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Fanzine zone #2

gorgonzola19

Le sympathique et généreux Mael Rannou est un fervent défenseur de la small press. Aussi bien conservateur que créateur de fanzines, on retrouve sa plume, tout aussi affutée que son œil, dans les pages des webzines 1 fanzine par jour ou Du9. C’est après s’être découvert un intérêt commun pour Imagex, que j’ai fait la connaissance de ce passionné d’auteurs « à la marge », un érudit en matière de bandes dessinées autres, non formatées, sortant des carcans du « mainstream ». Faisant volontiers tribune à des auteurs, séries ou périodiques qui souffrent d’un flagrant déficit d’image et d’intérêt (et pourtant !). Chroniqueur, scénariste, éditeur, rédacteur en chef mais également dessinateur, Maël cumule les casquettes sans pour autant perdre en cohérence. Je lui commande sur son site deux numéros de son chouette fanzine Gorgonzola (nominé mais malheureusement pas primé cette année à Angoulême !) dont le dernier en date comporte un dossier complet (au moins un tiers du fanzine) sur un auteur rare et singulier : Jean Beguin, alias Poirier, le créateur d’Horace et Supermatou, qui a fait la joie des lecteurs de Pif gadget, dont je fait parti (autre point commun avec Maël). Un dossier fait d’interviews (de collaborateurs et amis de Poirier), de fragments d’une étude stylistiques, d’une biographie complète, de dessins inédits et d’hommages rendus à ce grand artiste qui aura influencé un très grand nombre d’auteurs contemporains. Le reste de ce Gorgonzola 19 est essentiellement composé de bandes d’auteurs de grandes qualités (Vincent Lefebvre, LL de Mars, Marko Turunen, Victor Hussenot…) dont quatre planches inédites d’Imagex. On retrouve dans le numéro 14 les excellents Fafé, Simon Hureau, Benoît Guillaume, Lionel Richerand, Gilles Rochier, Thiriet, Emmanuel Reuzé, jean Bourguignon, Marko Turunen… Tout de bon !

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En bonus, Maël m’offre les deux premiers numéros de Ceci est mon corps (le troisième vient de sortir). Je découvre grâce à lui une catégorie de fanzine toute personnelle, que l’on nomme les égozines (pas étonnant qu’il dédie ses deux numéros respectivement à Mattt Konture et Julie Doucet, auteurs de l’égo devant l’éternel). Un fanzine non pas exclusivement réalisée par la même personne (on peut trouver plusieurs auteurs au sommaire) mais possédant un unique et exclusif sujet : l’auteur-créateur du fanzine lui-même. D’où ce titre on-ne-peut plus explicite et justifié. Car loin de se prendre pour le nouveau messie du Do It Yourself, il n’hésite pas à inviter des collègues et amis pour enrichir les points de vue et ainsi apporter une certaine objectivité sur le sujet. Maël se raconte sous toutes les coutures avec une authentique sincérité, à l’image de ses dessins maladroits et pourtant parfaitement maitrisés.

L’impression d’un projet inintéressant et stérile disparait rapidement face à cette authentique démarche d’auteur. Bernard Joubert l’explique parfaitement en préface du deuxième volet : « La BD comme une écriture, ni art ni littérature ni industrie […] Un égozine produit sur moi l’effet d’une rencontre amicale. Un ami me raconte les derniers événements de sa vie. Si je connais l’auteur, ça fonctionne sans coup férir. Si je ne le connais pas, ça m’en donne malgré tout l’illusion. Cette impression de proximité ne se produit pas quand la même chose est imprimée pour un large public ».

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Preuve s’il en est que la découverte d’un fanzine se fait souvent par la rencontre avec l’un de ses créateurs. C’est en discutant avec Patrick Grée (libraire vraiment sympathique de la librairie Polis de Rouen), autour d’une exposition des planches d’Anthony Pastor (Las Rosas et Castilla Drive), que j’apprends l’existence de ce fanzine seino-marin qui a connu son heure de gloire à la fin des années 80 (ayant reçu l’Alph’Art Fanzine en 1989). Sorti peu de temps après le remarquable BDétritus, Café Noir possède un aspect bien plus pro. Papier glacé, maquette maitrisée, invités de premier ordre, articles érudits, auteurs maisons de grande qualité, Café Noir est donc ce que l’on nomme un prozine, spécialisé dans le polar et la bédé, qui aurait mérité une plus grande longévité. Ce troisième numéro comprend des chroniques régulières d’albums ou de romans de genre (rédigées par Patrick), des interviews (pour ce troisième numéro : Pierre Christin, Jacques Ferrandez ou Jean Vautrin), un dossier sur les scénaristes et bien entendu, des histoires par la bande (noires et parfois fantastiques). Si certaines fleurent bon l’amateurisme, la plupart font preuve d’une grande maitrise et n’ont pas à rougir face à la production de l’époque (mentions spéciales à Pinelli dont le style se situe entre Duveaux et Schultheiss ou JP Réguer, qui évoque un croisement entre Goossens et Alexis).

