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Mad se paie une toile – Collectif (Neptune, 1984)

Mad se paie une toile - Collectif (Neptune, 1984) dans Chroniques BD mad0222092003

Mad, la référence. Là où a commencé l’aventure de la bande dessinée humoristique pour adulte. Dans une époque d’après guerre où les mœurs et modèles de société ont irrémédiablement changé, est apparu auprès d’une nouvelle génération d’artistes un sentiment de liberté et une certaine revanche sur la vie, qui n’était pas qu’illusion et beaux discours. Cela dit, les années 50 étaient encore très conservatrices, mais brulait déjà les braises de la future contre-culture made in US (à base de beat génération, de rock n’ roll, de cinéma d’exploitation, de comics…), devenant un modèle culturel qui s’exportera très bien.

Mad est l’un des piliers fondateurs de cette contre-culture, qui influencera la bande dessinée underground des années 60, à nos jours. Goscinny, Crumb, Spiegelman, Gotlib, Mandryka, Moebius, Shelton, Petillon, Daniel Clowes… Tous ont été marqués au fer rouge par la revue de la bande à Kurtzman. Par cet humour absurde, à plusieurs niveaux de lecture, parodiant le monde qui l’entoure (essentiellement culturel), abordant de façon satirique des thèmes de sociétés…

« Mad, ses parodies dévastatrices, ses outrances ravageuses, ses vulgarités bienfaitrices, ses gags énormes et jamais vus. Et ses plaisanteries énigmatiques. Que signifie « Potrzebie » ? Et « Fershlugginer » ? Mystère. Des mots cabalistiques placés par Kurtzman ici et là, toutes les fois où il ne savait pas quoi y foutre d’autre, probablement. On en fini pas de répertorier les trouvailles du Maître. Les coups de révolver entre les yeux qui laissent de beaux trous bien ronds, comme percés au vilbrequin. Les milliers de panneaux disposés un peu partout et indiquant que « Killroy était ici » ou qu’il fallait « Manger chez Joe » ou demandant « A propos, comment va ta mère, Ed ? » Personnages aux expressions outrageusement démentielles, hystérie collective, cases parasitées par une multitude de gags dans les gags dans les gags, bande dessinée faite par d’authentiques aliénés mentaux et engendrant ce rire, le plus énorme qui soit. Ce rire qui fait tellement de bien par où ça passe ! » (Gotlib en préface)

L’audace graphique est privilégiée, publiant des dessinateurs dingues (entre génie et folie) mais surtout non-académiques, en décalage par rapport aux canons officiels du dessin de presse. Tous les artistes qui ont œuvrés pour Mad sont rapidement devenus des références incontournables dans le monde du 9ème art : Wallace Wood, Will Elder, Jack Davis, Don Martin ou Basil Wolverton (je vous renvoi au dernier T’ar ta lacrèm’ de Frémion, consacré à cet auteur, dans le fluide n°414)…

Co-traduit (avec entre autres Jacques Lob) et préfacé par Gotlib, cet album regroupe les parodies de films (marque de fabrique de la revue) qui ont été réalisées dans le journal du n’9 au n°23, soit de février 54 à mai 55. De Jules César à King Kong, de L’équipé sauvage à Ouragan sur le Caine… Kurtzman et ses acolytes (Wood, Davis et Elder, ainsi que Krigstein et Severin) revisitent donc certains grands classiques de l’âge d’or du cinéma américain. Le tout entrecoupés de réflexions pertinentes (et madiennes !) sur la conception des affiches de films, la technique du slow-motion, les différences entre un livre et son adaptation cinématographique, ou encore les scènes qu’on aimerait réellement voir dans un film…

Kurtzman et ses amis s’amusent avec les codes du médium (montages photos, itérations iconiques, etc.), prenant les lecteurs à témoin de leurs délires. Wallace Wood est le roi du détail de second et troisième plan, nous obligeant à scruter ses dessins pour en saisir toutes les subtilités. Jack Davis est plus contrasté, plus excessif dans les mouvements (ce qui a surement marqué un Gotlib !) Will Edler se situe entre les deux, dynamique et minutieux. Bernie Krigstein est à part. Il est plus stylisé. Son graphisme expressif fait plutôt référence au cubisme (mouvements excessifs, formes anguleuses et anatomies déformées). Le graphisme de John Severin se rapproche plus des 3 premiers…

