Archives pour la catégorie Plein les ouies



BRIGHTEN THE CORNERS – Pavement (Domino Recording, 1997)

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Découvert sur le tard, à l’époque de leur album Terror Twilight en 1999, Pavement ne m’a pas séduit immédiatement. Il faut dire que ce dernier album n’est pas le plus représentatif de leur univers lo-fi (production plus léchée, plus propre), même si après plusieurs écoute, il demeure totalement cohérent dans leur discographie, et s’avère être un sacré bon album. A l’époque, l’ami Ahmede m’avait enregistré un best-of sur cassette (et oui, ça se faisait encore il y a peu) dans lequel les morceaux venaient de tout leurs albums. J’ai mordu à l’hameçon Pavement avec les chansons de Woowee Zoowee (Rattle by the rush, Grave architecture, We dance…), Crooked Rain Crooked Rain (Silence kid, 5*4=Unity, Stop breathin’…) et surtout Brighten the Corners (Stereo, Shady lane, Passat dream

C’est-à-dire le Pavement qui sort de la production punk-underground de Slanted & Enchanted et privilégie plutôt les ambiances et structures pop-rock branques, dans la ligné de ces groupes indé-ricains tels que Sonic Youth, Pixies, Gun Club ou Violent Femmes… Et dans ce jeu des références, on peut même remonter jusqu’au Creedence Clearwater Revival ou Neil Young, sans oublier les anglais de The Fall ou Echo and the Bunnymen… Un enfant qui ne parait pas se prendre au sérieux et s’amuse avant tout à produire de bonnes chansons, sans chercher à se donner un genre. Un groupe authentique, qui influence les plus grands (Malkmus est un des song-writers préféré de Thom Yorke) ainsi que la nouvelle garde du rock indé (Broken Social Scene, Cold War Kids…)

Brignten the Corners est pour moi leur meilleur album tant il sonne de façon cohérente de la première à la dernière note, sans temps mort. Ce sentiment d’improvisation prééminents sur leurs précédents albums est encore présent, mais plus tout à fait le même. Chaque morceau me donne l’impression d’être produit exactement comme il fallait pour mettre en valeur le song-writing de Malkmus, sans approximations. Ses textes (We are underused, Transport is arranged, Old to begin…) abordent les difficultés existentielles de sa (ma) génération (la fameuse X). Une rythmique décalée par rapport à la mélodie, une basse ronde et groovante,  un chant (Malkmus, mais aussi Kannenberg) toujours à la limite du déraillement, de la fausse note. Des chansons parfois pop-naïves, à la rythmique acoustique, associées à une production post-grunge et ses guitares distordues. Un parfait équilibre entre puissance et finesse.

Un album riche, abouti, complet (entre énergie punk et atmosphères pop), généreux (il y a des idées pour 3-4 chansons dans chacune d’elle). Certainement leur plus commercial, mais du commercial comme ça, je veux bien en entendre tous les jours. En un mot : parfait (même ses imperfections sont parfaites) ! Mon album rock pour l’île déserte…

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Sous les Pavement, la plage !

March Of The Zapotec And RealPeople Holland – Beirut (Pompeii records)

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On a assisté durant ces années 2000 à un « déclivage » des musiques populaires (qu’on peut aussi qualifier du terme générique de Rock). Depuis les années 50, chaque décennie aura vu des styles et des courants dominants, s’opposant, alternant (et revenants) au fil des années.

Pour schématiser : les années 50 ont eu les Mods contre les Rockers. Les années 60, la Pop, le Rock Psychédélique, les folkleux… Les années 70 : le Hard contre le Reggae ou la Disco contre le Punk. Durant les années 80, la pop synthétique contre la New Wave, le Prog contre les alternatifs. Les années 90, le retour du Rock opposé au Rap, opposé à la techno…

Mais durant ces années 90, apparaîssent aussi des artistes qui mélangent sans aucuns complexes ces diverses influences (et d’autres). Tous les Beck, Beastie Boys, Radiohead ou autres Massive Attack ont amorcé ce qui me semble être la grande originalité de ces années 2000, à savoir décloisonner les genres. Recycler toutes ces influences pour créer son propre style… Il n’y a plus de genre dominant (même s’il reste toujours des grandes tendances).

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Zach Condon (à gauche) et son frère pour le Pompeii EP…

Beirut est à ce titre pour moi l’artiste emblématique de ces années 2000. Groupe d’un seul homme, Zach Condon (chant, ukulélé, trompette, accordéon, batterie…) fait aussi bien appel aux musiques actuelles qu’aux musiques traditionnelles, aux musiques occidentales (pop, folk, electro…) qu’aux musiques d’ailleurs (tsigane, latino, jazz New Orleans…). Il digère toutes ces influences avec une facilité déconcertante, et sait les utiliser de façon cohérente, afin de servir au mieux ses chansons. Et ce n’est pas pour en cacher la médiocrité, au contraire. Ces références enrichissent et donnent du corps à son remarquable song-writing.

