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Festival BD Normandiebulle (Darnetal, 2016)

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Quand j’ai vu l’affiche de cette 21ème édition du normandiebulle (Bouzard invité d’honneur), je me suis dis que je n’allais pas avoir le temps de rencontrer tous les auteurs qui me plaisent. La bonne bayday n’est qu’une question de goût et mazette, la liste des auteurs présents que j’affectionne est incroyablement longue…

J’avoue surtout être impressionné à l’idée de les rencontrer. Qu’ai-je à leur dire, si ce n’est que j’aime beaucoup ce qu’ils font. Je sais que pour nombre d’entre elles-eux, l’exercice de la dédicace est hypocrite. Ce que je comprend. Croiser cette masse informe qui, le temps d’une gribouille, prend la figure d’un individu totalement inconnu – qui de par le fait d’avoir lu et acheté votre livre, se croit permis de vous taper sur l’épaule et vous demander de dessiner pour lui – a de quoi fatiguer les plus chevronnés (bien sur, c’est l’idée que je m’en fait et les auteurs ne pensent sûrement pas tous comme ça).

J’ai su prendre mon courage à deux mains et affronter ces gladiateurs de la chose dessinée. Et me rendre rapidement compte que ces artistes sont tous sincèrement disponibles. Une belle moisson de rencontres et de dédicaces, même si j’en ai loupé quelques unes… Un très bon cru 2016.

Dans l’ordre : Lisa Mansel (HP), Felder et Besseron (Snack), Florence Cestac (La véritable histoire de Futuropolis), Bouzard (Autobiography of Me Too), Gilles Rochier (TMLP).

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Catharsis – Luz (Futuropolis, 2015)

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« Signer une œuvre aujourd’hui c’est pouvoir dire aussi «j’en réponds» et non seulement je réponds, je donne la réponse qu’il me plaît, ou je réponds, docile, à la question que l’on m’a posée. » (Jacques Bernar dans L’ignoble et l’inouï, éditions L’escampette, 1995).

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Juste pour dire aux gros cons qu’ils ne trouveront ni racolage ou voyeurisme dans cet album… Cathasis ne fait que confirmer, de manière aussi admirable qu’inenvisageable, ce qu’on savait déjà : Luz est grand !

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Charlie Mensuel

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Wheelan

Charlie mensuel, revue de bande dessinée des éditions du Square, active de 1969 à 1986, était un pilier de la presse bd pour adule. Un incroyable vivier d’auteurs et de dessinateurs, des classiques du comic-strip (Krazy Kat, Peanuts, Andy Capp, Popeye…) à l’avant-garde européenne (Crepax, Masse, Pichard, Druillet…) en passant par des auteurs ‘Mad’ (Kurtzman, Gotlib, Mandryka..). Sans oublier l’école italo-argentine (Breccia, Buzzelli, Munoz, Quino), des francs tireurs tels que Topor, Bosc ou Willem, ou les auteurs maison (Cabu, Cavanna, Gébé, Reiser, Wolinski..).

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Pichard

Mais Charlie mensuel, c’était surtout de formidables couvertures. Usant très souvent de ce procédé – également utilisé par Robial pour certaines couvertures de la collection 30X40 de Futuropolis – consistant à agrandir et recadrer un élément du dessin ou une case de la planche, afin de créer une couverture originale.

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Herriman

Une technique issue du Pop Art, en particulier les œuvres de Lichtenstein (bien que créées de toute pièce, ses compositions donnent l’impression, de par ces effets de trame, d’être des cases de bandes dessinées agrandies) ou de Warhol, qui reformatait et agrandissait des photos issues de papiers journaux (voir sa série des chaises électriques..). L’usage de couleurs vives et décalées renforce cette filiation au Pop Art !

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Varenne

Ces superbes couvertures se suffisent à elles-mêmes. Belles et puissantes, elles peuvent s’exposer telles de véritables œuvres d’Art. Et heureusement, Charlie mensuel n’était pas qu’un contenant, son contenu était d’un haut niveau, rarement égalé depuis…

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Sydney Jordan

Librairie Goscinny

BDoubliées

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Les Sous-sols du Révolu – Marc-Antoine Mathieu (Futuropolis/Musée du Louvre éditions, 2006)

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J’ai découvert Marc-Antoine Mathieu grâce au collectif Le retour de dieu, dans lequel il nous raconte l’ascension physique et spirituelle d’un homme, au sein d’une cathédrale hors normes. Mathieu vient de sortir un album au thème plutôt similaire : Dieu en personne (ou si Dieu revenait sur terre, le reconnaitrions et comment réagirions-nous ?). Les sous-sols du Révolu (Extraits du journal d’un expert) est le deuxième album issu de la collaboration entre le Musée du Louvre et les éditions Futuropolis, dont le projet est de demander à des auteurs de bande dessinée de nous raconter leur Musée du Louvre. Après De Crecy, qui ouvrait le bal avec son remarquable Période Glaciaire, Mathieu prend la relève.

