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Art Monstre (Café Creed, 2013)

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Revisiter par la bande le thème du Monstre dans l’Art, telle est l’ambition première de cet ouvrage. Non pas la figure du Monstre, mais plutôt ses créateurs. Ces démiurges de l’ombre qui, au travers de leurs œuvres hallucinantes, effrayantes pour certains, poétiques pour d’autres, nous confrontent à la bête qui est en nous. Comme le précise Bataille,« Le « monstre » est une anomalie effroyable mais il est aussi peut-être, celui qui doit exister »(in « Gilles de Rais »). Les 22 auteurs invités pour l’occasion ont quatre planches chacun pour aborder le maître du monstrueux qui leur semble le plus significatif, qui les a sûrement traumatisés.

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Nicolas Gazeau

Il est d’évidentes rencontres. Terreur Graphique use de ses difformités et de ce noir et blanc tranchant plutôt dérangeant – qu’il a exploré dans son remarquable Rorschach – pour aborder le cinéaste fou Tod Browning. Nicolas Gazeau imagine la première rencontre entre David Cronenberg et William Burroughs, à l’occasion de l’adaptation du Festin Nu, évoquant par des détails les œuvres monstres du réalisateur canadien (La Mouche, Videodrome ou Scanners…) qui ne peuvent que satisfaire l’écrivain junkie. Le choix d’une itération iconique (contrainte oubapienne spécifique au vocabulaire BD) est judicieux pour accentuer cet impression d’espace-temps suspendu. Le trait réaliste et torturé de Natacha Sicoud convient à merveille pour mettre en scène les sculptures hyperréalistes et démesurées de Ron Mueck. Les dessins noirs et blancs épurés de Monsieur Pimpant focalisent sur les sculptures (sex-toys) déformées d’Hans Bellmer. Le graphisme proche de la gravure de Matthias Lehmann ne peut que convenir pour présenter les œuvres du graveur Jacques Callot. Usant d’images fortes, brutes et colorées, Thibault Balahy (qui est à l’initiative de ce projet) retrace le parcours artistique de David Lynch en quelques étapes clés. Dr Lagrange use de photomontages et couleurs flashy pour parler du roi du Pop Art. Laureline Mattiussi perd littéralement la tête face à l’univers déjanté de James Ensor…

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Thibault Balahy

Si l’on retrouve des artistes incontournables, j’en découvre qui m’étaient parfaitement inconnus : Pierre Molinier par Rémy Cattelain, Mikhaïl Boulgakov par Lorenzo Chiavini, José Mojica Marins par Taillefer et Caetano, Joel Peter Witkin par Amandine Ciosi. D’autres par contre, étonnent de par leur présence. Cependant, le Monstre n’est pas que synonyme d’horreur, de cruauté et de folie. Il symbolise aussi l’autre, l’étranger, le différent. Métaphore de ce qu’il peut y avoir de dérangeant dans l’humanité. De fait, Pierre Culliford, alias Peyo, ou Hayao Miyazaki ont légitimement leur place aux côtés des Hans Bellmer ou autres James Ensor. L’auteur de la préface rappelle, à juste titre, qu’il manque d’inévitables créateurs qui ont placés le monstre au centre de leurs préoccupations artistiques, tels que Druillet, Breccia, Moebius, Burns, Blanquet, Konture, Woodring ou le Japonais Shigeru Mizuki. J’ajouterai quelques incontournables oubliés : Goya, Lovecraft, William Blake, Odilon Redon, Jodorowski ou Topor…

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Ambre

L’ensemble varie en fonction des univers graphiques de chacun. On passe d’un style à l’autre, d’un monstre à l’autre, dans une parfaite complémentarité. Certains auteurs paraissent plus « armés » pour aborder ces figures légendaires : le noir et blanc expressionniste d’Ambre sied parfaitement à l’univers sombre du dessinateur Alfred Kubin. Alors que le style humoristique de Lucas Varela paraît trop léger pour évoquer l’enfer de Dante. Mais c’est là que réside tout l’intérêt de cet ouvrage : prendre définitivement conscience que les clivages n’ont plus lieu d’être, que le médium est depuis longtemps assez mature pour rejeter tout complexes vis à vis des autres Arts. Comme il est rappelé en préface : « Qu’on l’appelle Neuvième Art ou pas, elle conserve, quand elle ne se contente pas de recycler ses vieilles recettes, un formidable appétit pour les autres formes artistiques ».

