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La vie de Mahomet – Charb & Zineb (Les Echappés-Charlie Hebdo, 2013)

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S’il est évident que Charb et Zineb nous propose un formidable travail de vulgarisation, La vie de Mahomet n’en est pour autant pas un livre vulgaire. En guise d’article, je vous incite fortement à lire ce formidable avant-propos de Zineb El Rhazoui. Un texte magnifique qui possède dorénavant une consonance bien particulière.

Croyants et profanes s’accordent au moins sur un fait : Mahomet était un homme. Sceau des prophètes ou imposteur, pacifiste ou guerrier, mystique ou assoiffé de pouvoir, âme charitable ou tyran, ascète ou amateur de femmes, la personnalité d’al-Amîn, l’Honnête, l’ultime messager d’Allah, suscite maints questionnements et nourrit tous les fantasmes. Contrairement à celle de Jésus et de Moïse, qui ont bercé l’imaginaire occidental, son histoire a souffert d’un manque de pédagogie. Plus que les enseignements religieux destinés à ses ouailles, son parcours terrestre mériterait d’être connu par tous. C’est justement l’ambition de ce présent travail. Contrairement aux apparences, il s’agit d’un livre très sérieux, qui a nécessité de longs mois de recherches afin d’illustrer le parcours d’un homme, Muhammad, tel que décrit dans les sources islamiques elles-mêmes. D’abord publié en deux tomes comme hors-série de Charlie Hebdo, cet album livre la version intégrale, enrichie de passages inédits sur la vie du « meilleur des hommes ». Mis à part la forme innovante, cet ouvrage n’invente rien sur la vie du messager d’Allah. Il n’a pas de prétention historique ou scientifique, puisqu’il ne fait que compiler des brides de la sîra, cette chronique prolifique et diffuse qui a consigné les moindres détails de la vie du prophète. Chaque anecdotes, chaque phrase mise dans la bouche de Muhammad est annotée, et renvoie à des références bibliographiques dont les plus rigoureux oulémas de l’islam ne contesteront pas l’authenticité. Rédigées dans un arabe ancien, souvent contradictoires, ces ommahât al-massâdir (« sources mères ») constituent la vulgate canonique exclusive -en plus du texte coranique – dans laquelle les musulmans puisent la sagesse de leur prophète. La sîra alépine d’Ibn Sayyid an-Nâs, la sîra d’Ibn Hichâm, le Livre des grandes classes d’Ibn Sâad, et bien d’autres sources islamiques ont permis de tisser la trame de ce récit.

Oui, mais… Le dessiner, pourquoi le dessiner ? Parce qu’il est inacceptable que les vies soient menacées car une plume, quelque part sur terre, esquisse le turban du prophète. Parce que le caricaturiste qui a fait de l’irrévérence un sacerdoce se doit de repousser les limites de la censure là où elles étranglent sa liberté. D’ailleurs, le tome 1 de la vie de Mahomet, publié en hors-série de Charlie Hebdo, bien qu’il ait fait couler beaucoup d’encre, n’a pas fait verser une seule goutte de sang. Ceux qui tuent à Islamabad ou à Tripoli au nom du choc des civilisations n’ont pas attendu que l’on profane leur sacré pour faire leur besogne. Alors, pourquoi le pinceau ne colorerait-il pas la barbe du prophète ? Toutefois, cet ouvrage n’est pas non plus une suite d’anecdotes nées de l’imagination profane d’un dessinateur impie. Ici, Muhammad n’est pas représenté, il n’est pas caricaturé. Son personnage, le petit bonhomme jaune de Charb, est une métaphore. Soyons sérieux, qui pourrait prétendre que Mahomet était ainsi, sous les traits que lui attribue ce livre ? Dans les sources islamiques précitées, il existe des descriptions détaillées du prophète. Grand de taille, blanc de peau, les sourcils denses et joints, les yeux noircis de khôl, le nez long et fin, la barbe tentée au henné, la bouche généreuse et les dents espacées, tels étaient les attributs physiques de Muhammad. Fallait-il que le dessin s’y conforme ? Cela aurait-il changé quelque chose s’il avait été remplacé par une bulle vide, un turban ou un point d’interrogation ? Telle n’est pas notre démarche, puisque c’est justement cela, la plus risible des caricatures.

