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LOCK GROOVE COMIX – JC Menu (2008/09 l’Association Mimolette)

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Les passerelles entre le Rock et la Bande Dessinée existent depuis quelques décennies maintenant, grâce surtout à Metal Hurlant. Ses hors séries « Spécial Rock » concoctés par Manoeuvre, la collection Speed 17 des Humanos, avec des ouvrages sur le Punk, les Sex Pistols… Dans son Rock-City, Serge Clerc utilise les membres de groupes connus (Les Cramps, Dr Feelgood…) comme des héros de BD. Franck Margerin lui, intègre ses personnages dans un univers rock et invente le groupe Ricky Banlieue et ses Riverains… 

Cette alliance Rock-BD peut prendre différentes formes. Des dessinateurs qui font de la musique (Denis Twist, Thiriet, Winshluss, Carali et Pixel vengeur…), des musiciens qui se lancent dans la BD, tel Kent. Des dessinateurs qui nous parlent musique (Thierry Guitard, Menu, Luz…), des musiciens qui collaborent avec des dessinateurs (Arthur H et Blain, Dutronc père et fils, l’un avec Fred, l’autre avec une kyrielle de dessinateurs), etc.

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Dans la rubrique Mes Disques à Moi du Rock & Folk de juin 2008, JC Menu répond à la question : pourquoi Rock et BD sont-ils fait pour s’entendre ? « Les deux s’appellent contre-culture tout simplement, il faut les découvrir par soi-même. Ces deux sphères m’intéressent. Parfois, elles se rejoignent comme chez Tramber et Jano à l’époque de Métal Hurlant. Si on écoute « In The Flat Field » de Bauhaus et qu’on découvre Elles Sont De Sortie [fanzine Art & BD des années fin 70], il n’y a pas vraiment d’interaction, mais les influences, les images, les atmosphères qui circulent sont les mêmes. A chaque étape de la musique, il y a un renouveau graphique qui fait sens avec tout ça ».

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Lock Groove s’inscrit donc dans cette continuité. JC Menu doit pas mal à ces auteurs, ils font parti de la même famille. C’est aussi en celà que l’Association est l’héritière directe des Humanoides Associés !

Menu explique aussi dans Rock & Folk qu’il est copain avec Les Satellites. Il a été chanteur dans une première mouture du groupe, mais n’était pas assez mure pour assumer le rock’n’roll way of life. Il dessinera leurs pochettes ainsi que leur logo. Autre exemple de complémentarité entre Rock et BD.

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Ces deux numéros de Lock Groove nous racontent ses souvenirs liés à la musique, ses premiers émois rock (avec les Beatles). Comme son ami Luz et son Claudiquant sur le Dance-Floor, Menu nous propose des chroniques d’albums cultes, des comptes rendus de concert ou de festivals. Mais surtout, il nous fait découvrir ce qu’est le locked groove, le dernier sillon (sans fin) d’un vinyl, qui empêche la tête de lecture de se crasher sur le rond central du disque. Beaucoup de disques en possède, mais peu d’artistes y ont enregistré quelque chose. Les premiers à avoir incéré un locked groove sonore sont les Beatles sur Sergent Pepper. On en trouve aussi sur des disques de Lee Ranaldo (des Sonic Youth) ou des labels Sub Pop et RRRecords. A notre époque du numérique et des mp3, collectionner des vinyls de locked grooves peut paraître un peu snob. C’est aussi une forme de rébellion, venant d’un punk notoire…

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Je retrouve avec plaisir la patte si particulière de Menu : son style expressionniste inimitable, un noir et blanc contrasté, son sens aigu des détails, ses reproductions d’après nature (ici, bien évidemment, des pochettes de disques et des chanteurs). Surtout cette sensibilité, authentiquement naïve, du vrai collectionneur passionné ! Menu excelle dans ce genre « carnet d’impressions et de souvenirs »…

Première contribution de Menu à la collection Mimolette, Lock Groove Comix devrait sortir tout les 6 mois (le numéro 3 en mai prochain ?).