La bande dessinée, dans sa variété narrative et formelle, peut apporter de nouveaux regards, des réflexions originales sur tous les domaines artistiques qu’elle aborde. Anne Simon (s’attaquant à Adam et Eve chez Hieronymus Bosch) ou Lucas Varela nous le démontrent, un graphisme léger et enfantin peut rendre compte avec pertinence d’une esthétique dérangeante et dérangée.

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Lucas Varela

A priori, les Arts visuels supportent mieux le passage par la bande. Les images fortes d’un film (Browning, Lynch, Murnau) ou d’un peintre (Bosch, Ensor, Warhol) deviennent – lorsqu’ils sont revisités par un autre dessinateur – de formidables citations, à l’incroyable puissance d’évocation (voir les superbes planches chronophotographiques de François Matton, retranscrivant les dernières secondes de Nosferatu). Mais les monstres littéraires ne sont pas en reste (Jonathan Swift par Sophie Darcq et Yann De La Ronde, Le vilain petit canard d’Andersen par Cléo Germain).

Un ensemble hétérogène. Il y manque peut-être une ligne directrice plus précise (au niveau des domaines artistiques, des époques, des genres…). D’un autre côté, cet Art Monstre amène de nombreuses découvertes, et nous démontre à chaque page, la monstrueuse diversité de la neuvième chose. A ce titre, c’est clairement réussi.

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Natacha Sicaud

Art Monstre

Café Creed

 

Oldies from seventies…

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1972, c’est encore la grande période de Pilote, celle d’avant la création de la nouvelle presse dissidente (L’Echo, Fluide, Métal…). Cette version hebdomadaire a permis à de nombreux lecteurs de découvrir de nouveaux jeunes dessinateurs qui deviendront pour beaucoup les maîtres de la BD d’aujourd’hui. A l’image de Bilal, qui signe la couverture et publie ici une de ses premières histoires de pure SF. Son graphisme est encore maladroit. Il se cherche encore (et toujours, d’ailleurs !) mais on y décèle les prémices d’une œuvre forte.

On trouve au sommaire de ce numéro 671 les planches de Vidal et Hoppe, Beketch et Loro, Beketch et Alexis, Vidal et Clave, ou Carthy qui, de part leur forme « fiche conseil », demeure sous forte influence « Madienne ». Coté bandes, que du bon : des histoires complètes avec Leconte, Bilal, Gibo, Fred, Greg ou Jean-Claude Gal… Et des prépublications avec Astérix (extrait du Devin), Forest ( Hypocrite), Lucky Luke (Chasseur de primes) ou Blueberry (Ballade pour un cercueil). Sans oublier les pages d’actualités de Jean Florac et Guy Vidal. Un numéro qui reste parfaitement lisible et tout à fait intéressant, même plus de quarante ans après sa sortie.

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A une époque (début des années 70) où ni Métal Hurlant ni Mad Movies n’existaient, les amateurs de fantastique avaient peu de chose à se mettre sous la dent ! Heureusement pour eux, il y avait Creepy, et son cousin Eerie. Deux revues traduites directement du matériau issu des EC Comics (Les Contes de la Crypte). D’où la présence dans ces pages de Wally Wood, Angelo Torres ou Richard Corben.

Ce recueil de trois numéros (les 18, 20 et 21. mais où est passé le 19 ?!), datant de 1973, alterne entre bandes dessinées déviantes en noir et blanc et articles de films fantastiques (de Universal, la Hammer ou les productions Corman) richement documentés. On y trouve de nombreuse images d’archives des (dorénavant) classiques du cinéma d’épouvante (Le bal des vampires, La créature du lac noir, Westworld, Dracula, La nuit des morts-vivants, etc.), ainsi que des chroniques sur les fanzines et revues de l’époque (ils parlent de Mad Movies en ces termes : « Le meilleur fanzine français consacré au cinéma fantastique dont la qualité s’accroit au fil des numéros »).

Creepy et Eerie sont actuellement réédités par le label Delirium des éditions ça & là.

