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Chronique K.BD – La nuit des rapaces

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« Dérives de la société et anticipation », tel était le thème choisi en ce mois de janvier.  L’anticipation est un genre de récit de science fiction très codifié, laissant toutes latitudes aux auteurs d’imager notre futur (rarement de manière positive), tout en rendant compte des excès et dérives de notre présent. La bande dessinée n’est pas en reste et nous offre de nombreux récits d’anticipation de grande qualité, tels que ceux (retenus par l’équipe de K.BD) de Sean Murphy, Tetsuya Tsutsui ou Simon Kansara & Emilie Tarascou. Hermann quand à lui, a carrément crée sa saga de Jemeriah sur un postulat d’anticipation, nous racontant « l’après civilisation moderne ». Bien que cette série perd un peu de son intérêt avec le temps, bon nombres d’épisodes (sur 32 au total à ce jour) sont des perles du genre. A l’image de ce premier volume, La nuit des rapaces.

Une synthèse de Champi qui ne part pas à la dérive…

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La nuit des rapaces (Jeremiah) – Hermann (Dupuis, 1979)

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J’ai longtemps entretenu un mal entendu avec Hermann. Persuadé qu’il n’œuvrait que dans une bande dessinée franco-belge réaliste traditionnelle (étant édité chez Dupuis ou le Lombard, et rapidement devenu un pilier du journal Tintin avec les séries Bernard Prince, Jugurtha ou Comanche), je ne l’avais jamais perçu comme un auteur de bd « adulte ». Je me fourvoyais bien sur, et ai compris mon erreur bien plus tard, quand j’ai découvert qu’il apparaissait dans les pages de Metal Hurlant avec La nuit des rapaces, premier acte de la série Jeremiah. Car au delà du récit d’aventure, se cache un discours politique très proche des préoccupations sociales de son époque, difficiles à cerner lorsqu’on est trop jeune, mais qui nous saute aux yeux à la relecture.

C’est d’ailleurs pour s’émanciper de cette bd traditionnelle (souvent scénarisé par Greg) qu’Hermann crée Jeremiah. Dans ce premier épisode, Hermann pose les jalons d’une saga qui perdure encore, dans la quelle il abordera des thèmes qui lui tiennent à cœur : la violence des hommes, la critique des institutions politiques, religieuses ou scientifiques, l’amour et la sexualité… Car Hermann est un révolté, qui ne supporte ni l’injustice, ni la violence gratuite.

Une première page qui présente de manière magistrale les tensions sociales et raciales qui conduiront à la fin du monde moderne. De manière très synthétique, Hermann raconte l’apocalypse à l’échelle mondiale, pour recentrer son récit dès la deuxième page sur un groupe de survivant. Un travelling temporel qui passe de l’universel à l’anecdotique, en seulement cinq cases.

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Hermann décide de nous raconter l’après fin du monde du point de vue du jeune Jeremiah (lui-même ?), un ingénu qui apprendra à ses dépends (et ceux de sa famille) que l’homme est un loup pour l’homme. Que lorsque la civilisation disparaît, la bête humaine reprend le dessus. Une nouvelle humanité qui vit sur les trace de l’ancien monde, régit par la loi du plus fort. De fait, on retrouve une ambiance et un décorum très Western : contrées désertiques, cow-boys armés, loi du talion… Le graphisme puissant d’Hermann (soutenu par l’usage de la couleur directe) fait des merveilles. Les corps sont physiques, charnels, dynamiques, les visages expressifs. Il n’a pas son pareil pour dresser des ambiances crépusculaires.

Seul survivant du massacre de son village, le jeune Jeremiah est aveuglé par un unique et obsessionnel sentiment de vengeance. Heureusement pour lui, il croisera la route de Kurdy qui l’aidera dans sa quête (retrouver Mr Birmingham, le responsable de la tuerie). Ce premier épisode est surtout l’histoire de la rencontre des deux acolytes, qui passerons le reste de leur temps (et de la série) à se sauver mutuellement la vie. Malgré les apparences, Hermann n’est pas un pessimiste, persuadé que certaines valeurs humaines demeurerons toujours plus fortes que la barbarie. L’amitié en est une, fondamentale.