Bref, ce Mad se paie une toile est un ouvrage de référence, le deuxième volume d’une anthologie qui en compte 5, initiée en 1978 par les éditions du Fromage, et terminée en 1987 chez Albin Michel. Une série jamais réédités depuis…

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démonstration de Slow Motion par Jack Davis

http://www.dccomics.com/mad/

Réminiscences – Ptoma (éditions Emmanuel Proust, 1999)

Réminiscences - Ptoma (éditions Emmanuel Proust, 1999) dans Chroniques BD ptoma

Réminiscences est un drame en cinq actes, racontant le parcours de Phoenix, boxeur et grosse frappe, vivant dans le Chicago de 1930 à 1949. Du ring à la fusillade… Un prologue muet, montrant la « bête » Phoénix dans toute son horreur. La deuxième partie s’ouvre sur une scène de cauchemar. Phoénix est hanté par de nombreux démons. C’est à ce moment qu’il commettra l’irréparable. S’ensuit alors sa quête de rédemption. Mais pourra-t-il se racheter ? Difficile quand on ne respecte pas le contrat et qu’on bute les hommes de main du boss… Chaque chapitre commence par une citation (de Michel Bataille, Gall, James Ellroy (qu’il a adapté à plusieurs reprises), Batavia et Barjavel) qui annonce la couleur : « Le « monstre » est une anomalie effroyable mais il est aussi peut-être, celui qui doit exister » (Michel Bataille in « Gilles de Rais »)

« Chicago, années 30. Un tueur sans morale qui idéalise la violence prendra conscience trop tard de sa pitoyable destinée. Quelles indéchiffrables motivations le poussent sur la voie du crime ? Et que signifie ce rêve étrange, qui ne lui laisse aucun répit, mettant en scène un épouvantail et un petit garçon bien seul pour l’affronter ? »

« Ptoma : sous ce pseudonyme se cache un auteur belge de 27 ans adepte de la « ligne sombre ». En trois bandes – six cases par planche -, sa narration va à l’essentiel, donnant du rythme et du suspense à cette hallucinante descente aux enfers. » (Quatrième de couverture)

Au première abord, on a comme une impression de déjà vu, entre les graphismes de Jack Davis (contes de la crypte), Burns, Mezzo, mais surtout Miller… Phoenix ressemble physiquement (et moralement) à Marv… Mais si Miller dessine à la machette (aux traits tranchants), Ptoma use plutôt de la faucille, générant des formes plus rondes. Cependant, ils partagent le même traitement du noir et blanc sans concessions, aux ombres incisives, aux contrastes puissants. Une maitrise digne de gravures expressionnistes du début du 20ème siècle.

Ptoma possède un style à la limite du réalisme, dont les proportions et attitudes des personnages sont excessives. Ces formes vous percutent. Les scènes de baston sont d’une efficacité redoutable, on ressent la violence des coups portés.

Une mise en scène vive, aux effets maitrisés, bien que chaque page contienne chacune six cases de tailles identiques. Cette structure en gaufrier est une véritable cage, retenant une bête qui ne demande qu’à se jeter sur vous ! Une fois encore, une contrainte peut devenir un atout. Pas de mise en page de dingue donc, pas de planche déchainées, déstructurées façon Kirby ou Mc Farlane. Il se dégage un certain classicisme dans l’enchainement des séquences, qui évoque le rythme des vieux films policiers…

Réminiscences est un bon premier album, aux influences marquées mais assumées, qui annonce un auteur prometteur (content de voir dans la revue Kramix qu’il évolue plutôt bien, et en couleur…), à l’univers singulier, qui le rapproche de nombreux auteurs de Comics et Graphic Novel. Ce n’est donc pas un hasard s’il est édité dans la collection Petits Meutres des éditions Emmanuel Proust qui, par exemple, diffuse actuellement la série The Last Days of American Crime.

