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La mare aux pirates – Francis Masse (Casterman, 1987)

La mare aux pirates - Francis Masse (Casterman, 1987) dans Chroniques BD mareauxpiratescouv

Francis Masse est un franc-tireur de la bande dessinée rare et singulier, dont l’univers pictural et l’humour absurde ne sont pas simples d’accès.

Après avoir enseigné le graphisme, Francis Masse, déjà peintre et sculpteur, débute au début des années 70 par des courts-métrages en animation. Ses premières planches de bande dessinée paraissent dans la presse underground de l’époque puis, fin des années 70, dans la presse de bande dessinée : Pilote, Fluide Glacial, Charlie Mensuel, Hara-Kiri, L’Echo des Savanes, etc. C’est à cette époque qu’il affuble ces personnages de cet imper et ce chapeau melon si caractéristiques.

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Histoires à carreaux, in « L’écho des savanes présente F. Masse », éditions du fromage, 1976

« Masse est dès l’origine un cas, le seul dessinateur peut-être auquel il serait vain de chercher des influences. Son graphisme tout en hachure fait de lui un virtuose du noir et blanc, mais il prouve qu’il est tout aussi à l’aise avec la couleur. Masse propose un univers évident, entendons par là, un univers qui se suffit, qui véhicule sa propre logique, qui repose sur sa propre physique et s’impose à partir du simple enchaînement ainsi réglé des images et des dialogues. Il n’est même pas besoin d’évoquer le fameux nonsense. Certes masse n’y est pas insensible, mais rien n’est pourtant plus sensé que l’univers qu’il nous présente. Car le plus surprenant est là, l’univers de Masse est un univers familier. Il en est d’autant plus inquiétant.  » (L’encyclopédie des bandes dessinées. Albin Michel, 1986)

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Les deux du balcon

Sorti après Les deux du balcon, archétype de l’univers loufdingue de Masse, la mare aux pirates joue de ce même décalage entre ce que vivent les personnages, souvent dans des espaces insolites (un balcon ou ici un bateau pirate) et la teneur de leurs propos. A l’image des deux du balcon qui, dans Quanticos contre Classicos, vendent des tomates pourries depuis leur balcon, tout en dissertant sur le concept de non-séparabilité de la physique quantique. Ou quand les pirates de la mare prennent un cours d’économie, dispensé par le perroquet du navire…

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La mare aux pirates

Cette succession de situations surréalistes l’inscrivent dans une filiation avec Fred. En particulier cet amour partagé pour bousculer le langage BD, questionner en permanence les dimensions spatiales et temporelles de la planche et du dessin et ainsi mettre la 2D dans ses retranchements. Son humour repose très souvent sur ces incessants décalages entre un espace très théâtral (unité de lieu et de temps, impressions de décors en cartons pâtes, personnages déguisés…), les situations vécues par les protagonistes et les dialogues dingues.

Car Masse n’a pas peur du verbe, bien au contraire. Certaines de ses cases sont envahies par des phylactères bourrés de textes. Cependant, ces bavardages lui permettent d’installer des moments de silence, qui cassent le rythme de la narration.

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La mare aux pirates

Son graphisme minéral et brut génère des formes sculpturales. « J’étais le roi du modelé : hachures d’ombres qui faisaient tournoyer les volumes dans la lumière… ». Comme il nous l’explique dans l’interview réalisée pour l’exposition Quintet, il était arrivé aux limites de la représentation en deux dimensions et ne supportait plus cette vision du monde coincée dans un rectangle. De cette planche de bd qui n’est qu’une succession de rectangles dans un grand rectangle. Pas étonnant alors qu’il se soit investi dans la sculpture. Il lui fallait de la matière, de la sensualité, de la masse…

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Intrigues de basse cour, Nicole et Francis Masse, 1996

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La Fanfare – Avoine, Bridenne & JY (LA Boutique Editions, 2003)

