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L’Album Goscinny – Phil Casoar & Jean-Pierre Mercier (Les Arenes, 2002)

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Sorti en 2002 aux éditions « Les Arenes », l’Album Goscinny est un superbe ouvrage de Phil Casoar et Jean-Pierre Mercier. Les auteurs ont surtout accompli un formidable travail d’archiviste (avec l’aide précieuse d’Anne Goscinny, la fille de René) en nous proposant, non pas une énième biographie, mais un recueil de textes inédits, introuvables, BD cultes, pages d’anthologies… L’oeuvre de Goscinny y est passé en revue, de 1959 à 1974, c’est-à-dire de la création de Pilote à son départ de la rédaction (il s’investira pleinement dans le cinéma durant ses 3 dernières années).

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Autoportrait

Découpé en sept chapitres – pour nous guider dans cet album, Bruno Léandri s’est amusé à pasticher le journal intime de Chaprot, de la petite école à la fac – chacun d’entre eux nous offre son lot d’images et de textes inédits. Beaucoup de textes inédits de Goscinny, un régal ! Pas de nostalgie dans cet ouvrage, tant son humour et son style demeure toujours aussi moderne, hors du temps. Il a accompli une œuvre admirable (en tant que scénariste et rédacteur en chef), dont on est loin d’avoir fait le tour…

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A l’occasion des 30 ans de sa disparition en 2007, Pascal Ory a sortie une biographie définitive de Goscinny, sobrement intitulée : Goscinny, la liberté d’en rire, que je suis en train de dévorer… Goscinny voulait avant tout être dessinateur. Jusqu’à l’age de 30 ans, il avait l’ambition de devenir illustrateur (comme Cavanna, l’autre monstre de la presse des années 60-70). Mais déjà, il scénarisait lui-même toutes ses histoires. Il est d’emblé un auteur complet…

Voici quelques dessins du jeune Goscinny. Durant les années 1940-44, ses caricatures mettent très vite en scène les acteurs principaux de l’actualité : De Gaulle, Churchill, Hitler, Mussolini…

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« Je ne lache une image que quand je ne peux plus mettre de gags dedans »

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L’inspecteur Dick Dicks, scénarisé et dessiné par Goscinny…

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L’ART MODERNE – Joost Swarte (Les Humanoïdes Associés, 1980)

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Joost Swarte, le hollandais sous influences, est un artiste complet. Auteur et dessinateur, il possède une exigence éditoriale sans pareil. Il conçoit lui-même toutes les phases de la création d’un album : dessins et scénarii bien sur, mais aussi la typographie, les mises en page, les couleurs (ses tons pastels sont magnifiques).

Un théoricien, créateur des concepts de la Ligne claire, qui applique les principes de l’école de Bruxelles (Hergé et Jacob) et du Style atome, se référant à l’école de Marcinelle (Jijé et Franquin).

Un esthète, comme le qualifie très bien Florence Cestac. Il serait aussi exigeant qu’ Etienne Robial. Pas étonnant alors que Swarte ait essentiellement édité chez Futuropolis ou Les Humanoïdes Associés (pas ceux de maintenant bien sur).

Ce retour à la Ligne Claire au début des années 80 – dans les pages de Métal Hurlant avec entres autres les « modernes » Yves Chaland, Ted Benoit ou Serge Clerc – paraissait devoir vieillir trop vite (comparé à Druillet ou Moebius), mais a su se bonifier. Le temps l’a rendu intemporel et il parait maintenant beaucoup moins daté que la Ligne crasse, l’autre courant graphique du journal (cela dit, un dessinateur comme Charlie Schlingo revient en force).

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L’Art Moderne est un ouvrage dont le titre parait un peu prétentieux, mais qui dans le fond ne pouvait s’appeler autrement. L’influence des Avant-gardes artistiques (entre le Cubisme, le Bauhaus ou le Pop Art) se fait bien ressentir. Joost Swarte a su renouveler un style un peu vieillot, qui évoque surtout l’age d’or des périodiques pour la jeunesse. Il utilise tous les préceptes de la Ligne claire : un trait noir régulier soulignant les formes, des couleurs pastels en aplat (sans effet de matière), pas d’ombres…

Un style plus symbolique que réaliste. Archétypal. Un style enfantin qui contraste avec des histoires d’adultes, nous racontant les déboires de zonards urbains (des camés, des malades mentaux, des suicidaires, des artistes fous…

D’une manière générale (et chacun à leur manière), les hollandais, ces flamands irrévérencieux, font dans l’humour absurde et trash, toujours provoquant, parfois dérangeant : Willem en tête (qui a scénarisé et traduit certaines histoires de cet album), Kamagurka et Herr Seele avec leur Cowboy Jean (qu’on retrouve parfois dans les pages du Psiko) ou le scatologique Léon la Terreur de Van Den Boogaard…

Joost Swarte n’échappe pas à la règle. Voir ces scènes gores sous les traits d’un Hergé ou d’un St Ogan crée un décalage plutôt hallucinant et franchement génial !

