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Ici – Richard McGuire (Gallimard, 2015)

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Sûr que cet album n’a rien pour plaire aux détracteurs de la « bd’intello ». Un ouvrage qui se dit bande dessinée alors qu’il n’y a ni personnages principaux, ni phylactères, ni pitch facilement racontable. De plus, réalisé par un illustrateur du New Yorker, dont la couverture évoque un tableau d’Edward Hopper, édité chez Gallimard et, de surcroît, classé parmi les 20 meilleurs livres de l’année par le magazine Lire. Ça a de quoi agacer les amateurs de « vraie » bayday.

Pourtant, à bien y regarder, y a pas à dire, c’est bien un album de bande dessinée. Soit une histoire racontée par cet agencement particulier d’images et de mots. Et tout réside dans ce « particulier » justement. Mc Guire a mûrement réfléchi ce projet, et ça saute aux yeux. D’abord sous la forme de six planches en noir et blanc réalisé en 1989 (réédité récemment dans le Kaboom 08), Ici (et pas que maintenant!) est une formidable évocation du temps qui passe, dont seul le médium pouvait rendre la pleine mesure (mise en abyme temporelle, réflexions sur le cadre, enchaînement de séquences). Six pages qui ont durablement marqués un Chris Ware : « Anniversaires, décès et dinosaures : soit l’univers résumé en 36 cases ».

Unité de lieu et multitude de temps, Here (en anglais, ça sonne mieux!) est un récit tout à la fois réaliste et métaphysique. Avec cet album aux couleurs pastelles lumineuses et contrastées, Mc Guire développe son concept sur 300 pages sans jamais l’épuiser, et encore moins nous lasser. Car dès que l’on a rapidement capté ce procédé de « fenêtres temporelles », on ne décroche plus de ce voyage méditatif, que les ringards qualifierons de poétique… Jouer avec le système espace-temps sans faire dans la science-fiction, chapeau bas M’sieur Mc Guire !

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Méta Mune Comix – Jean Christophe Menu (L’Apocalypse, 2014)

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Cet ouvrage prend la forme d’un recueil de six comics, dont on ne sait s’ils existent indépendamment les uns des autres. La numérotation commençant à partir du n° 111, Menu brouille les pistes et laisse supposer que d’autres comics antérieurs à ceux-ci existeraient. Encore et toujours cette volonté d’inscrire ses albums dans une généalogie particulière, de susciter de vieux souvenirs à ses lecteurs (quand on découvrait l’existence d’autres volumes d’une série ou les numéros d’un magazine qu’on venait de terminer…), nous amenant à imaginer le contenu d’anciens comics qui n’existent sûrement pas (à part les 5 tomes de Mune Comix sortis chez Cornelius entre 1993 et 1994). De cette manière, Menu installe une agréable complicité.

Il revisite cette bande dessinée traditionnelle, qu’il inscrit dans une forme de nostalgie de ses lectures d’enfance, tout en ouvrant sur de nouvelles perspectives : autobiographie et reportage, chroniques culturelles (le n°112 est un « spécial Rock’n'Roll »), mais aussi récits métaphysiques, voire pataphysiques, s’appuyant sur des souvenirs diffus, des délires(rium!)… Ce Méta Mune Comix est un condensé, un concentré de toute ses approches et obsessions. On y retrouve du Lock Groove, du Mont Vérité, du Meder, du Livret de phamille, des réflexions théoriques, des expérimentations oubapiennes, et bien entendu du Mune Comix…

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Description d’une réalité ou transcription d’un univers mental, Menu s’aventure entre ces deux pôles d’attraction avec une formidable liberté créative. Influencé par les avant-gardes littéraires et artistiques du vingtième siècle, en particulier le surréalisme, on pourrait supposer qu’il n’est pas indifférent à la psychanalyse. Bien que cela ne semble pas être une référence volontaire de sa part, et sans tomber dans les écueils réducteurs de l’analyse de comptoir (le symbole de la Mune n’indiquerait-il pas que Menu est un garçon lunaire et lunatique?), il est possible de visiter son œuvre par le prisme d’une approche analytique. Au delà de l’aspect cathartique de certaines de ses planches (dans lesquelles il se livre sans tabous sur ses névroses, ses addictions), on observe dans sa production de nombreux thèmes propres à la discipline : interprétation des rêves, libération de la parole et affirmation du moi, expression de l’inconscient (parfois collectif)…

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Il n’est pas simple de raconter un rêve, même par la bande. Possédant sa propre logique, il est impossible d’en retranscrire le déroulement avec des codes narratifs stricts et limités. Plutôt que d’en raconter le contenu précis et tenter d’interpréter pour en dégager du sens, Menu s’attache à retranscrire cet enchaînement incontrôlable de scènes propre au déroulé d’un rêve. Une écriture automatique qui évoque parfaitement cette impression diffuse et résiduelle (faite de fascination mêlée d’appréhension) que l’on conserve au réveil. Rêves absurdes ou cauchemars, Menu excelle dans l’exercice et sème ces comptes rendus tout au long de ces six numéros.