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Première mouture de l’Echo des Savannes, et de loin la meilleure, car uniquement consacrée à la bande dessinée. L’Echo de 1974 est encore géré par le trio infernal Mandryka, Gotlib et Brétécher, avant que ces deux             dernier(e)s ne s’envolent pour d’autres folles aventures éditoriales…

Mandryka est absent de ce dixième numéro (mais bien sur crédité en tant que directeur de publication), qui comprend la présence du génial Alexis et son loufoque La publicité dans la joie, scénarisé par Gotlib. Le monstrueux Masse et son noir et blanc massif nous raconte Une soirée en famille digne de Kafka et Dali. Leconte qui, avant de se faire un nom en tant que réalisateur, était un dessinateur talentueux et prolifique (il a bossé pour Pilote, Mormoil, Fluide Glacial…) au style monolithique et absurde très personnel qui ma foi, vieilli plutôt bien. Gotlib lui, nous présente sa version hallucinante et déjantée de l’Exorciste, en pas moins de 16 pages. On sent qu’il se libère ici de toute ces années de frustrations et d’(auto-)censures accumulées au sein de Pilote et de Pif. Plus aucuns tabous de sa part, ça fornique, dégueule, sue, chie et trucide à tout va. Jubilatoire ! Brétécher ferme le bal avec l’histoire de Chandelle, une jeune frustrée qui porte bien son prénom.

Un numéro dix de l’Echo qui, dans sa forme (édito de Gotlib !) et son sommaire (excepté cette absence de rédactionnel), annonce le futur Fluide Glacial qui sortira l’année suivante, en 1975.

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Y a pas à dire, Métal Hurlant était ce qui se faisait de mieux en cette époque de la fin des années 70. Pour preuve, le nombre de revues et fanzines qui s’en sont inspirés, même encore aujourd’hui. Un journal copieux (comprenant de nombreux dossiers complets, riches analyses et chroniques érudites) et généreux (sur cent pages en moyenne, de nombreuses bandes et illustrations d’auteurs prestigieux). Cette générosité constante est une preuve que la passion et le respect de son lectorat, étaient les principaux moteurs de la rédaction. Cette envie de partager, de faire connaître, fait de Métal Hurlant un journal-passeur, le prospecteur d’une nouvelle génération d’auteurs… Un lieu incontournable pour les grands artistes internationaux de la BD et de la SF.

Ce 39ème numéro comprend la présence de beau monde : Cornillon, Voss et son Kar War, Hermann et son Jérémiah, Druillet, Lob, Charlier & Gir avec leur Blueberry (en couleur !), Chaland, Margerin, Moebius et son garage hermetik, Paul Gillon et ses naufragés du temps…

La ‘formule Métal’ est ici à son summum : alchimie parfaite entre les auteurs « classiques » (Druillet, Moebius, Voss…) et les « modernes » (Chaland, Margerin…), la pure science fiction et l’humour absurde, la ligne claire et un graphisme plus chargé. Une revue qui reste d’une insolente modernité.

 

Oldies from eighties…

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Avec Viper, l’underground s’immice dans la presse officielle. c’est en 1981 que le premier numéro voit le jour et apparait dans les kiosques.
Certes, les revues Actuel, L’Echo des Savannes, Metal Hurlant ou Fluide Glacial avaient ouvert la brèche dès le début des années 70, mais Viper se démarque par un positionnement clairement affiché. D’un aspect fanzine (format A5, couverture souple et noir et blanc sale) Viper fait l’apologie du « sex, drug and rock n’ roll way of life » d’une génération adepte des drogues douces (d’où le nom « Sinsemilla éditions ») et de la sexualité débridée. En bref, tout ce que la société produit comme comportements marginaux, voire déviants, est ici mis en avant. Des références aux hors-la-loi célèbres (Poncho Villa, Jesse James…), des citations (de Spinoza, Burroughs, Ginsberg ou Crowley) concernants les Lois et les drogues, des fiches sur l’usage médicinale de la coca ou de l’amanite tue-mouche, un extrait de l’article « les socialistes et la drogue » du député PS Antoine Gau, des chroniques littéraires. Le tout entrecoupé de bande dessinées oscillant entre humour satirique et science fiction paranoîaque, avec une pointe de pornographie. Qu’ils soient réalistes ou humoristiques, les graphismes sont atypiques, référencés (entre Crumb, Vaughn Bodé et Druillet), excessifs, outranciers. Aucuns des dessinateurs de ce premier numéro n’ont connu le succès, mais ce n’était certainement pas leur volonté ! Informer (en désinformant) et divertir, tels étaient les intentions premières de Viper. Témoignage de son temps, relire cette revue en 2013 nous permet de mieux comprendre ce que les années 70 ont pu apporter au niveau de la libération des moeurs.

