Archives pour la catégorie Presse et Revues



SINE HEBDO – Un an et toutes ses dents…

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Siné Hebdo fête ses un an d’existence avec ce 53ème numéro. Ce qui aurait pu n’être qu’une blague s’est transformé en une aventure éditoriale qui rappelle les grandes heures de la presse contestataire des années 60-70 (Siné Massacre, l’Enragé ou Hara-kiri hebdo…) Comme nous l’explique Siné dans son mail de remerciement : « L’aventure Siné Hebdo était improbable. Lancer un nouvel hebdo, en trois semaines, pendant l’été 2008, et en pleine crise de la presse : il fallait être fou ou très en colère ! Nous étions les deux. Le succès fut au-delà de toute attente : 140 000 exemplaires vendus dès le premier numéro, le 10 septembre 2008. Depuis, c’est 2 millions 700 000 exemplaires vendus, 50 000 mails et courrier des lecteurs, 12 000 dessins reçus dont plus de 2 650 publiés, grâce à une équipe de chroniqueurs, journalistes et dessinateurs enragés ».

En effet, si Siné Hebdo n’était qu’une tribune pour régler ses comptes avec Charlie hebdo et Philippe Val, cet hebdo n’aurait pas tenu un an et aurait vite saoulé ses lecteurs (moi le premier). Mais Siné sait diversifier ses combats et nous a constitué une rédaction aux petits oignons afin de « lutter contre le consensus mou, la terreur intellectuelle et la pensée unique…  ». Et s’il est un journal satirique « de rigolade », Siné Hebdo sait aussi nous proposer des enquêtes d’investigations, des reportages de correspondants à l’étranger, des rencontres riches et intéressantes…

Pour l’occasion, on trouve en kiosque leur deuxième hors-série : Un an, et toutes ses dents. Sur 96 pages, on y retrouve les meilleurs articles et dessins publiés pendant cette première année. Benoit Delépine, Delfeil de Ton et Bruno Gaccio racontent les premiers pas du journal et règles au passage quelques comptes.

Siné Hebdo est un journal indépendant et sans concessions. Un journal pour « chier dans la colle et les bégoniats ».

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L’Echo des Savanes (Magazine, 1972)

L'Echo des Savanes (Magazine, 1972) dans Presse et Revues echo6

Je ne peux dresser un inventaire des revues et magazines de bd actuels sans mentionner l’Echo des Savanes.  

Créé en 1972 par Mandryka, accompagné de Gotlib et Bretécher, l’Echo des Savanes eu l’effet d’un séisme au sein de la presse bd de l’époque. C’est la première revue officielle de bd « underground » française, très inspirée par Actuel et la contre-culture US (et surtout par l’exemple de Crumb lorsqu’il décide de s’autoéditer). Ces anciens transfuges de Pilote sont partis afin de jouir d’une totale liberté et pouvoir aborder dans leurs planches des thèmes plus adultes – en gros, pouvoir dessiner des bites, chose que bien évidemment le prude René Goscinny ne pouvait laisser faire au sein de Pilote (alors que paradoxalement, le premier nu intégral masculin de la bd française, dessiné par Druillet dans Delirius, fut diffusé dans Pilote en 1972).

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Le premier numéro, par Bretecher…

Mais dans le fond, la vraie raison est le désir de Mandryka de créer un journal. Voire même plusieurs, car il avait l’ambition de créer un groupe de presse d’au moins quatre magazines, spécialisés chacun dans un genre précis : underground (l’Echo donc), Science fiction (il est à l’origine du nom Metal Hurlant), comique (qui donnera Fluide Glacial) et parodique (Mormoil). Mais ça ne s’est pas passé comme il l’espérait. Ces journaux ont bien existé, mais de façon indépendante (Il y aura tout de même d’autres magazines dérivés de l’Echo : le Spécial USA et Virus). Gotlib et Bretécher l’on suivi dans l’aventure car ils se sentaient aussi à l’étroit dans la rédaction de Pilote et avaient envie d’une totale liberté artistique. Mais ils ne resteront pas très longtemps à l’Echo, Gotlib part fonder Fluide Glacial en 1975 et Bretécher se lance pleinement dans l’autoproduction avec ses Frustrés

