement…

[Entretien réalisé par courrier électronique le 12 avril 2014]

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Fragments de bibliothèque…

 Retrouvez Maël sur ses sites et blogs :

http://maelrannou.canalblog.com

http://ceci-mon-corps.tumblr.com

http://www.legouttoir.com/

Premières nouvelles de l’Apocalypse…

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Un lettrage qui ressemble beaucoup à l’autre…

Jean Christophe Menu est un homme qui ose. Un gars qui possède de telles ressources que ça force le respect… Il l’avait annoncé, il l’a fait ! L’Apocalypse (sa nouvelle structure éditoriale) fera ses premières armes en septembre, avec une première fournée de trois ouvrages, qui ne seront pas que bandes dessinées. Fidèle à sa ligne de conduite, qui est d’explorer l’art de l’édition livresque, tout en bousculant les frontières entre les disciplines, on trouvera dans cette première livraison : une bande dessinée relativement classique, une œuvre de narration picturale et un recueil de textes sans images.

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Sortie prévue pour le 14 septembre…

Il n’est pas étonnant de voir Menu accrocher Topor à son catalogue, car qui d’autre que Roland incarne cette idée d’ouverture, qui a aussi sublimement triturer les frontières, plus encore, qui ne faisait aucune catégorisation, libre dans tous les domaines, choisissant son médium en fonction de ses humeurs, de ses envies, de ses désirs…

En tant que « presque-toporologue-amateur », mais surement amateur de l’œuvre de Roland, voir Menu rééditer ce recueil d’aphorismes de Topor (sorti en 1992, épuisé et jamais réédité) me fait bien plaisir. On n’éditera jamais assez de Topor !

Extraits : « Le temps est aussi pollué que l’espace. Je viens de passer un sale quart d’heure qui m’a convaincu.« 

« Lève-toi et rampe. »

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Nouvel album de Menu prévu pour novembre…

Dans son communiqué de presse, Menu explique que le nom d’Apocalyspe avait été la première idée de nom à la revue Labo. Menu est toujours ancré dans son passé. C’est ce que j’apprécie aussi chez lui : cette quasi-obsession à inscrire tout ce qu’il fait dans une généalogie. En particulier avec le Futuropolis originel, qui aura fortement contribué à l’essor de cette génération d’auteurs-éditeurs créateurs de l’Association. Très logiquement, L’Apocalypse est parrainé par Etienne Robial.

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Charlie Mensuel

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Wheelan

Charlie mensuel, revue de bande dessinée des éditions du Square, active de 1969 à 1986, était un pilier de la presse bd pour adule. Un incroyable vivier d’auteurs et de dessinateurs, des classiques du comic-strip (Krazy Kat, Peanuts, Andy Capp, Popeye…) à l’avant-garde européenne (Crepax, Masse, Pichard, Druillet…) en passant par des auteurs ‘Mad’ (Kurtzman, Gotlib, Mandryka..). Sans oublier l’école italo-argentine (Breccia, Buzzelli, Munoz, Quino), des francs tireurs tels que Topor, Bosc ou Willem, ou les auteurs maison (Cabu, Cavanna, Gébé, Reiser, Wolinski..).

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Pichard

Mais Charlie mensuel, c’était surtout de formidables couvertures. Usant très souvent de ce procédé – également utilisé par Robial pour certaines couvertures de la collection 30X40 de Futuropolis – consistant à agrandir et recadrer un élément du dessin ou une case de la planche, afin de créer une couverture originale.

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Herriman

Une technique issue du Pop Art, en particulier les œuvres de Lichtenstein (bien que créées de toute pièce, ses compositions donnent l’impression, de par ces effets de trame, d’être des cases de bandes dessinées agrandies) ou de Warhol, qui reformatait et agrandissait des photos issues de papiers journaux (voir sa série des chaises électriques..). L’usage de couleurs vives et décalées renforce cette filiation au Pop Art !

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Varenne

Ces superbes couvertures se suffisent à elles-mêmes. Belles et puissantes, elles peuvent s’exposer telles de véritables œuvres d’Art. Et heureusement, Charlie mensuel n’était pas qu’un contenant, son contenu était d’un haut niveau, rarement égalé depuis…

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Sydney Jordan

Librairie Goscinny

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D’autres encore sur le blog de Jerry Frissen

Les Sous-sols du Révolu – Marc-Antoine Mathieu (Futuropolis/Musée du Louvre éditions, 2006)

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J’ai découvert Marc-Antoine Mathieu grâce au collectif Le retour de dieu, dans lequel il nous raconte l’ascension physique et spirituelle d’un homme, au sein d’une cathédrale hors normes. Mathieu vient de sortir un album au thème plutôt similaire : Dieu en personne (ou si Dieu revenait sur terre, le reconnaitrions et comment réagirions-nous ?). Les sous-sols du Révolu (Extraits du journal d’un expert) est le deuxième album issu de la collaboration entre le Musée du Louvre et les éditions Futuropolis, dont le projet est de demander à des auteurs de bande dessinée de nous raconter leur Musée du Louvre. Après De Crecy, qui ouvrait le bal avec son remarquable Période Glaciaire, Mathieu prend la relève.

Dans cette histoire, nous suivons les pérégrinations d’un expert et de son second, qui sont chargé de répertorier toutes les salles du musée. Un périple qui durera exactement dix-huit mille cent trente-quatre jours, tant le Louvres est un véritable labyrinthe sans fond. Mathieu nous décrit un Louvres imaginaire, qui se rapproche de l’image que l’on peut se faire de l’un des plus grand musée du monde (il faudrait plus d’une semaine pour en faire le tour !). Les personnages y déambulent comme dans un espace mental, s’y perdant, passant d’une salle à l’autre, d’un palier à l’autre… Tel un rêve… Tout comme dans Le Retour de Dieu, le périple de son personnage est autant physique que spirituel.