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Quand je trouve des numéros de BDétritus, je les prends. Même si je les ai déjà. Car ce fanzine m’a ouvert à cette autre bande dessinée, faite par passion et non pour le pognon. Découvert lors de mon premier festival bd (à Yainville en 1987), dont la mascotte était Smurgle le furoncle, l’un des personnages loufoques du dessinateur Ol, BDétritus possède la forme classique d’une revue de bande dessinée : alternance de chroniques d’albums (et de disques), gazette d’informations, interviews (de Druillet, Delporte ou Vatine & Cailleteau) et planches d’auteurs maisons (le génial Turlan, Covello et Fred Duval avec leurs histoires expressionnistes dignes des contes de la crypte, le style destroy de Girard ou les planches sous forte influence « muñozienne » de Izquierdo). Si certains, dont Fred Duval ou Christophe Dépinay dans une moindre mesure, font toujours parti du paysage bédé actuel, bon nombres de ces dessinateurs ont disparu de la circulation. Dommage car certains (Turlan ou Ol, entre autres) possédaient d’indéniables qualités.

 

Crrisp ! Collectif (l’employé du Moi, 2008)

Crrisp ! Collectif (l'employé du Moi, 2008) dans Chroniques BD pngcrrispcover1ec69

Crrisp ! est un ouvrage collectif réalisé à l’initiative de la maison d’édition l’employé du Moi. Ce livre rassemble une sélection d’histoires proposées sur le portail web Grandpapier.org. Les auteurs ont répondu à une invitation lancée par l’employé du Moi fin 2007 à produire sur le site un récit d’horreur, d’angoisse ou même éventuellement, à donner très franchement dans le gore.

Ça fait quelques années maintenant que je me balade régulièrement sur cette plate forme. J’y ai découvert d’excellents auteurs, que je retrouve ici avec grand plaisir, tels que Morgan Navarro, Joseph Falzon ou Guillaume Benoit.

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Joanna Lorho, Eleni

Le thème n’est pas très original en soi, il est cependant assez vaste pour favoriser l’expérimentation et permettre à certains auteurs d’y glisser une bonne dose de peurs intimes et d’angoisses refoulées. L’horreur est ici présentée sous toutes les coutures : primaire, viscérale, psychologique, irrationnelle, quotidienne…

Un ouvrage généreux (400 pages), qui fait la part belle au graphisme pur, à toute la diversité du dessin crayonné. De l’épure d’un Bapton à « l’esthétique de la surcharge » d’un David Libens, du style humoristique d’un Jean Bourguignon au réalisme symbolique d’une Joanna Lorho, de traits façon gravure d’un Jeffrey Brown aux formes abstraites saisissantes d’un Bert, Crrisp ! est une belle réussite, donnant un aperçu plus que convainquant d’une génération de dessinateurs « indébandants ».

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Bert, Fleurs

Crrisp !

Le Fantôme – Benoît Guillaume (L’Association, 2011)

Le Fantôme - Benoît Guillaume (L'Association, 2011) dans Chroniques BD scancouv

J’ai découvert et apprécié sur le champ Benoit Guillaume dans les pages du Lapin ressuscité. J’aime son noir et blanc sale, son trait d’apparence maladroit qui tombe juste où il faut pour m’émouvoir, empreint d’une certaine mélancolie. Cette impression de « fait à la va-vite » relève en fait d’une grande maitrise, d’une réelle pratique du dessin (il fait aussi dans l’animation). Il faut beaucoup de rigueur et d’assiduité dans son travail pour aboutir à un style aussi leste.