Doit-on entériner l’obligation morale, réclamée par les plus fanatiques de ses fidèles, de respecter Muhammad ? Pas plus que l’on ne doit se conformer à celle de respecter Jésus ou Moïse. Non, les mêmes qui, en France, pensent qu’en dessinant de prophète de l’islam on pousse le bouchon trop loin sont ceux qui, dans une complaisance qui frise le mépris , sont convaincus que cette religion est loin, très loin derrière les Lumières. Ils caressent dans le sens du poil les plus ignorants parmi les musulmans, ceux qui, non conscients d’être infantilisés, nourrissent à tort l’espoir que pour leur seul bonheur le blasphème soit un jour proscrit en France. Ce n’est pas à ceux-là que nous nous adressons, mais aux autres, plus nombreux, plus discrets, qui n’ont pas troqué leur sens de l’humour contre le ridicule grincheux des clercs autoproclamés, prêts à s’insurger contre une loi écrite nulle part. L’islam n’est-il pas une religion de l’écrit ? Lançons ici le défi ! Que celui qui trouve dans le Coran ou la sunna le moindre texte interdisant de représenter Mahomet, ou qui que ce soit d’autre, nous jette la première pierre. Non que nous ayons le souci de nous conformer au préceptes de l’islam, mais, pour avoir passé au peigne fin ses sources, il s’avère que le tabou le plus tenace de la religion musulmane, celui pour lequel les foules s’insurgent et tant de crimes sont commis, ne se fonde sur rien, dans une religion où seul l’écrit scelle les enseignements d’Allah. D’ailleurs, ce pour quoi on nous vouerait aux flammes de l’enfer, les musulmans chiites le font depuis toujours. Que d’enluminures persanes représentent un Mahomet enturbanné, assis en tailleur et dispensant ses enseignements…

En France, cette France qui bouffait du curé il n’y a pas si longtemps, ne pas se plier à une prétendue interdiction religieuse est toujours un acte de subversion, voilà le constat. Parce qu’il est important pour le profane de connaître la vie d’un homme qui a changé le cours de l’Histoire, voici la vie de Muhammad, telle que rapportée par ses fidèles.

 Zineb (sociologue des religions)

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Citations

Une citation par jour (plus ou moins)… En fonction de mon humeur, de mes lectures, de l’actualité… Une citation, parce que je suis feignant… Une par jour, si j’ai le temps… Toutes tirées d’ouvrages lus ou à lire…

Les débutants ont souvent tord, je crois, d’attacher une importance exagérée à la technique. Ils oublient généralement que, bien avant la technique, il y a le dessin, tout simplement. André Franquin in Lire Hors-série n°19. Le 20/02/2015

Un paradis, dans le monde actuel, c’est, à la rigueur, un pays où il est possible de publier des journaux comme « Hara-Kiri » et « Charlie Hebdo ». Croyez moi, ils sont rares. Georges Wolinski in « Je montre tout ! » (Charlie Hebdo hors-série n°14, 2001). Le 22/01/2015

Sans la faculté d’oubli nous ne serions qu’archives mémorielles [...] à tel point saturés par l’omniscience du passé qu’il ne resterait dans nos zones de stockage neuronal plus aucun espace libre pour penser à vivre la suite. Yves Pagès in « Souviens-moi » (tiré du mensuel Lire n° 424). Le 08/04/2014

Additionnons les discriminations : Les étrangers ont l’accent aigu, ce sont les étrangères qui ont aussi l’accent grave. Philippe Annocque sur son blog (Hublots). Le 23/01/2014

On ne peut pas dire d’une oeuvre d’art qu’elle soit inutile ; certes elle n’apporte rien qui réponde aux besoins matériels de l’organisme ; mais elle est un moyen de communication entre celui qui la crée et celui qui l’admire ; elle répond donc au besoin humain le plus spécifique : mettre en commun. Albert Jacquard (source). Le 02/10/2013

Elle me dit, un soir, qu’il y avait en moi une zone d’ombre, une part de mystère qui intriguaient et captivaient. Il me sembla, effectivement, trouver confirmation de ses propos dans le regard des autres. Sans en faire un système, sans en abuser, je me dis qu’il fallait en tenir compte et qu’ainsi, bien des choses allaient changer. Sempé in « Ames Soeurs » (Folio, 1995). Le 15/05/2013

Il me semble d’ailleurs qu’on ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un bon coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire  (…) Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. Voilà ce que je crois. Kafka à son ami Oskar Pollak, en 1904. Le 16/03/2012

La vie met longtemps à devenir courte. André Franquin, cité par Lewis Trondheim in Désoeuvré (l’Association, 2005). Le 05/06/2011