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Revue éphémère, qui ne comprend que 6 numéros sortis entre juillet 1988 et janvier 1989, Gag Mag porte bien son nom. C’est un condensé de ce qui se fait de mieux en matière de bandes dessinées comiques et satiriques. Le sommaire est alléchant : Claude Serre, Tronchet, Goossens, Van den Boogaard (Léon la terreur), Don Martin (pilier de Mad), Margerin, Shelton, Dodo & Ben Radis, Juillard, Jano… On y trouve aussi des parodies de séries connues de Edgar P. Jacob ou Liberatore (La marque rose et Wanxerox), des sketchs du grand Raymond Devos. Sans oublier un superbe article de Paul Herman qui, dans sa rubrique « les archives (maudites) du rire », nous conte la formidable histoire du Charivari, une des revues françaises les plus anciennes, qui eu une importance à la fois artistique et politique dans le milieu du XIXème siècle. Distraire, tout en informant un peu sur les origines de la presse satirique, l’idée n’est pas nouvelle mais louable, et fait encore des émules (Fluide Glacial reste à jamais le maître étalon en la matière).

Pur produit des année 80 (maquette au couleurs flashy) où l’édition presse bd vivait encore de beaux jours (même si ça commençait à sentir le sapin), l’originalité de ce Gag Mag réside dans son format poche, qui était à l’époque en pleine essor avec les réédition de J’ai lu bd, livre de poche bd ou pocket bd. Bien que le procédé soit on-ne-peut plus discutable et le résultat trop souvent catastrophique (reformatage des planches, recadrage des vignettes, couleurs souvent fades), j’avoue avoir un faible pour les « bds de poche », qui, de par leur petit prix, m’ont permis de découvrir bon nombre d’auteurs et séries (Gil Jourdan de Tillieux, l’Incal de Jodo et Moebius, Ici même de Tardi et Forest…) que j’ai bien évidemment relus et récupérés depuis dans leurs formats originaux.
Gag Mag ne restera pas dans le panthéon des incontournables revues de bande dessinée. Cependant, son honnête facture et la qualité de ses collaborateurs m’incitent à ne pas la laissé sombrer dans les méandres de l’oubli.

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Bien qu’étant un avatar de l’Echo des Savanes jusqu’en 1983, Spécial USA (qui, entre 1976 et 1993 a connu trois formules différentes) a vite trouvé son indépendance dans les années 80, pour devenir USA Magazine au début des années 90 (première revue française à avoir diffusé le Sin City de Miller).

Revue de bonne qualité formelle, alternant bandes en noir et blanc et couleurs, Special USA est plus maintream que son glorieux ainé. En attestent des chroniques sur les blockbusters de l’époque (dans ce numéro 11 de 1984, on retrouve des articles sur Ghostbusters et Gremlins), des reportages plutôt racoleurs sur la violence aux Etats Unis ou le look Reagan et surtout, des pages publicitaires pour les albums Dargaud ou Albin Michel.
Au regard des dessinateurs et séries présentes (Corben, Gimenez ou les planches sous forte influence moebiusienne de Moreno), on a l’impression que Special USA avait pour ambition de devenir le nouveau Metal Hurlant. Cependant, il n’y a pas que de la Science fiction. On trouve aussi la superbe série Big City regroupée sous la thématique « fenêtres » du géant Will Eisner, ou le génial Torpedo de Bernet et Abuli. Sans oublier le Rocketeer de Dave Stevens .
Découvert à l’époque, USA magazine m’aura fait aimé la bd made in US, qui n’est heureusement pas uniquement faite de superhéros. Une revue qui aura duré presque 17ans, mais pas survécue (comme beaucoup) aux terribles années 90.

Vive le foot ! – Collectif (Albin Michel, 1998)

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Une fois n’est pas coutume, c’est l’occasion de coller à l’actualité, coupe du monde oblige… Un album collectif ayant pour thème le football, ça s’annonce pas folichon. Je dirai même plus : sans intérêts ! Passons notre chemin… Sauf qu’ à bien y regarder, il est composé d’une « Dream Team » de la bande dessinée absolulent incroyable. Que des grandes pointures (pour jouer au foot, ça aide…) ! Un thème certes pas très original, mais assez fédérateur pour que s’y implique des auteurs tels que Druillet, Wolinski, Margerin, Rochette, Denis, Baru… Sorti à l’occasion de la coupe du monde de 1998 organisée cheu nous, cet album est édité par Albin Michel. Ce qui explique la présence de nombreux auteurs gravitant autour de l’Echo des Savanes (Vuillemin, Arnon, Stan & Vince…) . L’humour fluidien est également au rendez-vous (Edika, Maester, Tronchet, Kafka…).

