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Psikopat n°314 (Editions du Zébu, 2019)

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Je souffle sur les braises de ce blog pour évoquer une bien triste nouvelle. Aujourd’hui, j’ai acheté mon Psikopat mensuel pour la dernière fois ! Depuis plus de 15 ans, je ne loupe aucun numéro (à une ou deux exceptions prêt). C’était un rituel rassurant et réconfortant. Rassurant de constater à chaque sortie qu’une presse libre et sans concessions (et sans pub, ne vivant que grâce à ses lecteurs) peut encore exister en ce 21ème siècle bien entamé. Réconfortant de lire des propos proches de ce que je pense (pas toujours et fort heureusement), bien éloignés du discours dominant et de la bien-pensance généralisée.

J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pense de ce magazine libre et indépendant (ici). Je n’ai rien à ajouter. Si ce n’est qu’au fil du temps, le rédactionnel s’est étoffé avec l’arrivée de belles signatures (Dédé-la-science, Caza, Etienne Liebig, Clivillé, Millié…) alors qu’historiquement, le Psiko était surtout un beau tremplin pour les dessinateurs (ce qu’il a été jusqu’au bout).

Ce qui est réconfortant, c’est que le Psiko ne s’arrête pas pour de sales raisons (faillite ou censure). Comme le précise Carali dans son dernier édito, ça fait 35 ans qu’il porte une responsabilité de chef qu’il n’a jamais supporté. Fabriquer un journal lui apporte toujours autant de plaisir. C’est gérer une SARL de presse qui le crève. Carali, Melaka et Olivier K évoquent la possibilité de continuer l’aventure, sous une autre forme… Wait and see…

J’avais eu le plaisir de croiser Olivier K lors du festival Normandiebulle de 2017. Nous avions échangé autour du Psiko bien sûr, et il m’expliquait toute la passion et l’énergie que cela nécessite pour organiser ce grand barnum qu’est le Psikopat.

Comme pour beaucoup d’autres, le Psiko m’a donné le goût du fanzinat. Si j’ai osé me lancer dans la microédition (de manière confidentielle), c’est en parti aussi grâce au mensuel de Carali, qui illustre parfaitement l’idée que faire du beau n’a pas de sens en soi, c’est faire sens qui est beau. Et toutes les personnalités du Psiko, scribouilleurs ou écrivaillons, en ont apporté, du beau contenu !

On peut être triste, mais comme le dit si bien JL Coudray dans ce numéro 314 : « Seul celui qui connaît tous les numéros par cœur peut se plaindre de la disparition du Psikopat ». Vu ce que j’ai en stock, il est clair que je continuerai de lire mon Psiko mensuel pendant encore au moins 15 ans… Le Psikopat est mort. Vive le Psikopat !!!

dédiK

Fanzine Zone…

A la manière de l’excellent site 1 fanzine par jour, je vais vous présenter quelques bons et incontournables fanzines BD sortis il y a quelques années, mais dénichés récemment… Les nouveautés, c’est bien, mais les vieilleries, c’est pas mal non plus !

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Créé et édité par le jeune Jacques Glénat en 1969, Schtroumpf fanzine est la troisième mouture de cet acte fondateur des éditions grenobloises. D’abord production « Do It Yourself », le fanzine devient en 1972 Schtroumpf – Les Cahiers de la bande dessinée, une revue mensuelle consacré à l’actualité de la bande dessinée dirigée par Henri Filippini (puis par Thierry Groensteen et Numa Sadoul) qui s’attache à la découverte d’un auteur classique ou contemporain. De 1976 et 1979, Glénat sort en parallèle Schtroumpf Fanzine, qui reprend l’esprit du fanzine originel.

