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Milady 3000 – Magnus (Ansaldi éditions, 1986)

Milady 3000 - Magnus (Ansaldi éditions, 1986) dans Chroniques BD 1292498610

Roberto Raviola (1939-1996) alias Magnus, est connu de tous pour son adaptation des 110 pilules, ou pour sa série rétro-porno-futuriste Necron. Des œuvres actuellement (et justement) rééditées. Dans ce Milady 3000, il a temporairement abandonné cette dimension pornographique pour se lancer dans un Space-Opéra digne des grandes séries de l’âge d’or de la bande dessinée de Science Fiction (Flash Gordon ou Buck Rogers). Cet album nous permet de prendre la pleine mesure du talent graphique, de l’art de la mise en scène de Magnus.

Magnus est un excellent dessinateur réaliste, maitrisant parfaitement les règles anatomiques (aussi bien pour les formes que les postures et mouvements des personnages). Les couleurs flashy, presque psychédéliques de Bigi Silvana contrastent avec ce trait noir épais caractéristique, et soutiennent parfaitement ces formes toutes en arabesques, charnelles et puissantes. Elles contribuent au décorum « Space-Opéra » de l’album. Ces planches de grand format vous happent littéralement.

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Esthète de l’érotisme (façon Manara ou Serpieri) ou tâcheron de série B « horrifico-pornographiques », Magnus se balade tranquillement entre ces deux pôles, sans aucuns complexes. Ayant fait ses armes dans la bande dessinée d’exploitation, œuvrant dans de nombreuses revues « de gare » (au format poche), du genre des productions Elvifrance ou Edifumetto : Satanik, diabolik, Tex… Cette expérience a certainement contribué à forger ce style direct, ce graphisme explicite et lisible, ces mises en page allant à l’essentiel, toujours au service de l’histoire.

Un vaisseau débarque sur la place-forte du duc (la base spatiale de l’altesse Nicolas, duc d’Asie) avec à son bord, la courtisane impériale Nastasia Felina Bosmanova accompagnée de son fidèle serviteur, l’androïde Uer. Mais cette milady n’est pas ce qu’elle prétend être. Il s’agit en fait de la redoutable Paulina Romana, comtesse Zumo, qui s’est infiltré dans cette place-forte pour kidnapper le prince Edo…

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Magnus n’est pas reconnu pour la qualité de ses scénarii – alors qu’il possède un sens de la mise en scène et des dialogues remarquables. Cependant, ce Milady 3000 nous démontre le contraire. Point de bêtes enchainements de séquences prétextes à des scènes scabreuses (comme dans Necron par exemple), cette histoire (qui serait vaguement inspiré d’un récit d’Isaac Asimov) est bien rythmée, sans temps morts ni situations abracadabrantesques (enfin, ça reste de la SF !).

Point de pornographie dans cet album, certes, mais un érotisme diffus plane tout au long de l’aventure. On retrouve ici les obsessions de Magnus, en particulier cette confrontation entre les corps décharnés, mortifiés des hommes et la plastique superbe, fraiche et vivante des femmes, toujours plus fortes que les mâles qui les entourent (ce qu’on retrouve dans Necron ou les 110 pilules). On ne se refait pas…

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Magnus sur bdzoom

Milady 3000 sur rocbo

SUPERWEST COMICS – Mattioli (l’Echo des Savanes/Albin Michel, 1986)

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La plupart des dessinateurs italiens font preuve d’une grande rigueur académique au niveau de leur graphisme, de l’anatomie. Manara, Giardino, Serpieri, Liberatore, Magnus… Tous sont les héritiers directs des grands peintres de la Renaissance. Leurs représentations des corps les inscrivent dans l’héritage plastique d’un Raphaël ou d’un Michel-Ange… Représentation charnelle de la matière, puissance des corps, pureté des gestes…

Il y a bien sûr des exceptions à cette tradition. Mattioli lui, s’exprime dans un genre purement humoristique et stylisé, à l’opposé de la représentation réaliste des auteurs sus-cités. Il s’inspire plutôt de l’art moderne et de la contre-culture (New Wave, cinéma bis… Dans son Superwest Comics, parodie absurde de Superman, il utilise des couleurs vives très Pop-art, détourne des images de films (souvent interdits aux mineurs) et s’amuse avec les codes de la bd (narration, séquençage…) afin de nous raconter six histoires plus loufdingues les unes que les autres, flirtant avec le « porno-gore-scato » et fortement jubilatoires.

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Dans Panic in the city, Superwest tente de sauver les citadins d’un méchant scientifique qui transforme les trottoirs en sables mouvants. Scanner est une référence directe au film de Cronenberg. Porno massacre porte bien son nom, Superwest enquêtant sur la mort d’une actrice… Very hot dogs nous raconte l’histoire de saucisses tueuses qui sont en fait fabriquées à base de loup-garou. Cartoons hold-up, un braquage organisé par Riri, Fifi et Loulou déguisé en Woody Wood Pecker, ou l’inverse… Et The Shadow raconte l’histoire d’une ombre tueuse dont seule l’idée lumineuse de Superwest arrivera à venir à bout.

Mattioli privilégie une approche absurde, ludique, surréaliste et poétique du médium. Que ce soit avec son génial M le Magicien (avec lequel il se joue des codes, tel un Fred), son Squeak the Mouse (bd muette, du Tex Avery sous acide qui influencera très fortement Matt Groening pour son Itchy et Scratchy) ou ce Superwest, ses planches sont de véritables dessins animés en deux dimensions. Mattioli privilégie le mouvement dynamique et dynamite, ce qui rend ses bd toujours aussi modernes plus de 20 ans après leur création…

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Itchy et Scratchy ? Nan, Squeak the Mouse ! 


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