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Eudes le volumeur et son compagnon Léonard sont chargés de répertorier toute les collections du Musée du Révolu (bel anagramme ! Tout l’ouvrage en regorge). Ils commencent par les fondations (qui sont en fait le sommet de la construction), puis les immenses galeries techniques dans lesquelles l’expert se rends compte que sa mission prendra plus de temps que prévue. S’ensuit « La galerie inondée » rassemblant les oeuvres pompiers, où ils font la connaissance de l’ancienne gardienne devenue passeuse. « Le dépôt des moules » se situant encore plus bas au huitième sous-sol, comprenant tous les moules de toutes les sculptures du musée, dont certaines oubliées de tous depuis des siècles… « La salle des fragments » où des ouvriers tentent de reconstituer un puzzle géant, en fait une immense sculpture de ce qu’ils pensent être un cyclope ! « L’atelier de restauration », véritable salle d’opération pour tableau et sculptures, est une sacrée cuisine. On y apprend une vérité paradoxale : la lumière est l’ennemie des couleurs, qui ne peuvent être vues sans elle… « Le département des copies » nous permet de faire la distinction entre une copie et un faux (« les faux issus de copies sont remarquables car ce sont des faux désintéressés… Ils ont leur part de vérité. »). « La réserve du tableau » (intitulé « Le musée du voleur ») donne le vertige par son « habile mise en scène de [la] mise en abime ». « Les archives » nous entrainent dans un délire visuel digne du grand Masse… « L’expert le vieux », où la rencontre avec un vieux collègue qui lui remet son registre d’expertise, permettra à Eudes de prendre conscience que ce travail de volumeur a pris, et prendra plusieurs vies avant d’être achevé (d’ailleurs, nos deux héros vieillissent au fil des pages)…

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« L’entrepôt des cadres » corrobore l’idée que l’encadrement est un Art à part entière. Mais face à la simplification à l’extrême du cadre, le responsable de l’entrepôt imagine de nouvelles voies. En l’occurrence « une suite de tableaux se succèdant chronologiquement de telle sorte à former un récit ». Ce qu’il nomme « une narration picturale séquentielle » ! Un clin d’oeil malicieux à la bande dessinée… La « Bricabracologie » renferme les plus anciennes collections du musée. Eudes et Léonard y croisent un groupe de gardiens de musée en séminaire, qui apprennent à maitriser le « tss tss tss », indispensable outil pour tout gardien voulant reprendre les visiteurs curieux qui touchent les oeuvres exposées… La salle de « L »icône » est occupée par un vieil homme (ressemblant étrangement à Léonard de Vinci). Ce dernier nous apprend qu’il existe en fait plusieurs versions de la Joconde, dans lesquelles seul son sourire change. Chacune est exposé à tour de rôle sans que personne ne s’en aperçoive… « Par ce stratagème, le maître voulait représenter le mystère même de la représentation ». Une subtile réflexion sur la subjectivité du regard. « Le très grand dessein » est l’avant-dernière étape du périple de Eudes. Son compagnon Léonard l’a quitté (Il a trouvé sa place dans le quartier des historiens). C’est donc seul qu’il explore les plans des sous-sols du musée. Il découvre que l’ensemble de ces sous-sols forment une pyramide, dont le sommet pourrait se situer en surface, sur l’esplanade… « Le dernier chapitre » nous montre un Eudes le volumeur en fin de vie, qui a le temps de remettre ces registres à un jeune expert, avant de s’éteindre…

Les Sous-sols du Révolu - Marc-Antoine Mathieu (Futuropolis/Musée du Louvre éditions, 2006) dans Chroniques BD soussolsplanche26

L’univers de Mathieu est ici plus que jamais poétique et absurde. Il y a du Masse dans son graphisme, avec ses personnages à lunettes rondes et chapeau melon. Ainsi que dans les situations absurdes vécues par le personnage principal. Du Fred également, par le détournement de certains codes narratifs et la poésie ambiante qui se dégage à chaque page. Ses formes arrondies et contrastées me font parfois penser à du Tardi. Certains visages expressifs à du Willem… Mathieu est pour moi un des meilleurs dans la maitrise du noir et blanc, tout en clair-obscur. Ses gris sont remarquables d’intensité et de subtilité (voir le chapitre « Le dépôt des moules » où les personnages s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité). Un album bourré d’idées graphiques, et surtout narratives, plus géniales les unes que les autres. Un voyage magique, métaphorique, qui nous emmène dans les méandres de la mémoire de l’Art…

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Marc-Antoine Mathieu

La preuve par l’image

L’idée de cet article est d’établir des liens évidents ou incongrus entre des images issues des Arts visuels (Bd, Cinéma, Peinture, affiches, pochettes…). Des références volontaires, involontaires, des coïncidences, des liens connus ou reconnus, ou tirée par les cheveux… Pour illustrer l’idée que rien ne vient vraiment par hasard…

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Encore un bel exemple de copinage d’idée de gag. Inutile de chercher à savoir qui de Géluck ou Delambre aurait copié l’autre… Ce sont deux grands dessinateurs humoristiques qui oeuvrent dans le dessin d’actualité depuis des lustres. Réactifs, ils partagent un regard acéré et un sens de l’humour absurde et caustique. Ce ne serait pas étonnant qu’ils aient trouvé ce gag chacun de leur coté…Une bonne idée peut se partager sans le vouloir. Un beau cas de synchronicité…

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Ce n’est surement pas un hasard si ces deux groupes phares de la scène rock belge sortent à un an d’interval un album à la pochette quasi identique. On peut voir celle du Everest des Girls in Hawaii comme une réponse au Following Sea de dEUS : après le calme, la tempète. La composition (3/4 eau, 1/4 ciel) et le noir et blanc bleuté sont similaires, seul l’état de la mer change.

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On le sait au moins depuis Picasso, les grands artistes sont aussi de grands copieurs, trouvant chez leurs contemporains (ou dans le patrimoine) des idées qu’ils savent se réapproprier, au point de parfois croire qu’elles sont le fruit de leur folle créativité. Topor ne fait pas exeption. La citation et la copie font même partie intégrante de son oeuvre. Je ne suis donc pas surpris de constater que l’idée dingue de son dessin « les otages » (de 1976), mettant en scène les doigts d’une main prenant vie (et dont le pouce prend les autres en otages), lui soit surement venue de la série intitulée « Fingers of Fear », créée en 1952 par Murphy Anderson pour la revue Sensation Comics.