Ce numéro 28 de mars 1979 est consacré à Max Cabanes, comprenant une interview et présentant de nombreuses planches de l’auteur. On y trouve également un article complet de Filippini sur une revue allemande de l’époque (Super As). De son coté, Antoine Roux nous propose une analyse pertinente d’une planche de Jerry Spring qui nous en apprend beaucoup sur le mode opératoire de Jijé. Le fanzine termine sur des chroniques d’albums du mois, rédigées par Filippini, Roux et Jean Léturgie. Il manque actuellement une revue de ce genre, en particulier la formule « Cahiers de la bande dessinée » qui pouvait se comparer aux cahiers du cinéma et ainsi apporter un vision critique essentielle au neuvième art…

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Fanzine de bande dessinée parisien sorti entre 1990 et 1995 (17 numéros), Le Goinfre se place principalement dans la tradition du Métal hurlant des origines. Soit Fantastique, SF et Humour. D’où la présence de Druillet dans le numéro 8 ou Caza dans le numéro 9. Le Goinfre a reçu l’Alph’Art Fanzine du Festival d’Angoulême en 1994.

Un fanzine qui fait la part belle aux planches d’auteurs maisons (Bajram, Joan, Liberge…) qui, bien que sympathiques, fleurent bon l’amateurisme. Le tout entrecoupé de la gazette de l’asile, du rédactionnel dressant un état des lieux de la production fanzine et bédé du moment. Sans oublier en pages centrales l’interview de l’invité ! Bref, Le Goinfre est un fanzine dont seront sorti de bon dessinateurs maintenant reconnus (Pedrosa, Christopher, Bajram…) et qui aura influencé bon nombres de jeunes maisons d’éditions « indépendantes », telles que les éditions Groinge (qui éditaient le Phaco ou Comix Club) ou La Cafetière.

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Fanzine bd des années 90 créé du côté de Toulouse, Black Out possède les caractéristiques habituelles de ce genre de publication : des planches (d’heroic fantasy, fantastiques ou absurdes) allant du plus amateur au plus pro (on y trouve le Kookarurra de Crisse), des chroniques d’albums et de revues faisant l’actualité, des nouvelles illustrées, des interviews de grands auteurs. Ce huitième numéro de janvier 1997 comprend un long entretien très bien mené avec le Maître Jean Giraud / Moebius et un plus court (mais non moins bien mené) avec Cromwell.

Bientôt, La Mèche !

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Après la disparition de Siné Hebdo et plus récemment de Kamikaze, je me sentais un peu seul devant le rayon presse satirique de mon libraire. Mais bonne nouvelle (j’ai lu ça hier dans Libé), l’équipe de Siné Hebdo a décidé de remettre le couvert, pour la rentrée de Septembre, sous l’appellation La Mèche. Ca s’annonce prometteur ! Présentation par Olivier Marbot, ex-rédac chef adjoint de Siné Hebdo et membre de l’équipe fondatrice de La Mèche :

Bonjour à toutes et à tous, Vous avez écrit à Siné Hebdo après l’annonce de l’arrêt de la parution pour protester, pleurer, gueuler, manifester votre intérêt… C’est pourquoi vous recevez aujourd’hui ce message. Comme vous, les salariés et collaborateurs de Siné ont accusé le coup, et puis ils ont décidé de réagir. Bob et Catherine Sinet ont décidé de stopper l’aventure, c’est leur droit le plus absolu et nous comprenons leurs raisons. Mais nous, bordel, on avait encore plein de choses à dessiner et à raconter ! C’est comme ça qu’est né le projet de relancer un hebdo satirique. De gauche, pour ceux qui se poseraient la question… On espérait prendre la relève dès le mois de mai, ça n’a pas été possible, trop compliqué, trop cher, trop court.
Mais on vous donne rendez-vous à la rentrée de septembre, dans les kiosques, à la Fête de l’Huma et partout où nous pourrons venir à votre rencontre.

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Le nouveau journal s’appellera La Mèche (on vous laisse imaginer les jeux de mots et les déclinaisons graphiques que les dessinateurs ont commencé à nous proposer). Vous y retrouverez une bonne partie des chroniqueurs et dessinateurs que vous aimiez dans Siné Hebdo.
Déjà, Jiho, Guy Bedos, Marc Large, Berth, Laure Noualhat, Noël Godin, Aranega, Flav’, Jean-Pierre Bouyxou, Laurence Romance, Miguel Benasayag, Vuillemin, Martin, Caza, André Langaney, Lindingre, Anne Steiger, Etienne Liebig, Avoine, Carali, Faujour, Pierre Concialdi, Georges Yoram Federmann, Decressac, Jeanne Folly, Charles Fontaine, Carlo Santulli, Goubelle, Nathalie Gathié, Gudule, Thierry Pelletier, Miss. Tic, Mix & Remix, Rémi ont répondu favorablement à notre appel !
Christophe Alévêque, Frédéric Bonnaud, Loup, Patrick Raynal et bien d’autres devraient nous rejoindre rapidement.
Sans compter de nouvelles signatures que vous découvrirez très bientôt et… et… et… SINE en personne, qui semble bien décidé à poursuivre sa Zone (actuellement sur internet) dans La Mèche !! Si !