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Hermann Huppen

Oldies from seventies…

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1972, c’est encore la grande période de Pilote, celle d’avant la création de la nouvelle presse dissidente (L’Echo, Fluide, Métal…). Cette version hebdomadaire a permis à de nombreux lecteurs de découvrir de nouveaux jeunes dessinateurs qui deviendront pour beaucoup les maîtres de la BD d’aujourd’hui. A l’image de Bilal, qui signe la couverture et publie ici une de ses premières histoires de pure SF. Son graphisme est encore maladroit. Il se cherche encore (et toujours, d’ailleurs !) mais on y décèle les prémices d’une œuvre forte.

On trouve au sommaire de ce numéro 671 les planches de Vidal et Hoppe, Beketch et Loro, Beketch et Alexis, Vidal et Clave, ou Carthy qui, de part leur forme « fiche conseil », demeure sous forte influence « Madienne ». Coté bandes, que du bon : des histoires complètes avec Leconte, Bilal, Gibo, Fred, Greg ou Jean-Claude Gal… Et des prépublications avec Astérix (extrait du Devin), Forest ( Hypocrite), Lucky Luke (Chasseur de primes) ou Blueberry (Ballade pour un cercueil). Sans oublier les pages d’actualités de Jean Florac et Guy Vidal. Un numéro qui reste parfaitement lisible et tout à fait intéressant, même plus de quarante ans après sa sortie.

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A une époque (début des années 70) où ni Métal Hurlant ni Mad Movies n’existaient, les amateurs de fantastique avaient peu de chose à se mettre sous la dent ! Heureusement pour eux, il y avait Creepy, et son cousin Eerie. Deux revues traduites directement du matériau issu des EC Comics (Les Contes de la Crypte). D’où la présence dans ces pages de Wally Wood, Angelo Torres ou Richard Corben.

Ce recueil de trois numéros (les 18, 20 et 21. mais où est passé le 19 ?!), datant de 1973, alterne entre bandes dessinées déviantes en noir et blanc et articles de films fantastiques (de Universal, la Hammer ou les productions Corman) richement documentés. On y trouve de nombreuse images d’archives des (dorénavant) classiques du cinéma d’épouvante (Le bal des vampires, La créature du lac noir, Westworld, Dracula, La nuit des morts-vivants, etc.), ainsi que des chroniques sur les fanzines et revues de l’époque (ils parlent de Mad Movies en ces termes : « Le meilleur fanzine français consacré au cinéma fantastique dont la qualité s’accroit au fil des numéros »).

Creepy et Eerie sont actuellement réédités par le label Delirium des éditions ça & là.

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Première mouture de l’Echo des Savannes, et de loin la meilleure, car uniquement consacrée à la bande dessinée. L’Echo de 1974 est encore géré par le trio infernal Mandryka, Gotlib et Brétécher, avant que ces deux dernier(e)s ne s’envolent pour d’autres folles aventures éditoriales…

Mandryka est absent de ce dixième numéro (mais bien sur crédité en tant que directeur de publication), qui comprend la présence du génial Alexis et son loufoque La publicité dans la joie, scénarisé par Gotlib. Le monstrueux Masse et son noir et blanc massif nous raconte Une soirée en famille digne de Kafka et Dali. Leconte qui, avant de se faire un nom en tant que réalisateur, était un dessinateur talentueux et prolifique (il a bossé pour Pilote, Mormoil, Fluide Glacial…) au style monolithique et absurde très personnel qui ma foi, vieilli plutôt bien. Gotlib lui, nous présente sa version hallucinante et déjantée de l’Exorciste, en pas moins de 16 pages. On sent qu’il se libère ici de toute ces années de frustrations et d’(auto-)censures accumulées au sein de Pilote et de Pif. Plus aucuns tabous de sa part, ça fornique, dégueule, sue, chie et trucide à tout va. Jubilatoire ! Brétécher ferme le bal avec l’histoire de Chandelle, une jeune frustrée qui porte bien son prénom.

