Résultats de la recherche pour ' bd porno '



Morbus Gravis – Serpieri (Dargaud, 1986)

druuna0110498.jpg 

Dans un monde totalement délabré, la population doit faire face à un mystérieux virus très contagieux, qui transforme rapidement les contaminés en montres répugnants et carnivores. Afin de survivre dans cet univers chaotique, où la milice de ce qui reste d’un gouvernement totalitaire est tout aussi dangereuse que les contaminés, Druuna use de ses charmes pour le moins avantageux, afin de récupérer du sérum pour son ami victime du Mal. Sa quête l’emmènera dans les tréfonds de la cité, dans laquelle elle fera de nombreuses rencontres, pas toujours heureuses, et l’amènera à découvrir l’horrible vérité sur le sort de ses semblables.

On ne présente plus Druuna, la pulpeuse héroïne du dessinateur italien Paolo Eleuteri Serpieri. Cette série, qui compte maintenant huit volumes (sans les hors-série), est devenue au fil du temps un prétexte pour l’auteur à se laisser aller à ses phantasmes les plus libidineux. Ce qui rend cette série de moins en moins intéressante. Seul ce premier volume, que l’on peut considérer comme un « one shot », trouve grâce à mes yeux. La suite se perd dans des délires mystico-pornographiques, où se mélange télépathie, paradoxe temporel, dimension parallèle… Bref, un fourre-tout scénaristique sans grand intérêt.

Par contre, le style réaliste de Serpieri, contrasté, usant de hachures pour créer les volumes est remarquable. Cette approche charnelle de la matière l’inscrit pleinement dans la tradition esthétique italienne. Le contraste chaud-froid des couleurs, entre les décors vert-bleu-gris sales et les corps ocre-rouge-orangés (corps sensuels ou corps mutilés), illustre parfaitement le thème central de cette histoire : survivre ou mourir. Les quelques scènes torrides sont la juste contrepartie de l’horreur ambiant. Pulsions de vie contre pulsions de mort. Une parabole sur le conflit psychique humain.

Un univers qui se situent au croisement de la science fiction, du gore et de l’érotisme. Si cette série a perdu de son intérêt au fil des volumes, ce Morbus Gravis, est une réussite du genre.

morbusgravisbdfullsize.jpg

SUPERWEST COMICS – Mattioli (l’Echo des Savanes/Albin Michel, 1986)

superw.png

La plupart des dessinateurs italiens font preuve d’une grande rigueur académique au niveau de leur graphisme, de l’anatomie. Manara, Giardino, Serpieri, Liberatore, Magnus… Tous sont les héritiers directs des grands peintres de la Renaissance. Leurs représentations des corps les inscrivent dans l’héritage plastique d’un Raphaël ou d’un Michel-Ange… Représentation charnelle de la matière, puissance des corps, pureté des gestes…

Il y a bien sûr des exceptions à cette tradition. Mattioli lui, s’exprime dans un genre purement humoristique et stylisé, à l’opposé de la représentation réaliste des auteurs sus-cités. Il s’inspire plutôt de l’art moderne et de la contre-culture (New Wave, cinéma bis… Dans son Superwest Comics, parodie absurde de Superman, il utilise des couleurs vives très Pop-art, détourne des images de films (souvent interdits aux mineurs) et s’amuse avec les codes de la bd (narration, séquençage…) afin de nous raconter six histoires plus loufdingues les unes que les autres, flirtant avec le « porno-gore-scato » et fortement jubilatoires.

superwest17092003.jpg 

Dans Panic in the city, Superwest tente de sauver les citadins d’un méchant scientifique qui transforme les trottoirs en sables mouvants. Scanner est une référence directe au film de Cronenberg. Porno massacre porte bien son nom, Superwest enquêtant sur la mort d’une actrice… Very hot dogs nous raconte l’histoire de saucisses tueuses qui sont en fait fabriquées à base de loup-garou. Cartoons hold-up, un braquage organisé par Riri, Fifi et Loulou déguisé en Woody Wood Pecker, ou l’inverse… Et The Shadow raconte l’histoire d’une ombre tueuse dont seule l’idée lumineuse de Superwest arrivera à venir à bout.

Mattioli privilégie une approche absurde, ludique, surréaliste et poétique du médium. Que ce soit avec son génial M le Magicien (avec lequel il se joue des codes, tel un Fred), son Squeak the Mouse (bd muette, du Tex Avery sous acide qui influencera très fortement Matt Groening pour son Itchy et Scratchy) ou ce Superwest, ses planches sont de véritables dessins animés en deux dimensions. Mattioli privilégie le mouvement dynamique et dynamite, ce qui rend ses bd toujours aussi modernes plus de 20 ans après leur création…

squeakthemouse02.jpg squeakthemouse03v.jpg

Itchy et Scratchy ? Nan, Squeak the Mouse ! 