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Les Otages (Topor, 1976)

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Couverture de Carmine Infantino et première page de Murphy Anderson (1952)

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Une couverture mythique (pour les américains) inévitablement reprise par d’autres…

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Cette pochette de Creep on creepin’ on (sorti en 2011) des canadiens Timber Timbre n’est pas sans m’évoquer celle de Londinium, le premier album des anglais Archive sorti en 1996. Deux photographies prises en extérieur, à l’ambiance crépusculaire. Même profondeur de champ crée par le motif central (la pyramide et la planche de néons) qui amène le regard sur l’élément principal de la composition (la croix et le projecteur). Sans oublier ces collines en arrière plan…

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Creep on creepin’ on

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Londinium

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La sortie de revues périodiques n’est pas une science exacte. D’inévitables retards et autres couacs éditoriaux peuvent amener à l’annonce de numéros fantômes. Des couvertures qui circulent sur le net mais que l’on ne trouvera jamais dans les librairies. C’est le cas dernièrement du numéro 8 de Mon Lapin de David B qui devait sortir en septembre 2014, mais pour des raisons que j’ignorent, s’est vu prendre sa place par le Mon Lapin de Killoffer, véritable numéro 8 daté d’Octobre. Du coup, le David B devient le numéro 9, garde sa couverture et est annoncé pour novembre 2014.

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Dans son remarquable et remarqué Carnation, Xavier Mussat enchaîne les références et les citations graphiques. Je retiendrai en particulier la page 135, dans laquelle il se réapproprie de fort belle manière quelques dessins de Topor. Quoi de mieux pour illustrer un sentiment de panique…

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Peu importe l’outil et l’angle choisi, le résultat est le même !

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Mana Neyestani, 2009

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Moolinex, 2003

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Alors, qui a inventé les patins à roulettes électriques, Tournesol ou Lagaffe ?

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On ne saurait jamais vraiment si Hergé cite volontairement ou inconsciemment le fameux « carré noir sur fond blanc » de Malevitch, dans son premier album « chez les Soviets ». S’il est maintenant acquis qu’Hergé était un grand amateur d’Art moderne, c’est surtout vers la fin de sa carrière qu’il se passionnera pour la création contemporaine. Malevitch a crée cette oeuvre phare du suprématisme en 1915. Selon lui, ce carré noir sur fond blanc est la synthèse même de la représentation picturale : forme la plus évidente, contraste le plus pur. Hergé lui, use de cette case noire en 1929. Exemple type de la non-case qui ne représente rien, puisse qu’elle suggère l’absence totale de lumière. Elle s’inscrit dans une logique narrative propre à la BD, en continuité avec la précédente et la suivante. Là où Malevitch recherche la pure abstraction, Hergé demeure dans la signification.

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Malevitch, 1915

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Hergé, 1929

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Dans son dernier album (Vois comme ton ombre s’allonge), Gipi dresse un portrait dont le traitement graphique (à base de réseaux de traits et de hachures ) qui n’est pas sans évoquer certains dessins de son presque compatriote Giacometti.

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Gipi

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Giacometti

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Les deux journaux complices sont une nouvelle fois pris en flagrant délit de copinage d’idée de gag. Qui de Decressac dans la gazette de Frémion du Fluide 451, ou de Carali pour la couverture du psiko 260 (tous deux de janvier 2014) a inspiré l’autre pour ce gag ? En tout cas, ils nous démontrent qu’on peut raconter un même gag de différente manière…

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Carali

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Decressac

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Dans son hallucinant dessin de couverture du fluide glacial d’août 2013 (446), Solé représente une scène de plage pour le moins loufoque et absurde, dans laquelle il accumule les détails et les gags. En particulier celui du requin qui prolonge sa nage jusque sous le sable…

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Un gag qui n’est pas sans rappeler celui de l’immense Claude Serre dans son ouvrage « les Vacances ». Joli clin d’œil !

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Jamais mieux servi que par soi-même…

On en découvre tout les jours ! Merci à Mr Thanagra pour cette flagrante évidence : Hergé n’hésitait pas à reprendre ses propres bonnes idées. Un exemple qui saute tellement aux yeux que je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’alors…

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Jo, Zette et Jocko, 1952

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Tintin, 1976

Même cadrage, même composition, même posture des personnages, même décors…

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Je viens de lire le premier tome de Dungeon Quest, la folle saga de Joe Daly. Dans ce recit d’héroic fantasy underground, on croise plusieurs personnages haut en couleurs (et bien barrés) qui constituent une communauté et partent à l’aventure. Parmis les héros, un certain Lash Penis (tout un programme !) qui, de par ce physique bodybuildé, ce petit nez, ce gros menton et cette coupe de cheveux ridicule, me fait fortement penser à un cousin éloigné du Cowboy Henk (Jean pour les frenchy) de Herr Seele et Kamagurka.

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Lash Penis

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Cowboy Henk

La filiation entre les deux gus est d’autant plus frappante qu’ils partagent ce même gag visuel. Vous prendrez bien une bonne tranche de steaks !

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La démarche de Marc Antoine Mathieu, consistant à imprimer sur la couverture une planche de l’album, n’est pas nouvelle. Rochette l’a déjà expérimenté en 1980 pour son album Les dépoteurs de chrysanthèmes édité chez Futuropolis. Si Rochette débute son histoire dès la couverture, Mathieu lui, commence son récit par la page 7… 

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Le réalisateur Claude Duty est un inconditionnel des Enervés de Jumièges, auquel il a même consacré un court-métrage. Il y dédie une grande partie de son blog (les dérives des énervés), dans lequel il recense un maximum de citations (issues du cinéma, de la photographie, de la peinture…) au tableau d’Evariste-Vital Luminais. Ce dernier a réalisé au moins quatre versions (tous les détails).