Dans cette histoire, nous suivons les pérégrinations d’un expert et de son second, qui sont chargé de répertorier toutes les salles du musée. Un périple qui durera exactement dix-huit mille cent trente-quatre jours, tant le Louvres est un véritable labyrinthe sans fond. Mathieu nous décrit un Louvres imaginaire, qui se rapproche de l’image que l’on peut se faire de l’un des plus grand musée du monde (il faudrait plus d’une semaine pour en faire le tour !). Les personnages y déambulent comme dans un espace mental, s’y perdant, passant d’une salle à l’autre, d’un palier à l’autre… Tel un rêve… Tout comme dans Le Retour de Dieu, le périple de son personnage est autant physique que spirituel.

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Eudes le volumeur et son compagnon Léonard sont chargés de répertorier toute les collections du Musée du Révolu (bel anagramme ! Tout l’ouvrage en regorge). Ils commencent par les fondations (qui sont en fait le sommet de la construction), puis les immenses galeries techniques dans lesquelles l’expert se rends compte que sa mission prendra plus de temps que prévue. S’ensuit « La galerie inondée » rassemblant les oeuvres pompiers, où ils font la connaissance de l’ancienne gardienne devenue passeuse. « Le dépôt des moules » se situant encore plus bas au huitième sous-sol, comprenant tous les moules de toutes les sculptures du musée, dont certaines oubliées de tous depuis des siècles… « La salle des fragments » où des ouvriers tentent de reconstituer un puzzle géant, en fait une immense sculpture de ce qu’ils pensent être un cyclope ! « L’atelier de restauration », véritable salle d’opération pour tableau et sculptures, est une sacrée cuisine. On y apprend une vérité paradoxale : la lumière est l’ennemie des couleurs, qui ne peuvent être vues sans elle… « Le département des copies » nous permet de faire la distinction entre une copie et un faux (« les faux issus de copies sont remarquables car ce sont des faux désintéressés… Ils ont leur part de vérité. »). « La réserve du tableau » (intitulé « Le musée du voleur ») donne le vertige par son « habile mise en scène de [la] mise en abime ». « Les archives » nous entrainent dans un délire visuel digne du grand Masse… « L’expert le vieux », où la rencontre avec un vieux collègue qui lui remet son registre d’expertise, permettra à Eudes de prendre conscience que ce travail de volumeur a pris, et prendra plusieurs vies avant d’être achevé (d’ailleurs, nos deux héros vieillissent au fil des pages)…

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« L’entrepôt des cadres » corrobore l’idée que l’encadrement est un Art à part entière. Mais face à la simplification à l’extrême du cadre, le responsable de l’entrepôt imagine de nouvelles voies. En l’occurrence « une suite de tableaux se succèdant chronologiquement de telle sorte à former un récit ». Ce qu’il nomme « une narration picturale séquentielle » ! Un clin d’oeil malicieux à la bande dessinée… La « Bricabracologie » renferme les plus anciennes collections du musée. Eudes et Léonard y croisent un groupe de gardiens de musée en séminaire, qui apprennent à maitriser le « tss tss tss », indispensable outil pour tout gardien voulant reprendre les visiteurs curieux qui touchent les oeuvres exposées… La salle de « L »icône » est occupée par un vieil homme (ressemblant étrangement à Léonard de Vinci). Ce dernier nous apprend qu’il existe en fait plusieurs versions de la Joconde, dans lesquelles seul son sourire change. Chacune est exposé à tour de rôle sans que personne ne s’en aperçoive… « Par ce stratagème, le maître voulait représenter le mystère même de la représentation ». Une subtile réflexion sur la subjectivité du regard. « Le très grand dessein » est l’avant-dernière étape du périple de Eudes. Son compagnon Léonard l’a quitté (Il a trouvé sa place dans le quartier des historiens). C’est donc seul qu’il explore les plans des sous-sols du musée. Il découvre que l’ensemble de ces sous-sols forment une pyramide, dont le sommet pourrait se situer en surface, sur l’esplanade… « Le dernier chapitre » nous montre un Eudes le volumeur en fin de vie, qui a le temps de remettre ces registres à un jeune expert, avant de s’éteindre…