Menu prône une autobiographie sans mensonges ni tabous. Ce qui pose le problème de la représentation des personnes qui l’entourent. Car poser sur papier imprimé, donc susceptible d’être lu de tous, des éléments concernant la vie privée de vraies personnes n’est pas sans conséquences liées au droit à l’image, et peut faire apparaître la pratique autobiographique comme un manque de courage flagrant, l’auteur préférant dire ce qu’il pense de quelqu’un par l’intermédiaire du médium. Est-ce pour ces raisons que les récits autobio de Menu présents ici abordent essentiellement son entourage professionnel, ses rencontres musicales ou ses déboires existentiels mais, à l’exception de sa mère (et de sa 4L), ne concernent plus les membres de sa famille…

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S’il cite volontiers des figures et des formes connues de la bande dessinée (l’équipe d’Hara-Kiri, le chronoscaphe de Black et Mortimer, le Z de Zorglub…), Menu s’amuse surtout avec ses codes narratifs, des plus traditionnels (principe du « à suivre », personnages récurrents, sens de la mise en page, art du lettrage) aux plus expérimentaux (les formes abstraites de Mollux, les planches métaphysiques de L’Autre], la pataphysique du Mont Vérité…). Une autre manière de créer la complicité avec ses lecteurs, puisant dans un « back ground » commun à tout amateur de la neuvième chose.

JC Menu bouscule les rapports entre fond et forme (ses textes sont souvent en décalage par rapport à ses images), signifiant et signifié (à l’image de son Meder qui s’exprime dans un langage incompréhensible, mais pas insensé) et circule parmi toutes ces dimensions avec une dextérité et un sens de l’a propos qui en font un auteur toujours passionnant, traçant ainsi une impressionnante « méta œuvre », qui va bien au-delà du simple divertissement en bande dessinée.

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Dix questions pour une bibliothèque #4 : Philippe Annocque

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Le cœur de la bibliothèque est tout en bas à gauche…

Philippe Annocque m’a fait le plaisir de répondre à ce questionnaire. C’est après s’être découvert un intérêt commun pour la revue (A suivre) et ses auteurs (dont Imagex qui décidément, réunit les hommes), que j’ai découvert son blog hublots, dans lequel il s’exprime sur ce qu’il aime, mais pas que. Écrivain, c’est pour lui un espace de création littéraire et poétique, un véritable « work in progress » qui ne se réduit pas à de la prépublication, mais est considéré comme un support de diffusion à part entière. A ce titre, son travail autour de son jeune grand père est remarquable et prend tout son sens dans ce type de format. Il ne me reste plus qu’à me procurer son roman « Monsieur Le Comte au pied de la lettre » dont il parle ici. Ce sera je pense une très bonne entrée en matière. Merci Philippe.

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ? 2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ? Difficile pour moi de séparer les deux questions. Tous les livres ou presque sont rangés dans une seule pièce qui leur est consacrée. J’ai du mal avec l’idée que tout un chacun en entrant chez moi puisse voir mes livres, ça fait vraiment partie de mon intimité. J’ai d’ailleurs exploité ce sentiment en le poussant jusqu’au burlesque dans un de mes livres, Monsieur Le Comte au pied de la lettre, dans lequel l’un des personnages installe ses toilettes au centre de la plus grande pièce de sa maison à l’étage, tout l’espace autour du trône étant réservé aux livres.

3) Possèdes-tu un classement particulier (si oui lequel) ? En changes-tu souvent ? J’ai mis en place il y a longtemps un classement particulièrement inefficace, mais je n’ai pas le courage de le bouleverser. Les livres (ceux de littérature, les plus nombreux) sont classés d’abord selon la langue dans laquelle ils ont été écrits ; et à l’intérieur de chaque langue, selon un ordre strictement chronologique (c’est la date de naissance de l’auteur qui prime, et à l’intérieur de l’œuvre de chaque auteur la date de publication de chaque livre). Pour les auteurs anciens, ça va encore. Quand on arrive au XXe siècle, ça devient vite ingérable : les auteurs sont de plus en plus nombreux et ils vivent de plus en plus longtemps. C’est une catastrophe.

