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Une année dessinée (Les Cahiers Dessinés/Editions Association Verbes, 2015)

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Une Année Dessinée est un véritable manifeste pour la librairie indépendante. Entendons, celle gérée par des individus, des personnalités qui insufflent leur supplément d’âme aux livres qu’ils mettent à disposition de leurs lecteurs. « Tout sauf du formatage », tel est le sens et l’essence même de leur profession.

Un bel ouvrage (des Cahiers Dessinés, normal) qui recueille les impressions, anecdotes ou citations de libraires indépendants de France et de Belgique (tous adhérents à l’association Verbes), tout en les faisant correspondre avec une illustration d’un illustre illustrateur (que du premier choix). Le tout agencé sous la forme d’un éphéméride de 365 pages…

Tant de bons dessinateurs regroupés ainsi dans un même livre, ça ne peut que faire vibrer l’amateur de name-dropping que je suis : Bosc, Chaval, Fournier, Gébé, Kamagurka, Leiter, Mahler, Micaël, Mix & Remix, Muzo, Olivier O olivier, Pajak, Saul Steinberg, Topor ou Tetsu, sans compter une dizaine d’autres que je ne connaissais pas (Anne Gorouben, William Steig, Noyau, Marcel Katuchevski, El Roto, Corinne Véret-Collin). Que du beau monde, que l’on retrouve au catalogue des Cahiers Dessinés.

Textes et dessins se font échos, se répondent ou s’ignorent. Il n’y a pas d’automatisme dans la démarche et c’est rassurant. Car la rencontre entre une œuvre (quelle qu’en soit sa nature) et son lecteur/auditeur/spectateur ne se calcule pas. Ce n’est qu’une question de sensibilité, de synchronicité. Ce que ce livre nous confirme admirablement.

J’aime les ouvrages collectifs, quand ils ont du sens. Une année dessinée en regorge et incite à de nombreuses relectures.

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Art Monstre (Café Creed, 2013)

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Revisiter par la bande le thème du Monstre dans l’Art, telle est l’ambition première de cet ouvrage. Non pas la figure du Monstre, mais plutôt ses créateurs. Ces démiurges de l’ombre qui, au travers de leurs œuvres hallucinantes, effrayantes pour certains, poétiques pour d’autres, nous confrontent à la bête qui est en nous. Comme le précise Bataille,« Le « monstre » est une anomalie effroyable mais il est aussi peut-être, celui qui doit exister »(in « Gilles de Rais »). Les 22 auteurs invités pour l’occasion ont quatre planches chacun pour aborder le maître du monstrueux qui leur semble le plus significatif, qui les a sûrement traumatisés.

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Nicolas Gazeau

Il est d’évidentes rencontres. Terreur Graphique use de ses difformités et de ce noir et blanc tranchant plutôt dérangeant – qu’il a exploré dans son remarquable Rorschach – pour aborder le cinéaste fou Tod Browning. Nicolas Gazeau imagine la première rencontre entre David Cronenberg et William Burroughs, à l’occasion de l’adaptation du Festin Nu, évoquant par des détails les œuvres monstres du réalisateur canadien (La Mouche, Videodrome ou Scanners…) qui ne peuvent que satisfaire l’écrivain junkie. Le choix d’une itération iconique (contrainte oubapienne spécifique au vocabulaire BD) est judicieux pour accentuer cet impression d’espace-temps suspendu. Le trait réaliste et torturé de Natacha Sicoud convient à merveille pour mettre en scène les sculptures hyperréalistes et démesurées de Ron Mueck. Les dessins noirs et blancs épurés de Monsieur Pimpant focalisent sur les sculptures (sex-toys) déformées d’Hans Bellmer. Le graphisme proche de la gravure de Matthias Lehmann ne peut que convenir pour présenter les œuvres du graveur Jacques Callot. Usant d’images fortes, brutes et colorées, Thibault Balahy (qui est à l’initiative de ce projet) retrace le parcours artistique de David Lynch en quelques étapes clés. Dr Lagrange use de photomontages et couleurs flashy pour parler du roi du Pop Art. Laureline Mattiussi perd littéralement la tête face à l’univers déjanté de James Ensor…