Edika est égal à lui-même. Ses dix planches sont parfaitement irracontables ! Margerin cherche un moyen pour assister à la finale sans payer, mais gare à ne pas se faire plumer… Boucq nous démontre par un match la théorie du chaos et ses conséquences facheuses. Ferrandez et Tronchet évoque une pratique courrante chez les sportifs : aller voir un voyant avant un match important. Mais encore faut-il savoir interprêter ses dires… Jean-Claude Denis nous raconte que le foot peut être aussi l’occasion de rencontres amicales, avec sa voisine ! Maester nous dit clairement qu’il n’en a « rien à foot » de tout ça, et évoque la violence de ce sport. Luz aussi en a « ras le foot » et n’oubli pas de nous rappeler les dérives politiques et sociales de ce sport. Baru nous raconte des souvenirs de club de foot, à une époque où les crampons étaient en cuir, le foot en noir et blanc et les grands jouaient à l’arrière… Druillet nous propose une double planche avec laquelle il convoque l’Esprit de Foot » ! Bercovici nous donne des « leçons de pros », mais ce n’est pas simple d’être entraineur de club (toute ressemblance avec un certain Guy.R…). Rochette nous narre les destins croisés de deux jeunes footballeurs. La réussite de l’un annonce la tragédie de l’autre… Arnon part dans un délire « préhistoric » afin de remonter à l’origine du foot. Stan & Vince font ce calcul simple : Mundial = Arnaque ! Tronchet (seul cette fois) se dit que c’est beau le foot quand ça rapproche les classes sociales… Kafka (Monsieur Francis Kuntz !) nous entraine dans les mésaventures de Mic et Hoc qui, entre les huissiers, Spielberg et l’ANPE, n’arriverons pas à voir la finale de la coupe du monde. Tramber nous explique qu’entre le foot et les meufs, il faut choisir… Wolinski lui, tente de réconsillier les femmes avec le foot, à sa manière bien sur… Et pour finir, Vuillemin nous exprime toute la considération qu’il peut avoir pour les joueurs et les entraineurs…

Bon, cet album ne restera pas dans les annales de la bande dessinée, même s’il est de loin un des meilleurs du genre « bd à thème ». Il se lit avec plaisir et grand intérêt, pour les auteurs plus que pour le thème ! Certains n’hésitent pas d’ailleurs à critiquer ce sport international. Tant mieux !

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VRAOUM ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain (la maison rouge)

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On peut se demander quel est intérêt de contempler des planches sorties de leur contexte. Une planche est-elle une œuvre d’art à part entière ? Quand on se trouve devant un original de McCay, Forest, Breccia, Druillet, Giraud ou Gerner, la question ne se pose plus. On ressent exactement la même impression que lorsqu’on est devant une toile de grand maitre : on est à proximité de l’artiste, on sent son geste, sa trace, sa présence. C’est un sentiment magique, unique.

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La Maison Rouge (que je découvre à l’occasion) est le lieu idéal pour ce type d’exposition, vaste, mais à échelle humaine. Disposée de façon labyrinthique, le parcours est composé de plusieurs petites pièces abordant un thème particulier : Les pionniers de la BD, avec des planches d’Alain St Ogan, Richard Outcault, Winsor McCay ou Georges Herriman. Far West, comprenant essentiellement des planches de Giraud, ainsi que de son maitre Jijé et aussi Morris. Bestioles et créatures, avec Macherot, Crumb (et son Fritz the cat), Otto Messmer (et son Felix the cat), Schultz (et son Snoopy), Franquin et son Marsupilami, Peyo et ses Schtroumpfs, Mandryka et son concombre masqué ou Geluck et son chat. Sans oublier la Walt Disney Productions avec le génial Carl Barks (« l’homme au canards » qui aurait dessiné plus de 6000 planches de BD).