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Etude de 1880

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Etude avec un troisième personnage, 1880

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Les fils de Clovis II, exposé à Sydney, 1880

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Les énervés de Jumièges, exposé à Rouen

Aimant ce tableau depuis des lustres (visible au musée des beaux Arts de Rouen) et étant intéressé par la démarche de Duty, je ne peux qu’être interpellé en lisant La ruche de Charles Burns. Dans cette dernière oeuvre, Burns cumule les clin d’œils (Tintin, Le festin Nu, etc.). Plus confidentielle, mais non moins évidente, est la référence aux Enervés de Jumièges. Déjà dans Toxic, au moment où le héros s’apprête à s’endormir, il se retrouve flottant à la dérive sur son lit, au milieu des eaux boueuses des égouts…

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Dans La ruche, la référence est encore présente. Doug se retrouve une nouvelle fois à la dérive sur son lit, immobile, dépendant des mouvements de l’eau : « je glisse tout du long, sans pouvoir m’arrêter. »…

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Inspirée de l’histoire des fils de Clovis (condamnés par leur père au supplice d’énervation et à dériver le long de la Seine sur un lit flottant jusqu’à la mort), cette scène mythologique – représentée de manière très naturaliste – fascine autant qu’elle dégage quelque chose d’insidieusement malsain. Pas étonnant alors qu’elle ait interpellé Mister Burns… Ainsi que Mister Jarmush pour son Dead Man

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Les énervés de Duty

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Difficile de savoir qui du jeune anglais ou du groupe allemand aurait copié l’ autre pour sa pochette d’album ? Car les deux albums sont sortis la même année, 1979. Certes The Achterbahn Band est un groupe plutôt confidentiel, mais à ses débuts, Joe Jackson n’était pas beaucoup plus connu… Sûrement que pantalon noirs et pompes blanches pointues étaient à la mode à l’époque !

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The Achterbahn Band – « Richmond Road Riot »

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Joe Jackson – « Look Sharp! »

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L’album qui n’était que plagiat

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Dans l’Eprouvette n°2, Bernard Joubert nous parle de « L’album qui n’était que plagiat ». Souvenirs d’avenir est une bédé d’un certain Jesus Cela, qui n’est qu’un sampling de mauvais goûts, dont chacune des cases est purement et simplement copiée sur d’autres bandes dessinées, malheureusement pour lui bien meilleures et bien plus connues. Il faut être sacrément malhonnête et culotté (et surtout prendre les gens pour des con !) pour pomper autant de monde (Mezières, Serpieri, Gimenez, Manara, ainsi que bon nombres de dessinateurs de la revue Ere comprimé), sans douter que les lecteurs puissent se rendre compte de la supercherie. Cependant, le pire est que l’éditeur lui, (collection Special USA de Glénat quand même !) ne semble avoir rien capté du traquenard de Cela.

Merci encore à Bernard Joubert et à l’Eprouvette pour cet article fou, richement illustré ! Merci au forum Enculture pour les images (et bien d’autres encore !). Petit florilège…

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De la Fuente

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Serpieri

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Jesus Cela

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Juan Gimenez

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Jesus Cela

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Alex Nino (Ere Comprimée)

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Mezières

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Jesus Cela (deux en un, c’est plus malin !)

Petit clin d’œil à JC Menu et sa nouvelle structure. Jesus Cela avait-il anticipé le nom ? Menu aurait-il eu l’idée de ce nom en lisant cet album ?  La connexion est amusante :)

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Le fantastique Füssli restera à jamais dans nos mémoires (et notre inconscient collectif) pour cette fameuse représentation de cauchemar…

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Logiquement intitulé The Nightmare, Füssli a peint d’autres versions de son tableau, dont celle-ci, tout aussi célèbre que l’originale, qui inspira le père Crumb (dessin que l’on peut voir au MAM)…

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Forest et la censure

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Forest est le premier auteur de bande dessiné français à avoir subit les foudres de la censure, avec son Barbarella. Trop osé pour son époque, il dû recouvrir la nudité de son héroïne sur bon nombre de ses dessins, ceci afin d’éviter la faillite de son éditeur Losfeld.

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Puis la tempête passée, il put la re-dévêtir. Mais ayant perdu ses originaux, il fût obliger de redessiner les cases incriminées. D’où cette différence de trait et de formes…

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Tous les détails sur neuvième art 2.0

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Pour la création de Bender, le plus beauf des robots, Matt Groening se serait inspiré de Tik-Tok, personnage du roman éponyme de John Sladek, qui partage avec Bender un goût prononcé pour la provocation et l’insoumission.

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Physiquement, Bender doit pas mal à Hickory, l’homme de fer du magicien d’Oz de Victor Fleming…

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Mais en fait, c’est Caritte (sur son blog) qui a retrouvé l’ancêtre de Bender. La ressemblance est frappante !

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Chef d’œuvre du cinéma des années 2000, summum du style impressionnisme de Gus Van Sant, Elephant est un film magnifique. L’affiche reflète bien la sensibilité à fleur de peau de l’adolescence.

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Le dessinateur mulhousien Hugues Baum en a fait un remarquable détournement. De la maladresse du pachyderme à la violence  du taureau, il n’y a qu’un pas… Que certains franchissent sans états d’âme…

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Hugues Baum travaille souvent d’après affiches et autres pochettes de disques… Voir sur son blog.

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Avec 3 secondes, Marc Antoine Mathieu nous propose un album original et ambitieux, nous racontant une histoire en temps réel, d’une durée de 3 secondes.

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Ses planches noires et blanches sont remarquables, et me font fortement pensée à celles de Breccia issues de son adaptation du « coeur révélateur » d’Edgard Poe. En particulier ce découpage du mouvement de manière chronophotographique et ce jeu subtil du champ – contrechamps…

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J’ai déjà eu l’occasion de présenter Stanislas Bouvier, illustrateur surréaliste de grande classe. Son travail s’appuie sur de subtiles références à de grands dessinateurs, tant au niveau des thèmes, du graphisme, des ambiances, des motifs, de la composition… Des clins d’œil qui l’inscrivent en digne héritier. En voici quelques uns qui m’interpellent…

Magritte bien sûr :

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Bouvier

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Magritte

Mais aussi MC Escher :

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Bouvier

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M.C. Escher

Ainsi que Topor :

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Bouvier

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Topor

Ou Man Ray :

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Bouvier

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Man Ray

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Ca arrive même aux meilleurs. Winsor Mc Cay, le génial précurseur de la bande dessinée moderne est pris en flagrant délit de plagiat par l’excellent site Töpfferiana.  Bon, ça n’enlève rien à ce qu’il a apporté au 9ème Art, avec ses prouesses techniques, esthétiques et poétiques. Mais ça la fout un peu mal de constater que le point de départ à cette immense oeuvre n’est ni plus ni moins qu’un plagiat. M’enfin, il ne sera pas le seul…

