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Brèves de chroniques #5

Frissons d’espace – Denis Jourdin (Futuropolis, 1989)

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Sorti en 1989 dans la collection X de Futuropolis (l’ancien), Frisson d’espace est un récit d’espionnage industriel sur fond de guerre froide. Guy Lamour, un ingénieur bossant sur la fusée Ariane, se retrouve la cible d’un complot visant à lui soutirer des plans pour les services secrets soviétiques. Nina Jalousesco est chargée de l’amadouer mais tombe sous son charme et compromet toute l’opération… La particularité de Denis Jourdin est qu’il n’aime pas les phylactères, alors que ses personnages sont bavard. Du coup, les mots débordent sur les visages et les décors, sans pour autant surcharger les cases. Sa ligne claire bancale est très lisible. Ses formes excessives et stylisées m’évoquent un Mokeit light ou un Rémi soft.

Lapin n° 28 (L’Association, Mai 2001)

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On retrouve Jourdin dans le Lapin n°28 qui date de 2001, soit en pleine période faste, loin des guerres intestines qui bousculeront l’Association quelques années plus tard. En atteste la présence des six fondateurs, ainsi que le noyau dur d’amis et collaborateurs (Anne Baraou, Ayroles, Sfar, Blain, Parrondo, Gerner, Blanquet, Satrapi, Benoit Jacques, Valoni, Placid…). Un numéro de la deuxième formule (« quinquannuelle ») comprenant des récits courts conçus pour l’occasion (pas de pré-publication). Ainsi qu’un dossier sur le festival de Bastia 2001, prenant la forme d’une succession de strips réalisés par divers auteurs (procédé que l’on retrouvera dans l’Éprouvette). Un numéro de haute tenue, pertinent et passionnant à lire, même quatorze ans après sa sortie.

La Putain P – De Vries & Feuchtenberger (L’Association, 1999)

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La Putain P des allemands De Vries et Feuchtenberger ne raconte pas l’histoire d’une, mais de trois putains. La première n’arrive pas à aimer, la deuxième est en quête d’amour et la troisième cherche une naissance… Soit trois variations sur la notion de désir. Il se dégage une forte personnalité du graphisme de Feuchtenberger, qui s’inscrit dans la lignée des expressionnistes : de nombreuses contre plongées, des perspectives distordues, des noirs gris et blancs sales et charbonneux, mal coloriés… Un album de l’Asso exigeant, tant dans sa forme que son propos, qui ne brosse pas le lecteur dans le sens du poil. Tout pour déplaire à Mr Filippini en somme.

Mon Lapin (L’Association, 2013)

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On l’attendais avec impatience, la nouvelle Association ressort enfin son Lapin. Changement de format (plus grand), de pagination (36 pages, plus facile à tenir) et de fréquence (dorénavant mensuel) pour cette revue historique et inaltérable. Si j’ai une petite préférence pour l’ancienne nouvelle version (du n°37 au 44) qui retrouvait sa forme et ses intentions initiales, je ne peux que me réjouir de l’originalité formelle et éditoriale de Mon Lapin, qui fait rebondir la bête de belle manière.

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Changement de ligne éditoriale donc. Alors que l’ancienne mouture nous proposait une succession de numéros qui, avec le recul, dégage une certaine homogénéité, Mon lapin joue la carte de la diversité formelle et thématique, en désignant un nouveau rédacteur en chef à chaque fois. D’où le « mon » on ne peut plus justifié du titre. De fait, l’ensemble (trois pour l’instant, quatre autres sont annoncés) est plutôt disparate et varie en fonction de l’implication et des choix (thème, participants…) du rédacteur en chef. Toutefois la qualité est toujours au rendez-vous et mon Lapin conserve cette volonté de bousculer le langage de la neuvième chose.

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François Ayroles ouvre la bal. Pour le premier numéro, il propose à ses collaborateurs de plancher sur le thème d’Angoulême. Une thématique éculée (marronnier on dit), revenant sans cesse au rythme du festival. L’idée de proposer aux auteurs de raconter des anecdotes en strips me fait fortement penser à la « Critique de la dédicace » de L’Éprouvette n°1 ou « Le petit Théâtre d’Angoulême » du Jade 606u. Malgré cette impression de déjà-vu, c’est toujours plaisant de retrouver de bons auteurs « maisons » ou voisins, excellant tous dans l’exercice du gag en strip. Belle brochette avec Texier, Besseron, Morvandiau, Killoffer, Big Ben, Thiriet, Malher ou Baladi…