Vous pouvez nous joindre à cette adresse mail, mais aussi, pour ceux qui sont sur Facebook, devenir ami avec La Mèche, dont la page est en ligne depuis la nuit dernière. Un site www.lameche.org viendra bientôt s’ajouter à tout ça et le journal, c’est pour la semaine du 6 septembre (le jour de parution n’est pas encore définitivement choisi). On est tous enthousiastes à l’idée de relancer un journal, on espère que vous le serez aussi. A bientôt – et pourquoi pas, pour commencer, à la manif parisienne de jeudi prochain contre la réforme des retraites. Amicalement, Olivier Marbot. (source)

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Mes 10 bandes dessinées préférées…

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L’hebdo Marianne sort un hors série consacrée à la bande dessinée. Début d’année et festival d’Angoulême obligent, la rédaction nous propose un traditionnel (et déjà vu) recensement des œuvres incontournables de la bande dessinée. Mais la grande originalité de ce hors-série, c’est d’avoir demandé à une bonne vingtaine d’auteurs influents (entre Gotlib, Pétillon, Moebius, Bilal, Fred, Blutch, Dupuy & Berberian, etc.) d’établir la liste de leurs 10 albums préférés.

Une idée intéressante, qui m’a donné envie de faire de même, avec toute la subjectivité et les oublis que cela oblige… Exercice difficile que de devoir choisir mes dix bandes dessinées préférées parmi toutes celles que j’ai lu et apprécié. J’ai choisi ces dix en laissant parler mes émotions plutôt que mon intellect. Ne pas choisir une bd parce qu’elle est un chef d’œuvre, mais par rapport au plaisir que j’ai eu de la découvrir, de la lire et relire. C’est pourquoi par exemple, on y trouvera La grande fugue des frères Varenne plutôt que le Maus de Spiegelman… Bien sur, les deux peuvent parfois se côtoyer (tels que pour les Idées Noires du Maitre Franquin), mais j’ai dressé cette liste en fonction de mes coups de cœur.  

Un autre critère, qui m’a bien aidé pour établir cette liste, c’est d’évoquer des albums que je n’ai pas encore chroniqué sur ce blog. Partant du principe que je ne parle que de BDs que j’apprécie, cela aurait fait doublon pour certaine… Malgré cela, le choix reste difficile. Mais voilà, la liste est faite, sans ordre d’importance :

couverturebd2203332212.jpgSous le signe du capricorne (Hugo Pratt)

Le premier Corto Maltese que j’ai lu. J’y ai découvert la magie du noir et blanc pur, la beauté des contrastes forts. Un univers onirique et envoutant que je ne cesserai jamais d’aimer. Pratt est un génie de la narration, et un grand dessinateur (malgré ce que certains peuvent en dire…) Une œuvre qu’on adore ou qu’on déteste, mais qui ne laisse pas indifférent.

ideesnoirescou01.jpgIdées Noires (André Franquin)

Je me rappellerai toujours de mes impressions lorsque j’ai lu cet album pour la première fois. C’est poilant et flippant. Attirant et dégoutant. C’est surtout virtuose. Comment est-il possible que ce soit le même dessinateur que celui de notre gaffeur préféré. Depuis, je n’ai jamais pu lire Gaston de la même façon…

uneafairedefamillecouv.jpgUne affaire de famille (Will Eisner)

Eisner aime raconter des histoires simples. Des histoires qui touchent tout un chacun. Des histoires que l’on pourrait tous vivre. Loin de l’Aventure et des Super-héros, Une affaire de famille nous emmène dans l’intimité d’une famille, et touche à l’universalité des sentiments filiaux. Un chef d’œuvre… 

rubrique01.jpgRubrique à brac (Marcel Gotlib)