 

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Charlie Hebdo Vs Siné Hebdo

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Après l’interdiction de l’hebdo Hara-kiri en 1970 (suite à la une du 16 novembre sur la mort du général De Gaulle) tous les membres de l’équipe (Choron, Cavanna, Gébé, Cabu, Reiser, Delfeil de Ton, Willem, Wolinski…) ont décidé de continuer, en changeant juste de nom : Charlie Hebdo est né. Le premier numéro est sorti le 23 novembre 1970 et à leur grande surprise, aucune réaction des censeurs… de droite. Car bien entendu, toute la rédaction est plutôt orientée politiquement à gauche, voire à l’extrême-gauche (il y a même des anarchistes, des bouffeurs de curé, des anti-militaristes, tels que Siné, Reiser ou Gébé).

On peut reprocher à l’équipe de Charlie de constamment chercher la provocation, d’appuyer toujours là ou ça fait mal (je pense à l’affaire des caricatures). C’est justement pour cela qu’on les apprécie (ou non), pour leur prises de positions tranchées, sans concessions, mais toujours dans le but de défendre les libertés individuelles, la Laïcité, la Démocratie…(ce qui, dans le contexte actuel, fait plutôt du bien). Mais aussi lorsqu’ils assument leurs contradictions : la rédaction du journal était divisé à propos du référendum sur l’Europe et tout le monde à pu s’exprimer.
Il n’y a pas de pensée unique à Charlie.
Dans une démocratie telle que la France, un journal de ce type est indispensable !

C’est pourquoi, je trouve cette histoire plutôt navrante. Sans prendre parti pour Siné ou Val, je trouve dommageable qu’une histoire de censure et de mise à pied intervienne au sein de ce journal qui a toujours prôné la liberté d’expression et la diversité (voire la contradiction) des points de vue…
Siné antisémite ? Je ne crois pas. Provocateur, dénonciateur des hypocrisies politiciennes et athée jusqu’à la moelle… Oui, assurément ! Val serait devenu faux-cul face aux Sarkozy, il craignerait un nouveau procès contre Charlie ? Je ne pense pas ! Qu’il soit très sensible et engagé dans la lutte contre l’antisémitisme, oui !
Les propos de Siné sont-ils antisémites ? Philippe Val a-t-il bien fait de licencier Siné ? Ce dernier aurait-il dû présenter ses excuses ? Difficile de donner des réponses claires et tranchées… Il est certain qu’il nous manque des éléments pour pouvoir en juger. Même si je pense vraiment que Siné est accusé à tord d’antisémitisme…
Mais toute cette affaire me chagrine… Il y a quelque chose de pas normal. Jusqu’alors, la censure est employée par les autorités, interpellés par divers groupes ou lobbys (souvent religieux) qui intentent un procès… Ici, la sanction contre Siné est donnée uniquement par le directeur de la publication du journal. Un cas d’autocensure éditorial évident. Ca sent le règlement de compte… Merde les gars, non ! Pas à Charlie !

Sur le coup, je me disais : sale temps pour la liberté d’expression ! Puis, aux vues du soutient dont on lui a fait preuve, Siné a lancé son hebdo. Pour faire la nique à Charlie (et Val) certes, mais surtout pour continuer à semer sa zone. Il fait, bien évidemment, souvent allusion à l’affaire (un peu trop des fois) mais globalement, la rédaction s’attèle à d’autres combats. Il y en a ! Et quelle rédaction : Berroyer, Delfeil de Ton, Michel Onfray, Guy Bedos, Noel Godin, Gudule… L’équipe des dessinateurs est pas mal non plus : Remi, Loup, Carali, Lindingre, Barros, Berth, Tardi, Geluck… Dans sa forme, Siné Hebdo ressemble à Charlie Hebdo (presque même format, même prix) mais  la maquette est bien différente…