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 Baladi (n°2)

… que l’on retrouve rédac’ chef du deuxième volet. Il invite, entre autres, ses complices de la Fabrique de Fanzines (Kündig, Novello et Levasseur) pour un numéro sans thématique apparente, enchaînement de récits dessinés – certains de formes traditionnelles (structures en gaufrier), d’autres plus aventureux graphiquement parlant. Cependant l’ensemble trouve une cohérence dans la démarche des auteurs, ce « fait main » authentique car sincère, chère à Baladi et ses compères. Plus proche de l’esprit initial du Lapin, je découvre ici quelques auteurs qui ne me laissent pas indifférents. Harrisson & Sara Atka (superbe double planche), Birgit Stark & Arnaud Robin, Ducatez (qui nous raconte une anecdote troublante intitulée Progrom) sans oublier Mister Baladi himself qui, tranquillement, trace et laisse sa trace dans les contrées illimités de la narration dessinée.

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Nicolas Nadé (n°3)

Avec Jochen Gerner, on est sûr de voir le vocabulaire de la neuvième chose mis dans ses inépuisables retranchements (pfff, ça claque comme formule!). Le thème en est le bois. Les rapports que l’homme (l’humanité, l’individu, l’artiste, le poète) peut entretenir avec le bois. Pour une revue en papier, c’est tout à fait logique. Un numéro ambitieux graphiquement, qui flirt davantage vers le dessin contemporain (à voir les variations abstraites de Laurence Lagier, les « maisons modules » d’Aurélien Débat, les « structures végétatives et mécaniques de la forêt » de Bettina Henni ou « l’Architecture noire » de Vanessa Dziuba) que la pure bande dessinée qui, si elle n’est pas en reste, s’en trouve fortement bousculée avec les planches abstraites de Nicolas Nadé, minimalistes de Laurent Cilluffo. Sans oublier les histoires « naïvement » dessinée de Gala Vanson ou Simon Poussin. Mention spéciale à Kevin Lucbert pour ses remarquables planches de « L’Accident » (ci dessous).

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A suivre jusqu’en avril : Étienne Lécroart, Lisa Mandel, Matt Konture et Killoffer. Mmmmh…

Sale temps pour les indépendants

Sale temps pour les indépendants dans Chroniques BD 1306582735

L’année 2011 est une année sombre pour les éditeurs de bande dessinée indépendante.

La crise de l’édition du livre est un des facteurs à prendre en compte. Car si la bande dessinée était un secteur plutôt épargné jusqu’alors, elle souffre ces dernières années des conséquences de cette crise (coût de productions en hausse, concurrence de la diffusion en ligne, etc.) Les petites et moyennes maisons d’édition sont les premières touchées (« c’est toujours le petit qui dérouille », comme on dit cheu mé) et s’en remettent plus difficilement. De plus, la politique impitoyable des grands groupes qui imposent aux libraires un turn-over infernal, ne laisse plus le temps à des ouvrages différents, confidentiels et exigeants de trouver leur public.

Le début d’année ne présageait rien de bon avec la fermeture du comptoir des indépendants. Ce diffuseur indépendant de maisons d’éditions indépendantes (et pas que de bande dessinée d’ailleurs) a du fermer boutique, n’étant plus en capacité de continuer son activité (pour des raisons économiques je suppose). Si certains indépendants se sont regroupés autour de la création de Belles Lettres Diffusion Distribution, d’autres n’ont pu trouver de diffuseur et de fait, sont devenus invisibles, voire inexistants.

La difficulté financière des Requins Marteaux qui, dans une volonté de transparence explique clairement qu’elle doit renflouer 60.000 euros (une somme pour une « petite boite ») n’est non plus une bonne nouvelle. Les Requins Marteaux, par le biais de Ferraille Illustré, est la maison d’édition qui m’a fait entrer, en tant que lecteur, dans l’univers de la « bédé indé ». C’était en 2002, j’y ai découvert des auteurs incontournables tels que Bouzard, Besseron, Winschluss, Rupert et Mulot, Cizo, Druilhe, Mathsap, Blex Bolex, Morvandieu, Guerse et Pichelin, Blanquet, Debeurme, Chaumaz, Sourdrille, Delisle, Killoffer…

De Ferraille, je me suis logiquement aventuré vers le Psikopat, Jade et les éditions 6 pieds sous terre et bien sur Lapin ou l’Eprouvette de l’Association. Sans oublier ensuite les Cornelius, Rackham, Atrabile, Groinge, Fremok et autres Ego comme X