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(4 de couv’ de l’édition Futuropolis)

Joost Swarte revient au premier plan avec l’ouverture du Musée Hergé (dont il est le concepteur graphique) ainsi que  l’exposition  « A la recherche du Style Atome », à Bruxelles. Denoel Graphic prévoit de rééditer ses albums (dont cet Art Moderne) pour 2010.

DESSINS POLITIQUES – Siné (J.J.Pauvert éditeur, 1965)

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Siné est depuis toujours –et pour toujours- non pas un « anti-tout » comme certains aiment à le réduire, mais un anti-cons (au pluriel). Il s’attaque surtout à la connerie institutionnalisée : l’armée, la religion, les politiques colonialistes, le capitalisme, la bourgeoisie…

Pour lutter, il a su créer une forme d’humour particulier. Dans le fond, Siné a toujours conservé sa ligne de pensée : insoumis et sans concessions. Son champ d’action n’a pas changé non plus. C’est un activiste du dessin d’humour, domaine qu’il n’a cessé d’explorer avec jubilation (du moins pour ses lecteurs), pour dénoncer les abus de pouvoirs et les répressions de tout ordre, le plus efficacement possible.

Ce beau livre (petit format original et couverture en papier kraft) regroupe ses dessins politiques réalisés entre 1958 et 1965 (publiés à l’époque dans une dizaine de journaux, dont Siné-Massacre). Les thèmes abordés ne sont plus d’actualité (quoique), mais cinquante ans après, ces dessins restent pertinents et percutants. Comme quoi, l’époque change mais certaines choses demeurent… C’est pourquoi Siné l’enragé est toujours là, avec son style impérissable…

Siné utilise le procédé classique du dessin humoristique : un dessin unique avec le texte en dessous. Sauf qu’il est aux antipodes de l’humour potache de l’époque (calembours et amants dans l’armoire). Ses dessins sont engagés. Ils dénoncent. Son humour est noir, grinçant (il a remporté le Grand Prix de l’Humour Noir en 1955). Cette manière particulière (et depuis longtemps imitée) qu’il a de commenter l’actualité en intégrant des extraits d’articles de journaux dans ses dessins ou en diffusant ses lettres adressées à ses détracteurs (par exemple, au juge d’instruction suite à une inculpation pour « insultes publiques envers l’armée », en 1960).

S’il était moderne à l’époque, on ne peut pas dire qu’il soit dépassé aujourd’hui, au contraire. Resté fidèle à sa ligne de conduite, son style est toujours aussi percutant et dérangeant (les exemples récents ne manquent pas). La création de Siné Hebdo nous démontre qu’il est toujours aussi « vert » à 80 balais ! Un modèle. Santé Siné !

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L’ennemi intime…

L’INCAL – Moebius/Jodorowsky (les Humanoides Associés)

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Attention, chef-d’oeuvre !

Sortie à l’époque dans Métal Hurlant (le meilleur journal BD qu’on ait eu en France), cette saga est le fruit de la collaboration entre deux génies : le dessinateur fou Moebius, alias Jean Giraud, alias Gir (« Arzack », « Blueberry », « le bandard fou »…) et le scénariste non moins fou Jodorowsky (aussi réalisateur, auteur de théatre, mime, romancier, cartomancien, psycho-magicien…
Il fallait bien toute la maëstria d’un Moebius pour mettre en images les délires métaphysiques de Jodo.

John Difool est l’archétype même de l’anti-héros, lache et égoïste. Totalement dépassé par les évênements, il ne comprend absolument rien de ce qui se passe. Il arrive malgré tout à se tirer de ces situations dangereuses (et burlesques) grâce à une chance monstrueuse. Et surtout grâce à un entourage « involontairement » protecteur… 

Personnage typiquement « Jodorowskien », Difool semble maitriser sa destinée alors qu’en fait, c’est elle qui le domine. Le tout dans un monde d’anticipation, qui est en fait une satire de notre société moderne. Sachant que cette histoire date de la fin des années 70, ça laisse songeur…

L’Incal est le premier élément de ce qui deviendra le cycle des Méta-Barons. Jodorowsky a continué la série avec Zoran Janjetov (John Difool avant l’Incal) et Juan Gimenez (La Caste des Méta-Barons). Les séries dérivées sont : « Avant l’Incal », « Après L’Incal », « La Caste des Méta-Barons », « Les mystères de L’Incal », « Les Technopères ». Toutes de Jodorowsky…

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