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Ptoma sur Bedetheque

Breakdowns – Art Spiegelman (Casterman, 2008)

Breakdowns - Art Spiegelman (Casterman, 2008) dans Chroniques BD artspiegelman

Cet album grand format, sous-titré Portrait de l’artiste en jeune %@~*!, est un recueil des premières publications d’Art Spiegelman, à l’époque où il était diffusé dans les comix underground (bien avant d’avoir fondé la revue Raw). L’ouvrage est découpé en trois partie. La première, servant de prologue, a été réalisée récemment. Spiegelman nous raconte en bande dessinée la genèse de sa passion des comics et de sa vocation d’artiste. Comme de nombreux auteurs de sa génération, il pris conscience de (et dans la gueule) la puissance et la subversivité du dessin humoristique dans les pages de Mad Magazine. Il ne nous cache rien de ses sentiments familiaux et nous raconte des histoires que la plupart aurait préféré oublier et encore moins raconter dans un ouvrage. Mais on le sait, les souffrances des uns sont bien plus intéressantes que leurs plaisirs. Et se raconter de la sorte possède des vertues thérapeutiques indéniables.

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La deuxième partie est l’anthologie en elle même, regroupant tous ses travaux édités entre 1972 et 1977, dont une première ébauche de Maus (3 pages qui préfigurent les 300 de son chef-d’oeuvre). Un livre dans le livre, relié par une couverture souple et cartonnée. Ce recueil fut publié en 1978 en grand format luxueux car Spiegelman avait « besoin de voir [ses] histoires dans un autre cadre que les publications underground où elles avaient vu le jour« . Breakdowns marque la volonté d’un auteur de bd d’être considéré (et se considérer lui-même) comme un artiste à part entière. En dernier lieu, la postface dans laquelle Spiegelman retrace, avec moultes détails et dessins d’époque, le contexte de l’aventure Breakdowns : « J’envie le jeune artiste, buveur d’encre au regard fou, qui a fait, il y a trente ans, les histoires rassemblées dans Breakdowns. Lorsqu’on parcourt aujourd’hui ce mince volume, il est dur de comprendre le contexte – voire le manque de contexte – dans lequel ce jeune artiste a commencé d’explorer les possibilités qu’il entrevoyait dans ce mode d’expression qu’il aimait. J’admire son ambition, son enthousiasme, sa détermination – et sa minceur ! Il était tout feu tout flammes, à l’écart et méconnu, mais avait l’arrogance de croire que son livre occuperait une place centrale dans l’histoire du Modernisme. Le désintérêt de la plupart des lecteurs et des autres auteurs de BD ne fit que le renforcer dans sa conviction de tenir quelque chose d’absolument neuf. Dans le milieu de la BD underground, qui s’enorgueillissait de briser les tabous, il brisait l’ultime tabou : il osait se donner le nom d’artiste et nommer art son travail. »(Art Spiegelman)

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Dessinateur underground, inspiré par Crumb pour la dimension autobiographique de ses récits, Art est avant tout un plasticien, un esthète qui maitrise diverses approches picturales, entre expressionnisme en noir et blanc, psychédélisme coloré, humoristique, hyperéalisme ou stylisation façon cubisme… Un auteur qui pousse le langage du médium dans ses retranchements et propose une réflexion sur le sens même de la narration séquentielle (il joue beaucoup avec l’implication du lecteur, le rapport au temps…).

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Spiegelman explore les possibilités techniques et esthétiques du récit dessiné. Il s’inspire sans complexes des avant-gardes artistiques (expressionnisme, cubisme, surréalisme, pop-art, sans oublier ses fréquentes références à Picasso…) et peut aisément changer de style d’une case à l’autre afin d’illustrer au mieux les changements d’émotions de ses personnages. Dans l’histoire « The malpractice suite », il utilise des cases de comics standards (genre production Elvifrance) et les détourne en prolongeant le dessin hors-cadre. Artiste oubapien avant l’heure, il termine l’histoire « Cracking Jokes » par une « itération iconique » (utilisation de la même case et du même texte) sur presque deux planches… « Mais si les pages gagnées de haute lutte que notre morveux suffisant assembla dans Breakdowns ont été parmis les premières à ouvrir à la bande dessinée les portes des librairies, des bibliothèques, des musées et des universités aujourd’hui, le morveux en question ne courait pourtant pas à l’époque après la respectabilité culturelle. A partir du moment où les autres auteurs eurent laché leurs démons bariolés dans le médium, jusqu’ici gentillet, de la BD, il put se concentrer sur la grammaire de ce langage et mettre le doigt sur ses propres démons. Grand Art et art mineur. Mots et images. Fond et forme… Tout cela peut paraître sec et académique, mais – MERDE ! – à cette époque-là, c’était pour moi une question de vie ou de mort. » (Art Spiegelman)