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Thibault Balahy

Si l’on retrouve des artistes incontournables, j’en découvre qui m’étaient parfaitement inconnus : Pierre Molinier par Rémy Cattelain, Mikhaïl Boulgakov par Lorenzo Chiavini, José Mojica Marins par Taillefer et Caetano, Joel Peter Witkin par Amandine Ciosi. D’autres par contre, étonnent de par leur présence. Cependant, le Monstre n’est pas que synonyme d’horreur, de cruauté et de folie. Il symbolise aussi l’autre, l’étranger, le différent. Métaphore de ce qu’il peut y avoir de dérangeant dans l’humanité. De fait, Pierre Culliford, alias Peyo, ou Hayao Miyazaki ont légitimement leur place aux côtés des Hans Bellmer ou autres James Ensor. L’auteur de la préface rappelle, à juste titre, qu’il manque d’inévitables créateurs qui ont placés le monstre au centre de leurs préoccupations artistiques, tels que Druillet, Breccia, Moebius, Burns, Blanquet, Konture, Woodring ou le Japonais Shigeru Mizuki. J’ajouterai quelques incontournables oubliés : Goya, Lovecraft, William Blake, Odilon Redon, Jodorowski ou Topor…

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Ambre

L’ensemble varie en fonction des univers graphiques de chacun. On passe d’un style à l’autre, d’un monstre à l’autre, dans une parfaite complémentarité. Certains auteurs paraissent plus « armés » pour aborder ces figures légendaires : le noir et blanc expressionniste d’Ambre sied parfaitement à l’univers sombre du dessinateur Alfred Kubin. Alors que le style humoristique de Lucas Varela paraît trop léger pour évoquer l’enfer de Dante. Mais c’est là que réside tout l’intérêt de cet ouvrage : prendre définitivement conscience que les clivages n’ont plus lieu d’être, que le médium est depuis longtemps assez mature pour rejeter tout complexes vis à vis des autres Arts. Comme il est rappelé en préface : « Qu’on l’appelle Neuvième Art ou pas, elle conserve, quand elle ne se contente pas de recycler ses vieilles recettes, un formidable appétit pour les autres formes artistiques ».

La bande dessinée, dans sa variété narrative et formelle, peut apporter de nouveaux regards, des réflexions originales sur tous les domaines artistiques qu’elle aborde. Anne Simon (s’attaquant à Adam et Eve chez Hieronymus Bosch) ou Lucas Varela nous le démontrent, un graphisme léger et enfantin peut rendre compte avec pertinence d’une esthétique dérangeante et dérangée.

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Lucas Varela

A priori, les Arts visuels supportent mieux le passage par la bande. Les images fortes d’un film (Browning, Lynch, Murnau) ou d’un peintre (Bosch, Ensor, Warhol) deviennent – lorsqu’ils sont revisités par un autre dessinateur – de formidables citations, à l’incroyable puissance d’évocation (voir les superbes planches chronophotographiques de François Matton, retranscrivant les dernières secondes de Nosferatu). Mais les monstres littéraires ne sont pas en reste (Jonathan Swift par Sophie Darcq et Yann De La Ronde, Le vilain petit canard d’Andersen par Cléo Germain).

Un ensemble hétérogène. Il y manque peut-être une ligne directrice plus précise (au niveau des domaines artistiques, des époques, des genres…). D’un autre côté, cet Art Monstre amène de nombreuses découvertes, et nous démontre à chaque page, la monstrueuse diversité de la neuvième chose. A ce titre, c’est clairement réussi.

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Natacha Sicaud

Art Monstre

Café Creed

 

Dix questions pour une bibliothèque #8 : Yves Frémion

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J’ai croisé Yves Frémion au festival de BD de Darnetal, où il était invité dans le cadre du « Print in black », un événementiel autour du Fanzine, co-organisé par le festival Normandiebulle, le cinéma Omnia, les studios Le Kalif, la librairie Le rêve de l’escalier… BD, cinéma, musique, littérature, poésie, politique, tous les genres et époques de l’auto-édition sont abordés avec pertinence et moult expositions.