BASTON LABAFFE (1984 Goupil éditeur)

bastonlabaffe.jpg

Si les parodies de Tintin ont toujours été mal perçues et dénoncées par Hergé et ses ayants droits, Franquin lui, n’a jamais chercher à interdire les pastiches de son héros. Au contraire, comme nous le démontre la préface qu’il a écrit (avec ironie et humilité) pour l’album La ballade des baffes – réalisé en collaboration avec Yvan Delporte, l’ami de toujours – il les cautionne !

« Bref, et pour que la chose soit bien claire, je te répète une dernière fois que je ne tiens pas à écrire de préface pour quoi que ce soit, et certainement pas pour un album de bandes dessinées, avec un indéniable talent, par quelques uns des meilleurs auteurs contemporains. Mes gribouillis informes n’ont rien à faire auprès d’une telle brochette de grands professionnels. Je suis simplement un peu étonné qu’ils aient tous choisi de s’inspirer de l’un de mes personnages. Il y avait certainement mieux à faire ».

sanstitreb.png

Baston Labaffe comprend en effet la présence de nombreux grands auteurs. On retrouve entre autres Baudoin, Carali, Cosey, Denis, Edika, Goossens, Hermann, Macherot, Margerin, Reiser, Schlingo, Solé… Une kyrielle d’auteurs qui rendent un hommage sincère au chef d’œuvre de Franquin.

Cet album contient son lot de parodies salaces, mais celui qui a été le plus loin dans le pastiche pornographique, c’est Franquin lui-même !

sanstitregast.png

Le dessinateur Loup nous a offert un superbe cadeau dans le Siné Hebdo n°17 (du 31 décembre 2008) : des croquis très coquins de Gaston et M’oiselle Jeanne. « Il y a une trentaine d’année, Franquin m’avait hébergé chez lui, à Bruxelles. Sur sa table à dessin, traînaient ces croquis étonnants. J’en tombais amoureux. Je le lui dis. Quelques jours plus tard, à Paris, il me les apporta, l’œil plein de malice, avec ce commentaire : « Je te les ai signés, ça m’étonnerait qu’on les publie un jour ». Ce jour est arrivé. Et ce cadeau exceptionnel, je le partage avec vous… »

sanstitregas.png

http://www.bdcentral.com/Gaston/baston.html

MISTER NOSTALGIA – Robert Crumb (1998 Editions Cornelius)

9782915492422fs.gif

Les éditions Cornelius ont la bonne idée d’éditer une Anthologie de l’œuvre de Robert Crumb. Et plutôt que de nous présenter ses œuvres de façon linéaire et chronologique, Jean-Pierre Mercier (co-direction éditoriale) a préféré regrouper ses planches par thèmes. Dans « Amerika », c’est sa veine pamphlétaire qui est mise en avant. « Mes problèmes avec les femmes » aborde, comme son titre l’indique, ses obsessions et ses penchants de pornographe. « Mister Nostalgia » nous fait partager sa passion pour la musique des années 20 (jazz, country… ) ainsi que sa collectionnite aigue de vieux enregistrements vinyls… J’ai une préférence pour ce « Mister Nostalgia », qui comprend surtout un des chef d’œuvres de la narration séquentielle : A short story of America. En quelques dessins, un plan fixe et beaucoup de poésie, Crumb en dit plus sur l’évolution de son pays que des discours d’historiens…

crumbpowerlines.gif

« Depuis le lycée, je suis fasciné par la manière dont le paysage américain a constamment changé, dont on l’a remodelé. En Amérique, rien ne reste identique très longtemps. Il n’y a jamais réellement eu de respect pour les constructions anciennes […] J’étais fasciné par le constant changement de décor en Amérique depuis le XVIIIème siècle, à la différence de l’Europe. Quand on est dans certains coins de Paris, on retrouve le XIXème siècle. En 1890, la 5ème Avenue de New York ressemblait au centre de Paris, avec ses alignements d’immeubles de cette époque, mais il en reste très peu de choses aujourd’hui. Tout a été remplacé. Dessiner Une brève histoire de l’Amérique, c’était un peu une tentative de préserver la mémoire culturelle. Il y a une volonté de continuité, de manière à ce que tout ne se fonde pas dans cet incessant changement dénué de sens. »

crumbpartii.jpg

Maître incontesté et mondialement reconnu de la bd underground, Crumb est un virtuose du crayon et de la plume. La diversité de ses projets nous démontre qu’il peut absolument TOUT dessiner. Prolifique, Crumb n’a rien perdu de son mordant et de son indépendance d’esprit en plus de quarante ans de carrière… Sans concessions, toujours…

Crumb a influencé plusieurs générations de dessinateurs, alors que son style ne semble pas avoir été directement influencé par quelque dessinateur que se soit (le journal Mad est une référence avérée, mais plutôt pour l’esprit que pour le style). C’est la marque des Géants !

