Archives pour la catégorie Chroniques BD



SCENES DE LA VIE DE BANLIEUES – Caza (1991 aux Humanoïdes Associés)

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Caza fait parti du club assez fermé des grands dessinateurs français de science-fiction, au côté des Druillet, Mézières, Gillon, Moebius et autres Bilal… Peut être un peu moins connu du grand public, son œuvre remarquable n’en demeure pas moins une référence incontournable de la BD SF : « Le monde d’Arkadi », « l’Oiseau Poussière », « Scènes de la vie de banlieue »… Caza est aussi un immense illustrateur (quasiment toutes les couvertures de J’ai lu SF, c’est lui!)
Dans sa série des « Scènes de la vie de banlieue » (créées vers 1975 dans Pilote), Caza réussi le croisement improbable entre Philip K. Dick et les Bidochons. Alliant ambiance d’anticipation parano et humour satirique, le tout sur fond de discours « baba-écolo-soixante-huitard ». Un excellent témoignage de cette époque utopique et contestataire…

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Autobiographique et fantastique, Caza y joue son propre rôle de dessinateur-rêveur qui se retrouve prisonnier de la société de consommation et de l’urbanisme galopant… Devant cohabiter avec ces monstres que sont les français moyens (Marcel Miquelon et sa famille). « Enfermé » au dernier étage d’une tour, ses planches (souvent de grandes compositions, comme on en trouvait à l’époque) sont autant de messages envoyés à la mer par un naufragé… Un naufragé à l’imagination débridé et à l’humour ravageur. Un Chef d’œuvre qui reste malheureusement d’actualité !

L’intégrale est sorti il y a peu (2003) aux Humanoïdes Associés…

RETOUR AU COLLEGE – Riad Sattouf (2005 – Hachette Littératures)

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On le sait, le sympathique Riad Sattouf est un fin observateur des mœurs de son époque. Il décrit comme personne les comportements et attitudes de ses contemporains. Il suffit de lire sa chronique dans Charlie Hebdo pour s’en convaincre. Ce « Retour au collège » ne déroge pas à la règle. C’est sensible, drôle, et un peu flippant quand même… Vrai, quoi !

C’est parce qu’il en garde un mauvais souvenir qu’il décide de retourner au collège pour voir si ce monde adolescent est aussi terrible que ça !
Et il l’est, bien entendu ! Mais cette fois-ci, Sattouf n’est plus directement impliqué. Sa position de chroniqueur-observateur lui convient à merveille car se replonger dans cet univers impitoyable évoque en lui de vieux souvenir enfouis, qu’il se serait bien gardé de se rappeler (faire parti du « club des pédés », ça marque, forcement). M’enfin, il est grand maintenant, finis les complexes… Etant rapidement accepté par les jeunes de la classe de 3èC, il lui arrive même de jouer le rôle de grand frère un peu moralisateur… Belle revanche personnelle…

Sur une idée d’un ami, et parce qu’il vient d’un milieu populaire, Sattouf préfère observer de l’intérieur un collège « de riches ». Et le constat est sans appel : qu’ils viennent d’un milieu aisé ou pas, les adolescents sont tous les mêmes ! Il y a les gars qui assurent et les pauvres nazes, les filles cool et les filles « molles »… Tous recherchent plus ou moins les mêmes choses : les dernières fringues ou portables à la mode, sortir avec untel ou une telle et surtout, être intégré dans le groupe. Le sentiment d’exclusion est la pire chose à vivre quand on est ado. Et ça, Riad Sattouf l’a finement retranscrit.

Avec son style faussement caricatural (mais réellement précis), il nous dresse des portraits (pas très avantageux) d’adolescents attachants ou têtes à claques, souvent les deux à la fois. Bien sur, il croque aussi le personnel de direction et certains professeurs, mais « le retour au collège » n’est à aucun moment une critique du système scolaire.
Jamais méchant, Sattouf a une réelle affection pour cette jeunesse qu’il nous décrit. Et on en redemande !

TROIS OMBRES – Cyril Pedrosa (2007 – Delcourt (shampooing)

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Je me lance dans la lecture de cet ouvrage avec, il faut le dire, une certaine appréhension. N’ayant lu aucun résumé de l’histoire, je m’attendais à découvrir un roman (autobio)graphique de plus, nous narrant les mésaventures de héros malades ou traumatisés… Mais, dès les premières pages, je me rends compte de mon erreur…
3 Ombres est une fable, abordant des thèmes propres au genre : époque incertaine, quête initiatique et ses diverses rencontres, magie et sorcellerie…

Pedrosa commence son histoire de façon réaliste (décrivant la petite vie tranquille d’une famille de paysan), puis utilise la symbolique des 3 Ombres pour annoncer un drame qui va modifier le cours de l’histoire et la destinée des personnages. S’en suit alors une quête effrénée du Père et de son fils, qui entre de plus en plus dans le Merveilleux, jusqu’au dénouement final, qui nous ramène à un épilogue réaliste.
On suit donc l’aventure de Joachim et son père, qui subissent les événements sans pouvoir les modifier, et encore moins les fuir. Car comme dans tout conte de fée, les héros ne peuvent échapper à leur destinée.

Avec son style faussement léger, plus expressionniste qu’à l’accoutumé (trait au fusain vif et rond, noir & blanc contrasté), Pedrosa  nous raconte l’histoire d’un drame familial : la perte d’un enfant. Mais plutôt que de la traiter de façon réaliste, il a l’intelligence de l’aborder comme un conte à grande portée symbolique, qui évite tous pathos et rend ces « 3 Ombres » universelles. Une manière sensible et originale de raconter le deuil…
Belle surprise !

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