Archives pour la catégorie Presse et Revues



MY WAY ! (Fanzine)

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Couverture de Chester

Quand on dresse un état des lieux des périodiques de bandes dessinées disponibles en kiosque, on peut constater que leur nombre est assez restreint. L’age d’or de la presse BD pour adultes est bel et bien révolu. Petit bilan rapide : au début des années 80, ont trouvait encore une bonne dizaine de mensuels officiels de BD « adultes » (autres que les Pif gadget, Tintin ou Spirou…), tels que Métal Hurlant, A suivre, l’Echo des savanes, Fluide Glacial, Circus, Charlie, Pilote

En comptant le retour de l’Echo des Savanes (mais la disparition de Cargo Zone, y aurait-il un lien de cause à effet ?) il ne reste actuellement que Fluide Glacial, aidé de son petit frère le Psikopat. Ferraille illustré est absent des kiosque depuis janvier 2006 et aucune nouveauté n’est sortie depuis (à part la reprise de Jade ou le Strip, qui sont vendus en librairie). Bien entendu, on trouve encore des mensuels tels que Bodoï, [DBD], Case mate, etc, mais ce sont des magazines d’informations et de critiques ne publiant que des extraits en avant première…

Alors, que nous reste t-il à nous, grands amateurs de ces mensuels qui nous propose des Bandes dessinées de qualité, créatives ou voire carrément d’avant-garde ? Quelles joies de découvrir de jeunes talents, qui pour la plupart deviendront des grands ? Larcenet ou Blutch ont commencé à Fluide, Tronhdeim et Menu dans PsiKopat, Sfar ou Satrapi dans Lapin, la première revue de l’Association… Comment feront les auteurs de demain s’ils n’ont plus la possibilité de publier leurs planches, de se faire connaître ?

En fait, il existe depuis toujours une alternative aux mensuels BD : les fanzines BD.
Par définition, le fanzine est un magazine fait par des fans du genre, quel qu’il soit (BD, cinéma, musique… ). Il existe tant de mordus de BD et ce, aux quatre coins de l’hexagone, qu’il est impossible de chiffrer le nombre exact de fanzine publiés dans l’année (du grand-amateur au semi-pro). Vouloir les recenser s’avèrerait une démarche pharaonique. Mais pas impossible, c’est ce que nous démontre la Fanzinothèque de Poitiers, qui n’est autre que la plus grande bibliothèque de fanzines du monde.

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Le choix est donc subjectif car la découverte d’un fanzine se fait au grés des hasards, des lieux et des rencontres…
Durant ma jeunesse (vers 1989), un amis m’a montré un fanzine que son frère et des potes avaient créé quelques années avant : BDétritus. Comme il en avait plusieurs exemplaire en stock, il m’a donné les 3 premiers numéros. On y trouve des rubriques d’actualité, des critiques d’albums, des interviews de dessinateurs normands tels que Jusseaume, Vatine et Cailleteau, mais aussi tout un dossier sur Druillet (lors de sa venue à Rouen) et bien entendu, des BD. Aucuns des dessinateurs n’ont fait carrière mais bon nombre d’entre eux avaient des qualités certaines. Je garde précieusement ces numéros que je relis avec plaisir.

Un fanzine bd peut exister en tirage unique. Il peut n’être connu que d’une dizaine de personne, famille comprise. D’ autres par contre peuvent connaître un succès d’estime régional, ou national, au point même de devenir un journal BD « officiel » (tel que Jade, par exemple). Certains fanzines peuvent avoir un seul numéro et d’autres fêter leurs 20 ans comme PLGPPUR (Plein La Gueule Pour Pas Un Rond). Des auteurs ou dessinateurs peuvent être découverts par des journaux « officiels », comme par exemple Fremion qui, avant d’intégrer l’équipe de Fluide, avait été repéré grâce à son fanzine Le Petit-Miquet qui n’a pas peur des gros !

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Pour la plupart d’entre eux, cette reconnaissance se fait surtout grâce au festivals de Bande Dessinées, qui offre une « vitrine » aux fanzineux de tout poils (dans quelles conditions ? Ceci est un autre sujet). On trouve aussi des fanzines dans de nombreuses librairies spécialisées, qui favorisent la diffusions de productions locales.

