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Halloween 2 – Rob Zombie (2009)

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J’aime bien le cinéma déjanté de Rob Zombie. Un cinéma déviant, amoral, qui nous met face aux dérives psychopathologiques de notre société occidentale et nous confronte à nos propres démons. Il développe une esthétique de la violence particulière, sans concessions, qui fait autant référence aux classiques du genre horreur seventies (entre Tobe Hopper, John McNaughton et Wes Craven) qu’aux films de Peckinpah ou Boorman. Un cinéma certes très référencé, mais parfaitement de son temps. A ce titre, son Devil’s Reject est un petit bijou…

Pour ses deux derniers métrages, Zombie s’est attaqué à LA figure emblématique du fantastique des seventies. Même si son Halloween 2 m’a déçu sur la fin, il reste une assez bonne suite, plutôt cohérente par rapport à ce qu’il avait développé dans le premier opus.

Je cite le billet de Cédric Janet, tiré du dernier numéro de Brazil2 (n°28), avec lequel je suis bien d’accord, à propos de ce film en particulier (auquel il met 3 étoiles sur 5) et le cinéma de Zombie en général :

« Avec Halloween 2, Rob Zombie remet le couvert après un reboot (refais-le moi depuis le début) réussi de la célèbre franchise créée au milieu des années 70 par John Carpenter. Je sais que dans nos murs résident des détracteurs du bonhomme, qui le jugent aussi mauvais scénariste que mauvais directeur d’acteurs, et plus encore, mauvais musicien. Pour ce qui est de la zic, j’admets, mais ce n’est ni l’endroit ni le moment.

Le cinéma de Zombie, je le trouve efficace et jubilatoire. Voilà, c’est dit. Seulement, il y a un hic, voir même des hics. Ses histoires et ses personnages sentent le réchauffé. Vous me direz que là, c’est un peu normal !! Mais cette impression perdure tout le long de son diptyque fou animé par le Capitaine Spaulding. Nous sommes en droit de préférer la cuisine traditionnelle de tonton Carpenter plutôt que celle plus actuelle de cousin Rob. C’est un art d’accommoder les restes. 

Rob Zombie modernise, met au goût du jour, mais n’améliore pas. Après coup, le côté craspec « métal industriel » qu’il propose fait plus figure d’effet de style que de véritable coup de pouce au genre. Je crois que Zombie attache plus d’importance à la forme qu’au fond, et que les quelques séquences oniriques (assez comiques et grandiloquentes) entre maman et fiston Myers cachent de graves lacunes scénaristiques. En fin de compte, nous n’apprenons pas grand-chose de cette folie qui habite le tueur et de cette peur qui étreint sa sœur. Quid de la famille. Comme si Rob Zombie n’avait en tête que de faire mal. Mais le fait-il bien ? Pas sûr. Halloween 2 se laisse regarder avec plaisir. Le film est généreux. Zombie devrait s’attacher à faire progresser ses intentions d’auteur ». CQFD.


BRAZIL – Le Cinéma sans Concession(s) (magazine)

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Le « Surréaliste en chef » Terry Gilliam…

Brazil est le seul magazine de critique ciné que j’achète tous les mois ! Faut dire qu’il n’y en a pas beaucoup de bons sur le marché, j’ajouterai même que c’est le seul (il y a aussi Mad Movies, qui est plus spécialisé). Le seul qui ne soit pas un catalogue promotionnel des sorties hebdomadaires. Le seul dont la rédaction assume pleinement sa mauvaise foi et ose dire quand un film n’est pas bon, surtout venant d’un réalisateur vénéré. Que ce soit une série B made in US ou un film d’auteur Coréen (ou l’inverse), ils n’ont pas de genre de prédilection et restent ouvert à tous les cinémas.

Tous les chroniqueurs, en particulier le rédacteur en chef Christophe Goffette, sont des passionnés, qui ne cherchent surtout pas à faire consensus à propos d’un film. Car les fortes personnalités de la rédaction (Goffette, Lemaire, Caroline Vié, Jean-Sébastien Thirion, Eric Coubard, j’en passe et des meilleurs…) ne sont que rarement tous d’accord sur les qualités d’un film, et savent faire entendre leurs avis. Des chroniqueurs qui assument pleinement leur subjectivité, ce qui démontre une grande honnêteté car il est impossible de donner un avis définitif sur un film. On peut démontrer toutes ses qualités techniques et artistiques, ce n’est pas pour autant que tous le monde aimera. La critique d’un film (et des autres médiums artistiques) n’est pas une science exacte, et beaucoup semblent l’oublier.

Pas de consensus, mais pas non plus d’esprit de contradiction automatique. Ils ne vont pas forcément casser un film parce qu’il fait l’unanimité ou produit par des gros studios d’Hollywood. Ils apprécient Clint Eastwood ou Woody Allen par exemple…

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The first…

Dans l’édito du premier numéro (octobre 2002), Goffette répond à la question « pourquoi Brazil ? » et annonce la profession de foi du journal : « Parce que ce film, au-delà de ses évidentes qualités techniques et narratives, et de son statut de film culte d’entre les films cultes (hautement représentatif des œuvres qui seront défendues dans ce qui est désormais le magazine du même nom), s’est transformé avec le temps, partant d’un « film contre le système », pour finalement devenir un combat de son réalisateur (Terry Gilliam) contre ce même système. Ainsi « Brazil » symbolise à la perfection un cinéma non pas élitiste ou enfermé dans un quelconque costume, mais simplement une expression artistique vivante, qui cultive ses différences et n’accepte aucun compromis ». 

Leur principal critère de qualité est ce qu’ils nomment le « sans concessions ». Ce qui veut dire fait avec honnêteté, par des auteurs qui vont au bout de leur démarche, si possible sans compromis auprès les grosses majors. Créer une œuvre et non un produit formaté. Le cinéma « sans concessions » comme antidote au cinéma « pop corn ». Comme le dit le cinéphageuh Christophe Lemaire dans ses carnets : « cette rubrique n’est pas dédiée à ceux qui vivent par le cinéma sans en être passionné ».

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Quand Brazil et Crossroads fusionnent…

Mais dire ce qu’on pense vraiment gêne toujours. Et un certain Luc Besson n’a pas apprécié un article plutôt négatif, mais jamais insultant ou diffamant, sur son cinéma, intitulé « Besson m’a tuer… mon cinéma » ! Les conséquences ont faillit être catastrophiques (tous les détails). Le journal a du cesser de paraître sous son nom propre (pour raison financière à cause du procès) et s’était réfugié dans Crossroads, l’autre revue de Bandits Company. Ayant obtenu gain de cause et remboursement des frais de procès (Besson ayant été débouté), Brazil est réapparu en Octobre 2007 dans sa deuxième version. Chouette !

Au-delà des traditionnelles chroniques des films à l’affiche (ou a venir) et des nouveautés DVD, Brazil nous propose des comptes rendus de festivals (y en a beaucoup dans une année !), des dossiers complets sur un auteur ou un genre particulier, de vraies interviews qui abordent des vraies questions de fond (sur le processus de création, les difficultés de la production…). Peu importe l’auteur ou le film, leurs articles nous en apprennent toujours sur l’univers du cinéma, toutes les étapes de la vie d’un film, de l’idée du cinéaste à la projection en salle.

Une subjectivité revendiquée, une philosophie du cinéma comme art et non comme produit et surtout, pas de langue de bois et d’intellectualisme à deux balles ! Voilà les grandes qualités qui me font apprécier Brazil.

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Premier numéro de Brazil 2, le retour…

http://www.banditscompany.com/

Interview de Christophe Goffette :  Brazil, la résurrection

 


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