L’association justement, est en crise depuis ce début d’année. Je ne rentrerai pas dans le débat et ne porterai pas jugement sur des personnes et des situations que je ne connais pas. En ce qui me concerne, en tant que lecteur et amateur de leur production, je n’aimerai pas voir se terminer cette aventure éditoriale, véritable fer de lance de la production indépendante. Ce qu’a apporté l’Asso, et ce qui est pour moi la définition même de la « bédé indé », est le fait que ce soient des auteurs qui conçoivent et produisent les livres (pour eux-mêmes ou pour d’autres) et que chaque artiste intervienne de A à Z dans le processus de conception de ses ouvrages.

La démission de JC Menu n’annonce pour autant pas la fin de l’Association, mais cette dernière entre inévitablement dans une nouvelle ère. J’espère qu’elle conservera les qualités qui ont fait et font encore son succès (cohérence de son catalogue, richesse de ses collections, exploration du langage de la bande dessinée, découverte de nouveaux auteurs, réédition de grandes œuvres du patrimoine…) et que le Lapin continuera de sortir sous sa forme actuelle.

Face à cette situation, la meilleure manière de soutenir ces maisons d’éditions – et de défendre une certaine idée de la bande dessinée – est d’acheter leurs livres. Vite.

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Initialement prévu dans la collection Shampooing et maintes fois repoussé, le livre L’Association paraîtra finalement en janvier 2012 dans une formule considérablement étoffée grâce à la contribution de tout le monde.

(Comix Pouf!)

 

XX / MMX – Collectif (L’Association, 2010)

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L’Association marque le coup pour ses 20 ans en publiant cet ouvrage, qui fait également office de catalogue de l’exposition organisée à Sierre ce mois de juin. L’Asso ne fera décidément jamais comme les autres, car plutôt que de nous proposer un album commémoratif, compilant les moments forts de ces 20 années passées, J.C. Menu a préféré proposer aux auteurs maisons (les anciens, les nouveaux, les réguliers ou les occasionnels) de choisir une de leurs planches éditées par la structure et d’en réaliser une nouvelle en lien avec celle-ci. Un exercice oubapien (l’autoréinterprétation), qui laisse la liberté aux auteurs d’y répondre, de la prolonger ou de l’actualiser. Chacun choisissant la page qu’il veut et y répondant comme il le veut. 85 dessinateurs ont contribué à l’exercice. Il manque tout de même 3 fondateurs de l’Hydre… On trouvera également des textes de 3 auteurs-collaborateurs : Pacôme Thiellement, Anne Baraou et Christian Rosset. Sans oublier J.C. Menu, qui répond ici à l’édito qu’il avait écrit pour LABO en janvier 1990. « L’ensemble de ces contributions forme une Histoire Imaginaire de l’Association, basée sur son principal enjeu de départ : l’exploration du langage de la Bande Dessinée. Une histoire improbable et aléatoire qui dure depuis maintenant vingt ans, mais qui aura tout traversé, suivant sa devise : « Intransigeance et opiniâtreté »… et qui semble loin d’avoir achevé son potentiel de devenir.«  (J.C. Menu).

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Berberian en 1994…

Cet exercice nous permet d’observer l’évolution (graphique, narrative, thématique…) des auteurs. Si certains prolongent l’histoire (Stanislas, Berberian, Reumann…), d’autres réinterprête leur planche aux regards de leur nouveau style (Doucet, Andersson, Guibert, Gerner, Ruppert & Mulot…). D’autres encore exploitent leur planche pour en recréer une nouvelle (Lécroart, Blexbolex, Placid, Baladi, JM Bertoyas…) ou y répondent (Benoit Jacques, Parrondo, Peeters, Valoni, Remi…). Un ouvrage de belle facture classique (au format Ciboulette, LA collection historique de l’Asso) dont on peut choisir la couleur (entre vert, bleu, jaune, rouge…). Une manière originale et subtile de revenir sur son parcours, de faire le point sur son évolution. Et de se rendre compte que l’histoire, et par conséquent, le catalogue de l’Association est d’une richesse incroyable, d’une inventivité constante et d’une rare cohérence. Sans parler de la qualité des auteurs édités…Un catalogue original, pour une expo originale (que je n’ai malheureusement pas vu !), difficilement descriptible tant il ne ressemble à rien de connu jusqu’alors. Je ne peux que vous conseiller de vous le procurer rapidement !

