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Nenette cherche un sens – Catherine Genest (Mécanique générale, 2006)

Nenette cherche un sens - Catherine Genest (Mécanique générale, 2006) dans Chroniques BD nenetteimg1

Dans sa forme, qu’est ce qui distingue une bande dessinée d’un autre livre ? Un format standard (le fameux 48cc) ? Des pages qui soient des agencements de cases ? Des dessins associés à des mots ? Des personnages qui s’expriment dans des phylactères ? Un graphisme lisible et compréhensible pour tous..?

Au premier coup d’œil, excepté de par son format (21×29 broché), cet album ne ressemble pas à une bande dessinée. Point de cases, ni de phylactères. Un seul dessin en pleine page, quelques mots qui s’incrustent dans des images aux couleurs criardes et baveuses… Par facilité, on dirait « roman graphique ». Ou récit illustré, plutôt que narration séquentielle.
Pourtant, elle est présente, la séquence. Suffisamment pour générer un fil conducteur cohérent entre les pages…

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Le graphisme aux motifs exagérés et aux hachures excessives raconte bien mieux que des mots le mal-être de l’héroïne, dont on ne sait de quelle mal elle souffre. Un style expressionniste, qui en dit long sur le personnage principal et sa perception du monde.

Tout en impressions, sans aucun pathos mais non sans malaise, on accompagne Nenette dans une succession de tranches de vie (à l’hôpital, dans un bar, une galerie d’art, le supermarché, chez le docteur, à la bibliothèque, au concert…) qui recèlent bien plus de richesse que ne semble le croire l’héroïne. Catherine Genest n’explique rien et nous laisse toute latitude pour interpréter les sentiments de Nenette.

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Petite, pâle et chétive, avec de grands yeux tristes et profonds, Nenette ne respire pas la joie de vivre et semble absorber tout le spleen de la ville. Elle s’arrête sur des détails qui nous sembleraient insignifiants. Par exemple, elle voit la ville qui fatigue « car ses couleurs s’exilent vers les égouts ». Comme elle le dit, elle cherche peut-être un peu trop profondément, au risque de se perdre. Étrangère à ce(ux) qui l’entoure(nt) – sentiment admirablement retranscrit, en représentant toutes les personnes que Nenette croise en silhouettes sans visages – elle erre dans sa vi(ll)e à la recherche de quelque chose qui semble constamment lui échapper.

Comme le titre l’indique, Nenette cherche un sens à sa vie, une réponse à son mal-être. Du moins, en donne t-elle l’impression. Mais le sait-elle vraiment ? Car la seule chose qu’elle verbalise, c’est la « recherche de la légèreté dans le métal » ! C’est peut-être pour cela qu’elle apprécie le concert des Electre Me, qui la met dans un état de plénitude, voire de béatitude… Le récit se termine d’ailleurs sur le portrait de Nenette en gros plan, les yeux fermés… A-t-elle enfin trouvé ? On reste perplexe…

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Une manière très personnelle de raconter en traits et en couleurs un récit sur la maladie, l’isolement, le mal-être. Catherine Genest s’est totalement appropriée l’outil bande dessinée pour le pervertir de l’intérieur, le pousser dans ses limites, dérangeant ainsi le lecteur dans ses habitudes. Elle bouscule les frontières entre fond et forme, dessin et écriture, art graphique et art plastique, sobriété et expressivité, chronique urbaine et journal intime…

Un album remarquable en tout point (papier de belle qualité, rendu superbe des couleurs…), édité par Jimmy Beaulieu et sa Mécanique Générale, qui nous propose une approche riche et différente de l’art neuvième, imposant le Québec comme un territoire incontournable de l’expression « par la bande » (après avoir lu cet article convainquant, j’éviterai dorénavant d’employer le terme « bédéesque »).

