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JADE (revue) – 6 Pieds Sous Terre

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Dernier numéro

Chaque magazine de BD a des intentions, des objectifs (et des moyens) qui lui sont propre. Différentes manières de concevoir, présenter, critiquer, penser la Bande Dessinée… 
De fait, la plupart sont des catalogues, des vitrines, permettant aux maisons d’édition de présenter leurs séries avant de les éditer… Que leurs nouveaux auteurs trouvent un public… Que leurs ouvrages se vendent…Cela se vérifie aussi bien chez les grandes maisons (Dupuis-Dargaud-Lombard avec Spirou Le Strip ou Kid Paddle, Soleil avec Lanfeust Mag, Glenat avec Tchô, et qui a récupéré L’Echo des Savannes, etc.) que chez les « indépendants » (Audie avec Fluide Glacial, les éditions du Zebu avec le Psikopat, l’Association avec Lapin, Les Requins Marteaux avec le formidable et regretté Ferraille Illustré…)
Un Art, la Bande Dessinée est également un produit de consommation culturelle. Il faut bien que les artistes vivent… C’est le but de moult publications périodiques que de promouvoir leurs produits « maisons ».
Je ne critique pas cet état de fait, au contraire. En tant qu’ amateur (donc consommateur) de BD, je suis heureux de voir que le marché se porte bien. Avoir un maximum de choix, faire des découvertes… C’est pour moi la vocation première d’un magazine, d’une revue… Et même si la presse BD se porte un peu mieux depuis quelques temps, je déplore qu’il n’y ait plus de choix correspondant à mes attentes (une vraie ligne éditoriale qui ne soient pas qu’une suite de présentation d’albums, développant un vrai sens critique mais surtout, nous proposant des histoires inédites, de nouveaux auteurs…
Nombre de revues, de fanzines (PLG par exemple) mériterait d’être diffusés en kiosque, plus accessibles…

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Deuxième formule

C’est donc par hasard, entre deux BD du rayon « indépendants », que je tombe sur le Jade 2503U , la revue des éditions 6 Pieds Sous Terre. Je croyais à une nouveauté mais en fait, cette revue existe depuis très longtemps… D’abord sous la forme d’un fanzine de cultures alternatives (BD, Bruits, B-movies…), 64 pages, distribué dans des librairies spécialisées et dans les kiosques du sud-ouest, de 1991 à 1995. Elle fut consacrée par des prix dans sa catégorie au festival d’Angoulême (1992) et au festival d’Audincourt (1994). 10 numéros furent publiés. De 1995 à 2003, une nouvelle mouture comprenant 26 numéros fut disponible dans tous les kiosques et dans des librairies spécialisées en France, Belgique et Suisse. Ce fut la principale revue qui accompagnât et se fit l’écho des nouvelles tendances de la bande dessinée des années 90. Des auteurs comme Bouzard, Winshluss, Colonel Moutarde, Cizo, Witko, Vanoli, Ambre, Kaze Dolemite, Baladi, Blanquet, Matthias Lehmann, Tirabosco, Jampur Fraize, Monsieur Vandermeulen etc. y aiguisèrent leurs crayons et gagnèrent leur public. Cette troisième version, disponible uniquement en librairies spécialisées, entend donner la parole à ces mêmes auteurs ainsi qu’à de nouveaux et jeunes auteurs, directement influencés par cette génération.  (source)

Revue d’humour décalé, Jade fait parti de la même famille que Lapin ou Ferraille Illustré . C’est d’ailleurs avec plaisir qu’on y retrouve des anciens de Ferraille (Guerse & Pichelin, Bouzard, Besseron, Cizo, Witko, Winshluss… J’aime bien cette idée de « famille » que l’on peut retrouver dans (et entre) certains magazines. Comme par exemple l’équipe de Fluide qui possède un esprit particulier qu’elle partage avec celui du Psikopat ou de Charlie
Voici l’intention de l’actuel rédacteur en chef de Jade , Jean-Philippe Garçon : « …un espace d’expression qui peut intéresser des tas de gens, des gens avec qui on ne peut pas nécessairement faire un livre de but en blanc, et donc pouvoir proposer une revue, c’est toujours un bon terrain pour voir comment les collaborations se font, et que les gens puissent gagner en expérience aussi avec un tel support. De fait, relancer Jade est vraiment parti de ce constat… »
Voilà qui donne du sens à cette revue ! 