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… et en 2010.

Autre évènement pour fêter ses vingt ans : l’Asso, avec la complicité du Comptoir des indépendants, a demandé à vingt libraires de choisir leurs vingt albums préférés du catalogue de l’Hydre. Le résultat est le suivant : Un incertain silence de François Ayroles, Le Petit Christian de Blutch, The red monkey dans John Wesley Harding de Joe Daly, L’Ascension du Haut Mal de David B., Shenzen de Guy Delisle, Ciboire de Criss ! de Julie Doucet, Daddy’s Girl de Debbie Drechsler, Journal d’un album de Dupuy & Berberian, L’An 01 de Gébé, Faire semblant c’est mentir de Dominique Goblet, 676 apparitions de Killoffer de Killoffer, L’art selon Mme Goldgruber de Mahler, M le Magicien de Massimo Mattioli, Livret de phamille de JC Menu, 73304-23-4153-6-96-8 de Thomas Ott, Persepolis de Marjane Satrapi, Pascin de Joann Sfar, Lapinot et les carottes de Patagonie de Lewis Trondheim, Pat Boon « Happy End » de Winshluss. (plus d’infos)

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Plates-bandes – Jean Christophe Menu (L’Association, 2005)

 

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Bon, Plates-bandes est sorti il y a 5 ans maintenant et qu’en reste-t-il ? Le pamphlet d’un auteur-éditeur de bandes dessinées – que l’on classera comme « indépendant » – qui exprime clairement son raz le bol contre une certaine (mauvaise) manière (dominante) de faire de la Bande Dessiné. [Rectification faite : Menu précise dans L’Eprouvette n°1 que ce Plates-bandes n’est ni un pamphlet, ni un essai, mais un texte d’opinion « assurément « juge et partie », dont l’enjeu était de contribuer à définir les vieux tenants et les nouveaux aboutissants d’un contexte précis : le champ éditorial de la Bande Dessinée en France en janvier 2005″.]

Les illustrations qui jalonnent ce livre (toutes droit-tirées d’un cabinet de dentiste) donnent le ton : ça va faire mal ! Menu est un gars qui vient du fanzine et de l’auto-production. Un dessinateur qui a toujours été attiré par la conception de l’objet BD. Branché dans le milieu de la musique « rock alternatif », en particulier au sein des Satellites, il s’est inspiré des maisons d’éditions « alternatives » qui se sont créées dans les années 80 (Bondage, Boucherie productions…). Une manière de créer et produire des oeuvres comme ils l’entendent, sans aucunes concessions envers le milieu commercial de la musique. Diffuser une oeuvre et non un produit. Voilà leur philosophie.

Menu et ses amis ont donc crée L’Association dans cette optique. Dans la mesure aussi où à l’époque (fin des années 80 où la presse BD disparaissait), toutes les maisons d’éditions refusaient leurs projets. Cette nécessité de créer un label devient indissociable d’une certaine revendication. Produire « contre » peut être un bon leitmotiv, il ne faudrait pas que cela devienne le seul moteur de création. C’est ce que certains reprochent à Menu (ceux qui se font allumer dans ce Plates-bandes). C’est un piège dans lequel il a failli tomber (source de désaccord avec ses anciens camarades ?). Cet ouvrage en est peut-être la profession de foi, il en est également une forme de testament. Depuis 2006, à partir de la création de la revue L’Eprouvette – qui dans cet optique ne pouvait que se saborder au bout de trois numéro (et quels numéros !) – il me semble que Menu à retrouvé un nouveau souffle, une dynamique nouvelle. Il a craché son venin à la face de la profession et à su passer à autre chose (tout en restant révolté). Il s’est par exemple remis à dessiner (les Lock-groove ou les Mont-vérité Chrono-poche). Le retour de Lapin nous le confirme également. Outre le fait d’être toujours un terrain privilégié d’expérimentations et de revendications, Menu croit encore à l’utilité de L’Association comme tremplin pour de nouveaux auteurs, et non plus seulement comme un acte de résistance contre le microcosme de la bd (qui deviendrait rapidement stérile). Relire Plates-bandes maintenant nous permet de constater que JC Menu avance et croit toujours en ce qu’il fait. Toujours très bien d’ailleurs…

Je suis un lecteur-amateur de bande dessinée depuis le milieu des années 80. Si j’ai connu les magazines Spirou, Tintin et surtout Pif, la BD a toujours été pour moi l’Album, le fameux 48 pages couverture cartonnée (voir le 62 CC pour les Tintin). Je ne partage donc pas cette aversion envers ce format. Je comprend cependant (et remercie) Menu qui prône la diversité et le non formatage des albums de Bande Dessinée. Considérer et confectionner cet objet comme un bel ouvrage, plus proche des beaux livres d’Art ou de Littérature illustrée, me fait fortement apprécier les productions de L’Association (le fait de s’inscrire dans la filiation des avant-gardes littéraires et artistiques peut paraitre prétentieux, je trouve cependant cette approche pertinente et justifiée).