Il ne suffit pas d’être con, il faut être fier de l’être. Cavanna in « Cavanna : Cavanna » (Juillard, 1971). Le 02/10/2010

Quelques fois, c’est toi qui cognes le bar. Mais d’autres fois, c’est le bar qui te cogne. L’étranger in « The Big Lebowski ». Le 18/08/2010

Je trouve abominablement injuste d’être obligé de travailler pour ne pas crever. Il me semble que je ne détesterais pas le travail s’il ne m’était pas imposé. De temps en temps, quoi. Et attention ! Il faut avoir l’air d’aimer ça, d’en être gourmand, d’y trouver son extase suprême ! Surtout ne pas être le feignant qui se force ! C’est qu’ils te guettent, les autres, ces fumiers. Cavanna in « Coups de sang » (Belfond, 1991). Le 04/07/2010

Quand vient le mois de Join, l’été n’est plus très Luin. Edito de la revue « Bazart – Agenda Normandie » (Juin 2010). Le 04/06/2010

Un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens.Paul Valery cité par Margerite Rochette in « La science fiction » (Larousse, 1975). Le 01/06/2010

Ce n’est pas seulement parce que le méchant est puni à la fin de l’histoire que les contes ont une portée morale ; dans les contes de fées, comme dans la vie, le châtiment, ou la peur qu’il inspire, n’a qu’un faible effet préventif contre le crime ; la conviction que le crime ne paie pas est beaucoup plus efficace, et c’est pourquoi les méchants des contes finissent toujours par perdre. Bruno Bettelheim in « Psychanalyse des contes de fées » (Robert Laffont, 1976). Le 30/05/2010

Heureusement pour l’humanité, l’armée a généralement été le refuge des esprits de troisième ordre. Boris Vian in « Les chansons de Boris Vian en bandes dessinées » (éditions Petit à Petit, 1997). Le 29/05/2010

Se surprendre… J’en ai souvent parlé. Mais est ce possible ? Se surprend on plus avec une nouvelle casserole qu’en allant gratter les fonds de la vieille ? Il y a des endroits de soi où on est jamais allé mais, peut on aller au delà de soi? Moebius in « On a marché sur la bulle » (Fanzine n°16, avril 2008), interview par J.M. Lemaire. Le 27/05/2010

On appelle un homme intelligent, un homme intelligent. Tandis qu’on appelle un homme con, un con. Conclusion, un con n’est pas un homme. San-Antonio in « Les Con » (éditions Fleuve Noir, 1973). Le 25/05/2010

L’air con me fait la vie facile… Michel Colucci, le 28/07/09

Je n’ai jamais été Gaulois, ni cow-boy, j’ai été enfant. René Goscinny in « Goscinny, la liberté d’en rire » (de Pascal Ory, éditions Perrin, 2007). Le 07/07/09

Je ne peux pas renoncer à mes idées sous prétexte qu’elles sont contraires à mes états d’âme. Georges Wolinski, in  »La Morale » (Le cherche midi éditeur, 1992). Le 05/07/09

C’est toujours au nom de l’intérêt général qu’on embête les particuliers. Henri Roorda in  »Almanach Balthazar », 1925 (cité par Fremion, FG n°397). Le 25/06/09

Plus encore que le patriotisme qui est une hystérie comme une autre, mais plus creuse et plus mortelle qu’une autre, ce qui nous répugne, c’est l’idée de patrie qui est vraiment le concept le plus bestial, le moins philosophique, dans lequel on essaie de faire entrer notre esprit. Aragon (le 15 octobre 1925) in « L’enragé n°4″ (Juin 1968, éditions Pauvert). Le 15/06/09

Celui qui poursuit un rêve n’en désire pas, au fond, la réalisation : il veut seulement pouvoir continuer à rêver. Hugo Pratt in « En Verve » (Editions Horay, 2004). Le 10/06/09

Arrêter de vouloir mettre à jour des responsabilités, ça rend les problèmes passionnants. Manu Larcenet in « Le combat ordinaire, Tome I » (Dargaud 2004). Le 05/06/09

Lire ce n’est pas seulement s’informer, c’est aussi – et peut-être surtout – oublier, et c’est donc se heurter à ce qui en nous est oubli de nous. Pierre Bayard in « Comment parler des livres que l’on a pas lus ? » (les éditions de Minuit, 2007). Le 03/06/09

