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Lectures connes…

Plutôt que de dresser la liste de mes bande dessinées coups-de-coeur, je préfère parler des lectures les plus connes que j’ai eu le loisir de découvrir cette année. Petite précision : j’entend par connes, des bd absurdes, des albums à l’humour crétin, des histoires débiles, mais toujours marrantes ou éclatantes. Comme j’en trouve tous les mois dans les revues Fluide Glacial et Psikopat, les références en la matière !

Lectures connes... dans Chroniques BD mkm-covers

Sorti il y a deux ans, MKM est une histoire totalement loufoque, fruit des cerveaux déjantés de deux auteurs spécialistes des récits absurdes et abracadabrantesques : Mathsap (son supermurgman est inscrit au panthéon des héros débiles) et Lewis Trondheim (un expert en la matière). Sans oublier l’énigmatique Frantico (Trondheim, sort de ce corps !).
Tout commence au festival de bande dessinée de Lisbonne, auquel Mathsap et Frantico se sont donné rendez-vous. A une terrasse de café, ils font la connaissance d’un mystérieux personnage qui leur propose une idée intéressante de bande dessinée, qui permettrait de faire connaitre son sport « très faboulous » : le « Mega – krav – Maga », une sorte d’art martial très particulier. Les deux compères acceptent et se retrouvent alors embarqués (sans rien comprendre ni maitriser) dans une aventure de dingues.
Il n’est pas toujours simple de s’y retrouver dans cette succession de séquences et de personnages, sachant que mathsap et Trondheim dessinent les planches en alternance, on passe d’un style à l’autre sans aucune cohérence, à la manière d’un cadavre exquis. Ils semblent inventer cette histoire de dingue au fil des pages. Mais on va au bout de ces deux volumes, se demandant par quelle pirouette scénaristique vont-ils s’en sortir. Très con !

 dans Chroniques BD

Tanxxx nous propose la suite de son Rock, Zombie ! Faire danser les morts, un titre qui annonce clairement la couleur. Survivante à l’invasion des zombies, Tanxxx tombe sur un gropuscule de jeunes punks (tous végétariens) qui ont trouvés le remède pour faire revivre les morts-vivants : leur faire écouter la musique qu’ils ont toujours aimé de leur vivant. Si les punks reviennent d’entre les morts grace aux Minutemen (qui jouent ici leurs propres rôles !), l’armée de son côté reveille un bataillon de banquiers beaufs à grands coups de Johnny !
Grosses références dans cet album, Tanxxx dresse la liste des artistes qu’elle a écouté durant sa réalisation. J’y retiendrai entre autres Tool, Kyuss, Cypress Hill, Beastie Boys, Fugazi, Morphine, Primus, Nick Cave and the Bad Seeds, Jeff Buckley, Nirvana ou At the Drive In…
Tanxxx est la reine de l’humour con et de l’autodérision. Le tout servi par un graphisme solide, vif et percutant, des mises en pages de dingues, parfaitement mises en valeur par les couleurs de Magali Arnal (qui elle, garantie avoir écouté du Kylie Minogue !). Pas étonnant que ce Faire danser les morts soit édité par Même pas Mal, maison spécialisée dans l’humour génialement con !

Devenir un vrai Mâle – grâce aux stars d’action du cinéma des années ’80. Avec un titre comme ça, ça annonce du lourd ! Co-réalisé à trois (il fallait au moins ça !), cet album alterne « bd testostéronés, jeux burnés et conseils musclés pour enfin devenir un vrai mâle ! » Tout est bien con, mais tout n’est pas bon ! Heureusement, il y a quelques perles, comme le Magnum Love by Very Dirty harry ou les fiches de Chuck Norris qui font toujours leur effet ! Petit cadeau de l’ami Swamps, adepte lui aussi des lectures connes !

SINE – 60 ans de dessins (Hoëbeke, 2009)

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Ouvrage de qualité, aussi bien dans sa forme que son contenu. Les éditions Hoebeke nous propose, comme à chaque fois, un livre de très belle facture, au papier de qualité supérieure, avec des couleurs qui rendent hommage aux œuvres imprimées. Toujours avec une couverture souple, mais solide. Ce genre d’ouvrage qui résistera au temps et aux modes éditoriales. Pour un auteur comme Siné, on ne peut rêver mieux. Et pour nous présenter le contenu, je laisse la parole à François Cavanna :

