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WATCHMEN – Zack Snyder (2009) / THE DARK KNIGHT – Christopher Nolan (2008)

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Nés à la même époque, le Cinéma et la Bande Dessinée sont des Arts hybrides, au croisement de l’image, du texte (et du son pour le cinéma). Leur principale particularité est de proposer une narration par l’image. Ce qui les distingue, c’est le rapport au temps : un film impose au spectateur son rythme, un temps limité et bien défini. Alors que le lecteur détermine lui-même le rythme de lecture de l’œuvre. La Bande Dessinée a énormément apporté au Cinéma, tant sur le fond (des auteurs, des personnages, des univers…) que sur la forme (l’apport des comics est indiscutable pour l’évolution du cinéma animation). L’inverse se vérifie moins… Le passage du 9ème Art au 7ème Art est souvent délicat. Une chose est sure, de grandes bandes dessinées peuvent faire de grand films (le Persepolis de Satrapi en est un parfait exemple) mais aucun bon film n’a donné de bonne BD (c’est plus un produit de merchandising qu’une œuvre à part entière, merci Star Wars !)

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Jusqu’alors, la plupart des adaptations de comics ne m’ont jamais vraiment convaincu. Ce sont des films manichéens, bien gentils (voire carrément nunuche), s’adressant essentiellement à un public adolescent (X-men, Iron-man, Dardevil, Hulk, Les 4 fantastiques, ElektraLes films de super-héros sont-ils exclusivement réservé à un public jeune ou peuvent-ils aussi s’adresser à un public adulte ? Et si oui, peuvent-ils être de grands films ou seront-ils toujours cantonné au cinéma de genre ? 

Tim Burton, Sam Raimi et Guillermo Del Toro sont de véritables auteurs, possédant un univers particulier, riche. Lorsqu’ils se lancent dans une adaptation de comics, ils savent y intégrer leur « patte », leur esthétique, leurs obsessions. Les Batman de Burton, les Hellboy et le Blade 2 de Del Toro, ainsi que la trilogie de Spiderman de Raimi sont des réussites, car ces auteurs ont su transcender le matériau de base (tout en y restant fidèle) pour en faire une œuvre personnelle (et grand public, ce n’est pas incompatible). Le fait qu’ils aient travaillé en étroite collaboration avec les créateurs (Del Toro avec Mignola et Raimi avec Stan Lee) a fortement contribué à la qualité de leurs adaptations.

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Un bon roman graphique ne fait pas automatiquement un bon film. Les adaptations des œuvres d’Alan Moore en sont de parfaits exemples. La ligue des Gentlemen est une catastrophe. From Hell et V pour Vendetta sont divertissants, mais décevants comparativement aux œuvres de référence. Watchmen s’en sort mieux. C’est certainement la meilleure adaptation d’un comics de Moore. Le plus fidèlement retranscrit. Zack Snyder (qui a superbement adapté le 300 de Miller) a pris le temps d’aborder la psychologie complexe des protagonistes, d’installer l’intrigue sans la simplifier. Il n’a pas cherché à adapter le graphic novel de Moore pour tout public (ce n’est pas pour les enfants). Il n’est pas besoin non plus d’être un aficionado de l’œuvre originale pour adhérer à l’univers du film. Pour ma part, je ne l’ai pas encore lu mais j’ai vraiment apprécié le film. Des amis fans me garantissent qu’il n’y a aucune trahison, ni simplification de la part du réalisateur. Si tous les films de super-heros pouvaient être de ce calibre…

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Franck Miller a plus de chance. Ses œuvres s’adaptent parfaitement au 7ème Art. Homme d’images, ses graphic novels sont à la base plus visuels, plus cinématographiques que ceux de Moore (qui est un homme de lettres !). De plus, Miller s’investie d’avantage dans la production et la réalisation de ces adaptations, alors que Moore s’en désintéresse… Sin City ou 300 sont des réussites du genre (par contre, son adaptation du Spirit est apparemment décevante. A voir…). The Dark knight n’échappe pas à la règle. Le film de Nolan est un chef d’œuvre du genre (le casting est monstrueux !).

Globalement, l’univers de Batman se prête assez bien à une transposition cinématographique : des personnages haut en couleur et psychologiquement torturés, un univers réaliste et stylisé, pas de super pouvoirs (donc peu d’effet spéciaux)… Même si les versions de Tim Burton sont remarquables, ce Dark Knight est de loin la meilleure transposition des aventures de l’homme chauve-souris. Nolan a réalisé non pas un film fantastique (comme le sont tous les films de super-héros) mais un polar urbain, noir, très noir… Il me semble qu’avec le Sin City de Rodriguez (qui est aussi un polar hard-boiled !), ces deux films sont les plus aboutis, les plus subversifs, sans concessions, s’adressant uniquement à un public adulte (l’esthétique de Miller s’y prête à merveille). Et ils n’ont pas loupé leur cible !