Si les bébés de l’homme doivent finalement évoluer jusqu’à devenir des individus adultes, sains, indépendants et socialisés, il est absolument nécessaire qu’ils aient un bon départ. Dans la nature, ce bon départ est assuré grâce à l’existence d’un lien entre la mère et le bébé, grâce à ce qu’on appelle l’amour. Si donc vous aimez votre bébé, il aura un bon départ. Donald W. Winnicott in « L’enfant et sa Famille » (éditions Payot, 2002). Le 30/05/09

Une grande diversité d’opinions au sujet d’une oeuvre d’art témoigne de sa nouveauté, de sa complexité et de sa vitalité. Oscar Wilde in « Aphorismes » (Editions Mille et une nuits, 1995). Le 25/05/09

Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression. Pierre Dac in « L’Os à Moelle » (éditions Julliard, 1963). Le 21/05/09

La philosophie, c’est l’art de se compliquer la vie en cherchant à se convaincre de sa simplicité. Frédéric Dard in « Les pensées de San-Antonio » (Le cherche midi éditeur, 1996). Le 20/05/09

Notre père qui êtes aux cieux, restez-y. Et nous nous resterons sur la terre, qui est quelquefois si jolie… Jacques Prévert in « Paroles » (Pater Noster). Le 18/05/09

Si notre vie est un beau long voyage avant le grand terminus, tâchons de faire silencieusement et gaiement notre voyage, de profiter des paysages heureux – et de ne pas trop gêner les autres voyageurs ! Hergé in « Hergé par lui même » (Librio, 2007). Le 16/05/09

Ce que nous croyons nos pensées fondamentales sur le monde sont souvent des confidences sur la jeunesse de notre esprit. Gaston Bachelard in « La psychanalyse du feu » (Gallimard, 1949). Le 14/05/09

Mon athéisme s’active quand la croyance privée devient une affaire publique et qu’au nom d’une pathologie mentale personnelle on organise aussi pour autrui le monde en conséquence. Car de l’angoisse existentielle personnelle à la gestion du corps et de l’âme d’autrui, il existe un monde dans lequel s’activent, embusqués, les profiteurs de cette misère spirituelle et mentale. Michel Onfray in « Traité d’athéologie » (Grasset, 2005). Le 13/05/09

Notre but dans la vie n’est pas de réussir, mais de continuer à tout rater avec conviction. Robert Louis Stevenson en préface, in  »Le livre des bides » de Stephen Pile (éditions du Cygne, 1982). Le 11/05/09

Je supporte parfaitement la douleur, à condition qu’elle ne fasse pas mal. Marcel Gotlib in « Jactences » tome II (éditions Fluide Glacial, 1999). Le 10/05/09

Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue. Pierre Dac in « L’Os à Moelle » (éditions Julliard, 1963). Le 08/05/09

L’objectif de tous ceux qui contribuent à réaliser des hommes à partir de cette larve inachevée qu’est le nouveau né devrait être avant tout de l’amener à un seuil de richesse telle qu’il puisse (…) prendre en charge lui-même son devenir. Il faut refouler le désir de créer des hommes conformes à une norme. Ce n’est pas sans risques pour l’ordre. Mais ce risque ne vaut-il pas d’être couru, si la liberté est à ce prix ? Albert Jacquard in « Moi et les autres » (éditions du Seuil, 1983). Le 06/05/09

Il est des conjonctures où faire le Don Quichotte est un devoir. L.Tarsot en préface, in « Don Quichotte de la Manche » (éditions H.Laurens). Le 04/05/09

Un monde où on jette tout, c’est un monde où il n’y a rien à garder. Wolinski in « Ils vont tout casser! » (Le Square – Albin Michel, 1981). Le 03/05/09

Exigeons en France le respect de notre religion fondamentale : la liberté, la liberté d’opinion et d’expression inscrite dans les droits internationaux de l’homme, la liberté de pratiquer la religion de son choix autant que celle de ne pas croire, la liberté de donner à penser par la dérision, de dessiner au deuxième degré, pour dédramatiser parfois, pour dénoncer souvent, mais toujours pour le rire ! Jean-Michel Renault in « Censure et Caricatures » (éditions Pat à Pan, 2006). Le 01/05/09

Les gaz hilarants sont sans effets sur les individus qui n’ont pas le sens de l’humour. Cavanna in « Le saviez-vous » (éditions du Square, 1974). Le 29/04/09

La psychanalyse est un remède contre l’ignorance, elle ne peut rien contre la connerie. Jacques Lacan (in Siné Hebdo n°33). Le 28/04/09

Depuis la nuit des temps, les enfants naissent en pleurant, comme s’ils pressentaient ce qui les attend. Didier Daeninckx. Le 26/04/09