Un numéro dix de l’Echo qui, dans sa forme (édito de Gotlib !) et son sommaire (excepté cette absence de rédactionnel), annonce le futur Fluide Glacial qui sortira l’année suivante, en 1975.

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Y a pas à dire, Métal Hurlant était ce qui se faisait de mieux en cette époque de la fin des années 70. Pour preuve, le nombre de revues et fanzines qui s’en sont inspirés, même encore aujourd’hui. Un journal copieux (comprenant de nombreux dossiers complets, riches analyses et chroniques érudites) et généreux (sur cent pages en moyenne, de nombreuses bandes et illustrations d’auteurs prestigieux). Cette générosité constante est une preuve que la passion et le respect de son lectorat, étaient les principaux moteurs de la rédaction. Cette envie de partager, de faire connaître, fait de Métal Hurlant un journal-passeur, le prospecteur d’une nouvelle génération d’auteurs… Un lieu incontournable pour les grands artistes internationaux de la BD et de la SF.

Ce 39ème numéro comprend la présence de beau monde : Cornillon, Voss et son Kar War, Hermann et son Jérémiah, Druillet, Lob, Charlier & Gir avec leur Blueberry (en couleur !), Chaland, Margerin, Moebius et son garage hermetik, Paul Gillon et ses naufragés du temps…

La ‘formule Métal’ est ici à son summum : alchimie parfaite entre les auteurs « classiques » (Druillet, Moebius, Voss…) et les « modernes » (Chaland, Margerin…), la pure science fiction et l’humour absurde, la ligne claire et un graphisme plus chargé. Une revue qui reste d’une insolente modernité.

 

Walking Dead – Robert Kirkman

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Inconditionnel de Romero, la plupart des films de zombie sont incohérents par rapport à l’univers matriciel de maitre Georges, à l’exception notable des formidables Dellamorte Dellamore, Shaun of the dead, les 28 jours/semaines ou Zombiland), On connaît la bourde de Romero qui, à l’époque, n’avait pas protégé ses droits d’auteur, laissant sa nuit des mort-vivants tomber dans le domaine public et ainsi récupéré par de trop nombreux tacherons.

Romero n’a pas inventé la (dé)figure du Zombie, qui remonte au très fond de la culture Vaudou. Il a cependant posé les jalons du mort-vivant moderne. Les morts reprennent vie sans raison clairement définie (phénomène scientifique, nucléaire, naturel, climatique, viral, évolutif, biblique.. ?) et errent sur la surface de la terre dans un seul but, manger ce qui est vivant. Surtout bipède (certains peuvent dévorer des animaux, s’ils arrivent à les attraper…).

Chez Romero, les zombies sont la métaphore d’une nouvelle évolution, dans laquelle l’homme n’est plus en haut de la chaine alimentaire… Une parabole sur la bestialité de l’humanité, obligeant les survivants à « se nourrir sur le cadavre du vieux monde » (dixit Papagallo dans Mad Max 2). Une situation qui met en exergue les comportements les plus primaires…

Bien que le postulat soit purement fantastique, les attitudes et réactions des personnages sont tout à fait réalistes. C’est la force du cinéma de Romero.

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L’engouement pour les zombies dans le milieu de la bédé m’a jusqu’alors laissé indifférent. Le nombre de séries qui pullulent depuis quelques années me laissent perplexe quant à leur pertinence. Phénomène de mode auprès d’un public jeune, le zombie a plus de gueule que le vampire ou le loup-garou. Cependant, à force de tirer sur les grosses ficelles, les Zombies perdent de leurs forces d’évocation.

Aussi, lorsque le comics Walking Dead est sorti en 2007 chez Delcourt, je reconnais avoir fait preuve de préjugés, me disant que cette série devait être, comme beaucoup d’autres, bien décevante. Puis, l’adaptation en série TV, faisant l’unanimité pour ses qualités, m’a incité à lire le comics. Je voulais découvrir l’œuvre originale avant de voir l’adaptation. Et je dois reconnaître qu’il aurait été dommage de passer à coté d’une série de cette qualité.