Mais au fait, qu’est ce qui distingue une revue d’un magazine ?
Selon Wikipedia : « Une revue est une publication périodique (une fois par semaine ou par mois ou plus) spécialisée dans un domaine précis tandis qu’un magazine est une publication périodique, le plus souvent illustrée, traitant de divers sujets ou parfois spécialisée. » ??!! Encore une définition hasardeuse de la Free Encyclopedia ? Ceci dit, ces deux mots sont des synonymes : publication périodique, parfois spécialisée… Cette définition colle très bien au fanzine également… Quelles différences alors ? Outre le format et la périodicité, je ferai pour ma part une distinction au niveau de leur distribution : les magazines sont plutôt vendus en presse, dans les kiosques (Fluide , Psikopat, etc.). Les revues, dans les librairies spécialisées et grandes enseignes (9ème Art , l’Eprouvette , etc.). Les fanzines, plutôt par correspondance ou dans les lieux spécialisés (conventions, festivals, librairies…)

RETOUR AU COLLEGE – Riad Sattouf (2005 – Hachette Littératures)

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On le sait, le sympathique Riad Sattouf est un fin observateur des mœurs de son époque. Il décrit comme personne les comportements et attitudes de ses contemporains. Il suffit de lire sa chronique dans Charlie Hebdo pour s’en convaincre. Ce « Retour au collège » ne déroge pas à la règle. C’est sensible, drôle, et un peu flippant quand même… Vrai, quoi !

C’est parce qu’il en garde un mauvais souvenir qu’il décide de retourner au collège pour voir si ce monde adolescent est aussi terrible que ça !
Et il l’est, bien entendu ! Mais cette fois-ci, Sattouf n’est plus directement impliqué. Sa position de chroniqueur-observateur lui convient à merveille car se replonger dans cet univers impitoyable évoque en lui de vieux souvenir enfouis, qu’il se serait bien gardé de se rappeler (faire parti du « club des pédés », ça marque, forcement). M’enfin, il est grand maintenant, finis les complexes… Etant rapidement accepté par les jeunes de la classe de 3èC, il lui arrive même de jouer le rôle de grand frère un peu moralisateur… Belle revanche personnelle…

Sur une idée d’un ami, et parce qu’il vient d’un milieu populaire, Sattouf préfère observer de l’intérieur un collège « de riches ». Et le constat est sans appel : qu’ils viennent d’un milieu aisé ou pas, les adolescents sont tous les mêmes ! Il y a les gars qui assurent et les pauvres nazes, les filles cool et les filles « molles »… Tous recherchent plus ou moins les mêmes choses : les dernières fringues ou portables à la mode, sortir avec untel ou une telle et surtout, être intégré dans le groupe. Le sentiment d’exclusion est la pire chose à vivre quand on est ado. Et ça, Riad Sattouf l’a finement retranscrit.

Avec son style faussement caricatural (mais réellement précis), il nous dresse des portraits (pas très avantageux) d’adolescents attachants ou têtes à claques, souvent les deux à la fois. Bien sur, il croque aussi le personnel de direction et certains professeurs, mais « le retour au collège » n’est à aucun moment une critique du système scolaire.
Jamais méchant, Sattouf a une réelle affection pour cette jeunesse qu’il nous décrit. Et on en redemande !

TROIS OMBRES – Cyril Pedrosa (2007 – Delcourt (shampooing)

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Je me lance dans la lecture de cet ouvrage avec, il faut le dire, une certaine appréhension. N’ayant lu aucun résumé de l’histoire, je m’attendais à découvrir un roman (autobio)graphique de plus, nous narrant les mésaventures de héros malades ou traumatisés… Mais, dès les premières pages, je me rends compte de mon erreur…
3 Ombres est une fable, abordant des thèmes propres au genre : époque incertaine, quête initiatique et ses diverses rencontres, magie et sorcellerie…

Pedrosa commence son histoire de façon réaliste (décrivant la petite vie tranquille d’une famille de paysan), puis utilise la symbolique des 3 Ombres pour annoncer un drame qui va modifier le cours de l’histoire et la destinée des personnages. S’en suit alors une quête effrénée du Père et de son fils, qui entre de plus en plus dans le Merveilleux, jusqu’au dénouement final, qui nous ramène à un épilogue réaliste.
On suit donc l’aventure de Joachim et son père, qui subissent les événements sans pouvoir les modifier, et encore moins les fuir. Car comme dans tout conte de fée, les héros ne peuvent échapper à leur destinée.

Avec son style faussement léger, plus expressionniste qu’à l’accoutumé (trait au fusain vif et rond, noir & blanc contrasté), Pedrosa  nous raconte l’histoire d’un drame familial : la perte d’un enfant. Mais plutôt que de la traiter de façon réaliste, il a l’intelligence de l’aborder comme un conte à grande portée symbolique, qui évite tous pathos et rend ces « 3 Ombres » universelles. Une manière sensible et originale de raconter le deuil…
Belle surprise !

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