Pour nous tous, désormais, l’idée de bonheur est liée aux « choses » que l’on acquiert. Georges Perec in « Les Choses ». Le 25/04/09

Il existe à la base de la vie humaine un principe d’insuffisance. Georges Bataille (en préface de « Délivrance » de James Dickey). Le 24/04/09

Nous savons donc qu’il existe dans notre société une quantité constante d’infractions, que la répression des crimes est une des fonctions centrales de notre société ; que, par delà toutes les péripéties des aventures singulières, la délinquence existe comme phénomène d’ensemble ; que le criminel n’est pas seulement un joueur ou un jouet mais qu’il est porteur d’un certain nombre de caractères, de symptômes, de traits physiques ; que c’est un cas – un cas normalement anormal. Michel Foucault in « De la Prison à la Révolte » (L’esprit frappeur, 1999). Le 23/04/09

S’il est vrai que la plupart des mécanismes économiques et sociaux qui sont au principe des souffrances les plus cruelles, notamment ceux qui règlent le marché du travail et le marché scolaire, ne sont pas faciles à enrayer ou à modifier, il reste que toute politique qui ne tire pas pleinement parti des possibilités, si réduites soient-elles, qui sont offertes à l’action, et que la science peut aider à découvrir, peut être considérée comme coupable de non-assistance à personne en danger. Pierre Bourdieu in « La Misère du Monde » (le Seuil, 1993). Le 22/04/09

Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière. Michel Audiard (by Frémion in « Fluide Glacial » n°395). Le 21/04/09

Quand la société serre les fesses, les espaces de liberté individuelle rétrécissent. Roland Topor (in « Topor ou le rire étranglé » de Frantz Vaillant). Le 20/04/09

Alfred Jarry n’a pas inventé le père Ubu. Il n’a fait que le découvrir. Le père Ubu est de toutes les époques. Alexandre Vialatte in « Dernières nouvelles de l’Homme » (Juillard 1978). Le 19/04/09

Ce qu’on appelle communément la réalité est, pour le dire exactement, un rien monté en épingle. Hugo Ball in « Dadaïsme » (éditions Taschen). Le 18/04/09

La corde à lier les pensées n’est pas encore tressée. Proverbe suédois (in « Catalogue d’Objets Introuvables »). Le 16/04/09

L’image inventée n’est jamais traumatisante. C’est toujours un conte de fées. Il n’y a que la réalité qui puisse choquer : des corps blessés par un accident au bord de l’autoroute, des gosses sans famille, un métier qu’on aime pas. Mais le dessin est neutre. C’est une chose mentale, une représentation. Ce ne sont que les aventures extraordinaires de l’imagination : du bovarysme au masculin. Roland Topor (in « Topor ou le rire étranglé » de Frantz Vaillant). Le 15/04/09

Si ça continue faudra qu’ca cesse… Hubert Felix Thiéfaine (in « l’ascenseur de 22h43″, 1978). Le 14/04/09

La nouveauté, la nouveauté, mais c’est vieux comme le monde ça, la nouveauté. Jacques Prévert (in « Wauxhall » de Christopher). Le 13/04/09

Physiquement on ne peut pas vraiment distinguer les familles les unes des autres. Elles ne portent pas d’insignes. A près tout ce sont des unités tribales dont les membres ne leur appartiennent que grâce à un événement biologique. Et elles sont liées par un noyau magnétique qui parfois n’est fait ni d’amour ni de loyauté. Anonyme (in « Une affaire de famille » de Will Eisner (éditions USA, 1998). Le 12/04/09

L’homme de tous les temps s’est intéressé à l’art. S’il n’est pas d’exeption à cette règle, il est juste d’ajouter qu’aucune époque ne lui a porté une passion comparable à la notre; la peinture, en particulier, celle du passé comme celle du présent, est devenue pour nos contemporains une sorte d’obsession. René Huyghe in « Les puissances de l’image » (Flammarion, 1965). Le 11/04/09

Il ne faut pas confondre « gourde de policier » et « quart de poulet ». André Franquin in « En direct de la gaffe » (éditions Dupuis). Le 10/04/09

Avec le sang du monde, on fait du boudin d’information… Jules-Edouard Moustic (of Groland). Le 09/04/09

Faites en sorte d’obtenir ce que vous aimez, sinon vous serez forcé d’aimer ce que vous obtenez. George Bernard Shaw (in Siné Hebdo N°9). Le 08/04/09

Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que des métiers à la con. Le Professeur Choron in « La Mouise » (Le best of n°1). Le 07/04/09

Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toute les promesses qu’il lui faut oublier. Frédéric Dard in « Les pensées de San-Antonio » (Le cherche midi éditeur, 1996). Le 06/04/09

L’indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres. Alfred Jarry (in Siné Hebdo N°1). Le 05/04/09

Il est parfaitement monstrueux de s’apercevoir que les gens disent dans notre dos des choses qui sont absolument et entièrement vraies. Oscar Wilde in « Aphorismes » (Editions Mille et une nuits, 1995). Le 04/04/09

Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l’argent ne se mange pas. Geronimo (in Télérama n°3090). Le 03/04/09

Je ne suis pas assez sérieux pour donner des conseils et je le suis trop pour en recevoir. Hugo Pratt in « En Verve » (Editions Horay, 2004). Le 02/04/09

Il me plait d’imaginer un Etat qui puisse se permettre d’être juste envers tous les hommes et qui traite l’individu avec respect comme un voisin ; qui ne jugerait pas sa propre quiétude menacée si quelques uns s’installent à l’écart, ne s’y mêlant pas, en refusant l’étreinte, sans pour autant s’abstenir de remplir tous les devoirs de bons voisins et de compatriotes. Henry David Thoreau, in « La désobéissance Civile » de 1849 (Editions Mille et une nuits, 1996). Le 01/04/09

Mentir, c’est un métier, mais démentir c’est tout un art… Georges Wolinski, in  »La Morale » (Le cherche midi éditeur, 1992). Le 31/03/09

HARA-KIRI (1960-1985)

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Couverture du numéro 1 par Fred

Le superbe ouvrage « Les belles images », le film « Choron Dernière », le hors série sur Cavanna, la création de Siné hebdo et sa chronique de Delfeil De Ton… Hara-Kiri n’aura jamais été autant d’actualité depuis sa disparition en 1985 !

Signe que notre époque de régression (des libertés individuelles, des mentalités…) et de répression (censures, « légiférations » à outrance…) nous incite à une certaine nostalgie et fait regretter la liberté de ton et les provocations des Cabu, Cavanna, Choron, Delfeil de Ton, Fred, Gébé, Reiser, Siné, Topor, Willem et autres Wolinski…

D’ailleurs, à la question : « est-ce qu’un journal comme Hara-Kiri pourrait sortir à notre époque ? », je pense que oui. Mais aussi inventif et subversif qu’il soit, il ne pourrait avoir le même impact. Tout se récupère de nos jours, même l’esprit provo-trash d’Hara-Kiri !

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Cavanna en couverture…

Choron a en partie raison lorsqu’il dit, sans fausse modestie, qu’ Hara-Kiri a contribué à Mai 68, dans la mesure où la génération «élevée» à Hara-Kiri depuis 1960 est celle-là même qui a fait Mai 68. Cela me parait juste. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les positions prises par la rédaction en faveur des Droits des Femmes (pilule, avortement) ou contre l’armée, les curés, les patrons, la société de consommation (en détournant la publicité), les politiques paternalistes (joli pléonasme, malheureusement encore d’actualité ).

Hara-Kiri bousculait les mentalités, provoquait les Autorités (politiques, religieuses…) et surtout, emmerdait la bourgeoisie bien pensante. Il n’a donc pas été épargné par les censeurs et le journal a failli disparaître à plusieurs reprises (1961, 1966…). Mais l’acharnement de la rédaction (Cavanna et Choron en tête) a permis au journal Bête et Méchant de tenir vingt-cinq ans (1960-85) !

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Cette équipe de doux dingues a inventé une nouvelle forme de dessin d’humour… Cavanna nous l’explique : « Mon Papa », pour Reiser, marquait encore une autre étape. Celle du passage du dessin unique, du classique « dessin-gag », avec ou sans légende, à la suite de dessins racontant une histoire. Pas vraiment la bande dessinée avec ses cases, ses bulles et son découpage-cinema, mais quelque chose de beaucoup plus leste, de beaucoup plus enlevé, et qui devint vite le genre maison. C’était, si l’on veut, une écriture dessinée, apparemment bâclée comme un croquis – apparemment! – et terriblement efficace. Gébé y excella, Cabu en fit un outil de reportage où dessins et texte écrit à la main s’entremêlaient. Wolinski devait y trouver le terrain de son épanouissement. (Bête et Méchant)