Les Sous-sols du Révolu - Marc-Antoine Mathieu (Futuropolis/Musée du Louvre éditions, 2006) dans Chroniques BD soussolsplanche26

L’univers de Mathieu est ici plus que jamais poétique et absurde. Il y a du Masse dans son graphisme, avec ses personnages à lunettes rondes et chapeau melon. Ainsi que dans les situations absurdes vécues par le personnage principal. Du Fred également, par le détournement de certains codes narratifs et la poésie ambiante qui se dégage à chaque page. Ses formes arrondies et contrastées me font parfois penser à du Tardi. Certains visages expressifs à du Willem… Mathieu est pour moi un des meilleurs dans la maitrise du noir et blanc, tout en clair-obscur. Ses gris sont remarquables d’intensité et de subtilité (voir le chapitre « Le dépôt des moules » où les personnages s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité). Un album bourré d’idées graphiques, et surtout narratives, plus géniales les unes que les autres. Un voyage magique, métaphorique, qui nous emmène dans les méandres de la mémoire de l’Art…

revolu dans Chroniques BD

Marc-Antoine Mathieu

Plates-bandes – Jean Christophe Menu (L’Association, 2005)

 

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Bon, Plates-bandes est sorti il y a 5 ans maintenant et qu’en reste-t-il ? Le pamphlet d’un auteur-éditeur de bandes dessinées – que l’on classera comme « indépendant » – qui exprime clairement son raz le bol contre une certaine (mauvaise) manière (dominante) de faire de la Bande Dessiné. [Rectification faite : Menu précise dans L’Eprouvette n°1 que ce Plates-bandes n’est ni un pamphlet, ni un essai, mais un texte d’opinion « assurément « juge et partie », dont l’enjeu était de contribuer à définir les vieux tenants et les nouveaux aboutissants d’un contexte précis : le champ éditorial de la Bande Dessinée en France en janvier 2005″.]

Les illustrations qui jalonnent ce livre (toutes droit-tirées d’un cabinet de dentiste) donnent le ton : ça va faire mal ! Menu est un gars qui vient du fanzine et de l’auto-production. Un dessinateur qui a toujours été attiré par la conception de l’objet BD. Branché dans le milieu de la musique « rock alternatif », en particulier au sein des Satellites, il s’est inspiré des maisons d’éditions « alternatives » qui se sont créées dans les années 80 (Bondage, Boucherie productions…). Une manière de créer et produire des oeuvres comme ils l’entendent, sans aucunes concessions envers le milieu commercial de la musique. Diffuser une oeuvre et non un produit. Voilà leur philosophie.

Menu et ses amis ont donc crée L’Association dans cette optique. Dans la mesure aussi où à l’époque (fin des années 80 où la presse BD disparaissait), toutes les maisons d’éditions refusaient leurs projets. Cette nécessité de créer un label devient indissociable d’une certaine revendication. Produire « contre » peut être un bon leitmotiv, il ne faudrait pas que cela devienne le seul moteur de création. C’est ce que certains reprochent à Menu (ceux qui se font allumer dans ce Plates-bandes). C’est un piège dans lequel il a failli tomber (source de désaccord avec ses anciens camarades ?). Cet ouvrage en est peut-être la profession de foi, il en est également une forme de testament. Depuis 2006, à partir de la création de la revue L’Eprouvette – qui dans cet optique ne pouvait que se saborder au bout de trois numéro (et quels numéros !) – il me semble que Menu à retrouvé un nouveau souffle, une dynamique nouvelle. Il a craché son venin à la face de la profession et à su passer à autre chose (tout en restant révolté). Il s’est par exemple remis à dessiner (les Lock-groove ou les Mont-vérité Chrono-poche). Le retour de Lapin nous le confirme également. Outre le fait d’être toujours un terrain privilégié d’expérimentations et de revendications, Menu croit encore à l’utilité de L’Association comme tremplin pour de nouveaux auteurs, et non plus seulement comme un acte de résistance contre le microcosme de la bd (qui deviendrait rapidement stérile). Relire Plates-bandes maintenant nous permet de constater que JC Menu avance et croit toujours en ce qu’il fait. Toujours très bien d’ailleurs…