L’ année dernière, lors du festival BD de Darnetal (près de Rouen, 11ème édition) nous avons visité avec Vidocq, une exposition organisé par des indépendant et des fanzineux. On y trouvait des gars de Ferraille Illustré et d’autres moins connu (avec notament une superbe expo de dessin de Blexbolex). Au moment de repartir de l’expo, je vois vidocq acheter un fanzine, Playcat Magazine, fait par une bande de copains de Basse Normandie. Je le rejoint au stand, feuillette l’ouvrage et décide d’en acheter un également. Pour les mêmes raisons que lui d’ailleurs, car le fanzine est de qualité, bien fait, mais surtout, pour aider les auteurs à continuer. Il faut soutenir la création de ces auto-productions. Leur site : http://playcat.over-blog.com/

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En lisant ces fanzines, on découvre une proximité particulière avec l’auteur. Ce coté rare et artisanal, authentique et indépendant. On sait et on ressent, en le lisant, qu’il a été fait avec sincérité et les tripes ! Certains d’ailleurs revendiquent leur amateurisme. C’est par convictions qu’ils décident de s’auto produire afin de rester seuls maître à bord, libre de tout choix éditoriaux. Indépendant en somme.

C’est le cas de Chester, créateur du fanzine My Way. Je l’ai rencontré lors d’un concert des Portes-Manteaux, groupe rock alternatif des années 80 qui faisait un revival aux début des années 2000. Leur guitariste est en fait le frère du pote qui m’a emmené à ce concert sur Paris (au Rackham). On se retrouve donc « Backstage » après le concert, à boire des bières, je discute musique et bd avec un gars sympa, Chester. C’est alors qu’il me montre ses dessins et m’offre un exemplaire (n°3) de son fanzine « rock’ n’ BD » My Way (en hommage à Sid Vicous et non Sinatra !). De très bonne qualité (quadrichromie, papier glacé) je constate la présence de dessinateurs de Fluide : Mo/cdm, Relom, Larcenet, Solé et aussi Mattt Konture de l’Association. Le thème de ce numéro est « rude, rock n’ reggae ». Malgré la présence de ces « pro » de la bd, My Way reste un fanzine dans sa conception et sa diffusion (du producteur au consommateur, sans intermédiaires).

Chester garde volontairement cette indépendance. Ces potes de Fluide lui donne régulièrement un petit coup de pouce en faisant la promo de chaque nouveau numéro. 8 sont déjà sorti mais l’aventure My Way est maintenant terminée. Chester lance un nouveau zine, Speedball un comix anarcho-punk. Pour se procurer ses productions, il faut les commander sur son site, directement par Mail : http://chester.b.free.fr/.

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Couverture (n°2) de Mattt Konture

L’année de la Bande Dessinée (Collectif)

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N°1, par Moebius

L’année de la BD est une revue qui nous présente un panorama complet des productions de l’édition BD. Seulement dix numéro sont sorti depuis sa création en 1981. En plus d’un aspect comptable très intéressant (par exemple, 626 albums sont sortis en 1981. A comparer avec les plus de 3000 de l’année 2007 !), cette revue est une mine, nous dressant un panorama complet de l’actualité de l’année. On y trouve des articles et analyses sur les revues et magazines, des critiques l’albums, des dossiers et des interviews d’auteurs ou d’éditeurs.

Les 3 premiers numéros sont sortis chez Temps Futurs (de 1981 à 1984), les 4 suivants chez Glénat (de 1984 à 1988) par l’équipe des Cahiers de la BD. Puis, après une longue période d’ absence, L‘année de la BD est réapparue en 2002 pour 3 numéros, aux éditions Soleil. Mais depuis 2004, plus rien… Je vous conseille vivement de vous en procurer si vous en trouvez sur le marché de l’occasion, c’est un formidable témoignage !

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N°5, par Franquin

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NEUVIEME ART (revue) – CIBDI

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Couverture de Blutch (n°14/2008)

Comme son nom l’indique, Neuvième Art nous propose une information critique et des réflexions de fond sur la Bande Dessinée. 9e Art (les cahiers du musée de la bande dessinée) est la revue du Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image (CNBDI) d’Angoulême.
Publiée depuis plus de 10 ans, cette revue annuelle est pilotée par un comité de rédaction resté stable depuis le début, qui compte dix spécialistes, critiques et historiens de la bande dessinée. Sauf dans le dernier numéro où on peut déplorer l’absence de Thierry Groensteen ou Thierry smolderen.

On trouve dans le 13ème numéro (282 pages dont 64 en couleur) des dossiers complets sur Pétillon (Interview et études relatives à l’auteur de L’Enquête corse et de L’Affaire du voile, créateur de Jack Palmer, dessinateur au Canard enchaîné, scénariste de Got (Le Baron noir), Rochette et Cestac). Trondheim (Un dossier complet sur le Président du Festival d’Angoulême 2007, membre de l’Oubapo, créateur de Lapinot et de Donjon). Druillet (Le créateur de Lone Sloane prépare son retour avec la parution en 2007 du très attendu Delirius 2 (scénario Benjamin Legrand). Propos d’atelier avec un grand de la BD). L’école du New Yorker (Retour sur une revue prestigieuse, qui a récemment publié l’intégrale des dessins parus dans ses pages). BD & philo (Un tour d’horizon des liens qu’un certain nombre de créateurs entretiennent avec les textes ou le questionnement philosophiques). Questions de mise en page (Description et évaluation des grandes écoles de mise en page qu’a connues la bande dessinée des années 1900 à nos jours).

Extrait de l’éditorial par Jean Pierre Mercier, le rédac’ chef du n°14 : » le présent numero fait la part belle à des auteurs ou des aventures éditoriales qui ont marqué les années 70 / 80 ( Francis masse, Futuropolis raconté par Florence Cestac, José Munoz, lauréat 2007 du Grand prix de la ville d’Angoulême qui fit ses premiers pas dans Charlie Mensuel ), se penche également sur l’un des artistes les plus passionnants et intransigeants de la période actuelle : Blutch. Il inaugure également une nouvelle rubrique ( l’éphéméride ) et s’ouvre au cinéma d’animation (avec un point sur le desin animé japonais) annonçant d’autres changements dans les numeros à venir  ».

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Trondheim (n°13/2007)

PSIKOPAT (magazine) – Les Editions du Zebu

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Magazine de bande dessinées (avec Fluide Glacial) que je n’oublie pas de me procurer tout les mois !
Le Psikopat fut fondé par Carali (qui est toujours le rédacteur en chef) en 1989. Cette version actuelle du Psikopat est en fait la 3ème mouture (après le petit Psikopat illustré en 1982 et le petit Psikopat vers 1984).

Spécialisé dans la BD d’humour plutôt absurde, noir et trash, l’esprit du Psiko se situe entre ceux de Fluide Glacial et de Charlie hebdo (ou plutôt Siné hebdo, vu que Carali y participe). Le côté Fluide pour la bd d’humour et le côté Charlie pour la caricature politique. D’ailleurs, on retrouve souvent les mêmes dessinateurs d’une rédaction à l’autre : Gébé, Willem, Kamagurka, Goossens, Binet, Hugot, Wolinski, Schlingo, Léandri, Roland Topor, Lerouge, Lefred-Thouron, Ivars, Carritte, Fred Neidhardt, Ouin, Luz … Et plus récemment, Schvartz, Mric, Bouzard, Pixel vengeur, Mo/cdm…
Le Psiko a publié de jeunes auteurs tels que Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim, Patrice Killoffer, Matt Konture (qui allaient co-fonder « l’Association »), ainsi que des auteurs étrangers confirmés comme Robert Crumb ou Gilbert Shelton.
Carali a débuté à Hara-kiri et Charlie avant de lancer le petit Psikopat illustré. Edika, un des pilliers de Fluide Glacial, n’est autre que le frère de Carali. Melaka et Olivier K (qui à remporter un prix à Angoulême pour son magnifique « Pourquoi j’ai tué Pierre » avec Alfred), les enfants de Carali, participent de plus en plus activement à la réalisation du journal… Bref, le Psikopat, c’est avant tout une histoire de famille.

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Première période

Mais outre ces « pointures » citées, le Psiko reste un tremplin pour bon nombres de jeunes dessinateurs qui chercheraient à se faire publier, grâce à sa rubrique « carte blanche » (il y a aussi la « carte blanche web » sur leur site où on peut envoyer des animations).
Toujours édité en noir et blanc, sur du papier de moyenne qualité, le Psiko garde une allure de fanzine. Ce qui fait son charme.
Le nom de Psikopat est tout à fait à propos : la rédaction est un véritable H.P. et ce magazine sert d’exutoire pour bon nombre de dessinateurs. On y trouve des auteurs alcooliques (Phil et sa « chopine ardente », Thon, Bar (ça s’invente pas comme pseudo !), des dépressifs (Ivars et ses « bonheurs mélancoliques », Sirou…) des névrosés (Sourdrille, Rifo, Carali qui nous parle souvent de ses relations avec son psy …) voire carrément des psychotiques (O. Texier et son « grotesk »). 
Ce  n’est pas une critique négative. Ces auteurs sont « simplement » humain, et on se reconnait tous dans leurs excès… Cela démontre aussi une réelle liberté d’expression au sein de la rédaction.
Beaucoup d’entre eux nous racontent leurs déboires existentiels et sentimentaux avec, pour certains, un humour limite sexiste… Mais, malgré ce coté un peu glauque, tous ces dessinateurs n’ oublient pas le principal : nous faire rire… Et ils y arrivent parfaitement.

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Couverture de Babouse

En plus des bandes dessinées, la rédaction prépare à chaque numéro un dossier sur un thème d’actualité (du genre, « les sites de rencontres », « le permis à points », « la vidéo surveillance », etc.) et on retrouve des rubriques régulières telles que « la Tambouille », « Toute l’actu », « Echos et conneries »… Toutes écrites par Olivier K et Jean-luc Coudray (et Alain Gaudey pour « les Insolites »).
Depuis quelques années le Psikopat produit aussi des compilations de chansons d’artistes tels que Gotainer, Choron, Les Wriggles, Renaud, les VRP… Reliés autour de thèmes précis.

Il est à noter que tout comme Fluide Glacial, Psikopat est un périodique libre, qui ne possède aucunes publicités. Et oui ça existe encore et rien que pour ça, il faut l’acheter !

Le Psikopat a fêté au mois de juin son deux centièmes numéros ! Pas de numéro « spécial-souvenirs » pour autant, on retrouve la formule habituelle (un dossier de 45 pages sur les JO de Pekin, la nouvelle d’Olivier Ka, les rubriques de Coudray…) et les dessinateurs « maison » : Rifo, Pixel Vengeur, Mélaka, Sirou, Sourdrille, Caritte, Bar, Ivars, Isa, Phil, Neidhardt, Mo cdm, Lécroart, Bouzard…
Avec également la présence des vieux potes de Fluide : Léandri, Edika, Hugot, Lefred Thouron… Plus 6 pages de Crumb ! Miam miam !

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Site officiel : http://www.psikopat.com/

Interview de Carali sur http://www.bdgest.com/news-285-BD-psikopat-numero-200-.html

PILOTE (magazine) – Editions Dargaud

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Couverture de Giraud (2008)

Pilote fut créé en 1959, par le chef du service de presse de Radio-Luxembourg. Ce dernier, voulant lancer sur le marché un « Paris-Match » pour jeunes, fait appel à de jeunes auteurs : Charlier, Uderzo et Goscinny, qui revient des USA où il a collaboré avec l’équipe du journal MAD !..  » Nous voulions faire un journal s’adressant à des adolescents et pas à de jeunes enfants. Pour cela nous avons fait appel à des journalistes de la « grande presse », dont beaucoup émanaient, bien sur, de Radio-Luxembourg (Jean Carlier, Lucien Barnier…), et non pas à des spécialistes de la presse des « petits ». Et il fallait créer des nouvelles séries : Charlier et Uderzo ont fait « Michel Tanguy », Uderzo et moi devions faire quelque chose… Nous avons cherché et nous avons trouvé « Astérix »… » (Goscinny in Pilote spécial 30 ans)

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Couverture de Gotlib

En 1961, Georges Dargaud rachète le journal et nomme Goscinny et Charlier comme co-rédacteur en chef en 1963. Cette année là et dans les années qui suivent, Blueberry, Achille Talon, le Grand Duduche, Fred, Gotlib, Reiser, Gébé, Mandryka, Christin, Mézières, Lob, Gigi, Pichard, Forest, Goetzinger, accompagnés de beaucoup d’autres, rejoignent l’équipe. En 1966, en deux semaines, on vend 600 000 exemplaires de l’album Asterix chez les bretons (le premier de la série avait été tiré à 6000 exemplaires). On n’ avait jamais vu un tel engouement pour la Bande Dessinée (Asterix fait même la couverture de l’Express, une première pour un héros de BD). Pilote est plus que jamais « le journal d’Asterix et Obelix » !

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L’équipe de Pilote croquée par Alexis

En mai 1968, alors que le succès est là, Pilote est secoué lui aussi par la révolte qui agite le pays. Quelques dessinateurs impétueux (menés pas Giraud) décident de traduire Goscinny et Charlier devant un pseudo-tribunal de la plume et du pinceau. Leur seul tord en fait, est d’être de l’ancienne génération. Car avec le recul, il parrait un peu stupide de reprocher à Goscinny d’être un réac, quand on voit les risques qu’il à oser prendre en éditant tous ces auteurs anti-conformistes. Ça s’arrangera, mais Goscinny en fut durablement blessé. Cette épreuve passé, le journal (« qui s’amuse à réfléchir ») devient de plus en plus riche. A la rédaction, tout le monde est amoureux de Clair Bretécher. Les albums se succèdent. Morris arrive. William Vance illustre Bob Morane. Druillet fait exploser les pages. Tardi passe. F’Murrr entre. Clavé, Solé, Alexis, Petillon, Patrice Leconte sont là. Godard et Ribera aussi. Bilal, 19 ans, gagne un concours organisé par Pilote et commence à collaborer aux pages d’actualités.

En 1974, Pilote devient mensuel. René Goscinny disparaît en 1977… Charlier s’est éloigné. Suivront cependant des années qui verront s’ajouter sur le livre d’or des éditions Dargaud les signatures de Loisel, Cothias, Blanc-Dumont, Lauzier, Régis Franc, Caza, Rodolphe, Baru, Cabanes, Boucq, Martin Veyron, Jean-Claude Denis, Hugot Pratt, Rivière, Floc’h, d’Autheman et de bien d’autres, y compris celle de Pierre Desproges.

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En septembre 1978, le numéro 53 de Pilote défraie la chronique par une couverture épurée, presque vidée, au titre provocateur : « Pilote n’est plus un journal ». La commission paritaire des publications et des agences de presse a en effet radié Pilote, sans aucun avertissement préalable, au motif d’un manque de respect permanent à l’égard des gouvernants. Une censure, donc, ou, comme l’explique Guy Vidal dans son éditorial, « un assassinat par le fric ». Devant la levée de bouclier de la presse, la commission paritaire fait finalement machine arrière. En février 1979, la commission paritaire admet la bande dessinée comme un moyen d’expression à part entière. Aux milieu des années 80, Charlie Mensuel rejoint Pilote. En 1986, les deux titres fusionnent. En novembre 1989, Pilote cesse de paraître. En juillet 1990, Georges Dargaud meurt. Une époque se termine… (historique tiré en parti du Catalogue Dargaud 2007)

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Mezieres

Formidable auteur, scenariste, dialoguiste et créateur d’univers, Goscinny fut surtout un rédacteur en chef génial. Il a donné sa chance à de nombreux jeunes dessinateurs qui deviendront des géants de la Bande Dessinée française : Jean Giraud-Moebius, Cabu, Gotlib, Druillet, Bretecher, Mandryka, Fred, Alexis, et tant d’autres… Même s’il n’aimait pas le style d’un dessinateur, Goscinny le diffusait, car il sentait que les lecteurs pouvaient accrocher. Il laissait le temps à une série pour trouver son public. Il savait prendre des risques afin de proposer des choses nouvelles à ses lecteurs…Par exemple, quand il lance Philemon de Fred en 1966, la série fait un bide total. La rédaction croule littéralement sous les lettres de lecteurs mécontents et indignés de voir une série « mal déssinée » et « sans queue ni tête » dans leur journal préféré (chaque année Pilote organisait un référendum auprès de ses lecteurs pour établir le palmarès des meilleures séries, Philémon à du finir bon dernier…). Quand on constate maintenant le succès justifié de cette série et le génie reconnu de Fred, on ne peut qu’applaudir Goscinny pour son talent de découvreur et sa tenacité ! Les exemples de ce type (avec Gotlib, Druillet, Reiser…) ne manquent pas.
Ce qui fait de Goscinny l’homme le plus important de la bande dessinée française. Et Pilote, LA revue de Bande Dessinée !

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Sempé, Goscinny, Uderzo et Charlier

Tout Pilote sur http://www.bdoubliees.com/journalpilote/annees/index.html

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