[...] Cette planche de Job rappelle étonnament l’une que ce dessinateur américain [Winsor mcCay] donna près de vingt années après. Et pas n’importe laquelle, la toute première de Little Nemo in Slumberland : le premier épisode de la série publié dans le supplément illustré dominical du New York Herald le 15 octobre 1905…

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Planche de Job, 1886

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Planche de McCay, 1905

La ressemblance entre les planches de Job et McCay est assez troublante. Le scénario des histoires est globalement le même et les vignettes de chacune se répondent l’une l’autre :

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Quand deux maîtres du graphisme pur, deux génies du dessin humoristique et de la bande dessinée, nous proposent le même gag… Cela nous démontre qu’ils étaient proches au niveau de leur sensibilité, partageant ce goût subtil pour un humour absurde et noir…

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La Saga des Baffes, 1982

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Serre… Les Vacances, 1984

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Sur le site Le monde de Tintin, ce très bon article à propos de l’art graphique d’Hergé nous apprend qu’Hergé était un adepte du « sampling graphique ». D’un album à l’autre, où sur le même album, il reprenait souvent les mêmes motifs, redessinait les mêmes scènes… Comme le précise l’auteur de l’article, Hergé pratiquait de la sorte dans un but humoristique (comique de répétition avec les Dupondt). Egalement dans un but narratif, afin de créer du rythme. Mais aussi pour jouer avec ses lecteurs (petit canaillou !) et ainsi créer une complicité particulière… Quelques exemples :

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Dans L’Oreille Cassée (page 43), L’Ile noire (page 30) et Le Temple du Soleil (page 15), bien que les raisons diffèrent, sauter du pont semble une pratique récurente chez Tintin …

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Dans L’Oreille Cassée (page 9) et Le Sceptre d’Ottokar (page 44),
Tintin résout un problème grâce un à « déclic » devant une vitrine…

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Dans Le Trésor de Rackham Le Rouge, malgré leurs vacances à la
campagne, les Dupondt n’échappent pas à la corvée de pompage !

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Dans L’Etoile mystérieuse (page 4 et 5), Hergé illustre le principe
« avant-après », que l’on retrouve très souvent en publicité…

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Dans Les 7 boules de cristal (page 2 et 50), la
ressemblance est frappante !

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La boucle est bouclée…

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Des cercles dans l’eau, version expressionniste de Dino Battaglia dans Woyzeck (année 60 ou 70)…

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Ou version « ligne claire » de M.C. Escher, de 1950…

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Restons avec Escher et cette drôle de corrélation. Cette photographie (prise par Opportunity en 2004) d’une roche martienne baptisée « Escher » nous montre des fissures surement formées par l’évaporation de l’eau, qui ressemble étrangement à une empreinte de pneu…

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Escher, empreinte, présence d’eau.. Ça me fait drôlement penser à ce dessin de M.C. Escher… Sans compter la forme même de l’empreinte et l’angle d’inclinaison des fissures. Il est des coïncidences étonnantes. Est-ce pour cette raison qu’ils auraient baptisé cette roche Escher ?

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Puddle, 1952

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Cette série de tableaux d’Edward Hopper donne une impression de « déjà vu ». On observe ici une certaine constante (obsession ?) dans son œuvre. Il semble fasciné par ce sens de composition particulier, où la lumière extérieure venant de la droite (qui s’oppose parfois à celle intérieure issue de la gauche) renforce la dynamique des ombres portées et impose à notre œil un sens de lecture droite-gauche. Dans le fond, au-delà des variations des motifs et détails, Hopper peint toujours le même tableau…

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Chop Suey, 1929

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Room in Brooklyn, 1932

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Summer Evening, 1947

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Rooms by the sea, 1951

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Morning Sun, 1952

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Sun in a Empty Room, 1963

L’angle des diagonales (partant d’en haut à droite pour descendre en bas à gauche), ce jeu avec le hors champs, la confrontation intérieur-extérieur (le « paradoxe de l’isolement dans la transparence »), ces espaces vides énigmatiques, ces silhouettes parfois fantomatiques… Ces éléments de composition évoquent certaines toiles de De Chirico…

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Place d’Italie, 1912

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L’énigme d’un jour, 1914

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Dans son chef d’œuvre Into the Wild, Sean Penn s’est servi du dernier auto-portrait de Christopher McCandless, réalisé peu de temps avant de disparaître. Il a fait une véritable copie de la photo, respectant le cadrage, le décor, les couleurs, la posture (assis contre le bus, la jambe gauche repliée sur le genou droit)…

Seule l’expression d’Alex diffère. Christopher aborde un franc sourire. On le sent bien, certes amaigri, les joues creuses, mais heureux, dans un état proche de la béatitude. Alors qu’ Emile Hirsch est plutôt absorbé par ses pensées et sa lecture. Il ne souri pas mais semble tout de même paisible.

Penn et Hirsch ont l’intelligence de ne pas imiter l’attitude de Christopher. Comme pour nous offrir une autre séquence de cet événement et ainsi prolonger un peu l’existence d’Alex Supertramp…

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Stéphane Blanquet est un dessinateur génial. Un artiste plutôt indéfinissable et très particulier. Un plasticien, qui laisse son empreinte dans de nombreux domaines : bande dessinée, films, illustrations, installations, peinture sur corps… Les personnages de Blanquet évoluent dans des univers cauchemardesques, surréalistes et trash, que n’aurait pas renié le (non)mouvement Panique…

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Ces silhouettes noires m’évoquent (dans un souvenir lointain) la série animée en ombres chinoises des contes de Grimm. Mais dans une version pervertie par les délires « psychotiques » de l’auteur. Moi qui trouvais cette série déjà assez inquiétante…

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Le Sleeveface ou « tête de pochette » est un procédé bien sympathique (et facile à faire) qui consiste à se prendre en photo en cachant son visage, ou une partie du corps, par une pochette de disque 33 tours (ou bien un magazine). Ce qui crée un décalage souvent amusant, parfois bluffant. Selon quelques sources trouvées sur le net, le Sleeveface connait un buzz important durant cette deuxième partie des années 2000…