Il est pour moi évident que Gotlib figure dans mon panthéon. Un génie de l’humour ce type ! Mais que choisir de lui ?
La Rubrique à Brac bien sur ! Le chainon manquant entre les Dingodossiers d’avec Goscinny et ses œuvres fluidiennes. Un must de l’humour dessiné, que je relis toujours avec grand intérêt, tant j’en découvre encore à chaque fois…

ardeur03.jpgLa grande fugue (Alex et Daniel Varenne)

Ah ! Les frères Varenne ! J’avais acheté cet album par hasard, et j’avoue ne pas l’avoir apprécié à sa juste valeur. Mais avec le temps, j’ai adoré cette histoire post-apocalyptique. Graphiquement parlant, La grande fugue est mon préféré de la série des Ardeur. L’utilisation du noir et blanc et surtout ces gammes de gris, est remarquable. Peu de traits, la plupart des formes sont signifiées par les contrastes. Un choc esthétique.

letresorderackamlerouge.jpgLe trésor de Rackham le Rouge (Hergé)

Tintin, inévitablement. Mais quel album ? En y réfléchissant bien, le choix est ardu. Mais rapidement, l’histoire qui me vient à l’esprit, qui m’a le plus fait rêver, qui n’arrête pas de me surprendre au fil des pages, qui m’emmène à la fois au bout du monde et à proximité, qui m’a donné une définition claire de ce qu’est l’Aventure, c’est sans conteste Le trésor de Rakham le Rouge. 

grandduduchele29012005.jpgLe grand Duduche – il lui faudrait une bonne guerre (Cabu)

Tout est bon chez Cabu, et j’ai une tendresse particulière pour le Grand Duduche, cet album principalement. Alors que pour beaucoup, il demeure le dessinateur de notre enfance, son graphisme et les thèmes qu’il aborde ne sont pas accessible au premier adolescent venu. Il faut acquérir une certaine maturité pour apprécier son œuvre à sa juste valeur. Même si Duduche (et donc Cabu) est un éternel adolescent. C’est certainement pour ça que je les aime plus encore avec l’âge…

eda490e579aab148e97a800968d4014f224300.jpgJe montre tout (Georges Wolinski)

Wolinski fait-il de la bande dessinée ? Eternelle question qui dans le fond, n’a pas de sens. C’est un dessinateur, qui nous raconte des histoires en dessin. Voilà tout ! Et quand il nous raconte sa vie de dessinateur, ça donne ce superbe Je montre tout. Wolinski tiens ses promesses, il livre tout. La grande originalité, qui fait la richesse et la rareté de cet ouvrage, c’est que Wolinski rencontre Wolinski. Il n’y a pas un, mais six personnages principaux (un Wolinski par décennie). Cette mise en abime est d’une richesse narrative incroyable.

giljourdan03.jpgLa voiture immergée (Maurice Tillieux)

Tillieux, c’est la classe. Lecture de mon enfance, je retiendrai en particulier ce troisième album de Gil Jourdan. Une virtuosité dans le dessin (quelles couleurs !), au service d’une ambiance polar année 50. Des personnages hauts en couleur, une angoisse sourde, de multiples dangers… Bref, pas besoin d’aller au bout du monde (ou avoir de supers pouvoirs) pour vivre l’Aventure. Gil Jourdan, c’est l’antithèse de Tintin. La voiture immergée, une histoire qui tient la route ! Comme dirait Libellule…

pinocchio.jpgPinocchio (Winshluss)

Un des auteurs les plus originaux de sa génération, pour un album qui ne ressemble à rien de connu jusqu’alors. Winshluss est un dessinateur « underground », dont le style n’est vraiment pas accessible. D’où cette remarquable performance que d’avoir réuni succès critique et public (mérités) avec cette adaptation trash à ne pas mettre entre toute les mains. Du grand Art…

Voici dans le désordre, la liste de mes autres albums préférés, déjà chroniqués dans ces pages :

Time is money (Alexis et Fred)

Arzack (Moebius)

Livret de Phamille (JC Menu)

Contes d’edgar Poe (Breccia)

Insomnie (Adrian Tomine)