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http://cgenest.com/portfolio/

Mécanique générale

Hors-séries en série…

Petite revue de presse tardive (mais on est pas pressé). Des hors-séries sortis en 2012, et de bonnes vieilleries…

Hors-séries en série... dans Presse et Revues inrocksfranquin1

Les Inrocks ont eu la bonne idée de sortir un hors-série consacré à Franquin. Rien à redire sur cette initiative car, d’une part, on ne parlera jamais assez de ce génie absolu du 9ème art. D’autre part, les inrocks nous proposent une hagiographie pour le moins pertinente de l’œuvre de Franquin. Bien sur, la rédaction n’évite pas certains écueils (liste exhaustive des albums, inventaires des personnages…), cependant, ils apportent un éclairage intéressant, en particulier par le biais des dossiers « Franquin et le goût de la modernité » ou « ligne claire & style atome ».
Il ont même la bonne idée de retranscrire un large extrait de l’entretien de 1985 avec Numa Sadoul.

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20 ans de résurrection pour Charlie. Belle performance ! Sans revenir sur leurs multiples affaires (Caricatures, Siné, Mahomet…) Charlie demeure pour moi (et je ne suis pas le seul) un véritable espace d’expressions libres et de folles créations. Enfin merde, un journal qui comprend les plumes de gens tels que Cavanna, Wolinski, Willem ou Cabu mérite d’être apprécié, lu et soutenu ! Un best-of de leurs meilleures choses (articles, couvertures, dessins…) est toujours réducteur, il faudrait bien plus de page (ce qu’ils feront avec l’ouvrage « les 20 ans » aux éditions les échappés).
Mais les perles contenues dans ce hors -série sont incontournables ! Ne boudons pas notre plaisir…

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Ils étaient annoncés par Christophe Goffette, l’ancien rédac’ chef, et sont tout de même sortis après son départ. Il aurait été dommage de ne pouvoir profiter de ces deux superbes hors-séries. L’idée de confronter « l’umour et bandessiné » fluidien à deux collectifs de fous, deux jalons de l’Humour mondial avec un grand h, est à la fois osée et jubilatoire.
Dans leurs formes, ces numéros sont un mélange réussi entre portraits des intéressés et bande dessinées maisons, chaque auteur revenant sur sa rencontre (et ses amours) avec ces deux bandes de comiques troupiers, à la fois créateurs et archétypes mêmes de l’humour génialement con ! Des maitres de l’absurde, dans ce qu’il a de parfois pas marrant…

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Entre les Monty Pythons et Groland, Fluide Glacial a trouvé des alliés de choix. De nombreuses filiations existent entre ces trois bandes. Par exemple, Terry Gilliam (ami de Christophe Goffette) a dessiné pour Pilote, avec son camarade Gotlib. Francis Kuntz – Kafka a collaboré à Fluide dans les années 80-90 avant de rejoindre l’équipe du Groland… Tous partagent et pratiquent cet humour grinçant et provocateur, pointant nos dysfonctionnements d’homo-sapiens occidentalisés, salutaire à toute démocratie qui se respecte !

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Trimestriel dieppois, qui a existé de 1983 à 2003, Sapristi était à la fois une revue généraliste, dressant un panorama de l’actualité « bédéphilique » dans la rubrique « dernière nouvelles du front ». Et en même temps, un ouvrage consacré à un auteur en particulier, qui signe la couverture.
Une sorte de hors-série permanent, composé d’un dossier complet sur l’auteur invité (interview, biographie, analyses de son œuvre…), et des chroniques d’albums parus dans l’année.
Pour ma part, je me suis procuré de vieux numéros, dont celui sur Loustal (n°33), très complet et richement illustré. Une somme qui m’a permis d’en apprendre sur cet auteur plutôt discret.
Une revue qui n’existe plus, et c’est bien dommage.

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Il fut une époque où, face au nombre croissant de revues de bande dessinée que l’on trouvait en kiosque, il fallait choisir entre le bon, le moins bon et le très bon. Même si je n’aimais pas trop (à suivre) ou Vécu et cette bande dessinée d’aventure réaliste (j’étais plutôt comique ou SF), je reconnais maintenant qu’il n’y a rien à jeter dans ce journal.
Aussi, chiner une reliure de ce type, datant de 1984, me permet de prendre la pleine mesure des talents réunis : Munoz et Sampayo, Masse (et ses folles planches colorées des deux du balcon), Rochette et son Claudius Vigne, Ceppi avec son anti-héros Stéphane, Ted Benoit et son Ray Banana… Sans oublier Boucq, F’murr, Regis Franc, Altan, JC Denis, Imagex, les jeunes Bezian et David B.
Bref, que du beau et du bon. De même du coté rédactionnel, où les chroniques et critiques sont riches et pertinentes. Le tout sous la conception graphique d’Etienne Robial. C’est dire… Une revue incontournable, même 30 ans après sa sortie.