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Ce recueil de dessins est le fruit de la collaboration entre trois dessinateurs aux styles bien différents, réunis autour d’une thématique commune : la fanfare. Car ces dessinateurs sont aussi musiciens, chacun jouant d’un cuivre, le baryton pour JY et le trombone pour Bridenne et Avoine. De fait, ils maitrisent leur sujet, ça sent le vécu…

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Bridenne possède un trait lâché et vif, propre au dessin de presse. Il a d’ailleurs travaillé pour l’Echo des Savanes, Pilote, Télérama ou même l’émission « Droit de Réponse » de la grande époque. Hédoniste, la musique est pour lui associée au(x) plaisir(s) de la chair, à l’ivresse de la bonne chair.

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JY

JY (que je découvre ici) développe lui un style et un humour plus anglo-saxon, à base de non-sens et d’absurdités graphiques. Il joue avec la perspective et la représentation de la 3 D et fait évoluer ses personnages dans un système espace-temps particulier, où la pesanteur ne semble pas exister. Ses personnages flottent dans l’air, comme portés par la musique.

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(ce dessin d’Avoine n’est pas issu de La Fanfare)

Avoine (découvert avec ces superbes 4èmes de couv’ de Siné Hebdo) nous proposent des dessins plus structurés. Ce gars semble dessiner avec une règle et un compas. Ses formes sont d’une droiture géométrique irréprochable. Ses dessins pourraient paraître froids s’ils n’étaient servis par ce trait épais et charbonneux qui dégage beaucoup d’émotions. Son humour fleure bon le surréalisme à la belge.

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Humour absurde et poésie graphique sont au rendez-vous dans cet ouvrage. Et si cette Fanfare ne fait pas de bruit, ces dessins là ne passent pas inaperçus ! La musique adoucie les mœurs, mais pas la matière grise.

 

 

La peur du rouge – Fred Neidhardt (Delcourt Shampooing, 2010)

La peur du rouge - Fred Neidhardt (Delcourt Shampooing, 2010) dans Chroniques BD 9782756020839fs

Fred Neidhardt (que je connais par sa série Mr Tue-Tout dans le Psiko, ou pour ses impostures loufdingues dans l’Echo des savanes) nous raconte son voyage scolaire organisé à Berlin en 1981. Ville de tous les contrastes, Berlin Est est une ville de façade, sous le joug de la répression stalinienne, où la misère se voit (et se vit) à chaque coin de rue. Berlin Ouest est la ville de la liberté, de l’opulence occidentale, des surplus militaires, des Marlboro et de la pornographie accessible.

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Le récit se divise également en deux parties. Dans la première, Fred nous raconte les relations puériles et impitoyables d’une bande de boutonneux pré-pubères qui s’amusent d’un rien (sauf lorsqu’ils visitent le « Mémorial de toutes les victimes du fascisme et du militarisme »), obnubilés par la déconnade, le flirt et la masturbation… Le récit bascule ensuite dans le tragique, lorsque Fred décide de faire le mur et partir seul dans Berlin Ouest, à la recherche de Christiane F, afin de la sortir de sa misère. Car dans son livre, Fred y a vu un signe du destin : la première fois qu’elle s’est défoncée à l’héro, c’était le jour même de son dixième anniversaire. Cette errance sur les traces de son « héroine » l’amènera dans le quartier des drogués et des prostitués, dans lequel il sera à deux doigts de se faire agresser. Heureusement qu’une bonne âme lui vient en aide. Suite à cette rencontre, Fred vivra sa première expérience sexuelle, mais pas du tout comme il l’avait imaginé…

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Cette deuxième partie rend plutôt mal à l’aise. On se dit que Fred aurait pu garder cela pour lui. Mais en fait, il parait après coup normal, dans la logique du récit, qu’il aborde cet épisode plutôt traumatisant. Ce périple en « terre rouge » aura été une sorte de rite de passage, marquant pour lui la fin de l’innocence infantile, pour entrer de plein pied dans l’univers impitoyable des adultes. Un monde où la réalité bouffe littéralement l’insouciance et les illusions de la jeunesse. Si la « peur du rouge » sous entend la peur du communisme (tel que peut l’imaginer un jeune pré-ado dans le contexte de la guerre froide), cela peut également être interprété comme la peur du Désir, de la sexualité génitale.