Quelques mois après les faits, la morale de cette histoire est que nous avons maintenant deux hebdos satiriques au lieu de d’un (en fait on en a trois, n’oublions pas le Canard Enchainé). La liberté d’expression ne s’en porte pas plus mal… Depuis, j’achète les deux…

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http://www.charliehebdo.fr/

http://www.blog-sine.com/blog/

Le match hebdomadaire sur l’excellent site Caricaturesetcaricature

PSIKOPAT (magazine) – Les Editions du Zebu

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Magazine de bande dessinées (avec Fluide Glacial) que je n’oublie pas de me procurer tout les mois !
Le Psikopat fut fondé par Carali (qui est toujours le rédacteur en chef) en 1989. Cette version actuelle du Psikopat est en fait la 3ème mouture (après le petit Psikopat illustré en 1982 et le petit Psikopat vers 1984).

Spécialisé dans la BD d’humour plutôt absurde, noir et trash, l’esprit du Psiko se situe entre ceux de Fluide Glacial et de Charlie hebdo (ou plutôt Siné hebdo, vu que Carali y participe). Le côté Fluide pour la bd d’humour et le côté Charlie pour la caricature politique. D’ailleurs, on retrouve souvent les mêmes dessinateurs d’une rédaction à l’autre : Gébé, Willem, Kamagurka, Goossens, Binet, Hugot, Wolinski, Schlingo, Léandri, Roland Topor, Lerouge, Lefred-Thouron, Ivars, Carritte, Fred Neidhardt, Ouin, Luz … Et plus récemment, Schvartz, Mric, Bouzard, Pixel vengeur, Mo/cdm…
Le Psiko a publié de jeunes auteurs tels que Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim, Patrice Killoffer, Matt Konture (qui allaient co-fonder « l’Association »), ainsi que des auteurs étrangers confirmés comme Robert Crumb ou Gilbert Shelton.
Carali a débuté à Hara-kiri et Charlie avant de lancer le petit Psikopat illustré. Edika, un des pilliers de Fluide Glacial, n’est autre que le frère de Carali. Melaka et Olivier K (qui à remporter un prix à Angoulême pour son magnifique « Pourquoi j’ai tué Pierre » avec Alfred), les enfants de Carali, participent de plus en plus activement à la réalisation du journal… Bref, le Psikopat, c’est avant tout une histoire de famille.

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Première période

Mais outre ces « pointures » citées, le Psiko reste un tremplin pour bon nombres de jeunes dessinateurs qui chercheraient à se faire publier, grâce à sa rubrique « carte blanche » (il y a aussi la « carte blanche web » sur leur site où on peut envoyer des animations).
Toujours édité en noir et blanc, sur du papier de moyenne qualité, le Psiko garde une allure de fanzine. Ce qui fait son charme.
Le nom de Psikopat est tout à fait à propos : la rédaction est un véritable H.P. et ce magazine sert d’exutoire pour bon nombre de dessinateurs. On y trouve des auteurs alcooliques (Phil et sa « chopine ardente », Thon, Bar (ça s’invente pas comme pseudo !), des dépressifs (Ivars et ses « bonheurs mélancoliques », Sirou…) des névrosés (Sourdrille, Rifo, Carali qui nous parle souvent de ses relations avec son psy …) voire carrément des psychotiques (O. Texier et son « grotesk »). 
Ce  n’est pas une critique négative. Ces auteurs sont « simplement » humain, et on se reconnait tous dans leurs excès… Cela démontre aussi une réelle liberté d’expression au sein de la rédaction.
Beaucoup d’entre eux nous racontent leurs déboires existentiels et sentimentaux avec, pour certains, un humour limite sexiste… Mais, malgré ce coté un peu glauque, tous ces dessinateurs n’ oublient pas le principal : nous faire rire… Et ils y arrivent parfaitement.