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Dessin de Topor…

Il n’a pas été facile de faire accepter ces dessinateurs aux goûts douteux, qui ne respectent pas les règles académiques du dessin d’humour. Cavanna nous décrit la réaction du responsable de la censure de 1961 : M. Paretty a repris la direction de l’entretien. Il ne prétend pas nous – passer moi le mot – castrer, encore moins nous dicter notre conduite, il se permet simplement de nous faire part de ce que, lui, à notre place, il ferait. Par exemple, ce dessinateur, là, comment l’appelez vous, oh, c’est d’un morbide ! Insupportable ! Intolérable !  On se regarde Choron et moi, on pense « Topor ? », on suggère : « Topor ?  - Non, celui-là, là. Fred. Voilà. Fred ! Cet individu est profondément malsain. Un malade, j’en suis sûr. Il se complait dans le noir, dans le laid [Fred, le joyeux Fred, l’adoré des enfants, celui du « petit cirque » et des « Aventures de Philémon », oui, oui, celui-là !]… Il vous cause le plus grand tort, croyez moi. Maintenant, n’est-ce pas, vous faite ce que vous voulez, moi, ce que je vous en dis… Et aussi ce Topor ! C’est déjà moins hideux, comme graphisme, mais je dois vous avouer que je n’y comprends rien. Mais alors, rien! Ca doit être un genre de surréaliste, mais sans le talent. Or le talent, messieurs, tout est là… Et celui qui signe Gébé ! Celui-là, on voit ce qu’il veut dire, mais c’est complètement idiot. Enfin, bon, si c’est votre conception de l’humour, cela vous regarde, moi je ne suis pas là pour jouer les critiques littéraires mais à titre de garde-fou, si vous me permettez… » (Bête et Méchant) 

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Premier numéro, couv’ de Wolinski

Malgré une gestion souvent catastrophique, la rédaction a lancé en 1969 Hara-Kiri Hebdo -qui deviendra l’année suivante Charlie Hebdo- afin de coller au plus prêt de l’actualité politique. Et Charlie Mensuel, spécialisé dans la Bande Dessinée, aussi bien les classiques du comic-strip (Peanuts, Andy Capp, Popeye…) que l’avant-garde européenne (Crepax, Masse, Pichard…). Delfeil de Ton nous raconte les raisons de la création de Charlie mensuel : « Ils avaient [en Italie] des canards de BD comme on n’en avait pas en France. Un genre m’intéressait, celui qu’avait inventé un mensuel qui s’appelait Linus. […] La trouvaille de ce type de journaux italiens était de superposer des strips quotidiens à raison de quatre par page sur une dizaine de pages, dans des mensuels, donc, de 60 à 100 pages format A4. Quelques cartoons pour agrémenter le tout, une poignée de textes, c’était simple comme bonjour. Pourquoi on n’en ferait pas autant en France, hein, Cavanna ? Ca ne serait pas tellement de boulot en plus. A chacun de mes retours d’Italie, j’en parlait à Bernier » (Siné Hebdo n°15). Voilà comment est né Charlie Mensuel, dont Delfeil de Ton, Wolinski et Willem furent les rédacteurs en chef. 

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Schulz… Charlie… Brown…

Hara-Kiri, Charlie Hebdo et Charlie Mensuel étaient trois journaux complémentaires. Une armada à l’assaut de la presse française (et européenne) des années 60,70 et 80 (à laquelle il faut rajouter La semaine de Charlie, Charlie Matin, l’hebdo de la BD… Son influence est encore bien présente : Groland, Psikopat magazine, Siné Hebdo, l’Echo des Savanes, La Mouise (dernière parution du professeur)… Et bien entendu Charlie Hebdo. Même si l’esprit n’est plus vraiment le même depuis son retour en 1991 (les intentions de Val sont bien différentes de celles de Choron !) on y trouve encore des membres du canal historique, Cavanna, Cabu, Willem, Wolinski… Hara-Kiri est immortel !

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http://www.harakiri-choron.com/

http://www.caricaturesetcaricature.com/article-6339143.html

PSIKOPAT (magazine) – Les Editions du Zebu

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Magazine de bande dessinées (avec Fluide Glacial) que je n’oublie pas de me procurer tout les mois !
Le Psikopat fut fondé par Carali (qui est toujours le rédacteur en chef) en 1989. Cette version actuelle du Psikopat est en fait la 3ème mouture (après le petit Psikopat illustré en 1982 et le petit Psikopat vers 1984).