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Neidhardt sait parfaitement retranscrire cette atmosphère fin 70-début 80 (voir son Pattes d’eph et col roulé) en usant judicieusement de références vestimentaires et culturelles de l’époque. Bien qu’un peu plus jeune que lui, j’ai également vécu mon enfance durant cette période. Aussi, je ne peux m’empêcher de voir en son style animalier un clin d’œil aux bandes dessinées de Pif gadget, le journal « coco » pour la jeunesse (avec certes, un trait plus expressif et un sens du détail plutôt réaliste au niveau des décors). Ce choix est cependant judicieux pour ne pas sombrer dans le pathétique et garder une distance humoristique salutaire vis-à-vis de cette deuxième partie du récit plutôt glauque. Au final, La peur du rouge est un album sensible, juste et sans concessions, que ne regretteront pas d’avoir lu ceux qui auront été jusqu’au bout… A ranger aux cotés de Pourquoi j’ai tué pierre ou Les pilules bleues.

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Meurtres et Chatiments – Carlos Nine (L’echo des savanes/Albin Michel, 1991)

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Les dessins de Carlos Nine nous donne une petite idée de ce que produirait un croisement contre nature entre les délires visuels d’un Tex Avery et l’univers Dantesque d’un Jérôme Bosch. Le tout situé dans une ambiance Polar année 50… Une vraie cour des miracles, qui nous rappelle le Freaks de Tod Browning. Une succession de personnages monstrueux, exécutés avec une finesse et une sensibilité plastique qui contraste fortement avec les sujets et les thèmes abordés. Ses difformités en arrivent à dégager assez de sensualité (par un subtil travail des couleurs réalisé par l’auteur lui même) pour devenir supportables, attirantes, fascinantes…

Je cite le texte de FredGri, tiré du très bon site sceneario.com, qui a su trouver les mots justes pour commenter cette œuvre hors-normes : « Parker, Pirker et Babously sont trois détectives habitués aux affaires de famille. Retrouver une fille fugueuse, une femme infidèle c’est leur quotidien. Mais dans ce monde très bizarre le moindre suspect prend des figures de héros de dessins animés et les fantasmes prennent de droles de visages. Nos trois détectives vont alors devoir plonger en plein délire toonesque. »

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« Le monde de Carlos Nine est tout de suite très particulier.
Tout d’abord son sens de la narration est complètement décalé, il oblige le lecteur à se laisser mener par le bout du nez dans ces pages complètement hallucinantes, il n’y a pas de cases à proprement dit, parfois meme il illustre littéralement telle ou telle expression. C’est un voyage dans un monde qui se balance entre le non-sens, les polars et les références aux dessins animés de notre enfance, le tout avec une pointe de cruauté.
Mais ce qui est le plus poignant, le plus envoutant c’est la richesse et la beauté du graphisme de Nine. Ici tout, ou presque, est expérimentation au service d’un nouveau langage plus ludique, plus fou. Les personnages et les objets se déforment, on flotte dans l’aquarelle la plus pur puis on passe de temps à autre à du crayon. Là, plus de références figuratives, plus de repère, dans ce chef d’œuvre passé complètement inaperçu (Nine explique qu’en fait les libraire ne savaient pas ou le ranger, du coup il s’est vite retrouvé dans les bacs des soldeurs) nous rencontrons un artiste explorateur anti conventionnel !
Bien évidemment cet album demande aux lecteurs de jouer le jeu, mais là aucune démarche intellectuelle, aucune prétention de cracher sur le passé, non juste un auteur qui s’amuse, c’est un plaisir à chaque page, une vraie explosion graphique. C’est en tout cas avec cet album que j’ai découvert une école plus personnelle d’artiste, ce Sud-Américain n’a pas fini de faire parler de lui, soyez en sur !
Alors surveillez bien vos bouquinistes, ca en vaut le coup.
 » (FredGri, avril 2003)