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Le 48CC de Menu…

Menu aura tout de même sorti un album 48CC, dans la série des Donjons. Cette participation nous démontre qu’il n’est pas bêtement bloquer contre ce format et ce genre de série (il n’a d’ailleurs jamais critiqué les lecteurs de ce type d’ouvrage). Il s’exprime très clairement à ce sujet : « Comme pour Donjon chez Delcourt, il y a une complémentarité qui est probablement la meilleure façon de voir coexister un espace d’innovation comme L’Association, avec un relais standard dans la grande distribution pour ceux que ça interresse. [...] L’intérêt de Donjon, par exemple, est d’exister dans la grande distribution, puisque Donjon joue aussi à pervertir sa propre forme. Son ambiguïté par rapport à l’heroïc-fantasy et au standard n’ont de sens que sur ce terrain là. Donjon n’aurait eu aucune incidence publié à L’Association, et n’aurait même pas pu être imaginé pour L’Association ».

J’adhère pleinement à son analyse du milieu éditorial : s’il est des maisons d’éditions qui ont toujours assumer de faire du commercial (Dargaud, Dupuis…), il est plutôt agaçant de voir bons nombres d’entre elles éditer des oeuvres « à la manière de » ce que nous propose l’Asso (format livre, genre autobiographique, noir et blanc…). Ces mêmes maisons qui avaient refusés leurs projets à la fin des années 80. Il est bien dommage pour la diversité de la Bande Dessinée que ceux qui ont les moyens de prendre des risques en éditant des ouvrages « autres », des auteurs exigeants, attendent que des petits labels ouvrent des niches pour s’y engouffrer.

Mais ne faisons pas de bête manichéisme, il n’est pas question de critiquer les qualités intrinsèques d’un album « indé » par rapport à un « commercial » (bon ou mauvais, chacun est juge), mais bien de dénoncer les méthodes de production et de récupération de certaines maisons d’éditions. Menu n’hésite pas à donner des noms. Les Casterman (avec sa collection Ecritures), Delcourt (avec Encrages ou Outsider), Les Humanoïdes Associés (avec Tohu Bohu) et autre Glénat qui, s’ils ont fortement contribuer à la diversité et l’originalité de la production BD, se sont rapidement engouffrés dans le créneau du roman graphique et de la bande dessinée d’auteur. Sans parler de Soleil qui rachète le nom et le catalogue Futuropolis, voulant s’inscrire dans une filiation contre-nature (Mourad Boudjellal n’est pas Etienne Robial). « Quand un « gros » éditeur fait son métier de « gros », en outrepassant pas son territoire de « gros » ,je n’y vois pas de problème majeur » (JC Menu). Ce n’est pas plus compliqué que cela. Que chacun fasse ce qu’il sait faire, sans venir marcher sur les plates-bandes du voisin. Mais la réalité est tout autre…

Menu est totalement légitime pour critiquer le milieu de l’édition BD. Sa manière n’est peut-être pas très orthodoxe (il ose dénoncer !). Je ne vais pas lui reprocher de ne pas utiliser la langue de bois. Au contraire ! Face à la production actuelle, monstrueuse, j’ai quand même l’impression qu’il y a beaucoup de tacherons, de dessinateur de secondes zones (il faut le dire, sous leurs airs « indé », la plupart sont édités par ces gros labels), qui font ce qu’une poignée d’auteurs faisaient déjà il y a une quinzaine d’année. Combien trouvent-on de sous-Blain, sous-Sfar, sous-Trondheim, sous-Blutch, sous-De Crecy, sous-Rabaté..?  J’estime la proportion à un auteur pour dix copieurs, au moins. Je préfère des dessinateurs qui ont moins de technique, mais plus de personnalité, d’originalité (comme on en trouve beaucoup dans le Psikopat ou Lapin !).

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