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Spécial USA, de 1976 à 1993…

L’Echo a connu plusieurs formules : d’abord spécialisé dans la bd underground, il s’est transformé dans les années 80 et 90 en un sous-Lui (femmes à poils et grand reportages à sensations), un journal racoleur et de moins en moins lié au monde de la bd. Puis, durant les années 2000, renouvellement de sa formule qui marque un retour à la bd avec un album complet (issu de leur catalogue) inclus dans le journal. Formule qui durera à peine 2 ans. L’écho disparaît en janvier 2007 (suite à une décision incompréhensible de son éditeur) pour réapparaitre en 2008 avec Didier Tronchet comme rédacteur en chef. La maquette a changé et ils ont recentré le journal sur la bd ! Fini les articles et les photos racoleuses… Mais attention, il y a toujours un peu de cul dans certaines bds, le striptease des copine n’est plus, c’est maintenant « ma copine au portable »… Ca reste l’Echo quoi ! La numérotation de ce nouvel Echo reprend à partir de l’ancienne, ce qui l’inscrit dans une continuité…En tout cas, je suis content d’y retrouver Vuillemin, Wolinski, Autheman, Jul, Charb, Malingrey, Planchon, Pedrosa…

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Solé…

Dans les numéros à paraître, «on ne mettra plus des femmes nues en couverture et on ne fera plus la tournée des bars de prostitués de l’Est, comme c’était le cas dans la formule précédente», dit encore Didier Tronchet, qui tient à recentrer le journal sur des sujets «moins racoleurs». «L’Echo a un créneau potentiel que d’autres journaux n’ont pas pris, même pendant ses mois de non parution: laisser une large place aux dessins, politiques, de presse, de reportage, de BD, et faire du reportage sur un ton humoristique.» 

Tous ces changements nous démontrent que l’Echo des Savanes a toujours oscillé entre une pure revue de bande dessinée (la meilleure période of course !) et un magazine de divertissement salace (entre Hara-Kiri version eighties, Jalons ou Entrevue)…

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Premier numéro de la dernière formule, avec le fidèle Vuillemin…

L’Echo sur bdoubliees

BEAUX ARTS Magazine

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Hors-série 2009

Quand on constate la qualité des hors séries de Beaux Arts Magazine (ou de Lire) consacrés à la Bande Dessinée, je me dis qu’aborder cet univers complexe par des analyses et des points de vues « autres » est très enrichissant. Dans le même temps, je trouve dommage que la presse spécialisée n’ait pas cette même approche critique de son médium. Une presse officielle de critique BD, au même titre que pour les Arts ou la Littérature, n’existe pas (plus) ! A part les initiatives indépendantes (et ponctuelles) comme l’Eprouvette, ou officielles mais confidentielles comme 9ème Art… Pourtant, nous ne manquons pas de grands analystes et théoriciens de la BD, tels Thierry Groensteen, Benoit Peeters, Thierry Smolderen, Evariste Blanchet, etc.

Je suis d’accord avec les chroniqueurs de l’Eprouvette qui estiment qu’il manque à la BD une vraie Critique digne de ce nom. Pour s’émanciper et devenir majeur, tout Art se doit de procéder à son « auto-analyse », posséder sa propre « Histoire ». Chose qu’a su faire le Cinéma depuis longtemps par exemple.

Il manque à la Bande Dessinée une Critique et des critiques lui permettant de savoir où elle en est, de pouvoir se remettre en question. Comment est structuré un album ? Quels sont les choix, les orientations prises par l’artiste ? Dans quel héritage s’inscrit-il ? Sans chercher à se mettre à sa place, juste pour comprendre sa démarche… Pourquoi cadrer de telle façon ? Pourquoi choisir telle couleur, tel thématique, tel mots ? Pourquoi tel trait, tel découpage, tel cadrage ? Nous avons besoin de clefs pour comprendre pleinement une œuvre, un artiste. Et pour se faire, nous avons besoin de bonnes critiques, de bons critiques…