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édition de 1977

Le terme « breakdown » peut s’interpréter comme « rupture », « défaillance ». C’était surtout le moyen idéal pour Spiegelman d’extérioriser ses névroses et obsessions (personnelles et artistiques) et ainsi éviter le fameux « nervous breakdown ». Ceux qui comme moi ne connaissaient Art Spiegelman qu’à travers Maus, découvriront grâce à ce Breakdowns un auteur à multiples facettes, maitrisant tous les styles et toutes les techniques (encres, fusain, crayons, peintures) de l’art invisible. Un bel ouvrage, complet, magistral, pour un auteur incontournable du 9ème art.

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Art Spiegelman sur Bedetheque

Musée Gustave Moreau & Expo Frank Cho (2010)

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Petite virée parisienne en cette journée du 29 mai avec l’ami Swamps, qui voulait à tout prix voir l’exposition de Frank Cho à la galerie 9ème Art, dans le neuvième arrondissement de Paris. Je profite de la proximité pour lui proposer d’aller également au musée Gustave Moreau. Les horaires d’ouvertures nous ont imposé l’ordre des visites : ce sera Moreau d’abord, puis Cho ! L’esthétique de la surcharge colorée face au noir et blanc épuré.

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La maison-musée Moreau est une belle curiosité. Un très bel endroit. Nous visitons en fait la maison familiale de Gustave, dans laquelle il vécu d’abord avec ses parents, puis avec sa mère, et enfin seul, jusqu’à sa mort. Le premier étage donne sur ses appartement (sa bibliothèque, son bureau, sa chambre). C’est une impression bizarre que de se promener dans ses murs. On s’imagine le croiser au coin d’une porte… Le deuxième étage est composé d’une grande pièce, très haute de plafond, plutôt lumineuse, qui devait être son atelier. S’y trouve le superbe escalier conçu par Albert Lafon, qui donne accès à une autre grande pièce, moins haute, mais toute aussi imposante. Toutes ses grandes compositions y sont accrochées. On constate d’ailleurs qu’il travaillait sur plusieurs à la fois.

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Bon nombres de ses tableaux sont inachevés. On se rend compte grâce à cela comment procédait Moreau. Il semblait poser la couleur d’abord, à grand coups de pinceaux « malhabiles » afin d’avoir une vision d’ensemble des contrastes, de la composition. Puis par dessus, il esquisse, dessine les formes. Ensuite il travaille la matière, la lumière, les ornements… Ce qui crée un style particulier, involontaire, de formes dessinée en aplats sur des volumes colorés. Proche de ce qu’a pu faire par la suite un Raoul Dufy… Sont également exposés ses sculptures, de petits formats qui devaient lui servir d’étude pour les postures, les mouvements de ses personnages. Son musée vaut également pour la richesse de ses dessins et esquisses, qui sont habilement rangées sous verre, dans des coffrages en bois, le long des murs sous les fenêtres. Moreau est un dessinateur virtuose. Peintre emblématique du symbolisme, ses thèmes font directement références à la mythologie grecque et romaine. Il faut avoir révisé ses cours pour comprendre la portée symbolique de ses tableaux (Prométhée, Salomé, Oedipe…). Etonnamment, il arrive parfois de tomber sur des toiles naturalistes, représentant un paysage de montage, une rivière…

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Autre lieu, autre époque, autre conception artistique : Frank Cho, qui exposait à la galerie 9ème Art du 27 mai au 16 juin. Une expo-vente comprenant une bonne centaine de dessins et planches originales du dessinateur, réparties dans l’unique salle de la petite galerie. L’occasion pour moi de découvrir cet auteur qui a revisité les grands classiques du comics : Thor, Hulk, Conan, les Fantasic Four… Précis, méticuleux, Cho bosse à l’ancienne, à l’encre sur papier. Ses quelques dessins en couleurs aquarelles démontrent une grande maitrise. Mais surtout, j’ai apprécié son trait, à la limite de la ligne claire (en aplat, peu d’ombres…), qui apporte une grande clarté (le blanc domine!) à des composition pourtant chargée, mettant en scène de nombreux personnages. Il représente des scènes de batailles épiques, titanesques, mais toujours lisibles, jamais saturées… Des oeuvres d’une classe folle !