« Siné, 60 ans et toutes ses griffes

Il a toujours été pour les chats, le jazz, l’humour, et contre l’armée, les flics, les religions. Un album rassemble «60 ans de dessins» de Siné, et le fête. Increvable Siné ! Comme ses chats bien-aimés, il retombe toujours sur ses pattes. Le coup en vache qui devait le jeter à bas, il en fait un triomphe. Ce gros bouquin est le trophée de sa victoire. Comment ce gars, qui prenait le départ d’une brillante carrière d’humoriste genre intello d’avant-garde apprécié par un lectorat plutôt snob, est-il devenu cet enragé, ce semeur de merde qui allait foutre le feu aux quatre coins de la presse française ? C’est que les gens qu’il fallait -Leonor Fini, Jean-Jacques Pauvert… – ont su déceler le tempérament de Siné et son principal, pour ne pas dire son unique centre d’intérêt. Tempérament de bagarreur, intérêt puissant pour la chose politique.

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Siné n’aime pas l’armée, les flics, les religions, l’embrigadement, comme toutes les formes de contrainte, d’oppression, de refus de penser par soi-même. Un anar, alors ? De coeur, certainement. Les petits malins qui ont toujours tout compris s’écrient : «Anar de droite !», ce n’est même plus à la mode…

Siné dessine comme on écrit. Et il écrit autant qu’il dessine, avec la même vacherie tranquille. Il exprime des idées simples par un dessin volontairement simpliste. Foin de la ressemblance ! Ses bonshommes  ? Des stéréotypes. Un ovale, c’est le visage. Le même pour tout le monde. Une petite moustache si le modèle en porte une, des cheveux plus longs si c’est une madame, un cigare au bec si c’est un rupin, une gâpette de travers si c’est un homme-du-peuple, ça fait la rue Michel. Le plus fort, c’est qu’elle y est, en fin de compte, la ressemblance !

Le message est aussi direct que le trait est dépouillé. Tu le reçois en pleine gueule. Siné veut être compris au premier regard. Quitte à faire gros. Quand il faut faire gros, il fait gros. Les chiortes ne lui font pas peur. Quoi de plus efficace que la merde pour exprimer le dégoût ? Mais l’idée n’est jamais médiocre, là moins encore qu’ailleurs. C’est donc l’humour vache. Mais pas gratuit. Sine a choisi son camp. Les sourires en demi-circonférence fleurissent plutôt sur les tronches à casquette. Il lui est arrivé de militer, en des temps où militer n’était pas de tout repos.

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Chat aigne

Comme tout le monde, c’est par les chats que j’eus tout d’abord connaissance de Siné. Vers les années 1950, on vit soudain des chats partout, surgis va savoir d’où. Des chats-cals-(en-bourre) – Siné, tu permets ? – qui vous fixaient de leur bonne bouille ronde, calembourdesques à faire pâlir le calembour, étirant d’une oreille à l’autre un sourire fait d’une demi-circonférence qu’il suffisait de retourner pour obtenir une grimace tout aussi éloquente, mais en sens inverse. Si le dessin est délibérément sommaire, il est, qu’on ne s’y trompe pas, minutieusement travaillé. Une application de bon élève. Il exprime les choses de façon posée, en gars qui a quelque chose à dire et qui tient à le dire bien. Je ne sais pas si cela se remarque, mais en tout cas on en subit l’effet, chacun de ses dessins est un petit tableau qui, tel quel, pourrait faire une «une». Ses «unes», d’ailleurs valent des affiches. Une «une» de Siné à la devanture du kiosque, ça appelle ! On la voit du trottoir d’en face. Quant à ses affiches… Voyez vous-même !
Si, chez Siné, le cul – ailleurs on dit «l’amour» – tient une aussi grande place, c’est qu’il est la seule chose au monde qui puisse consoler de la vacherie de la vie. C’est aussi pourquoi, chez Siné, le cul est toujours joyeux.

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Voici donc réuni l’essentiel d’un œuvre énorme, soixante ans de bagarre contre une société étouffante, pas du tout ouverte à cette critique violente qui appelle un chat un chat et un homme politique un étron, et qui fait de Siné ce paradoxe : un réprouvé perpétuel porté par une popularité qui ne se dément pas. Il vient encore d’en faire la brillante démonstration. » (Cavanna, « le Nouvel Observateur » du 8 octobre 2009).