Spécialisé dans la BD d’humour plutôt absurde, noir et trash, l’esprit du Psiko se situe entre ceux de Fluide Glacial et de Charlie hebdo (ou plutôt Siné hebdo, vu que Carali y participe). Le côté Fluide pour la bd d’humour et le côté Charlie pour la caricature politique. D’ailleurs, on retrouve souvent les mêmes dessinateurs d’une rédaction à l’autre : Gébé, Willem, Kamagurka, Goossens, Binet, Hugot, Wolinski, Schlingo, Léandri, Roland Topor, Lerouge, Lefred-Thouron, Ivars, Carritte, Fred Neidhardt, Ouin, Luz … Et plus récemment, Schvartz, Mric, Bouzard, Pixel vengeur, Mo/cdm…
Le Psiko a publié de jeunes auteurs tels que Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim, Patrice Killoffer, Matt Konture (qui allaient co-fonder « l’Association »), ainsi que des auteurs étrangers confirmés comme Robert Crumb ou Gilbert Shelton.
Carali a débuté à Hara-kiri et Charlie avant de lancer le petit Psikopat illustré. Edika, un des pilliers de Fluide Glacial, n’est autre que le frère de Carali. Melaka et Olivier K (qui à remporter un prix à Angoulême pour son magnifique « Pourquoi j’ai tué Pierre » avec Alfred), les enfants de Carali, participent de plus en plus activement à la réalisation du journal… Bref, le Psikopat, c’est avant tout une histoire de famille.

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Première période

Mais outre ces « pointures » citées, le Psiko reste un tremplin pour bon nombres de jeunes dessinateurs qui chercheraient à se faire publier, grâce à sa rubrique « carte blanche » (il y a aussi la « carte blanche web » sur leur site où on peut envoyer des animations).
Toujours édité en noir et blanc, sur du papier de moyenne qualité, le Psiko garde une allure de fanzine. Ce qui fait son charme.
Le nom de Psikopat est tout à fait à propos : la rédaction est un véritable H.P. et ce magazine sert d’exutoire pour bon nombre de dessinateurs. On y trouve des auteurs alcooliques (Phil et sa « chopine ardente », Thon, Bar (ça s’invente pas comme pseudo !), des dépressifs (Ivars et ses « bonheurs mélancoliques », Sirou…) des névrosés (Sourdrille, Rifo, Carali qui nous parle souvent de ses relations avec son psy …) voire carrément des psychotiques (O. Texier et son « grotesk »). 
Ce  n’est pas une critique négative. Ces auteurs sont « simplement » humain, et on se reconnait tous dans leurs excès… Cela démontre aussi une réelle liberté d’expression au sein de la rédaction.
Beaucoup d’entre eux nous racontent leurs déboires existentiels et sentimentaux avec, pour certains, un humour limite sexiste… Mais, malgré ce coté un peu glauque, tous ces dessinateurs n’ oublient pas le principal : nous faire rire… Et ils y arrivent parfaitement.

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Couverture de Babouse

En plus des bandes dessinées, la rédaction prépare à chaque numéro un dossier sur un thème d’actualité (du genre, « les sites de rencontres », « le permis à points », « la vidéo surveillance », etc.) et on retrouve des rubriques régulières telles que « la Tambouille », « Toute l’actu », « Echos et conneries »… Toutes écrites par Olivier K et Jean-luc Coudray (et Alain Gaudey pour « les Insolites »).
Depuis quelques années le Psikopat produit aussi des compilations de chansons d’artistes tels que Gotainer, Choron, Les Wriggles, Renaud, les VRP… Reliés autour de thèmes précis.

Il est à noter que tout comme Fluide Glacial, Psikopat est un périodique libre, qui ne possède aucunes publicités. Et oui ça existe encore et rien que pour ça, il faut l’acheter !

Le Psikopat a fêté au mois de juin son deux centièmes numéros ! Pas de numéro « spécial-souvenirs » pour autant, on retrouve la formule habituelle (un dossier de 45 pages sur les JO de Pekin, la nouvelle d’Olivier Ka, les rubriques de Coudray…) et les dessinateurs « maison » : Rifo, Pixel Vengeur, Mélaka, Sirou, Sourdrille, Caritte, Bar, Ivars, Isa, Phil, Neidhardt, Mo cdm, Lécroart, Bouzard…
Avec également la présence des vieux potes de Fluide : Léandri, Edika, Hugot, Lefred Thouron… Plus 6 pages de Crumb ! Miam miam !

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Site officiel : http://www.psikopat.com/

Interview de Carali sur http://www.bdgest.com/news-285-BD-psikopat-numero-200-.html


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