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Alors que ce procédé est plutôt ancien, comme en attestent par exemple ces photographies du génial René Maltête, qui datent des années 60…

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Le dessinateur-illustrateur hollandais Joost Veerkamp rend ici hommage à deux piliers de la culture graphique belge : Hergé et Magritte…

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Le Chef d’oeuvre ou les mystères de l’horizon (1955)

Esthète de la ligne claire, Veerkamp parodie depuis de nombreuses années les couvertures des aventures de Tintin afin de rebondir sur l’actualité… En savoir plus

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Charles Burns vient de sortir l’intrigant ToXic, dans lequel – dès la couverture – il pervertit l’univers de Tintin. Un album en couleur d’une soixantaine de page, avec une couverture cartonnée. Ca rappelle quelque chose…

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La couverture de Burns est l’exact négatif de celle d’Hergé. Outre l’inversion clair-obscur des couleurs (et le contraste de complémentaires entre le jaune de Tintin et le violet de Doug), les éléments s’opposent. La roche est remplacée par des débris de bois et la mer par des ruines. L’eau est tout de même présente chez Burns, mais elle est fermée et croupie. Alors que chez Hergé, elle est claire et s’étend jusqu’à l’horizon.

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La composition de l’image est identique : la partie du ciel où est inscrit le titre de l’album (avec une belle croix à la place de l’étoile) est proportionnellement identique (presque la moitié du dessin). Les premiers et deuxièmes plans sont de même proportion également. L’oeuf de burns se situe à l’exact emplacement du pied du champignon. Inversion également dans la position des personnages. Tintin est en situation de contre-plongée vis à vis du champignon, alors que Doug est au dessus de l’oeuf, le regard baissé. Tous deux sont surpris de ce qu’ils voient…

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Cette séquence (au centre) peut être vue comme le prolongement de celles issues du Secret de la Licorne. En fait Burns nous propose des plans intermédiaires. Chez Hergé, on ne voit pas Tintin s’engouffrer dans le trou. La posture de Doug est dans le prolongement du mouvement de Tintin. Burns dessine des cases fantômes…

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Je découvre sur le site The Comics Reporter, ce dessin de Bernard Krigstein, tiré de l’histoire « From eternity back to here ! » publié à l’époque dans Mad Magazine.

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Un dessin qui me fait fortement penser aux travaux de l’immense MC Escher.

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Il est difficile de dire qui aurait influencé l’autre. Bernard Krigstein a dessiné cette histoire, sur un scénario de Harvey Kurtzman, entre 1954 et 1955. « La Profondeur », gravure sur bois de Escher a été réalisé en 1955. Cependant, Escher travaillait déjà sur la perspective et en particulier sur « l’équipartition spaciale ».

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Cette lithographie date elle de 1952. Krigstein est avant tout un artiste peintre qui n’a fait de la bande dessinée que durant une dizaine d’année (de 46 à 55). Il devait surement connaitre l’oeuvre d’Escher…

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De même que Schuiten, comme on peut le constater en particulier dans « La fièvre d’Urbicande »…

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Parmis toutes celles qu’il a dessiné, la case préféré d’Hergé est celle de la fuite des pillards dans les dunes, qui se trouve page 38 du « Crabes aux pinces d’or » : « Sur une seule case, une succession de mouvements décomposés et repartis entre plusieurs personnages. Cela pourrait être le même bonhomme, à des mouvements successifs, qui est couché, qui se relève doucement, qui hésite et qui s’enfuit. C’est en somme, un raccourci d’espace et de temps. »

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A la fin de sa vie, Hergé se plait à décrire cette case comme une copie volontaire du « Nu descendant un escalier » de Marcel Duchamp (1912)…

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Marcel Duchamp, 1912

… qui s’est lui-même inspiré des travaux de Eadweard Muybridge :

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Muybridge, 1884-1885

Mais comme le souligne très justement Pierre Assouline dans sa biographie d’Hergé : « Une telle comparaison ne lui serait jamais venue à l’esprit avant. D’autant qu’elle paraît moins adéquate que la référence à la « Parabole des aveugles » de Bruegel l’Ancien, puisqu’il se pose les mêmes problèmes narratifs que lui ».

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Bruegel l’Ancien 

                                                                               

Trouvé sur le blog Le DESSIN ! cette affiche plutôt célèbre, qui a inspiré Giraud pour l’une de ses couvertures les plus mythique…

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Pour résonner avec l’actualité (triste) de Siné Hebdo, revenons sur une de ses couvertures faisant directement référence à celle mythique de l’Hebdo Hara-Kiri. Comme pour revendiquer sa filiation directe…

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En fait, cette idée du « Val tragique » vient de Maester (qui collabore à Siné Hebdo), pour soutenir Siné à l’époque de son éviction de Charlie Hebdo…

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Difficile de trouver l’image où le Pale Man dévore une des fées (je n’ai pas les moyens de faire une capture d’écran), mais la référence au chef d’œuvre de Goya (enfin, un de ses chef d’œuvres) est évidente, d’autant plus assumées et revendiquées par Guillermo Del Toro… Son Labyrinthe de Pan nous démontre qu’il est un digne héritier du Maitre espagnol.

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Superbe affiche de Devil’s Reject, le film dingue du dingue Rob Zombie. Est-ce que le concepteur s’est volontairement, ou inconsciemment, référé à cette toile d’Edward Hooper ? Ou est-ce seulement moi qui y vois une référence ? Les points communs sont nombreux, entre la perspective, l’angle d’inclinaison du parquet, le jeu des ombres portées, le rythme des verticales, le cadre de la porte sur la gauche…

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Pierre Pinoncelli est un artiste dadaïste qui n’hésite pas à bousculer le petit monde bien rangé de l’art moderne. Le scandale qu’il a provoqué pour avoir brisé et souillé l’urinoir de Marcel Duchamps reste son fait d’arme le plus célèbre. La citation, le détournement d’œuvre est pour lui une manière de questionner, de provoquer, de déranger les esprits bien pensant du monde des Arts… Un anartiste !

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Penseur ou penchieur..?