Bonne initiative de la part des organisateurs, car s’il est un contemporain qui connaît le monde de la « small press » sous tous ses aspects (en tant qu’éditeur et chroniqueur), c’est bien Frémion. Père du mythique Petit Miquet qui n’a as peur des gros, Maître d’œuvre de la non moins célèbre Gazette de Fluide Glacial, durant plus de trente ans (sans oublier de nombreuses autres chroniques, faisant de lui un pilier porteur du journal). Il se consacre maintenant à son travail d’archiviste au sein du Centre International de l’Imagerie Populaire, du Dessin Imprimé et du Patrimoine sur Papier, et assure la fonction de rédacteur de la publication de l’organe Papiers Nickelés.

Je me procure enfin des numéros de Papiers Nickelés, qui ne sont pas facile à trouver. Le mieux est de s’y abonner. Je choisi le n°7 consacré à Alexis et le n°9 à Bosc, dans lesquels on trouve quelques inédits. C’est l’une des démarches de l’équipe, retrouver, recenser et présenter des raretés d’artistes, dont parfois même les ayant droits ignoraient l’existence ou croyaient perdus. Ainsi, dans le numéro 36, ils ont exhumés des dessins humoristiques de Marcel Duchamp. Une vraie mine d’or cette revue, nous permettant de riches découvertes.  

Frémion et ses ami-e-s mettent en lumière tout un patrimoine qui ne doit pas sombrer dans l’oubli. Une démarche louable et salutaire. De fait, Yves Frémion est un conservateur, un accumulateur qui, lorsque je lui soumet mon questionnaire sur sa bibliothèque, m’explique qu’elle occupe une maison entière et qu’il y a même des gens qui lui demande pour la visiter…

C’est en quelques secondes qu’il répond à mon questionnaire sur papier. Réponses brèves mais précises. Merci Monsieur.

1) Quelle place prend ta bibliothèque chez toi ? 2) Quelle est sa configuration (en un seul bloc, en plusieurs parties, dans différentes pièces…) ?

En un seul bloc : une maison de trois niveaux sur 3×70 m²

3) Possèdes-tu un classement particulier ? En changes-tu souvent ?

Oui ; et non

4) Que contient-elle essentiellement ? Littérature, Art, Histoire, science, fiction, science-fiction, fantastique, auto, biographique, bande dessinée, essai, roman..?

Oui, et +

5) Quelle est la proportion entre livres avec images et sans images ?

2/3 + 1/3

6) Tes ouvrages sont-ils rangés à l’horizontale ou la verticale ?

Verticale

7) Et tes nouvelles acquisitions ? Les ranges-tu à part ou trouvent-elles de suite leur place définitive ?

Place définitive, quand elles sont entrées dans mes fiches

8) Dans quelle proportion lis-tu tout ce que tu achètes ?

Tout sauf livres achetés pour seuls illustrations

9) Es-tu globalement satisfait de ta bibliothèque ? Qu’y manquerait-il ?

+ ou – 1 milliard de volumes

10) Comment la vois-tu évoluer ?

Éternellement – on va m’y enterrer -

Questions bonus : Quel(s) ouvrage(s) prêterais-tu volontiers ?

Aucun ! Ça va pas ?

Et celui/ceux que tu conserves jalousement ?

Tous.

[Entretien réalisé en live le 27 septembre à Darnetal]

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L’équipe de Papiers Nickelés

La fleur dans tous ses états – Bosc (Claude Tchou éditeur, 1968)

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Dans ce petit recueil, Bosc revisite le kamasoutra à l’aide de fleurs humanisées. Un des maitres de l’humour noir semble se réconcilier ici avec les choses de la vie. Sauf qu’à bien y regarder, la catastrophe n’est jamais très loin : écartèlement, pendaison, usage de fouet, certaines poses sont drôlement risquées. Il est d’ailleurs précisé en nota bene que : « l’auteur n’est pas responsable des accidents qui pourraient survenir aux lecteurs ».