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S’en suit Hergé et la ligne claire où j’ai enfin pu observer des planches originales du Maître, ainsi que de ses amis Jacob, Martin et De Moor, sans oublier la relève avec Ted Benoit ou Joost Swarte. Mangas avec la présence du père d’Astro Boy, Osamu Tesuka, sans oublier Miyazaki (avec Princesse Mononoké). Puis, retour en Occident avec les Maitres de la S.F : les américains Clarence Gay ou Ales Raymond et les français Poïvet, Gillon, Forest, Druillet, Moebius ou Bilal. Epoustouflant ! Gags à Gogo et Gredins et chenapans nous présente des planches humoristiques de Chic Young, Segar (Popeye), Dirks (the Kratzenjammers kids), mais aussi St Ogan ou Franquin. Pictural nous propose des auteurs privilégiant les pinceaux (noir & blanc ou en couleur) tels Caniff, Breccia, Tardi, Hugo Pratt, Comès… A fond la caisse avec Hubinon, Jean Graton ou Boucq. La rencontre des héros et Super-héros se situent dans deux grandes salles dans lesquels bon nombres d’artistes contemporains revisitent les mythes de la BD, essentiellement issus des mangas et des comics (ah, le Batman obèse qui surplombe la salle, effrayant !) Puis pour finir, l’Enfer, situé dans une salle en sous-sol, dresse un petit panorama de la BD érotique avec Crumb, Pichard & Wolinski (avec leur Paulette), Forest (et son Barbarella), Guido Crepax, Manara ou Vuillemin…

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Cette expo nous permet de découvrir les coulisses de la création d’une planche de bande dessinée. On observe des différences de méthodes entre les auteurs. Différence de format d’abord, car si la plupart dessine sur de grandes feuilles qui seront réduite pour l’impression, d’autres dessinent au même format que la future édition en album. Au niveau de la mise en page, on voit bien que certains dessinent les cases individuellement, puis les assemblent pour composer leurs planches, tels que McCay, Gotlib ou Bilal… D’autres par contres, préparent leur structure à l’avance et dessinent minutieusement dans les cases (Hergé, Moebius …). Les américains eux, dessinent sur des planches pré-formatés pour l’imprimerie (Alex Raymond ou Joe Schuster). Différence de techniques entre une majorité de noir et blanc (dont de nombreux maitres, Forest, Eisner, Milton Caniff…) et les adeptes de la couleur directe (Mattoti, Breccia, de Crecy ou Liberatore…)

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Gilles Barbier, L’hospice, 2002

L’originalité de cette exposition est de confronter ses planches originales de grands dessinateurs aux regards que peuvent y porter des artistes contemporains. Car les frontières entre ces deux univers sont de moins en moins hermétiques, de plus en plus « poreuses ». Des peintres tels qu’Authouart ou Di Rosa ont toujours cité la Bande Dessinée comme une influence majeure. On découvre également des strips de Picasso (années 30) qui était un inconditionnel du Krazy Kat d’Herriman. Picasso lui-même aurait dit qu’un de ses seuls regrets est de ne pas avoir fait de bande dessinée… Art Lichtenstein, Keith Haring et Jean-michel Basquiat rendent également leur tribu à la BD.

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TNT en Amérique, Jochen Gerner

Le parcours commence avec l’intégrale des planches du TNT en Amérique de Jochen Gerner. Un auteur qui créé la parfaite jonction entre Art Contemporain et « petits mickeys ». Ses planches sont remarquables. Il a développé ce qu’ont pourrait appeler la « narration séquentielle non-figurative ».

Ponctuant le parcours de l’exposition, des couples se forment entre les personnages de BD et leur réinterprétation dans des œuvres contemporaines : la lime cachée dans le pain des Dalton par Olivier Babin, little Nemo dans son lit par Peter Land, le tempérament bagarreur de Popeye par Jean-Michel Basquiat, la famille Flintstones par Paul McCarthy, la silhouette de Tintin par Henrik Samuelsson. Ce dernier apparaît également dans la peinture murale de Fabien Verschaere… (Guide de l’expo)

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Wang Du, Vous avez du feu, 2002 

Pour rester dans le jeu du name-dropping, n’oublions pas de citer encore Pierre la Police, Lewis Trondheim, Toriyama (l’inventeur des Dragon Balls), Willy Vandersteen, Loustal, Charles Burns… Une expo remarquable qui fait la part belle aux pièces de collection sans pour autant sentir le vieux papier. Et ceci grâce à la présence de ces œuvres contemporaines qui apportent une résonnance particulière aux vielles planches de bd, et corroborent l’idée principale de cette exposition : les frontières entre Art et BD n’existent pas !  

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