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Miller et Marv…

Chasseur Déprime / Le Garage Hermétique – Moebius (2008 éditions Stardom)

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Moebius nous propose, en 2008, une nouvelle aventure du Garage Hermétique (une de ses nombreuses séries cultes des années 70). Ce n’est pas un coup marketing (il n’a pas besoin de ça !) car, bien qu’elle connaisse un succès critique dès sa diffusion, cette série est loin d’être grand public. Cela relève plutôt d’une authentique démarche artistique. La pulsion de créer. Encore et toujours… Etre aussi actif et créatif après plus 50 ans de carrière force l’admiration. Il ne perd rien de sa virtuosité ni de son inspiration… Un mauvais album de Moebius (il a du en faire… Non !?) sera toujours meilleur que le meilleur album de nombreux tacherons (des noms ? Oh, vous en connaissez plein…) !

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« L’important, c’est qu’à cheval entre deux époques, né trop tôt dans un monde trop tard, Jean Giraud et ses alias sont plutôt bien tombés. Enfanté artistiquement au XXème siecle, avec, comme on disait dans les années 70, trente ans d’avance sur la plupart des autres, il a maintenant été rattrapé par le temps qui lui a donné raison. Il est bien le premier artiste signifiant du troisième millénaire dont il prophétisait les ordres et le chaos.[…] J’ai l’impression qu’en gros, depuis le « Désert B », en passant par « Inside Moebius » et la renaissance du Major. A l’exception de « Blueberry » qui ne peut plus être désormais un adieu au second millénaire, Moebius est à nouveau en train de nous prendre de vitesse. » (J.P. Dionnet en préface de l’ouvrage)

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Moebius n’a plus rien a prouver à personne, sauf à lui-même, sûrement. S’il nous propose cette séquelle, c’est qu’il a encore des choses à dire. Ou plus exactement, son inconscient a des choses à nous exprimer. On ne compte plus les symboles (reptiles, totems, lapins, têtes de mort… Le scénario en roue libre est une succession aléatoire de séquences, de scènes. Tel un cadavre exquis… « Voyons ce que signifie cette histoire de rêves emboîtés » nous précise le résumé de la page 3. Le major Gruber, en pleine déprime, subit les délires d’une histoire qui semble s’inventer au fil des cases.

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Petit rappel à propos du Garage : « Le Garage Hermétique se situe dans un astéroïde contenant plusieurs mondes superposés, créé par le Major Grubert, qui continue à en surveiller l’évolution à bord de son vaisseau spatial le Ciguri. L’astéroïde se trouve dans la constellation du Lion. Les planches du Garage hermétique sont parues initialement sous la forme d’un feuilleton dans Métal hurlant en 1979 ; elles étaient écrites au fur et à mesure de leur publication dans la revue, chaque planche étant improvisée. Il en résulta une histoire décousue et manquant souvent de cohérence, mais par contre un formidable laboratoire d’idées, un univers coloré et délirant, truffé de références à la science-fiction et aux super-héros. Dans ce récit, Moebius évoque quantité de détails sans les développer, ce qui rend la description du Garage hermétique difficile… ce qui correspond bien à sa nature : immense, changeant, délirant. » (Wikipédia)

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Bien qu’il dessine depuis quelques années sur palette graphique, Moeb semble ici renouer avec l’encre et le papier. L’inexactitude de la calligraphie nous le prouve, elle conforte cette impression d’écriture automatique… Son trait est impressionnant de vivacité, d’invention, d’exactitude, de légèreté,  de liberté, de poésie, de beauté… Quel plaisir !

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BASTON LABAFFE (1984 Goupil éditeur)

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Si les parodies de Tintin ont toujours été mal perçues et dénoncées par Hergé et ses ayants droits, Franquin lui, n’a jamais chercher à interdire les pastiches de son héros. Au contraire, comme nous le démontre la préface qu’il a écrit (avec ironie et humilité) pour l’album La ballade des baffes – réalisé en collaboration avec Yvan Delporte, l’ami de toujours – il les cautionne !

« Bref, et pour que la chose soit bien claire, je te répète une dernière fois que je ne tiens pas à écrire de préface pour quoi que ce soit, et certainement pas pour un album de bandes dessinées, avec un indéniable talent, par quelques uns des meilleurs auteurs contemporains. Mes gribouillis informes n’ont rien à faire auprès d’une telle brochette de grands professionnels. Je suis simplement un peu étonné qu’ils aient tous choisi de s’inspirer de l’un de mes personnages. Il y avait certainement mieux à faire ».

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Baston Labaffe comprend en effet la présence de nombreux grands auteurs. On retrouve entre autres Baudoin, Carali, Cosey, Denis, Edika, Goossens, Hermann, Macherot, Margerin, Reiser, Schlingo, Solé… Une kyrielle d’auteurs qui rendent un hommage sincère au chef d’œuvre de Franquin.

Cet album contient son lot de parodies salaces, mais celui qui a été le plus loin dans le pastiche pornographique, c’est Franquin lui-même !