La Bande Dessinée est un art complexe (et d’ailleurs, est-ce un art ou un artisanat ?) fusion du texte et de l’image. Et même si ces deux magazines l’abordent sous leurs angles de prédilection (la narration pour Lire, les dessins pour Beaux Arts) avec leur vocabulaire (comme comparer les dessinateurs en fonction de leur style pictural : impressionniste, surréaliste, classique…), ils n’oublient pas de la considérer comme un art d’expression à part entière, possédant ses codes, ses Maîtres…

A quand une revue d’analyses et de commentaires de la Bande Dessinée par des gens du milieu ? A quand une revue mensuelle sur le sujet, au lieu d’attendre ces quelques hors série annuels ? Peut être que ce qu’il manque à cette presse, ce sont des lecteurs… Ce qui sous entend qu’il faudrait « éduquer » les lecteurs-spectateurs-amateurs-admirateurs du 9ème art… Beaux Arts magazine y contribue fortement !

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Hors-série 2008

NEUVIEME ART n°15 – CIBDI (2009)

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Comme de coutume, c’est le gagnant du grand prix de la dernière édition du festival d’Angoulême (donc le président du jury de la nouvelle) qui signe la couverture du dernier numéro de 9ème Art (nouvelle formule). Après Wolinski, Trondheim et Blutch, ce sont Dupuy et Berberian qui ont dessiné la couv’ de ce quinzième numéro. La rédaction nous propose un dossier de plus de cinquante pages, incluant deux interviews séparées de ces deux auteurs inséparables… On y apprend d’ailleurs qu’ils ne sont pas si inséparables que ça. Ils savent aussi travailler seuls ou en collaboration avec d’autres auteurs…

Cette revue regorge de dossiers complets, d’interviews, d’analyses et de commentaires pertinents. Une quarantaine de page sur le génial Fred, dont un superbe article de Julien Bastide qui examine l’apport de Fred à la bande dessinée sur le plan formel, par le biais d’un abécédaire qui reprend les quinze lettres de l’Océan Atlantique.

On trouve également au sommaire : un article sur l’actualité du dessin animé (entre Persepolis et Peurs du Noir), un sur les nouvelles formes de la bande dessinée populaire, un autre intitulé « loin de la planche à dessin » (comprenant entre autre un entretien avec Jochen Gerner), ainsi que les rubriques habituelles sur l’actualité, les comptes rendus d’albums, les « planches remarquables de la collection du musée de la bande dessinée »…

Neuvième Art fait état, à chacun de ces numéros, de toute la diversité et la richesse de la bande dessinée. Loin des querelles de chapelle, sa ligne éditoriale est moins polémique que ne l’était celle de l’Eprouvette par exemple. Cette revue est indispensable aux amateurs (aux professionnels également).

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Sommaire détaillé

LE STRIP (revue) – Editions du Lombard

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Lancée en janvier 2008, cette revue bimestrielle, que l’on aurait pu croire éphémère, en est déjà à son 8ème numéro (de mars 2009). Son format « quotidien papier » (dans l’esprit de la première version de Zoo, ou L’étrangleur de Tardi), pouvait laisser penser qu’il s’agissait d’une revue promotionnelle, présentant des séries en pré-publication. Les éditions du Lombard ont certes sorti cette revue dans le but avoué de faire la promotion de leurs auteurs et séries « maison ». Mais aussi pour retrouver l’esprit des grandes heures de la presse BD, et attirer les lecteurs nostalgiques du journal Tintin.

A la différence de son glorieux aîné, le Strip nous propose surtout de courtes séries humoristiques ou des pages de caricatures d’actualité. On y retrouve de nombreux dessinateurs de l’équipe Fluide Glacial : Coyote, Maester, Boucq, Relom, Julien/CDM, Jannin… Ainsi que Nix et son strip Kinky & Cosy, Yoann & Texier avec leur série à suivre Les Captainz ou Spoot & Nik par Mo/CDM… De bons auteurs, des séries bien sympathiques, un format original, un prix défiant toute concurrence… Voilà comment le strip a su faire sa place et pourquoi il existe encore dans ce rude monde de la presse BD.

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Le numéro 2…

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Du beau, du bon, des bds…

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