Tout d’abord, que ce soit pour la série, le comics ou même le livre (L’ascension du Gouverneur), les codes « romériens » sont plus que respectés. Ce qui crée une complicité avec le lecteur-spectateur-amateur du genre. Kirkman explique (dans le volume  2) : « Pour moi, les meilleurs films de zombies ne sont pas les plus gores et les plus violents, ou ceux joués par des personnages abrutis et caricaturaux. Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui. Bien sûr, ils amènent également leur dose de gore, de violence et pas mal d’autres choses fun… Mais il y a toujours en arrière-plan cette critique sociale. C’est pourquoi je préfère, et de loin, Zombie (Dawn of the Dead de Romero) au Retour des morts-vivant (Return of the Living Dead de Dan O’Bannon). »

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Une comparaison s’impose alors entre le comics et l’adaptation télé. Cependant, chacun doit s’apprécier à sa juste valeur, en fonction de ses qualités intrinsèques. La série doit se voir comme une version alternative, une autre manière de raconter la même histoire.

Les tenants et aboutissants sont globalement les mêmes, mais mélangés, croisés… Telle situation ne se déroule pas de la même manière, ni avec les mêmes personnages. Les protagonistes diffèrent : il en manque certains (Allen, Ben et Billy) et de nouveaux apparaissent (Daryl, T-Dog). Certains conservent leur importance (Rick et sa famille), d’autres deviennent plus anecdotique (Andrea), quand d’autres sont plus présents dans la série (Shane). Des situations du comics sont oubliées dans la série (le passage du Wiltshire Estates dans le volume 2) alors que d’autres n’y apparaissent pas (l’épisode du labo en fin de première saison).

Pour le comics, la narration est plus linéaire, usant d’ellipses nous laissant toute latitude pour combler les manques. Alors que la série joue de flash-back nous racontant l’avant, expliquant des choses qui sont laissées en suspend dans le comics (tel que la contamination ou le phénomène des hordes). La série tv explique là ou le comics suggère…

Au niveau graphisme, Tony Moore ouvre la série avec un style maitrisé, un peu trop humoristique à mon goût. Je préfère le noir et blanc expressionniste et crade de Charlie Adlard qui, à mon sens, sied bien mieux à l’univers nihiliste de Kirkman.

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La psychologie des personnages est plus aboutie dans la série. C’est le point faible du comics, les personnages ne sont pas assez incarnés, pas assez vivants, trop figés. On les découvre au fil des événements qui s’accumulent et montent crescendo. La série s’arrête sur la personnalité (souvent complexe) des personnages, dressant les portraits dès  l’introduction de chaque épisode.

Cependant, dans l’une ou l’autre version, les protagonistes sont constamment confrontés à des choix difficiles pour leur survie, et de ce fait, perdent de plus en plus de leur humanité. Car dans ce monde de chaos, où les vivants sont plus dangereux que les zombies, il est impossible de se rattacher à ses anciennes valeurs, de s’attacher à l’autre sans peur de le perdre.

Bien que ne lésinant pas sur les passages gores (zombies obligent), la série est plus politiquement correcte, moins nihiliste. Il y a plus d’espoir… Le rôle de Carl est à ce titre significatif. Il aurait été impossible, même dans une série pour adultes, de représenter tel quel ce qu’il vit et fait dans le comics…

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Le Gouverneur

Au final, un comics réussi donne naissance à une série réussie ! Les scénaristes (Kirkman est crédité au générique) ont sût renouveler cette histoire, en garder les grandes lignes dramaturgiques, tout en créant quelque chose de neuf, qui ne donne pas l’impression de déjà-vu !