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La surcharge des formes, des couleurs de Moreau fit face à l’économie des traits et des motifs de Cho. On peut cependant observer quelques similitudes entre ces deux oeuvres. Ils ont tous les deux un goût prononcé pour l’épique et les personnages mythologiques. Deux esthétiques opposées mais agréablement complémentaires…

Musée Gustave Moreau

Site de Frank Cho

Galerie 9ème Art

Les Chefs-d’oeuvre de la bande dessinée (Anthologie Planète, 1967)

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Les chefs-d’oeuvre de la bande dessinée est une anthologie de près de 500 pages, la première du genre en France, créée à l’initiative de Jacques Bergier. Les textes et documents ont été assemblés et présentés par Jacques Sternberg, Michel Caen et Jacques Lob, sous la direction artistique de Pierre Chapelot. Richement illustrée, comprenant de nombreux livrets en couleurs, les textes de présentation sont par contre relativement sommaires. Et si on fait un tour rapide (en se rappelant que l’ouvrage date de 1967 !), il manque quand même quelques séries incontournables, telles que Andy Capp de Reg Smythe, Mafalda de Quino ou le Donald de Carl Barks…

L’intérêt de cette anthologie réside dans la diffusion de planches d’auteurs rares et pour la plupart maintenant introuvables. Des anciens, précurseur du genre (Doré, Wilhelm Busch, Rabier, Christophe, McCay, Caran d’Ache, Herriman…) à la nouvelle garde de l’époque (Forest, Druillet, Pellaert ,Giraud, sans oublier Astérix qui débutait sa carrière internationale), en passant par les classiques de l’age d’or US (Alex Raymond, Lee Falk, Flash Gordon, Mad Magazine, les EC Comics, DC Comics et autres Marvel…) et franco-belge (Forton, Hergé, St Ogan, Franquin, Morris…). Bref, Les chefs-d’oeuvre de la bande dessinée est un ouvrage qui cernent toutes les époques, tous les genres, mais se focalise sur l’Europe et les Etats Unis uniquement (le Manga était quasiment inconnu à l’époque).

Préfacée par René Goscinny (qui commence par :« Moi, j’ai toujours pensé qu’il était mauvais de commencer un texte par : « Moi, je », et qu’il ne fallait jamais accepter d’écrire des préfaces. »), cette anthologie est structurée en cinq parties, distinguant les types de personnages plutôt que les genres ou les styles de la bande dessinée : Les farceurs (du sapeur Camember aux Schtroumpfs), les surhommes (de Popeye à Spiderman), les héros (de Zig et Puce à Astérix), les animaux (de Felix le chat au Marsupilami) et les insolites (de Little Nemo à Jodelle).

Gotlib raconte dans « Ma vie en vrac » une anecdote à propos de la collaboration de Goscinny à cet ouvrage : « En 1967, les éditions Planète ont publié un gros bouquin intitulé Les Chefs d’oeuvre de la bande dessinée pour lequel une préface avait été demandée à Goscinny. A cette époque, il n’y avait que quatre grandes réunions des collaborateurs de Pilote, rue du Louvre, généralement pour préparer les numéros spéciaux pour les vacances, la Noël, etc. Lors de l’un de ces brainstormings, Lob débarque fièrement avec le livre de Planète, auquel il avait collaboré avec Jacques Sternberg et Michel Caen. Goscinny lit d’abord la préface, il est ravi, ensuite il regarde ce que les auteurs racontent à propos d’Astérix et là, je le vois devenir blême… »

Pour un amateur du médium comme moué, ce type d’ancien ouvrage me permet de découvrir des auteurs qui ont été totalement oublié, alors qu’ils avaient un succès certains à l’époque. Rappelons qu’en 1967, c’est encore la presse bd et ses nombreux titres qui assurent la reconnaissance de grands nombres auteurs et séries. Les auteurs connaissaient le succès grâce à la revue qui les diffuse plutôt que sur leur nom propre. Qui se rappelle, par exemple, des histoires de Hachel ou de Jean Alessandrini (les planches de ce dernier sont hallucinantes de modernité. On croirai du Chris Ware !)…

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