Collection Trois (éditions En Marge, 2012)

Collection Trois (éditions En Marge, 2012) dans Evenements culturels 788526collection

Le troisième numéro de Collection est enfin disponible, et c’est pour la troisième fois un très bon cru ! Au sommaire, que du beau monde. Aussi bien du côté des intervieweurs que des interviewés. La ligne de conduite de la rédaction, qui fait sa force et son originalité, ne change pas : ce sont des créateurs (membres de la rédaction ou invités pour l’occasion) qui échangent avec d’autres créateurs, tous partageant ce lien charnel avec le Dessin.
Chaque article est le compte rendu à peine retouché de l’échange (toujours convivial, souvent autour de bonnes bouteilles) entre le questionnant et le questionné. Des dialogues sans langues de bois, qui font mouche sur les motivations de l’artiste, son processus créatif, ses influences…
C’est peu dire que le propos est totalement désintéressé, donc parfaitement passionnant !

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Fabio Viscogliosi

Tout comme avec les deux précédents, il ressort à la lecture de ce généreux numéro (plus de 250 pages) une impression d’interconnexion entre les artistes présents, une volonté d’établir des ponts entre les différentes disciplines artistiques, les propos des uns faisant écho aux pratiques des autres.
A l’image de Fabio Viscoglioso (dont les derniers travaux ne sont pas sans évoquer Yuîchi Yokoyama, cf Collection 2) qui, lorsqu’il dit : « Je pense que les récits qu’on fabrique sont des mécanismes, des objets qu’on peut regarder se répéter à l’infini. Quand on lit une histoire, même s’il y a une linéarité de la lecture, notre oeil enregistre cet objet dans une vue globale. On pourra le reprendre et le regarder à l’infini. C’est un mouvement qui est là devant nous [...] On circule dans un puzzle biscornu», ses propos pourraient parfaitement convenir à la démarche de Lord Jon Ray (interviewé par Fibretigre) qui, en réalisant un dessin par jour durant une année complète, crée bien plus qu’une bête succession de dessin, mais un véritable ensemble de motifs se répondant les uns les autres, auxquels notre œil apportera du sens.

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Lord Jon Ray

La musique est omni-présente dans ce troisième numéro. Certains artistes ont en commun la pratique de la musique (Lord Jon Ray est claviériste, Fabio Viscoglioso écrit des chansons et fait référence au jazz, Moolinex a tâté du rap, Shoboshobo collectionne les vieux synthés et a fondé plusieurs groupes éphémères, etc. Pour d’autres, leurs œuvres ont une résonance particulière avec l’univers musical (David Shrigley qui a réalisé des clips pour Blur ou Bonny Prince Billy, Thomas Mailaender et Dominique Théate évoquent Renaud ainsi que l’image du chanteur de charme dans leurs travaux…)
Le cinéma n’est pas en reste, avec les fausses affiches de films ou les allusions à Kubrick par Laetitia Gendre (qui fait également un superbe travail autour des cibles de tir !), les références au cinéma héroic fantasy par Lord Jon Ray ou au cinéma d’horreur par Shoboshobo…

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Laetitia Gendre

Et la bande dessinée ? Benjamin Marra (interviewé par Bill Kartalopoulos, spécialiste des comics) est un auteur des plus singuliers, ses comics sont drôles et fantaisistes, mais aussi outranciers et hyperviolents. Moolinex raconte l’origine des Requins Marteaux (auquel il a activement participé) et les raisons de son arrêt de la bande dessinée. Fabio Viscogliosi (qui n’a pas écrit de bandes dessinées depuis longtemps mais n’exclu pas l’idée de revenir à la narration imagée) en a produit chez Cornelius (Roulette, en 1999) et chez l’Association (Da Capo, 2010)
De nombreuses installations, du travail photographique, des sculptures, de la vidéo, des assemblages dadaïstes (Duchamps est plusieurs fois évoqué), des carnets de dessins (Delphine Duprat, Moolinex)… une fois encore, Collection fait état de toute les diversités de l’Art contemporain, dont le dénominateur commun à tous ces artistes est la pratique du dessin.
Créer des rencontres, susciter la curiosité, l’envie de découvrir, Collection 3 y contribue parfaitement.