La jonque fantôme vue de l’orchestre (Forest)

La vie est belle malgré tout (Seth)

Scène de la vie de banlieue (Caza)

Little Nemo (Winsor Mc Cay) 

Persepolis (Marjane Satrapi)

Ici Même (Forest et Tardi)

Mister Nostalgia (Crumb)

L’incal (Moebius et Jodorowsky)

Black Hole (Charles Burns)

YRAGAEL – Druillet & Demuth (1974 Dargaud)

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Après Caza et Moebius, je ne veux pas oublier l’autre mutant de la Bande Dessinée de Science Fiction made in France, Druillet ! Tout comme ses pairs, Druillet créé une œuvre riche, intense, belle et monstrueuse (Lone Sloane, La Nuit, Salommbô, Vuzz, les décors des « Rois Maudits »…

Il est assez difficile de décrire par des mots ce que l’on ressent en lisant ce Yragael. Plus encore que son ami Moebius, Druillet explose littéralement le cadre et la structure de ses planches… Peut on encore parler de bande dessinée ?
Se situant dans un espace narratif entre la BD classique (séquences, ellipses, phylactères, découpages, plans…) et l’illustration de texte (qui représente un moment précis de l’histoire ou la synthèse d’une action), chaque planches semblent indépendantes les unes des autres. Au premier abord, on ne distingue pas de liens séquentiels entres elles. Les différences de styles, de couleurs, de techniques renforcent cette impression de succession de tableaux.

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Les cases sont rarement délimités par un trait noir classique, plutôt par les éléments du dessin (les bras, les jambes des personnage) ou le plus souvent par des enluminures. Certaines planches sont réparties sur les deux pages, ce qui nous oblige à incliner l’ouvrage pour le lire.
Son style hors norme, jamais vu dans la bande dessinée, m’évoque plus un peintre comme Klimt, dans sa manière d’intégrer des ornements en aplats (2D) dans ses compositions en relief (3D), que n’importe quel dessinateur de BD de SF. Druillet compose chaque dessin comme une toile. Sa palette oscille entre différentes gammes de bleus, de verts et de rouges orangés. Et aussi du noir et blanc. Mais plus encore que ses couleurs, se sont les contrastes de matières entre minéral et organique qui nous saute à la vue.

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Il faut du temps à notre œil pour cerner pleinement le sens de ses dessins, qui de prime abord paraissent illisibles et abscons. Cela nous demande un effort mais le résultat en vaut la chandelle. Au bout d’un moment, tous ces détails trouvent un sens à nos yeux et les planches deviennent harmonieuses, limpides…
A l’opposé de l’épure, ses dessins au trait torturé et puissant sont hyper construits, « architecturaux », tout en montrant une approche très physique des corps. Lorsqu’ on entre dans ce Yragaël, on découvre un monde fascinant, « lovecraftien ». L’histoire de Demuth (auteur de science fiction) nous parle d’anciennes civilisations, de Dieux créateurs, des derniers hommes…

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BD visuelle par excellence ! Bien que le texte soit un des éléments (avec les dessins et les enluminures) qui entrent en compte dans la composition de ses planches, l’histoire ne semble être ici qu’un très beau prétexte à Druillet pour se laisser aller à ses délires graphiques. A la vue de sa calligraphie, il a littéralement digéré le texte de Demuth.
Pour reprendre les termes de McCloud (dans « L’art invisible »), l’iconographie non-verbale se confond avec l’iconographie verbale. Le contenu devient contenant (et réciproquement) ce qui a pour effet de créer des planches jamais vues jusqu’alors dans le monde de la Bande Dessinée.

Plus que pour d’autres, il nous faut déchiffrer le vocabulaire de Druillet, comprendre son langage pour pouvoir lire ces dessins…

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Il m’aura fallu du temps pour l’apprécier à sa juste valeur. Plusieurs années en fait car je me rappelle qu’au lycée, un ami m’avait prêté son Salommbo (d’après Flaubert) et je n’arrivais pas à le lire. En fait, ces dessins me faisait peur ! S’il ne fallait choisir qu’un mot pour définir cette BD (et l’œuvre de Druillet en général) je dirais (et je ne suis pas le seul) : Baroque !

http://www.druillet.com/

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