1626848.jpg

Les aventures non-officielles de Tintin

f80bf576575ddcc20b7144a190bff.jpg

Charles Burns…

Icône absolue de la Bande Dessinée, notre reporter ne pouvait échapper à la parodie. Signe de reconnaissance, ou d’irrévérence envers le chef d’œuvre d’Hergé ? J’opte bien évidemment pour la première proposition. Comme l’imitation, la parodie est un signe de respect. On ne parodie que ce qu’on aime… Mais tout le monde ne l’entend pas de cette façon -en particulier Moulinsart Productions- et bon nombre de ces parodies sont interdites ou restent marginales. Voir le scandale qu’a causé la couverture de Goossens pour Fluide Glacial. On ne doit pas toucher à l’intégrité de Tintin ! Comme s’il s’agissait d’une personne réelle…

f39d15902f0ad61934530b698141b.jpg

Goossens…

Les parodies à caractère sexuel sont certainement les plus nombreuses et les plus variées (plus ou moins humoristiques, pornographiques…). Ce qui est logique car les spéculations sur une éventuelle vie sexuelle de Tintin sont légions (s’il en a une, quels sont ses préférences, son orientation, ses relations..?). Allons, soyons honnêtes, qui n’y a jamais songé en relisant ses aventures ? Nous grandissons avec Tintin mais lui ne vieillit pas. Avec le temps notre point de vue change et s’oriente plus vers ces choses là, c’est normal (comment ça obsédé !?).

Le belge Jan Bucquoy est certainement celui qui a été le plus loin (un des Dupondt serait en fait une femme !), avec le plus de talent, et de respect pour l’œuvre d’Hergé.

 4bf67c35440af16bd23aa7bdbf541.jpg

Cette « tradition » de parodie érotique remonte à quelques décennies maintenant… Voyez celle-ci qui date de 1962 et dessinée par Wolinski dans Hara-kiri… Elle n’est pas très « hot », mais resitué dans le contexte de l’époque, c’était osé ! 

 bb0d28a681707384802967fbf0894.jpg

Autre type de parodie, celle qui consiste à utiliser le matériau de base afin de réinventer totalement une aventure de Tintin (en 62 pages). La plus connue est « Tintin en Irak », qui a fait parlé d’elle récemment suite au procès intenté par Moulinsart Productions contre une personne qui avait édité en album et vendu sur internet cette parodie. On peut tout de même la visionner entièrement et légalement sur : Tintin en Irak

L’auteur à sélectionné des cases de différents albums et les a ré-assemblé afin de nous raconter, de façon parodique bien évidemment, la deuxième guerre du golfe. Tous les protagonistes sont présents : Bush junior, Ben laden, Chirac, l’ONU…
Tintin (de par sa « neutralité ») représente toutes les parties : il est un opposant à la guerre, un représentant de l’ONU, un membre du gouvernement iraquien ou américain, etc.

4d0c99131f44bf81d1066e2e59cb5tt.jpg

Extrait frappant de Tintin en Irak

Mais la démarche la plus remarquable, qui relève d’un véritable exploit, nécessitant un grand talent et une passion sans bornes pour Tintin, est celle d’avoir osé terminer « Tintin et l’Alph’art » ! Le rêve de nombreux fans…

Des dessinateurs (ainsi que des étudiants en Art) ont ainsi créé leur version de l’Alph’Art… Il est intéressant d’observer les différences de regards, de techniques, de découpages, de scénarii… Le meilleur est sans conteste Yves Rodier, qui a dessiné, scénarisé, coloré, découpé en 62 pages d’une façon exemplaire (malgré quelques petites imprécisions).

 01f14a2a7bbe14bc19ef04a.jpg

Ces divers projets (il y en a tant d’autre à découvrir sur l’excellent site Tintin est vivant) sont dut à la persévérance de fans, dont l’imaginaire a été nourri aux aventures de Tintin. Par leurs démarches, ils rendent leur hommage et contribuent à perpétuer le mythe de Tintin. Comme l’ont également fait des artistes reconnus (Roy Lichtenstein, Bilal, Tardi, Keith Haring, Savignac, Loustal, Burns…)

f6df49fae11051b5322b65c1f7547tt.jpg

Loustal…

123

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía