Archives pour la catégorie Presse et Revues



METAL HURLANT (1975/1987) – Les Humanoides Associés

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Attention : Monument !
Tout comme pour Fluide Glacial et l’Echo des Savanes, Métal Hurlant fut créé par des « anciens » jeunes de l’équipe de Pilote. Cette nouvelle génération de dessinateurs, menés par Giraud (alias Moebius) ne s’y retrouvait plus dans une rédaction vieillissante et maintenue sous la tutelle paternaliste de Goscinny.
Dès 1970, Cabu, Gébé et Reiser rejoignent définitivement l’équipe d’Hara-kiri (sur ordre de Cavanna). Gotlib, Mandryka et Bretécher créent L’écho des savanes en 1972. Gotlib (encore lui !) crée Fluide Glacial en 1975. Druillet, Moebius, Dionnet et Farkas fondent les Humanoïdes associés et sa revue Métal Hurlant la même année.
Cette période riche correspond à ce qu’on pourrait appeler le « passage à l’age adulte » de la presse BD française (c’est à dire qui n’est plus exclusivement destinée à un public jeune).

D’abord spécialisé dans la science fiction, Métal s’est peu à peu ouvert à l’actualité et aux faits de société (avec notamment la création de Ah!Nana qui fit scandale et fut censuré suite à leur couverture sur l’inceste), à l’Aventure (avec Métal Hurlant Aventure) et à l’humour avec la création de Rigolo.
Mais le journal est surtout reconnu pour avoir créé la fusion rock-BD avec l’arrivée de Philippe Manœuvre à la rédaction et de dessinateurs tel que Serge Clerc, Jano, Sire ou Frank Margerin …

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Druillet

Sont passé par la case Métal : Robial, Gillon, Manœuvre, Jodorowsky, Giger, Corben, Caza, Gotlib, Crumb, Marc Caro, Yves Chaland, Serge Clerc, Denis Sire, Solé, Margerin, Tardi, Hermann, Loustal, Tramber, Jano, Kent, Ceppi, Voss, Masse, Gal, Schuiten et d’autres encore…

Grâce à sa ligne éditoriale sans concessions, son indépendance d’esprit et tous ses auteurs de qualité, Métal Hurlant a façonné durablement la BD française et internationnale (grâce à la sortie de Heavy Metal en 1977, la version américaine de Métal). On retrouve son influence encore maintenant. Métal a donné naissance à deux films d’animation américains : Métal hurlant (Heavy Metal, 1981) ; Heavy Metal 2000 (1999).

Le dernier numéro date de 2006 (depuis la reprise de 2002), mais cette nouvelle mouture n’aura jamais l’impact que la version initiale a pu avoir sur sa génération. On peut encore trouver ces anciens numéros chez des bouquinistes ou en brocante, n’hésitez pas !

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Tardi

Toutes les couvertures et la chronologie de Métal Hurlant sur l’excellent site : bdoubliées

COMIC BOX (magazine) – Panini France

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Quant un magazine est de qualité, comme c’est le cas de Comic Box, (articles et analyses intéressantes, maquette et illustrations sympas, etc.), je ne me prive pas de l’acheter de temps en temps, même si je n’ai pas d’attirance particulière pour l’univers des comics. Les multiples séries de super héros ne me passionnent pas plus que ça… trop simplistes et manichéennes, avec un message trop patriotique. Heureusement, depuis l’arrivée des héros Marvel de Stan Lee & Jack Kirby, une certaine forme d’ « européanisation » du comics grâce entre autre à Heavy Metal, puis avec la génération des Miller (Dark Night, Sin City…), Alan Moore (Killing Joke, Watchmen…) et autres Mac Farlane (Spawn…), le super-héros (ainsi que le super-méchant) s’est complexifié, humanisé. Ce qui le rend beaucoup plus intéressant…

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Comic Box a connu une première série mensuelle de 35 numéros entre 1998 et 2001, suivie de trois numéros Comic Box Annuel parus en 2002, 2003 et 2004. La revue Mad Movies a publié au début de 2005 un numéro hors-série, intitulé Comic Box , qui constituait le numéro zéro d’une seconde série, bimestrielle, lancée à l’été 2005.
La revue a publié plusieurs numéros hors-série consacrés à un thème particulier : quatre Comic Box HS de 1999 à 2001, et trois Comic Box Extra , depuis 2006.Si la structure rédactionnelle n’a pas varié depuis les débuts, le magazine est passé par plusieurs éditeurs successifs. La première moûture était éditée par TSC (un acronyme signifiant « Tout Sauf Cochon ») ; les annuels, vendus uniquement dans les librairies de bande dessinée, par les Éditions USA ; la version actuelle a été initiée par Custom Publishing (Mad Movies ) et reprise par Panini au numéro 46, reprenant la numérotation à la suite de la première série.
(Wikipédia)

Ils ont sorti un très bon hors série (avec Mad Movies ) il y a 3 ans sur l’Odyssée des Super-héros au cinéma…
Mais, si je vous parle de Comic box , c’est aussi parce qu’ils ont publié, dans le courrier des lecteurs du numero de juillet-aout 2008, un dessin de l’ami Swamp (http://swamps.canalblog.com/), qui m’a initié à cet univers et fait connaître cette revue… La boucle est bouclée…

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Bravo l’Artiste !

FLUIDE GLACIAL (magazine) – Audie Editions

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Fleuron de l’Umour (et Bandessinées) hexagonal, Fluide Glacial est le temple de l’humour intelligent, absurde, débile, nonsensique, satirique (la présence régulière de Charb, Tignous ou Luz en témoigne) ou « cul » (Le journal a été taxé de pornographique par les « biens-pensant »). Et quand Hara-Kiri se définit comme un journal « bête et méchant », l’équipe de Fluide revendique un humour « glacé et sophistiqué ».
Crée par Jacques Diament et Marcel Gotlib, après son départ de Pilote pour « conflit de génération » avec René Goscinny (et après avoir fondé l’Echo des Savanes avec Brétécher et Mandryka), Fouloude glôzial (dixit Edika) est un peu le MAD français (influence première de Maître Gotlib).
Le numéro 1 sort en 1975, le premier avril. Tout est dit ! ( il fut réédité en 2000 pour les 25 ans du journal).

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Numero 1

Extrait de l’incontournable rubrique T’ar ta lacrèm’ à la récrèm’ de Yves Fremion, tirée du numéro spécial 30 ans de Fluide, consacrée à Gotlib :
Alors, Gotlib crée son journal. Le nôtre, 30 ans de rigolades et de succès. Il appelle ses copains, Alexis, Solé, Loup et autres, puis lance des jeunes qu’il a repérés : Binet, Goossens, Edika, Cabanes, embauche des écrivains inconnus : Frémion, Léandri, Igual, Phil Casoar. En 30 ans, pas un grand de l’ humour français (voire étranger avec Foester, Gimenez, Franquin, Hausman, etc.) qui n’y soit passé. Cabanes, Boucq, Dupuy & Berberian n’y sont pas restés mais y ont trouvé un public. Aujourd’hui, des plus évidents de ses héritiers : Edika, Goossens, Maëster, Coyote, Gaudelette, Tronchet, Hugot, Ferri, Larcenet, Relom, Julien & Mo CDM, aux moins évidents : Raynal & Bouilhac, Blutch, Pourquié, tous doivent à Gotlib une forme d’humour qui n’existait pas et qui les a inspirés, à des degrés divers. Dans les périodes de doute, c’est toujours à la référence Gotlib que l’équipe revient. Quand cette référence ne sera plus compréhensible par ceux qui font le journal, il n’y aura plus de journal.

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Les têtes de Turc :
Certaines personnalités ont eu l’infortune, de par leur vie ou leur œuvre, d’ailleurs souvent très respectables, de provoquer l’hilarité automatique de la rédaction sans qu’on puisse toujours en expliquer les raisons. Mais se retrouver tête de Turc à Fluide Glacial est un honneur que bien des stars des arts et des lettres envient secrètement. Voici sur vingt ans le liste des malheureux élus :
Jacques Diament / Paul-Loup Sulitzer / Marguerite Duras / Lagaf / Françoise Verny / Folon (au début) / B.-H. L. / Guillaume Durand / Yves Frémion (député au parlement européen) / Jean-Edern Hallier / Isabelle Adjani.

Les idoles intouchables :
Oui, à Fluide, la dérision règne en maîtresse, on peut rire de tout, sauf des personnes dont la liste suit. Aucune critique, même la plus anodine, ne saurait être prononcée contre ces gens-là, nul n’a le droit d’émettre à leur égard la moindre remarque désobligeante. Pour avoir ignoré cette règle d’or de jeunes crétins se sont retrouvés roués de coups dans le caniveau, et grillés à tout jamais dans la profession. Donc à Fluide, il ne faut jamais dire du mal de :
Harvey Kurtzman (créateur de MAD) / Les Monthy Python / Tex Avery / Georges Brassens / Woody Allen / Françoise Verny / Frank Zappa / Charles-Henri Flammarion / Bob Dylan / Goscinny / Les Beatles / Cavanna
(Par Léandri et Gotlib, tiré du numéro spécial 20 ans.)

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site officiel
la mémoire de Fluide

 

FERRAILLE ILLUSTRE (magazine) – les Requins Marteaux

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Couverture (n°26) de Marc Boutavant

Créée à Albi, l’ancienne revue Ferraille devient Ferraille Illustré à partir du numéro 21 et sort périodiquement (d’abord tous les trimestres, puis ensuite de façon plus aléatoire) dans les kiosques en janvier 2003. Depuis, 7 numéros sont parus, aux éditions « les requins marteaux », label indépendant dans la lignée de « l’Association », « Cornelius » ou « Ego comme X »…
Ces productions indépendantes correspondent à ce qu’on peut appeler la « BD d’auteur », c’est à dire souvent très autobiographique, libre par rapport au codes « classiques » de la BD et très créative dans sa narration. Avec, en plus, beaucoup de fantaisie et d’humour dedans (noir, absurde, débile…
Parmi les collaborateurs de Ferraille, on retrouve des dessinateurs de l’équipe de Fluide Glacial : Blutch, Bouzard, Lindingre, mais aussi des auteurs de l’Oubapo (Ouvroir de Bande-dessinée Potentielle) : Killofer, Trondheim…

Ferraille Illustré se situe donc entre l’humour absurde à la Fluide et les expérimentations artistiques de l’Oubapo (en détournant le style des vieilles pub par exemple). « Beau et con à la fois » comme chantait l’autre.

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Couverture (n°23) de Blutch

Extrait du dernier édito de leur site :
« Mes chers clients, Le nouveau Ferraille Illustré est enfin arrivé ! Cette longue attente qui se voit justifiée par le calibre de ce numéro 27. Une fois encore nous avons réuni des signatures aussi prestigieuses qu’inconnues. Voyez plutôt : Dalle Rive, Varon, Capron, Ravi, Ruppert & Mulot, Druilhe, Winshluss, Lindingre, Aki, Trondheim, Vandermeulen, Durbiano, Nix, Bertoyas, Jossic, Guerse & Pichelin, Shaul, de Poortere, El Don Guillermo, Bolex, Bouzard, Cizo, Khattou, Chaumaz, Blutch, Morvandiau, Pirus, Killofer, Lumineau, Debeurme, Faucompré, Danny Steve, Micol, Delisle, Felder, Kündig, Anouk Ricard, Konradski, Sapin, Bernadou, Méroll Jr et le très regretté Charlie Schlingo.
Quelle liste effarante, n’est-ce pas ? Le nouveau Ferraille Illustré est faramineux, monstrueux, éléphantesque, presque difforme. Pour ne pas dire anormal.
Mais les lecteurs de Ferraille Illustré le savent : il ne faut pas juger sur les apparences ! »
 

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Intégrale n°4

Le dernier Ferraille date de 2006. Une sortie prochaine n’est malheureusement pas prévue. Dommage. Ces numéros, ainsi que l’intégrale (de 870 pages !) peuvent être commandés sur leur superbe site, qui illustre très bien l’esprit et l’humour de Ferraille Illustré : http://supermarcheferraille.free.fr/

 

L’EPROUVETTE (revue) – l’Association

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Formidable revue de « l’Association » (leur site est actuellement en cours de conception), l’Eprouvette est disponible non pas en kiosque, mais en librairie spécialisée. C’est autant une revue de bande dessinées qu’une revue traitant de la Bande Dessinée. Les auteurs se proposent de réfléchir aussi bien sur le fond que sur la forme du 9ème Art. C’est assez poussé, il y a quelques articles très pointu sur la question de l’Avant-garde, mais tout cela demeure très intéressant et instructif. Comme quoi, la Bande Dessinée n’est pas qu’un moyen de détente, c’est aussi une matière à réfléchir, à philosopher…

Le numéro 1 comporte notamment des rubriques intitulées « Critique de la dédicace » ou « bandes dessinées et avant-garde », le numéro 2 propose quant à lui des réflexions sur « l’érosion progressive des frontières » de la BD ou encore sur le plagiat. On trouve au sommaire du 3ème numéro un dossier complet sur le détournement de bande dessinée par les Situationnistes, ainsi qu’un superbe texte de Bruno Lecigne à propos de la confusion des langages dans le domaine de la critique…

Ce 3ème numéro (de 576 pages !!!) est en fait le dernier. Voici un extrait de l’édito dans lequel J.C. Menu nous explique les raisons de l’arrêt de l’aventure Eprouvette  :

« Janvier 2006 – Janvier 2007
Un an d’existence, trois numéros, 1284 pages.
L’ Eprouvette était un geste.
Un virage pris à mille à l’heure.
Pas une digue tranquille. Ni une « pérennité »de plus.
Avoir osé s’autoproclamer d’Avant-Garde en 2006 valait bien un sabordage rapide, net et sans regrets. [...]
Bien sûr que L’ Eprouvette aurait pu durer dix ans et vingt numéro.
C’est le suicide de cette perspective qui donne tout son sens à l’ Aventure de cette trilogie, concentré de principes actifs et paradoxaux, qui avec le temps viendra nous susurrer des évidences sur des questions que nous ne soupçonnons pas encore.
Etre triste ou amer n’est donc pas de mise.
Quand à ceux qui se réjouiraient, qu’ils se méfient…
Nous lâchons-là un fameux fantôme. »

C’est dommage qu’une revue de cette qualité décide de ne plus continuer.
Mais, même si l’Eprouvette s’arrête là, il me reste encore beaucoup de pages à lire et relire, beaucoup de pistes de réflexions à découvrir… Tant le contenu de cette revue est riche et intense…

Diaporama du n°1

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