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Moolinex

Snack « avec surgelés de qualité » – Besseron (Même Pas Mal éditions, 2011)

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Nouvelle livraison de Besseron, qui nous proposent dans ce paquet de Snack, des histoires fraichement décongelées du Psikopat ou de Jukebox. Je savoure avec délice cet humour absurde et débile plutôt épicé, ce graphisme copieux et généreux.

Au menu, un boucher jaloux, un super héros loser, un mauvais perdant, de jeunes skateurs, une course poursuite sans suite, des chasseurs de lapins… Besseron n’épargne pas ses contemporains et dresse des portraits peu flatteurs mais pourtant si vrai de ceux que l’on nomme communément « les beaufs ».

Ce plateau d’amuse-gueule d’une à deux pages, servi par Même Pas Mal, se picore ou se dévore, c’est selon votre appétit. Toujours est-il que ce Snack se digère facilement car le gras de l’humour (qui donne du goût !) se marie parfaitement avec ce style tranché jusqu’à l’os.

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Besseron a du talent. Frémion ne s’y est pas trompé en l’interviewant dans sa chronique « Que vous êtes joli, que vous semblez beau ! » du dernier Fluide Glacial (n°422) :

- Tu publies chez Ferraille et dans le Psikopat, ici chez Mêmepasmal : tu évites les grands éditeurs délibérément ?

Besseron : Bien évidemment non, mais quand un éditeur indépendant me propose de publier mon travail bien présenté sur un joli papier, je vois pas pourquoi je refuserais. Les indépendants et moi c’est une grande histoire d’amour depuis pas mal d’années déjà. Cependant je vais bientôt refaire équipe avec mon camarade Frédéric Felder avec qui j’ai fait l’album « Meli Bielo ».

- La forme courte, de quelques pages au plus, devient rare. Tu sembles exceller dans ce genre lui aussi moins commercial. C’est un choix ?

Besseron : Il est vrai que les histoires courtes sur quelques pages ne me causent plus trop de problèmes, ça c’est le résultat de plusieurs années de publications dans des magazines et autres collectifs en tout genre. Ca a été un choix, mais c’est devenu un handicap pour les longs récits. Réaliser une histoire de soixante pages est maintenant pour moi un vrai défi.

- L’humour noir a peu de supports en France, troisième choix non commercial de ta part. Tu veux vraiment mourir de faim ?    

Besseron : l’humour noir c’est ce que j’aime et les histoires les plus courtes sont les meilleures dans ce domaine, je suis pas sûr de mourir de faim.

- [...] Tes mains, elles n’ont que quatre doigts : c’est un hommage à ce flemmard de Disney ?   

Besseron : Non, c’est juste qu’une main à cinq doigts m’amène à faire des doigts trop fins et cela ne colle pas avec mes personnages. Tandis qu’une main à quatre doigts en forme de knacki est beaucoup plus adaptée. J’ai toujours dessiné des mains à quatre doigts, sans même m’en rendre compte, jusqu’au jour où quelqu’un m’a dit « Tiens tu fais des mains à quatre doigts », je me suis souvenu qu’enfant j’étais un grand fan de « Super Matou » et « Horace » de Poirier dans Pif magazine, qui ont fait partie de mes premières lectures, ça vient aussi peut-être de là.

- Globalement, ton inspiration vient d’où ? De la vie quotidienne ? Tu devrais déménager un de ces jours, non ?