                                                                               

 

Lovage – Music to make love to your old lady by est un superbe album de Nathaniel Merriweather, alias Dan The Automator, avec la présence de beau monde : Jennifer Charles (d’Elysian Fields), Mike Patton ou encore Damon Albarn, excusez du peu !

 

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La référence (et révérence) à Serge Gainsbourg est évidente pour ce qui est de la pochette. Elle l’est moins au niveau de la musique. Quoi que, la sensualité débordante qui transpire de l’album, avec des morceaux tels que Sex (I’m a) ou Book of the Month et ce jeu torride entre Jennifer Charles et Mike Patton, nous renvoi inévitablement au Je t’aime moi non plus, ou La décadence du duo Jane-Serge…

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Album également sorti en version instrumental, pochette à l’avenant…

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De par sa monstrueuse notoriété, U2 est certainement le groupe le plus critiqué, décrié par ses anciens fans et surtout par les « jamais-été-fan-du-tout ». Loin de moi de vouloir en rajouter, car même si je ne les suis plus depuis longtemps, je reconnais toujours aimer certains de leurs albums, Achtung Baby et Zooropa en particulier…

Tout ça pour dire qu’avec leur notoriété et leurs moyens, ils auraient pu éviter de littéralement plagier la pochette de l’album de Richard Chartier (compositeur électroacoustique et plasticien américain) réalisé en 2006 sur le label 12K/Line avec Taylor Dupree (figure respectée de la musique électronique d’avant-garde new yorkaise), pour illustrer leur dernier album No Line On The Horizon… 

Plus de détail de l’affaire sur : http://musique.fluctuat.net/blog/35602-u2-soupconne-de-plagiat-par-un-label-new-yorkais-d-avant-garde.html 

Et comme le remarque très justement le chroniqueur : Brian Eno, producteur de No Line on the Horizon et grand connaisseur de la musique électronique et du travail de 12K serait-il à l’origine du plagiat ? Les membres de U2 eux-mêmes sont-ils au courant de l’affaire (on peut raisonnablement en douter vu les séparations bien nettes qui existent aujourd’hui entre composition, production et business musical) ? Pour l’instant, personne n’a rebondi sur la constatation de Taylor Dupree. Reste qu’il faut avouer que la coïncidence est un peu forte !

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Richard Chartier (2006)

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U2 (2009)

                                                                               

 

Un vil plagiat !

Qu’un auteur en mal d’inspiration pique quelques idées à un autre, pour enrichir son histoire, passe encore. Mais le cas de ce Francisco Ibañez est tout bonnement scandaleux ! Bon, je sais qu’il faut resituer dans le contexte de l’époque où la censure franquiste bloquait l’entrée de toutes bandes dessinées européennes, dont bien entendu Gaston Lagaffe. Mais quand même…

Dans sa série Mortadelo y Filémon (un nom piqué à Fred ?) crée dans les années 70, cet espagnol a pompé dans les moindres détails la plupart des idées (de génie) du Gaston de Franquin. D’une part, le physique du personnage (même visage, pull trop court, corps élastique), qui porte étonnamment un costume de groom rouge (ça me rappelle quelqu’un !). Et d’autre part (et non des moindres) les protagonistes (le chef, la secrétaire…), les plans et cadrages et surtout les gags ! Pas un ou deux, non. Une multitude, comme nous le démontre cet article : http://lagaffemegate.free.fr/franquin/copiage/copiage.htm

Voici quelques exemples frappants (Franquin en premier) :

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Nighthawks d’Edward Hopper est certainement le tableau made in US le plus célèbre de la planète. Et le plus copié, plagié, cité… Le clair-obscur, la baie vitrée, les personnes autour du bar, l’angle de la façade… Ce tableau regorge de détails reconnaissables entre mille.

Deux exemples parmi d’innombrables références : the Simpson et Tintin (il est vrai que l’univers graphique d’Hergé n’est pas très éloigné de celui de Hopper)…

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Bien d’autres encore sur : http://madmegblog.blogspot.com/2008/09/nighthawks.html 

                                                                        

Geoff Barrow, l’homme à tout faire de Portishead (composition, claviers, samples, batterie, guitare, production…) vient de sortir un nouveau projet, au nom incisif de Beak>. Un très bon album, ouvertement influencé par ce que l’on nomme bêtement le « Krautrock », à savoir ce rock allemand des années 70 aux structures répétitives et aux ambiances plutôt atmosphériques (que j’affectionne particulièrement), dont les groupes phares étaient Can et Neu!. Pour sa pochette, Beak> se réfère directement à ce dernier : le nom du groupe inscrit de biais, en blanc sur fond noir. La filiation est plus qu’évidente…

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Petite curiosité trouvée sur le site http://les-mangeurs-dimages.blogspot.com/search/label/Meta-Baron%20et%20Incal

Il s’agit de l’initiation de Sans Nom, le Meta-Baron, dessinée par Juan Gimenez. La mutilation du Meta-Baron est le point d’entrée dans la série best seller de Jodorowsky, mais cette anecdote fondatrice avait déjà été illustrée par Mœbius pour le hors série Les Mystères de l’Incal.

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Gimenez…

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Moebius…

                                                                               

Dans le tome 4 des aventures de Giuseppe Bergman, Revoir les étoiles, Milo Manara enchaine les références. Ce qui n’arrange pas son affaire par rapport à certains critiques, qui l’on toujours considéré comme un pilleur, un plagiaire (dans un vieux Métal Hurlant, Philippe Manœuvre le désignait comme un « Moebius de Prisunic »). Personnellement, j’aime beaucoup Manara et ne le considère pas comme un pâle copieur. Tout bon dessinateur s’est toujours inspiré de styles déjà existants avant de trouver sa « patte ». Manara ne fait pas exception. Il n’en demeure pas moins un très grand dessinateur qui techniquement parlant, peut absolument tout représenter. Dans Revoir les étoiles, il rend hommage de belle manière à ces artistes qui l’ont influencé…

Sandro Botticelli d’abord, pour la couverture…

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Gustave Doré, à plusieurs reprises, d’après ses illustrations de La Divine Comédie de Dante…

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Edouard Manet et son Déjeuner sur l’herbe

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Images tirées du site KiCswiLA?