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La superposition de ces formes longilignes flirte avec l’abstraction. Tout est suggéré mais pourtant très explicite. Il se dégage une belle poésie de ce trait sensible, léger, de cette économie de moyen qui permet à Bosc de toucher à l’essentiel : la fragilité de l’amour. Je découvre grâce à ce petit ouvrage de belle facture, mettant parfaitement en valeur ses dessins, que Bosc est un dessinateur de grande classe.

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j-m-bosc.com

Le nouveau petit Alévêque illustré (Chiflet & Cie, 2010) / Les expulsables – Berth (Hoëbeke, 2010)

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C’est avec grand plaisir que je retrouve des collaborateurs de feu Siné Hebdo. Christophe Alevêque et Berth nous proposent deux ouvrages parfaitement représentatifs de leurs univers décalés, parfois trash mais ô combien nécessaires pour garder le sourire (et le moral) dans ce climat social plutôt morose. Un humour libérateur qui nous confronte à des réalités qu’on aimerait parfois oublier, mais qu’il est essentiel de combattre (le repli identitaire, les inégalités qui s’accentuent, les politiciens véreux, les libéraux voyous, les valeurs de fraternité et de laïcité de plus en plus bafouées, etc.)

Depuis la fin de l’aventure, Siné continu heureusement de semer sa zone sur internet. Il n’a pas rejoint l’équipe de La Mèche qui, pour ma part, n’aura pas réussi à remplacer l’hebdo de Bob. Je n’accroche pas vraiment aux choix éditoriaux du journal et bon nombre des collaborateurs de Siné Hebdo que j’apprécie (dont Siné lui-même) ne font pas partie de la rédaction. Gudule, Noel Godin ou Dédé la science ont trouvé refuge dans le Psikopat de Carali. D’autres sont repartis à leurs occupations (Michel Onfray, Jackie Berroyer ou Delfeil de Ton.) et continuent de publier des livres.

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Le nouveau petit Alévêque illustré est la mise à jour de son ouvrage sorti en 2009 (Lepetit Alévêque illustré). Comme ses illustres prédécesseurs Robert ou Larousse, Alévêque a « rebooter » son dico afin de coller au plus près de l’actualité. Toujours agrémenté d’illustrations de ses bons camarades. Ca fait plaisir de retrouver des dessins d’Aurel, Carali, Faujour, Large, Lindingre, Sergio, Pakman ou Siné, commentant l’actualité de leur regards vifs et acerbes.

Unitaléral, crise, diversité, pénibilité, virus, icône… Difficile de s’y retrouver dans ce langage aussi obscur qu’incompréhensible que les journalistes et les hommes politiques utilisent quotidiennement sans que personne n’y trouve rien à redire, une sorte de ronron médiatique repris au café du commerce. Personne? Non! Car Christophe Alévêque, grand défenseur de la liberté d’expression, résiste encore et a imaginé pour nous (avec la complicité d’Hugues Leroy) cette « traduction » savoureuse de 386 mots, lus et entendus un peu partout. Un décryptage plus que jamais indispensable de ce langage devenu automatique, vidé de son véritable sens, pour survivre à la médiocratie ambiante! Et quoi de mieux pour tenter de cerner la vérité qu’une bande de dessinateurs humoristiques qui en disent beaucoup plus par quelques traits de plume que bien des mots alignés dans un discours. L’alliance des deux fait la force de tous! (4 de couv’)

Berth publie Les expulsables, une série de strips qu’il avait débuté dans Siné Hebdo et a, actualité oblige, nécessairement prolongé dans cet album. Siné en fait la préface, extrait : Vous ne connaitrez de Berth que le bon coté avec ce livre. Il se penche, ici, sur la détresse humaine avec une délicatesse dont on l’aurait cru bien incapable, celle des sans-papiers en butte à la vindicte sarkosyste. Tout à coup, il se montre généreux, compatissant, chaleureux et ses dessins y gagnent en poésie. Son style à la Hieronymus Bosch évoque ici celui de Degas. On a la larme à l’œil. Ca nous repose de la bite au cul. Merci Berth, de ne pas être qu’un gros dégueulasse.

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Deux ouvrages qui font du bien et corroborent une chose : Siné Hebdo is not dead !

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Du beau, du bon, des bds…

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