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Sa série Jogging parue dans les numéros 38, 39 et 41 de Lapin, nous raconte l’histoire de deux photographes plutôt amateurs qui travaillent pour un mariage lors duquel la mariée s’enfuit. Dans le numéro 42, il nous décrit la France vue du TGV. Une bande dans laquelle l’urgence de son trait fait écho à la vitesse du train et rend parfaitement cette vision floue que l’on a lorsqu’on regarde le paysage défiler à toute allure. Dans le 43, il nous présente Les abords de Rouen, ou plutôt la zone industrielle de la rive gauche, vue de la place du passager d’une voiture fonçant sur la voie rapide. Une vision sans concessions mais bien réelle de ma ville, aux antipodes de la carte postale. On peut également découvrir d’autres de ses bandes sur l’excellent Grandpapier.

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Dans cette Mimolette, Guillaume nous raconte l’histoire de Mathieu, un fantôme qui après avoir assisté à son enterrement erre sur les traces de son ancienne vie. Il rencontre d’autres fantômes attablés dans un hangar qui semblent attendre que l’éternité ne passe. Comme le lui dit sa guide (un fantôme qui se dévoue pour lui expliquer les choses), il n’a plus de consistance. Mais en avait-il de son vivant ? Toujours est-il qu’il se retrouve à devoir hanter l’appartement de ses voisins, un couple de lutteurs bruyants. Hanter dans le sens habiter discrètement, en rasant les murs, plutôt que montrer la preuve de son existence à ses nouveaux colocataires. L’avantage de cette situation est qu’il peut se réfugier dans son ancien chez-lui, qui a été repris par un étudiant en sociologie avec lequel il se sent bien. On se demande si cette vie de fantôme change beaucoup de chose pour Mathieu. Personne ne le voit, mais l’a-t-on déjà remarqué ? De fait, il supporte volontiers sa nouvelle « vie », malgré son impossibilité de pouvoir tenir un livre (mon chien stupide de John Fante en l’occurrence).

Benoit guillaume est un maitre du gris, des gris. Sa gamme n’aborde jamais les extrêmes, ses noirs charbonneux laissent transparaitre le blanc de la feuille. Il joue beaucoup avec la matière dessinée, le contraste entre trait gras et sec, les effets de transparence. On ressent son geste à chaque coup de crayon. Pour résumer, à la différence de son personnage, son dessin ne manque pas de consistance.

son site et son blog

LAPIN n°41 – Revue de l’Association (2010)

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Double actualité en ce début d’année 2010 pour l’Association, qui fête ses 20 ans d’existence et par la même occasion, la première année de renaissance de sa revue phare. Quoi de mieux qu’un bon Lapin pour faire ripaille !

Pour célébrer ce double anniversaire, l’Association n’a pas organisé de soirée spéciale à Angoulême, mais le fera plutôt courant juin au Sismics Festival de Sierre, en Suisse. Esprit indépendant, fidèle à lui-même, JC Menu confirme tout le bien qu’il peut penser du festival international charentais dans l’édito de ce 41ème numéro…

Ce retour réussi de Lapin illustre la relative bonne santé éditoriale de l’Association, qui bien qu’ayant connu des périodes difficiles, se retrouvant au creux de la vague (suite les départs successifs de membres fondateurs, la concurrence de gros éditeurs marchant sur ses plates-bandes…), son catalogue n’a malgré tout cessé de s’étoffer, alliant réédition d’œuvres incontournables de grands auteurs (Forest, Gébé, Schlingo,…), d’œuvres étrangères (Bittercomix, Mattioli…), tout en conservant son rôle de découvreur, de défricheur de nouveaux talents.

N’en déplaise à certains, l’Association ne vit pas sur les ruines de son glorieux passé. Cette maison conserve un rôle actif dans le monde de l’édition. La teneur du nouveau Lapin nous le confirme avec, certes, de nouveaux auteurs encore très influencés par l’ancienne garde, mais bien d’autres apportent du sang neuf à ce Lapin loin d’être empaillé (Matthias Picard, Olivier Josso, Lucas Méthé, Henninger & Gosselin, Benoît Guillaume…), sans oublier les valeurs sures telles que Baladi ou Mahler… Bref, avec cette relève, il nous faudra compter sur l’Association pour encore vingt ans, au moins… Chouette !

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Jogging de Benoît Guillaume, récit commencé au n°38 qui se termine dans ce n°41


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