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Couverture de Babouse

En plus des bandes dessinées, la rédaction prépare à chaque numéro un dossier sur un thème d’actualité (du genre, « les sites de rencontres », « le permis à points », « la vidéo surveillance », etc.) et on retrouve des rubriques régulières telles que « la Tambouille », « Toute l’actu », « Echos et conneries »… Toutes écrites par Olivier K et Jean-luc Coudray (et Alain Gaudey pour « les Insolites »).
Depuis quelques années le Psikopat produit aussi des compilations de chansons d’artistes tels que Gotainer, Choron, Les Wriggles, Renaud, les VRP… Reliés autour de thèmes précis.

Il est à noter que tout comme Fluide Glacial, Psikopat est un périodique libre, qui ne possède aucunes publicités. Et oui ça existe encore et rien que pour ça, il faut l’acheter !

Le Psikopat a fêté au mois de juin son deux centièmes numéros ! Pas de numéro « spécial-souvenirs » pour autant, on retrouve la formule habituelle (un dossier de 45 pages sur les JO de Pekin, la nouvelle d’Olivier Ka, les rubriques de Coudray…) et les dessinateurs « maison » : Rifo, Pixel Vengeur, Mélaka, Sirou, Sourdrille, Caritte, Bar, Ivars, Isa, Phil, Neidhardt, Mo cdm, Lécroart, Bouzard…
Avec également la présence des vieux potes de Fluide : Léandri, Edika, Hugot, Lefred Thouron… Plus 6 pages de Crumb ! Miam miam !

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Site officiel : http://www.psikopat.com/

Interview de Carali sur http://www.bdgest.com/news-285-BD-psikopat-numero-200-.html

LIVRET DE PHAMILLE – J.C. Menu (1995 – l’Association)

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« Livret de phamille » est un récit autobiographique. Jean Christophe Menu nous raconte la période décisive de l’installation en couple, de l’arrivé de ses 3 filles et toutes les difficultés qui en découlent (angoisses existentielles face aux responsabilités, perte de son indépendance… Dure d’être le patriarche d’une famille quand on est un jeune dessinateur de bd, rêveur et enfantin.
Le génie de Menu réside en plusieurs choses. D’abord, il sait faire preuve d’une grande pudeur. Bien qu’il nous raconte des choses personnelles (telles que la rencontre avec sa femme, les naissances de ses filles), il ne s’étale jamais sur des détails trop intimes qui pourraient nous déranger ou pis, nous mettre en situation de voyeur (à moins d’être mal à l’aise avec l’allaitement).

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La grande originalité de ce « livret de phamille », c’est sa narration. En effet, Menu développe ici la bande dessinée « en temps réel ». Il réalise certaines planches en même temps qu’il vit les situations décrites : on le voit en train de se dessiner lors de la visite d’un musée, lors d’une conférence… Ces dessins sont en fait des polaroïds, des instantanés qui en disent beaucoup sur ses impressions du moment… Un véritable journal de bord en bd (« …La représentation d’après nature des lieux ou des objets, cela répond à une tradition, celle du carnet de voyage, à laquelle la bande dessinée s’adapte très bien. C’est aussi pour moi une façon de de me sentir bien quelque part, d’ancrer fortement les choses et mon propos. »
Menu joue avec le décalage entre certaines planches faites « sur le coup » et d’autres « sur le tard » (car l’encrage et certaines planches sont réalisés ultérieurement). Ce qui apporte un effet de mise en abîme très intéressant et renforce l’authenticité de ses sentiments et impressions.

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Il faut un peu de temps pour adhérer à son graphisme qui, de prime abord, parait brut, relâché, un peu maladroit (on ressent l’influence de Carali). Mais en fait son trait rigoureux et précis est d’une juste maitrise, autant pour représenter de grands espaces que des petits détails. Son style oscille entre caricature pour les personnages (surtout lui-même) et réalisme pour les décors. Il démontre un sens du détail remarquable, surtout dans les plans d’ensemble. Certains de ses dessins sont de vraies miniatures expressionnistes…

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