Sans revenir sur la polémique, il est important de noter que, de l’actuelle équipe de Charlie,seul Cavanna (et Willem aussi) a encore (de) l’estime et (de) la reconnaissance de (pour) Siné. « Sache que tu seras le bienvenu dans « Siné Hebdo », lui disait-il dans sa zone de novembre 2008 (n°12). Chose à laquelle Cavanna n’est pas indifférent, sinon pourquoi aurait-il chroniqué cet ouvrage, et de cette manière…Ca me réconforte, car je n’aurai pu accepter que mon Siné critique mon Cavanna, ou que mon Cavanna critique mon Siné ! Oui je sais, c’est très possessif tout ça, mais que voulez-vous, je les kiffe grave tous les deux !

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nouvelobs.com

Le groom vert-de-gris – Schwartz & Yann (Dupuis, 2009)

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Spirou est cette fois-ci confronté à l’Histoire, la vraie ! Jusqu’alors, il s’est plusieurs fois retrouvé face à des dictateurs d’opérette (souvent incarnés par Zantafio !), ainsi que le plus célèbre des scientifiques de pacotille : Zorglub ! Mais dans cet album, Spirou est confronté à un ennemi qui a réellement existé, avec lequel il est difficile de prendre des libertés scénaristiques. Et Yann s’en sort très bien ! Son scénario est cohérent par rapport aux éléments historiques, tout en possédant une bonne dose de rocambolesque (voire la fameuse arme anti-aérienne !) et d’humour.

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L’armée allemande a réquisitionné l’hôtel où travail Spirou qui, de fait, se retrouve à leur service. Mais ce que ne savent pas les nazis, ni Fantasio d’ailleurs, c’est que Spirou est un espion qui profite d’être au plus prêt de l’état major allemand pour divulguer des informations capitales à la résistance. Fantasio lui, est résistant de fait, lorsqu’il décide de cacher des soldats américains chez lui. De plus, il se trouve être l’ami d’une résistante activiste… Durant tout l’album, nos deux héros ne s’adressent plus la parole car Fantasio croit que Spirou est devenu collabo. Et bien sur, ce dernier ne peut lever ce malentendu au risque de se faire  repérer par les nazis. On a d’ailleurs affaire à un Spirou un peu « effacé », en retrait, qui subit les événements au lieu d’imposer son rythme. Un Spirou réactif, plutôt qu’actif… Du coup, Fantasio lui vole la vedette !

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Pour retranscrire cette époque d’occupation, les auteurs n’hésitent pas à user de nombreux clin d’œil, faisant référence à des films d’époque (La traversée de Paris, Paris brûle-t-il ?…), des bandes dessinées de cette période, avec des personnages de Franquin (on retrouve Poildur, le boxeur qui affronte Spirou dans ses premières aventures), Hergé (on croise souvent Quick et Flupke au coin d‘une rue…) Jijé (Blondin et Cirage) ou Willy Vandersteen (Lambique, tante Sidonie ou Jérôme, sortis de chez Bob et Bobette !). Référence également aux dadaïstes, aux zazous… Tous les protagonistes de cette période sont présents : les soldats allemands, les collabos, les résistants, les soldats américains, les pauvres gens, les contrebandiers… Le thème de la condition juive n’est que très brièvement abordé, lorsque Spirou apprend que son amie Audrey a été emmenée par les boches en Allemagne. On ne peut pas le reprocher aux auteurs. Cet album est une Aventure de Spirou, pas un documentaire sur la deuxième guerre mondiale.

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Pourtant, choses nouvelles pour un album de notre groom favori, il y a de la violence, des morts, de la torture… Cela se justifie par le contexte de l’histoire. Difficile de traiter de cette période sombre sans aborder la triste réalité des faits. Il y a aussi du sexe, suggéré bien sûr, lorsque Fantasio cède aux tentations de la sulfureuse Ursula. Spirou, qui a repoussé les avances de cette dernière, flirte tout de même avec Audrey, la jeune juive qui vit cachée sous les toits.

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Une aventure au rythme haletant, bourrée de rebondissement, qui aborde des thèmes graves avec un style léger et coloré, qui évoque plus un Chaland qu’un Franquin (la présence de son Bob Fish nous confirme cette référence).