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..? La littérature (poésie et théâtre compris) est très largement majoritaire. La BD est aussi bien représentée – surtout celle des années 80. Beaucoup de livres aussi autour, disons des sciences naturelles : botanique, zoologie, mycologie, théorie de l’évolution. Beaucoup de livres de linguistique, aussi. En fait tout cela correspond à des périodes différentes de la vie. Ça se complète. Il y manque la science-fiction – j’en ai beaucoup lu, mais c’était plus jeune, dans la bibliothèque paternelle. Et des livres d’art aussi, oui.

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ? Difficile à dire, d’autant plus qu’il y a aussi des livres avec peu d’images mais un peu quand même. Je dirais trois quarts sans, un quart avec. Le déséquilibre est peut-être plus important encore. Pourtant j’aime beaucoup les livres avec des images. J’ai d’ailleurs des projets personnels de livres avec des images.

6) Tes ouvrages sont-ils plutôt rangés à l’horizontale ou la verticale ? A la verticale. L’horizontale, c’est quand vraiment la place manque – et elle manque. Du coup beaucoup de livres sont en double épaisseur. C’est un problème.

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ? Avant ou après leur lecture ? En effet, j’ai une petite bibliothèque spécifique où attendent des livres récemment acquis et en attente de lecture. C’est surtout de la littérature contemporaine.

8) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ? Non. C’est un crève-cœur. Je me dis tout le temps que je devrais tout revoir, tout changer, et je n’ai pas le courage de m’y mettre. Je sais bien que de toute façon la place manquera toujours.

9) Qu’y manquerait-il ? C’est surtout la place qui manque. En même temps cette place qui manque est la représentation physique du temps qui me manque aussi pour lire tout ce que je voudrais lire. Au fond ce questionnaire nous renvoie à notre mort prochaine. C’est affreux.

10) Comment la vois-tu évoluer ? Oh la la.

[Entretien réalisé par courrier électronique le 1er Mai 2014]

Brèves de chroniques #1

 Une histoire d’hommes – Zep (Rue de Sèvres, 2013)

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Zep sort un album que bons nombres qualifient de « plus adulte ». Oui, dans la mesure où ce n’est pas du Titeuf, on peut en déduire qu’il souhaite élargir son lectorat et aspire à raconter des histoires de personnages plus matures, plus proches de ses propres préoccupations. S’il avait déjà abordé des thèmes plus adultes avec Découpé en tranches ou sa série des « Happy », la grande nouveauté est qu’il ne fait pas dans l’humour. Une histoire d’hommes nous raconte, sur un mode réaliste, les retrouvailles d’une bande d’amis musiciens devenus quadras. Joies, regrets, jalousies et pardons, tous les ingrédients de la fameuse « middle life crisis » sont présents. Zep maîtrise parfaitement l’art de l’ellipse et des non-dits . Ne boudons pas notre plaisir d’apprécier un album d’honnête facture.

 La tente sur le toit – Laure du Faÿ (Warum, 2009)

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Un homme perd tout ce qu’il a dans l’incendie de son appartement. Un ami qui ne peut l’héberger lui prête une tente et un duvet. Il décide alors de s’installer sur le toit de son lieu de travail… Laure de Faÿ s’est inspiré d’une nouvelle d’un auteur nippon (Shiina Makoto). Et bien qu’ avec son trait expressionniste, son noir et blanc charbonneux et ses formes stylisées, elle évite l’écueil d’un graphisme « à la japonaise », elle installe une ambiance narrative très naturaliste dont la sensibilité est proche de certains mangakas. Son récit muet (tout en impression, qui n’explique rien) repose sur la force d’évocation des images. La narration oscille entre enchaînements rapides de séquences, lorsque le personnage est dans la vi(ll)e active, et images contemplatives quand il est sur son toit. Une parabole sur l’ouverture d’esprit et d’horizons, salutaire face à ce monde préformaté.