                                                                               

Les grands esprits de rencontrent. Les deux mensuels amis, Fluide Glacial et le Psikopat, nous proposent, pour leur dernier numéro de l’année, une couverture plutôt similaire. Actualité grippale oblige, c’est un homme qui nous éternue à la face… On y retrouve l’esprit de chaque journal car si Fluide joue comme toujours, la carte de l’humour absurde, le Psikopat y inclus une dimension plus politique… 

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Le site Aref-Adib (http://www.aref-adib.com/) s’amuse à faire des liens entre deux images. Des liens souvent involontaires, parfois absurdes, mais certaines associations sont saisissantes… En voici quelques exemples parlant…

Quand une icone en remplace une autre, cela en dit beaucoup sur l’évolution de notre civilisation…

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Venus de Willendorf ou Bibendum ?

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A chacun son totem…

On y a tous pensé, non ?

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Scènes de rue en Iran, confrontées aux dessins de Marjane Satrapi…

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Dans le monde de la Bande Dessinée, les références aux grandes œuvres de la Peinture, plus ou moins fidèles, pertinentes ou justifiées, sont nombreuses. Art plastique figuratif, il est (heureusement ?!) normal que des dessinateurs de BD s’inspirent des grands maitres. Après tout, ils font à la base le même métier : dessinateur. Sans oublier que de nombreux auteurs ont suivis une formation en école d’Art…

Prenons l’exemple du Radeau de la Méduse de Géricault, avec ces quelques clins d’œil de grands auteurs de BD…

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Le Radeau de la Méduse (Géricault)

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Philémon, Le Naufragé du A (Fred, Dargaud)

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De cape et de crocs – « Le maître d’armes » (Masbou et Ayroles, Delcourt)

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Pravda la survireuse (Peellaert et Thomas, Losfeld)

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Astérix Légionnaire (Uderzo et Goscinny, Hachette)

 

Certains voient une référence à ce tableau dans la couverture de Coke en Stock. Mouais, pourquoi pas. Même si la composition du dessin ne s’en inspire pas, le thème est semblable.

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De plus, Tintin y fait directement référence…

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Jochen Gerner est un bon. Ses personnages deviennent de plus en plus typés, reconnaissables entre mille par leurs formes particulières, associations de figures géométriques simples : le visage est un rectangle (ou un carré), le crane un demi-cercle et le nez un triangle…

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Aussi, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant les personnages de Max Capa, un dessinateur underground italien, tirés de son album Toi, un robot, datant de 1971… Capa est toujours actif, voir sur son site : http://capa-max.20six.fr/

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Miyazaki dit être très influencé par des écrivains occidentaux, tels que Lewis Carroll ou Antoine de St Exupéry. Il est aussi ami avec Moebius, dont on sent l’influence réciproque de leur travail… Miyazaki connaissait-il ce Cornebuse & Cie du dessinateur et scénariste Guy Sabran (sorti en 1945), lorsqu’il a imaginé l’avion de Porco Rosso ?

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Voir Cornebuse et Cie en détail sur : http://bibigreycat.blogspot.com/search/label/livre%2011

                                                                                 

Hergé, copieur ?

On le sait, surtout grâce au superbe ouvrage de Mickael Farr Tintin, le rêve et la réalité, Hergé utilisait, pour réaliser ses albums, une somme incroyable de documents divers et variés (photos de magazine, gravures d’époque, illustrations…). Hergé n’est pas un pâle copieur. Ces références sont des ressources documentaires. Elles lui permettent avant tout d’étayer son histoire, d’être le plus juste possible par rapport à la réalité.

Cependant, il se laisse parfois aller à reprendre des idées picturales et esthétiques de certains de ses contemporains.

Voici deux exemples qui me semblent les plus significatifs de cette tendance d’Hergé à la référence et au plagiat (ça y est, le mot est lâché !) :

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Couverture de l’hebdomadaire A-Z du 25 septembre 1932

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Dessin de couverture de la version noir et blanc de 1936 

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Dessin de Riou, transposé en gravure par Montaut, illustrant Les aventures du capitaine Hatteras (vers 1896). 

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Tintin au Tibet (1960), Page 31, case 10.

                                                                                 

Valérian Vs Star Wars !

C’est un fait maintenant connu de beaucoup, mais que l’un des intéressés semble toujours nier (devinez lequel) : il y a beaucoup de Valérian dans Star Wars ! Quelques exemples frappant, tirés essentiellement de L’empire des mille planètes, qui date de 1970…

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JC Mézières ne s’en formalise pas, au contraire il s’en amuse, comme nous le montre ce dessin…

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Mezières a souvent collaboré pour le cinéma, sur le cinquième élément de Luc Besson par exemple, auxquel il a apporté de nombreuses trouvailles visuelles : les taxis volants, le New York futuriste…  

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Plus de détails encore sur KiCswiLA?

                                                                                 

La case la plus copiée !

C’est dans le premier numéro de l’Eprouvette que j’ai définitivement compris qu’il existait de nombreux tacherons de la BD, oeuvrant essentiellement dans la série B et Z (du genre des productions Elvifrance), qui n’hésitent pas à piller sans vergogne ce que font, évidemment bien mieux, les autres.

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L’exemple de la récupération de ce dessin de Cuvelier, tiré de son Epoxy (1968) est édifiant, il a été copié par de nombreux dessinateurs (essentiellement italiens) dans plus d’une trentaine d’album…  Le sens de l’image, le style, la situation, et les tenues changent, mais c’est bien le même dessin (avec ce raccourci de la jambe droite si caractéristique)…

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Plus d’exemples sur le forum BD Trash

                                                                                 

C’est en tombant chez mon libraire (aïe !), sur des numéros de cette vieille revue (version d’avant-guerre) que j’ai éprouvé un petit choc visuel. J’ai déjà vu cette mise en page, ces ornements, cette calligraphie et ces couleurs quelque part…

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Mais oui, c’est ce coquin de Moebius qui n’en fini pas d’aller puiser dans notre inconscient collectif, en s’inspirant de la couverture de Bernadette pour son Chasseur Déprime… Comme pour illustrer ce sentiment de nostalgie qu’éprouve le Major Gruber ?..

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