Et la série télé risque de durer, puisqu’à la fin de la saison 2, l’histoire n’en est arrivée qu’au début du volume 3 du comics, qui en compte 15 pour l’instant… Kirkman le précise : « L’idée directrice de Walkind Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible. Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. On ne se demandera JAMAIS ce qu’il est arrivé ensuite à Rick, on y assistera. Walking Dead sera un film de zombie qui ne connaîtra pas de fin. Enfin… Pas avant un bon moment du moins. »

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Walking Dead sur bedetheque

http://walking.dead.free.fr/

CRUMB, de l’underground à la Génèse (Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 2012)

CRUMB, de l'underground à la Génèse (Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 2012) dans Evenements culturels 354897crumbaffiche

Crumb au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, y’a comme un décalage… Le pape de l’underground qui a ses entrées dans l’Antre de l’Art Moderne, c’est un peu comme si Iggy Pop devenait officier des Arts et des Lettres ! Aah ? C’est déjà fait ?! Alors, j’ai rien dit…

Bon, foin de sarcasmes. Crumb est un génie, un monstre du dessin qui mérite amplement tous les honneurs, qu’ils soient officiels ou officieux. L’intégralité de son parcours nous est présentée par étapes chronologiques. Soit plus de quarante ans de carrière, jalonnée par pas moins 700 gribouillages. Mr Natural, Fritz, Snoid, Pekar, Buk, Kafka, Zap, Weirdo, Actuel… Personne ne manque à l’appel.

Ce qui caractérise Crumb, et dont on se rend pleinement compte ici, c’est qu’il n’est pas un carriériste. Il n’a jamais cherché à être à la mode. Il a su conserver son intégrité, sans aucuns compromis… Il est libre Robert. Libre de dessiner ce qu’il veut. Même la Genèse…

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Je m’attendais à une exposition moins sage. J’aurai aimé que Crumb explose l’espace bien rangé des salles d’expo. Et à part le festival de couleurs de la grande salle, où l’on trouve une sculpture d’une de ses plantureuses créatures, des portraits d’artistes et les pochettes de disques (dont le mythique dessin original de l’album de Janis Joplin), la majeure partie de sa production nous est présenté de manière classique et linéaire. Rien de spectaculaire ni de tape-à-l’œil, sauf si on sait regarder avec la bonne focale. Car tout est question de focale chez Crumb. La sobriété n’est qu’ambiante, la folie se situe ‘dans’ ses dessins.

Cette expo n’échappe pas cet éternel problème : comment rendre attrayantes des planches de bd ? Quel intérêt de sortir une planche de son contexte ? De l’exposer tel un tableau ? Ces questions n’ont plus de sens quand on se trouve devant les planches et dessins originaux de Crumb…

Mais attention, ne tombons pas dans la sacralisation de l’Original ! Car pour lui, la version imprimée et diffusée EST l’œuvre achevée. C’est pourquoi les planches originales sont accompagnées des revues dans lesquelles elles ont été publiées. L’aspect séquentiel est respecté. On peut donc lire les histoires sur les murs. Cependant, une bande dessinée se lisant plus facilement « à plat », les organisateurs ont mis à disposition des visiteurs une version imprimée à feuilleter en dessous des planches exposées.

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Je ne me lasse pas de la folie de ses mises en pages, de son sens irréprochable de la séquence (il use de nombreuses itérations iconiques), du mouvement. De ses formes tantôt humoristiques, tantôt quasi hyperréalistes. Crumb est un moine copiste, un enlumineur névrosé qui passe les trois quart de son temps à gratter sa feuille. Un obsédé (ça on le savait déjà) du modelé hachuré, du fourmillement de traits, de l’accumulation de détails jusqu’à la saturation, tout en assurant une parfaite lisibilité. Une prouesse d’autant plus grande qu’il dessine sur les formats de publication (albums ou revues). A ce titre, ses planches de la Génèse sont admirables.

Mais ce qui nous a littéralement scotché, avec les amis Bruce et Vidocq, se sont ses portraits. Des femmes, typiquement « Crumbiennes », des artistes connus, des chanteurs inconnus, chaque portrait est une pure merveille d’intensité, de beauté.

Une exposition riche et foisonnante. Un peu trop peut-être, la saturation n’était pas loin sur la fin… Mais une overdose de Crumb, on en redemande !

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The official Crumb site

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