Besseron : Mes parents ont tenu un bar pendant vingt-cinq ans dans un village du Poitou et j’ai vécu une grande partie de mon enfance et adolescence derrière un comptoir d’un mètre dix où j’ai pu m’imbiber et m’inspirer d’une clientèle (pieds de vigne) qui étaient déjà pour moi des personnages de BD.

http://besseronolivier.free.fr/

La Lunette – Visions concaves & convexes du réel (revue, 2003)

La Lunette - Visions concaves & convexes du réel (revue, 2003) dans Presse et Revues lalunette

Il est des revues de grandes qualités qui vivent et meurent dans l’indifférence quasi générale. C’est le cas de La Lunette. C’est au hasard de mes recherches (sur un site de vente aux enchères connus de tous) que je découvre cette revue bordelaise totalement inconnue, mais regroupant de grands dessinateurs.

La Lunette n’est pas une revue de bande dessinée de reportage, mais une revue de reportages, parfois réalisés en bandes dessinées. On trouve également des reportages photos plus traditionnels, des articles illustrés, des poèmes visuels, des roman-photos, des carnets de voyage… De sensibilité humaniste et écologique, la rédaction a la volonté de proposer de nouvelles formes de reportages illustrés. Car l’image, quelle que soit sa nature, est essentielle. « Visions concaves et convexes du réel ». Un sous-titre en forme de déclaration d’intentions : la revue privilégie l’originalité des regards subjectifs sur des faits objectifs… Regardons le sommaire en détail :

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Denis Vierge

Christophe Dabitch nous raconte son voyage au pays des serbes, le long du Danube. Un reportage à la première personne, illustré par David Prudhomme, qui nous en apprend sur la situation de cette région, où les populations serbes, croates ou albanaises réapprennent à vivre ensemble, dix ans après les massacres.

Dans Made in China, Sylvain Gérard nous raconte en bd, avec son style faussement enfantin, sa vision de l’expansion économique chinoise.

Christophe Dabitch et le photographe Rodolphe Escher nous emmènent cette fois-ci à la rencontre d’un jeune clandestin marocain fraichement débarqué à Bordeaux. Son périple, son arrivée, sa nouvelle identité, Dabitch nous raconte en détail la dure réalité de la condition d’un immigré clandestin qui n’aspire qu’à vivre simplement. Déraciné d’un coté et inexistant de l’autre, ce jeune s’est vu condamné à 3 mois de prison et un an d’interdiction de territoire pour avoir volé dans un magasin. Lui qui cherchait seulement à s’intégrer, trouver un boulot, payer un loyer…

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Tombés des mains du soleil

Les 10 pages de bande dessinée de Denis Vierge nous expliquent en détail la création et l’organisation de la ZOB : la Zebu Overseas Bank. Une manière utile et originale pour les riches occidentaux de venir en aide aux paysans pauvres de Madagascar, en leur confiant « l’usufruit d’un animal tout à la fois symbolique et outil de travail qu’ils n’ont pas les moyens financier d’acquérir ».

Charges et un poème de Yohan Radomski illustré (entre photomontages et dessins) par Julien Tardieu. Une ode à la faveur des chauffeurs routiers, véritables héros méconnus de nos temps modernes.

Bernard Brisé nous propose des portraits photographiques d’albinos africains. Les textes et photos sont issus de son ouvrage intitulé tombés des mains du soleil. « Occultant légendes et croyances ancestrales, l’humble objectif de son travail consiste à montrer l’albinos tel qu’il est : un être humain à part entière pouvant être associé, pour une fois, à une image voire un concept en rapport avec la notion de Beau ».

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Nos trois carnets crétois

Jean François Hautot, David Prudhomme et Troub’s pratiquent un exercice pour le moins original. Nos trois carnet crétois est une synthèse dessinée de leur voyage commun en Crète. Un enchevêtrement des pages de leurs carnets respectifs. Les planches de ce récit sont composées de différentes manières. Certaines sont des suites de leurs dessins structurées de manière séquentielle. D’autres sont des superpositions de leurs croquis représentant les mêmes motifs, une manière de confronter leurs points de vue tout en créant des effets de mise en abime très intéressant. Sur d’autres planches, les auteurs ont pratiqué une sorte de cadavres exquis dans lequel chacun prolonge le dessin de l’autre. Il se dégage une incroyable cohérence dans ces assemblages de croquis pris sur le vif. On ne distingue pas clairement les dessinateurs, tant leurs styles respectifs et les techniques sont très proches. C’est là la grande force de ce récit dessiné. Une manière vraiment originale et réussie de pratiquer le carnet de voyage à plusieurs mains.