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Entre rééditions et créations, Nine est toujours prolifique. Voir sur son site carlosnine.com/

Carlos Nine sur bedetheque et sur Stuart Ng Books

Vive le foot ! – Collectif (Albin Michel, 1998)

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Une fois n’est pas coutume, c’est l’occasion de coller à l’actualité, coupe du monde oblige… Un album collectif ayant pour thème le football, ça s’annonce pas folichon. Je dirai même plus : sans intérêts ! Passons notre chemin… Sauf qu’ à bien y regarder, il est composé d’une « Dream Team » de la bande dessinée absolulent incroyable. Que des grandes pointures (pour jouer au foot, ça aide…) ! Un thème certes pas très original, mais assez fédérateur pour que s’y implique des auteurs tels que Druillet, Wolinski, Margerin, Rochette, Denis, Baru… Sorti à l’occasion de la coupe du monde de 1998 organisée cheu nous, cet album est édité par Albin Michel. Ce qui explique la présence de nombreux auteurs gravitant autour de l’Echo des Savanes (Vuillemin, Arnon, Stan & Vince…) . L’humour fluidien est également au rendez-vous (Edika, Maester, Tronchet, Kafka…).

Edika est égal à lui-même. Ses dix planches sont parfaitement irracontables ! Margerin cherche un moyen pour assister à la finale sans payer, mais gare à ne pas se faire plumer… Boucq nous démontre par un match la théorie du chaos et ses conséquences facheuses. Ferrandez et Tronchet évoque une pratique courrante chez les sportifs : aller voir un voyant avant un match important. Mais encore faut-il savoir interprêter ses dires… Jean-Claude Denis nous raconte que le foot peut être aussi l’occasion de rencontres amicales, avec sa voisine ! Maester nous dit clairement qu’il n’en a « rien à foot » de tout ça, et évoque la violence de ce sport. Luz aussi en a « ras le foot » et n’oubli pas de nous rappeler les dérives politiques et sociales de ce sport. Baru nous raconte des souvenirs de club de foot, à une époque où les crampons étaient en cuir, le foot en noir et blanc et les grands jouaient à l’arrière… Druillet nous propose une double planche avec laquelle il convoque l’Esprit de Foot » ! Bercovici nous donne des « leçons de pros », mais ce n’est pas simple d’être entraineur de club (toute ressemblance avec un certain Guy.R…). Rochette nous narre les destins croisés de deux jeunes footballeurs. La réussite de l’un annonce la tragédie de l’autre… Arnon part dans un délire « préhistoric » afin de remonter à l’origine du foot. Stan & Vince font ce calcul simple : Mundial = Arnaque ! Tronchet (seul cette fois) se dit que c’est beau le foot quand ça rapproche les classes sociales… Kafka (Monsieur Francis Kuntz !) nous entraine dans les mésaventures de Mic et Hoc qui, entre les huissiers, Spielberg et l’ANPE, n’arriverons pas à voir la finale de la coupe du monde. Tramber nous explique qu’entre le foot et les meufs, il faut choisir… Wolinski lui, tente de réconsillier les femmes avec le foot, à sa manière bien sur… Et pour finir, Vuillemin nous exprime toute la considération qu’il peut avoir pour les joueurs et les entraineurs…

Bon, cet album ne restera pas dans les annales de la bande dessinée, même s’il est de loin un des meilleurs du genre « bd à thème ». Il se lit avec plaisir et grand intérêt, pour les auteurs plus que pour le thème ! Certains n’hésitent pas d’ailleurs à critiquer ce sport international. Tant mieux !

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