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Le dessinateur Loup nous a offert un superbe cadeau dans le Siné Hebdo n°17 (du 31 décembre 2008) : des croquis très coquins de Gaston et M’oiselle Jeanne. « Il y a une trentaine d’année, Franquin m’avait hébergé chez lui, à Bruxelles. Sur sa table à dessin, traînaient ces croquis étonnants. J’en tombais amoureux. Je le lui dis. Quelques jours plus tard, à Paris, il me les apporta, l’œil plein de malice, avec ce commentaire : « Je te les ai signés, ça m’étonnerait qu’on les publie un jour ». Ce jour est arrivé. Et ce cadeau exceptionnel, je le partage avec vous… »

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http://www.bdcentral.com/Gaston/baston.html

MA ZONE – Autheman (1983 Dargaud)

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J’apprécie Autheman depuis quelques années grâce à sa chronique dans l’Echo des Savanes. J’aime chez lui son humour fin, engagé, tombant toujours juste. Un sens de l’observation (plus percutant qu’il pourrait le laisser paraître) lui permettant de passer au crible les travers de notre société. Un grand dessinateur humoristique, Autheman est avant tout un auteur de BD, faisant parti de l’équipe de Pilote. Il a sorti plusieurs albums dans les années 80, dont cet excellent « Ma Zone ».

Dans son format, cette Bande Dessinée n’en est pas tout à fait une. Enfin, pas que ça. Ce serait plutôt un recueil de textes illustrés. Mais la grande originalité vient de ce que les illustrations sont agencées de façon séquentielle, s’inscrivant dans la continuité de l’histoire. Il n’y a pas de redondance, les dessins ne reprennent pas les éléments décrits dans le texte, ils les complètent. Par exemple, dans la nouvelle « Petites Annonces », le narrateur dit : « Au programme qu’elle avait choisi sur le juke-box, j’ai vu tout de suite qu’on avait un bon feeling sur la musique ». Le dessin d’a coté nous montre une main appuyer sur le bouton de la chanson The Logical Song de Supertramp.

Cette approche renouvelle le mode de narration du médium. Dans son propos également car, raconter des petites histoires de petites gens n’était pas si commun que ça à l’époque, et annonce les grandes tendances de la BD actuelle (autobiographie, autofiction…

Autheman nous explique : « Un jour que nous partagions le zinc avec Yvan Audouard, mon illustre concitoyen me glissa ce précieux conseil : – Il faut travailler sur le motif! …être « motivé » si tu préfères – et en me montrant d’un mouvement de l’œil une nénette qui venait d’entrer… – Regarde son blue-jean! … Il raconte son histoire! Il y a de ces phrases qui vous éclairent soudain l’horizon comme un faisceau de phare à iode. Bon Dieu mais c’est bien sûr me dis-je ; colle ton imagination en chômage technique et raconte le voisinage ; et les zombies de ta chère bourgade deviendront des héros au musée de Mickey! Le lendemain, motivé comme jamais, je commençais « Ma Zone ».

UN PACTE AVEC DIEU – Will Eisner (2004 Delcourt)

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Will Eisner est un maître incontesté du comics américain, d’une part, en fondant le studio Eisner-Iger d’ où sortiront des dessinateurs comme Bob Kane, Lou Fine ou Jack Kirby et, d’autre part, en créant the Spirit dès 1940.
Dans les années 60-70, il publie peu de bandes dessinées et se consacre surtout à l’illustration éducative ou publicitaire, ainsi qu’à la pédagogie en tant que professeur à l’école des Arts visuels de New York.

Mais c’est véritablement dans les années 70 qu’il deviendra ce maître intouchable du 9ème Art, lorsqu’il décidera de raconter le Bronx de son enfance dans son chef d’oeuvre Un contrat avec dieu. Cet ouvrage a été publié aux Humanoïdes Associés sous le titre Un bail avec Dieu en 1982, puis Le Contrat chez Glénat en 1994. Ces deux éditions sont aujourd’hui complètement épuisées.

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Cette bande dessinée marque une date historique dans le genre, car c’est véritablement le premier roman graphique (Graphic novel) qui, pour les américains, provoque une véritable prise de conscience des potentialités du média. Il ne s’agit plus ici de super-héros ou de contre-culture (comme en proposait l’underground des années 60), mais d’une forme littéraire enfin arrivée à maturité. (Wikipedia)
Au croisement de la littérature, la bande déssinée et l’illustration, le roman graphique n’ en est pour autant pas un hybride. Eisner a créé un genre nouveau de narration, qui influencera plusieurs générations d’ auteurs dans le monde (comme certains auteurs de l’Association).

Will Eisner nous offre dans ce pacte avec Dieu, une parfaite description des conditions de vie singulières des immigrés du Bronx dans les années 50. Ainsi que de belles reflexions sur la spiritualité, l’amitié, la famille, la solidarité, les sentiments… Réconfortant par les temps qui courrent.

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