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 The Joke – Luz (Les requins marteaux, 2013)

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S’il n’aime pas la chanson française, Luz adore The Fall. Groupe post punk anglais des années 70 qui malgré son nom (la chute) est toujours en activité. The Joke s’attarde essentiellement sur Mark E.Smith, le leader omnipotent (il vire régulièrement tous ses musiciens) qui chante comme un canard, ne s’exprime que par des « The Joke » (d’où le titre) et dont le taux d’alcoolémie dépasse largement le niveau de décibel. Adepte du comique de répétition et des comparaisons bien connes (Mark E.Smith est un croisement entre Dave et Popeye!), Luz enchaîne des anecdotes vraies (en concert ou en interview) et de bons gros délires, imaginant E.Smith croisant l’esprit d’Elvis Presley dans un chiotte, se faisant draguer par un canard ou rencontrant ses muses (dont il n’a rien à foutre). C’est sur qu’il vaut mieux connaître un minimum le groupe et aimer Luz pour apprécier cet album. Pour les autres, on ne peut rien faire…

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Rock’n'roll & chocolat blanc – Jackie Berroyer (Wombat, 2013)

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Jackie Berroyer a côtoyé de prêt les artistes les plus influent du rock français de la fin des années 70. Enfin, côtoyer est un bien grand mot. Approcher serait plus juste. S’il a rapidement sympathisé avec Kent et toute la clique des Starshooter, il aura mis un peu plus de temps à se faire sa place auprès de la bande des Téléphone (surtout avec Aubert). Sans parler du gros problème de communication avec Higelin père.

Berroyer se pose régulièrement la question de sa légitimité, non pas d’écrire sur ces groupes qu’il adore – en tant que chroniqueur à Charlie Hebdo et Rock & Folk, il en a les compétences et la liberté – mais de partager leur intimité afin de rendre compte de leur parcours. Sachant qu’il a négocié avec la maison de disques de ces trois groupes (Pathé), et non directement avec ses membres, son intégration est difficile, bons nombres de musiciens le regarderont d’un air suspicieux. Une situation qui le mettra mal à l’aise tout au long de son reportage. Une autre difficulté pour lui, est de retranscrire au plus juste la teneur des échanges, puisse qu’il n’enregistre aucuns entretiens ni dialogues informels avec les artistes. Du coup, la tache est plus difficile. Heureusement, il est passé maître dans l’art du ‘botter en touche’.

Ce que j’aime chez Jackie Berroyer, c’est qu’il ne triche pas. Il avoue tout, sans honte ni duperie. Il pratique l’autodérision comme d’autres la guitare : en virtuose. Car s’il s’amuse avec cette pseudo prétention à faire de la littérature (du moins à toucher le chèque d’un éditeur pour un livre à venir), et à rendre compte de cette révolution musicale qu’il est en train de vivre, il ne se prend jamais au sérieux. Même si on le sent attiré par la belle écriture et, sans flagornerie mal placée, il possède de grandes qualités formelles.

J’ai surtout aimé cette manière propre à brouiller les pistes temporelles de son récit. Cet ouvrage date des années fin 70. Pour cette réédition, il rédige une pré-préface (puisse qu’il avait déjà préfacé cet ouvrage à l’époque) datée de 2012. Cependant, elle s’inscrit dans une continuité de style et de ton qui crée une troublante mise en abyme, confrontant le Berroyer de 2012 à celui de 1979. Du coup, on ne sait pas quand commence le récit originel, mais on s’en moque. Et après lecture, au regard de sa manière de raconter, très anecdotique, se laissant porter par le déroulement du fil de sa mémoire affective (le fait de ne pas avoir pris de note « in situ » l’oblige à cette formidable gymnastique du rappel de souvenirs, qui amène inévitablement à la digression, à l’aparté qui comble les vides), on se rend compte que les repères temporels n’ont aucun intérêt. Ce qui compte, se sont les impressions, l’enchaînement des souvenirs, le rythme de la narration.

Berroyer a cette qualité rare de savoir nous rendre complice de ses souvenirs, de nous accrocher jusqu’au bout de son récit sans se foutre de notre gueule. Car c’est dans l’anecdote qu’il touche à l’essentiel : l’authenticité de ses sentiments. A ce titre, il fait assurément parti de la famille des Cavanna, Delfeil de Ton ou autres Léandri.

« La jeunesse de Berroyer, c’est le rock’n'roll. Il a trente-deux ans, Berroyer. Juste le recul qu’il faut pour bien parler de la chose. Y ajouter l’humour. Sans humour, pas de Berroyer. Sans Berroyer, grande baisse de la production d’humour, dans notre cher et vieux pays. Berroyer vient de publier un livre qui s’appelle Rock’n'roll et chocolat blanc. On peut le lire sans aimer le rock’n'roll ni le chocolat blanc, il n’y parle que de Berroyer. Il va devenir célèbre. » (Delfeil de Ton in Le Nouvel Observateur, 1979).

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