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Scène de marché où l’on retrouve beaucoup de tête connues…

HERMAN – Jim Unger (Glénat, 1987)

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Restons dans le dessin d’humour de grande qualité avec Herman de Jim Unger. J’ai découvert par hasard cet ouvrage (première traduction en français) et suis de suite tombé sous le charme de cet humour so british… Jim Unger est un anglais qui à travaillé au Canada. Mais laissons la parole à l’intéressé, qui se raconte mieux que personne…

Pour devenir un « cartoonist », on a besoin que d’une feuille de papier, d’un stylo à dix francs… et d’un solide sens de l’humour. Le sens de l’humour c’est le plus important ! Surtout si, comme moi, ça vous a pris trente ans pour économiser les dix francs… 

Si vous aimez les dates, sachez que j’ai débuté Herman en 1974. Auparavant, j’avais placé quelques dessins humoristiques dans un quotidien canadien, mais les lecteurs trouvaient mes dessins tellement poilants que personne ne lisait plus les éditos. Alors je me suis tourné vers la B.D. Mais ce n’était pas mon style : je me sentais prisonnier à l’intérieur de ces petites cases. Jusqu’au jour où les gens de Universal Press Syndicate ont vu ce que je dessinais et l’ont baptisé du nom d’Herman. Qu’est-ce que j’en sais moi ? Je ne connais même pas ce type. 

On me demande souvent comment j’ai débuté. Mais je ne répond jamais – surtout si mes admirateurs savent dessiner ! Car s’ils sont bons, ils ont forcément le sens de l’humour. Alors je me contente de raconter que j’ai commencé à l’armée. 

En réalité, débuter n’est pas très difficile. La véritable épreuve, c’est imaginer une nouvelle idée chaque jour. Ca c’est dur ! Il faut savoir s’abstraire de la race humaine, prendre du recul et regarder les choses telles qu’elles sont réellement. Car comment être objectif face à notre univers ? Nous sommes comme des poissons, incapables de voir l’eau qui nous baigne. 

Nos cerveaux sont programmés dès l’enfance. On ne pense pas, on apprend. On apprend ce qui est joyeux ou ce qui est triste. Et le banal, on l’oublie. Quand on regarde les nuages dans le ciel, on oublie à quel point ils nous ont parus bizarres la première fois qu’on les a aperçus par la fenêtre de la chambre d’enfants. Moi quand j’étais gosse, je n’avais pas de chambre, je me souviens que je les observais à travers une fente du plafond. 

Si Herman est drôle, c’est parce qu’il illustre le ridicule de nos comportements que nous croyons « normaux ». Car nous partageons tous les mêmes choses, les mêmes gestes, les mêmes pensées. Et pourtant, nous nous croyons uniques : voilà où débute l’humour… (Jim Unger en préface de l’ouvrage)

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DESSINS POLITIQUES – Siné (J.J.Pauvert éditeur, 1965)

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Siné est depuis toujours –et pour toujours- non pas un « anti-tout » comme certains aiment à le réduire, mais un anti-cons (au pluriel). Il s’attaque surtout à la connerie institutionnalisée : l’armée, la religion, les politiques colonialistes, le capitalisme, la bourgeoisie…

Pour lutter, il a su créer une forme d’humour particulier. Dans le fond, Siné a toujours conservé sa ligne de pensée : insoumis et sans concessions. Son champ d’action n’a pas changé non plus. C’est un activiste du dessin d’humour, domaine qu’il n’a cessé d’explorer avec jubilation (du moins pour ses lecteurs), pour dénoncer les abus de pouvoirs et les répressions de tout ordre, le plus efficacement possible.

Ce beau livre (petit format original et couverture en papier kraft) regroupe ses dessins politiques réalisés entre 1958 et 1965 (publiés à l’époque dans une dizaine de journaux, dont Siné-Massacre). Les thèmes abordés ne sont plus d’actualité (quoique), mais cinquante ans après, ces dessins restent pertinents et percutants. Comme quoi, l’époque change mais certaines choses demeurent… C’est pourquoi Siné l’enragé est toujours là, avec son style impérissable…

Siné utilise le procédé classique du dessin humoristique : un dessin unique avec le texte en dessous. Sauf qu’il est aux antipodes de l’humour potache de l’époque (calembours et amants dans l’armoire). Ses dessins sont engagés. Ils dénoncent. Son humour est noir, grinçant (il a remporté le Grand Prix de l’Humour Noir en 1955). Cette manière particulière (et depuis longtemps imitée) qu’il a de commenter l’actualité en intégrant des extraits d’articles de journaux dans ses dessins ou en diffusant ses lettres adressées à ses détracteurs (par exemple, au juge d’instruction suite à une inculpation pour « insultes publiques envers l’armée », en 1960).

S’il était moderne à l’époque, on ne peut pas dire qu’il soit dépassé aujourd’hui, au contraire. Resté fidèle à sa ligne de conduite, son style est toujours aussi percutant et dérangeant (les exemples récents ne manquent pas). La création de Siné Hebdo nous démontre qu’il est toujours aussi « vert » à 80 balais ! Un modèle. Santé Siné !

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L’ennemi intime…

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Du beau, du bon, des bds…

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