Je suis un lecteur-amateur de bande dessinée depuis le milieu des années 80. Si j’ai connu les magazines Spirou, Tintin et surtout Pif, la BD a toujours été pour moi l’Album, le fameux 48 pages couverture cartonnée (voir le 62 CC pour les Tintin). Je ne partage donc pas cette aversion envers ce format. Je comprend cependant (et remercie) Menu qui prône la diversité et le non formatage des albums de Bande Dessinée. Considérer et confectionner cet objet comme un bel ouvrage, plus proche des beaux livres d’Art ou de Littérature illustrée, me fait fortement apprécier les productions de L’Association (le fait de s’inscrire dans la filiation des avant-gardes littéraires et artistiques peut paraitre prétentieux, je trouve cependant cette approche pertinente et justifiée).

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Le 48CC de Menu…

Menu aura tout de même sorti un album 48CC, dans la série des Donjons. Cette participation nous démontre qu’il n’est pas bêtement bloquer contre ce format et ce genre de série (il n’a d’ailleurs jamais critiqué les lecteurs de ce type d’ouvrage). Il s’exprime très clairement à ce sujet : « Comme pour Donjon chez Delcourt, il y a une complémentarité qui est probablement la meilleure façon de voir coexister un espace d’innovation comme L’Association, avec un relais standard dans la grande distribution pour ceux que ça interresse. [...] L’intérêt de Donjon, par exemple, est d’exister dans la grande distribution, puisque Donjon joue aussi à pervertir sa propre forme. Son ambiguïté par rapport à l’heroïc-fantasy et au standard n’ont de sens que sur ce terrain là. Donjon n’aurait eu aucune incidence publié à L’Association, et n’aurait même pas pu être imaginé pour L’Association ».

J’adhère pleinement à son analyse du milieu éditorial : s’il est des maisons d’éditions qui ont toujours assumer de faire du commercial (Dargaud, Dupuis…), il est plutôt agaçant de voir bons nombres d’entre elles éditer des oeuvres « à la manière de » ce que nous propose l’Asso (format livre, genre autobiographique, noir et blanc…). Ces mêmes maisons qui avaient refusés leurs projets à la fin des années 80. Il est bien dommage pour la diversité de la Bande Dessinée que ceux qui ont les moyens de prendre des risques en éditant des ouvrages « autres », des auteurs exigeants, attendent que des petits labels ouvrent des niches pour s’y engouffrer.

Mais ne faisons pas de bête manichéisme, il n’est pas question de critiquer les qualités intrinsèques d’un album « indé » par rapport à un « commercial » (bon ou mauvais, chacun est juge), mais bien de dénoncer les méthodes de production et de récupération de certaines maisons d’éditions. Menu n’hésite pas à donner des noms. Les Casterman (avec sa collection Ecritures), Delcourt (avec Encrages ou Outsider), Les Humanoïdes Associés (avec Tohu Bohu) et autre Glénat qui, s’ils ont fortement contribuer à la diversité et l’originalité de la production BD, se sont rapidement engouffrés dans le créneau du roman graphique et de la bande dessinée d’auteur. Sans parler de Soleil qui rachète le nom et le catalogue Futuropolis, voulant s’inscrire dans une filiation contre-nature (Mourad Boudjellal n’est pas Etienne Robial). « Quand un « gros » éditeur fait son métier de « gros », en outrepassant pas son territoire de « gros » ,je n’y vois pas de problème majeur » (JC Menu). Ce n’est pas plus compliqué que cela. Que chacun fasse ce qu’il sait faire, sans venir marcher sur les plates-bandes du voisin. Mais la réalité est tout autre…

Menu est totalement légitime pour critiquer le milieu de l’édition BD. Sa manière n’est peut-être pas très orthodoxe (il ose dénoncer !). Je ne vais pas lui reprocher de ne pas utiliser la langue de bois. Au contraire ! Face à la production actuelle, monstrueuse, j’ai quand même l’impression qu’il y a beaucoup de tacherons, de dessinateur de secondes zones (il faut le dire, sous leurs airs « indé », la plupart sont édités par ces gros labels), qui font ce qu’une poignée d’auteurs faisaient déjà il y a une quinzaine d’année. Combien trouvent-on de sous-Blain, sous-Sfar, sous-Trondheim, sous-Blutch, sous-De Crecy, sous-Rabaté..?  J’estime la proportion à un auteur pour dix copieurs, au moins. Je préfère des dessinateurs qui ont moins de technique, mais plus de personnalité, d’originalité (comme on en trouve beaucoup dans le Psikopat ou Lapin !).

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