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Etienne Davodeau

Laurent Bonnaterre et Manuel Lo Cascio, respectivement chargé des relations publiques et rédacteur en chef de la revue, ont interviewé Etienne Davodeau (en 2001 et 2002) à l’occasion de la sortie de son ouvrage Rural (en 2001), rare spécimen de reportage en bande dessinée. Davodeau explique : « L’idée initiale était d’utiliser la bande dessinée pour raconter une histoire vraie qui soit une vraie histoire, quitter le domaine de la fiction dans lequel la bande dessinée est traditionnellement exploitée. J’ai donc cherché un sujet de reportage, ou de documentaire – je ne sais pas ce que c’est exactement, un peu des deux à mon avis. Je suis finalement tombé sur ce sujet sans avoir l’envie à priori de parler ni de l’agriculture bio et ni des autoroutes. Il se trouve que ces mésaventures arrivent à un ami agriculteur qui m’a dit « On est passé en bio et on apprend que notre exploitation est coupée en deux par une autoroute… ». Moi ce que je cherchais, c’était un sujet qui, d’une part, soit racontable en bande dessinée et, d’autre part, dépasse ses propres péripéties et anecdotes. Dans la confrontation des deux événements je me suis dit qu’il y avait peut-être un sujet à creuser. » C’est donc volontairement que Davodeau use des potentialités originales du médium vers la voie du reportage,  et non parce que l’histoire l’y aurait amené. Un positionnement qui correspond parfaitement aux intentions de La Lunette. « Faire un reportage c’est essayer d’explorer un petit champ supplémentaire, ce n’est pas une idée révolutionnaire. Je pense que la bande dessinée a des capacités pour ça. D’abord, sa légèreté technique, et puis le fait qu’elle impose une distance d’emblée par rapport au sujet ».

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Baudoin

Baudoin se souvient de sa première visite de Paris. Après avoir essuyé deux refus auprès d’éditeurs, il erre dans le quartier Oberkampf en attendant son train pour Nice. Cette courte histoire autobiographique nous démontre une nouvelle fois que Baudoin est un dessinateur libre, qui mélange les motifs avec une maestria inégalée, son visage se confondant souvent avec les monuments qu’il découvre. Son graphisme lâché et cependant très maitrisé, ce noir et blanc charbonneux (exécuté au pinceau et fusain) conviennent à merveille pour décrire ce spleen urbain.

Sauvage est l’attente est une bande dessinée à la forme originale. Les auteurs, Church et Nicolas Global, détournent des images de diverses natures. Des photos ou des cases de bd standard (genre Elvifrance) sont ré-agencée de manière séquentielle (avec présence de phylactères) afin de dénoncer par l’absurde la pseudo-liberté apportée par la voiture.

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Church & Nicolas Global

François Ayroles nous parle lui de La végétation dans la ville, pour le moins méprisée par les urbanistes et trop souvent ignorée les citadins. Il en distingue 3 types : La végétation préhistorique, présente avant le bitume, qui si elle n’est pas encore malade, voit son espérance de vie de plus en plus réduite…  La végétation orthodoxe, conçue avec la ville. Ce sont ces allées tristes de platanes ou ces carrés de gazon en kit. Donnant l’impression que les urbanistes cherchent à se donner bonne conscience. Et enfin la végétation pirate, non désirée. Symbole d’une nature qui tente de reprendre ses droits, à l’image de ces touffes d’herbes qui poussent entre les pavés. Une analyse illustrée sensible et intelligente.

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François Ayroles

On peut constater sur le site officiel que La Lunette s’est arrêté en 2005, au numéro 6. Dommage, car ses qualités formelles sont indéniables. Cependant, même si elle n’existe plus, les thèmes abordés sont toujours d’actualité et ne sentent malheureusement pas la poussière. Le choix des sujets et leurs traitements rendent la lecture de cette revue encore pertinente, presque dix ans après sa sortie. J’ai bien l’intention de me procurer d’autres numéros…

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