Un artiste décomplexé, découvert avec son album The Flying Club Cup (grâce à l’ami Bruce), Beirut vient de sortir le superbe March Of The Zapotec/Holland EP. Sorte de double album dont la première partie sonne comme le Beirut de Gulag Orkestar, fanfare tsigane en avant. La deuxième sonne plutôt comme le Beirut du Pompei EP : electro pop intimiste (celui que je préfère)… On retrouve donc ici les deux pôles de la planète Beirut : Orchestral et Minimal. Un univers riche et foisonnant…Son chant alterne entre envolée lyrique et voie basse très New Wave. Ce qui contribue à la diversité de sa musique. 

http://www.dailymotion.com/video/x9lvy8

La chanson The Concubine est un très bon exemple. Ca commence par une ritournelle à l’accordéon (façon générique des Deschiens), à laquelle se rajoute trois notes joués à la sonnette de vélo, appuyés par une trompette, suivi d’un rythme basse-batterie très hip-hop. Arrive alors Condon avec une mélodie et un son de voie très new-wave (genre Talking Head). Le tout saupoudré d’une ou deux couches de synthé cheap. Et ça donne une superbe chanson de Beirut… Zach Condon, l’artiste rock des années 2000 ? Assurément…

http://www.beirutband.com/

LA MUSIQUE – Dominique A (Cinq7/wagram, 2009)

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Dominique A… La Musique… Intime… La sienne, la notre… In time… Prendre son temps… Voguer au rythme de ses mots, ses mélodies… In team… Orchestrations et harmonies de chambre… Voyages en solitaire… Intimiste… Entre nous, pour lui, pour nous, pour moi, seulement… Intimidante… Fascinante… Effrayante… Rassurante… « Intiminimaliste »… Evidente, belle, forte, intense…

Le sens, Immortels, Nanortalik, Qui es-tu ?, Hasta (que el cuerpo aguante), La Musique, Je suis parti avec toi, Le Bruit Blanc de l’été, Des étendues, Les garçons perdus, Hotel Congress, La fin d’un monde.

La Musique de Dominique A est, comme le dit l’intéressé : « La Fossette version Red Bull »… « Dans ce disque, il y a l’idée de revenir à un fonctionnement solitaire, à cette nuance près que maintenant il y a quelques personnes susceptibles de m’écouter.
Et aussi que je ne veux pas jouer sur une fragilité, sur une neutralité du chant. J’ai voulu savoir ce que je peux donner maintenant, à domicile, avec des instruments qui ressemblent peu ou prou aux instruments que j’avais avant, et avec quinze ans d’expérience musicale. »
Source

http://www.dominiquea.com/
Interview

A NEW TIDE – Gomez (ATO Records, 2009)

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3 ans sans nouvelles de Gomez, ce n’est pas dans leurs habitudes. Leur dernier disque, la compilation Five Men in a Hut est sortie en octobre 2006. A New Tide est lui sorti fin Mars 2009. Mais qu’ont-ils fait entre temps ? En plus de créer et produire de nouvelles chansons, ils ont cherché une autre maison de disques, suite au démantèlement de la filiale Hut par Virgin. Ce dernier Gomez sort donc sur le label new-yorkais AOT Records. C’est quelque part une bonne nouvelle de les savoir sur un petit label indé. Ca colle bien avec leur image et leur démarche artistique… Comme le dit très bien Matthieu Grunfeld de Magic, Gomez, c’est une formule immuable : « un sens communicatif du bonheur de jouer collectif, (des) voix à tomber (…) et une énergie qui emporte l’adhésion en dépit de toutes les imperfections de chansons parfois bancales ».

A New Tide s’inscrit dans la même lignée que ses prédécesseurs : un mélange entre influences britanniques (mélodies Pop sur Lost Track ou Other Plan) et américaines (ambiances folk-blues de Little Piece ou jazzy sur If I Ask You Nicely…). Un équilibre réussi entre morceau d’ambiance (Bone Tired) et chansons rythmées (Airtream Driver). Toujours cette impression d’intemporalité ! Des chansons comme Mix, Win Park Slope ou Natural Selection pourraient figurer sur leurs autres albums. Au jeu des références, Gomez semble être inspiré par… Gomez. C’est pourquoi je suis à chaque fois content de les retrouver (avec toujours de superbes pochettes). C’est comme quand je revois une fois par an des amis lointains. Je suis heureux de constater qu’ils évoluent, mais ne changent pas ! Et qu’ont ait encore de bons moments à partager…

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IN RAINBOWS – Radiohead (2007 XL Recordings)

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Que peut-on attendre du nouvel album d’un groupe comme Radiohead ? Qu’il nous surprenne, nous déroute, ou qu’il nous rassure en retrouvant un univers familier ..? La grande qualité d’un groupe, c’est de nous proposer des chansons qui nous touchent, nous émeuvent, nous remuent les tripes, correspondant à nos goûts… Et pour moi, Radiohead créé les plus belles que je n’ai jamais entendues.

Depuis 1995 et The Bends, Radiohead ne sort que des grands albums. Sa capacité à se réinventer, à aller vers des directions inattendues, à ne jamais sortir des albums qui se ressemblent est pour moi un gage de qualité, et relève d’une démarche artistique intègre et honnête. Car aussi déroutant qu’ils soient (tels le diptyque Kid Amnesiac), lors des premières écoutes, chaque albums me semblent avoir été produits spontanément, d’un premier jet, alors qu’ils relèvent d’un travail de long haleine, monstrueux. Impression que j’ai ressenti plus encore avec In Rainbows.

Qu’attendre de leur dernier album ? Qu’il m’apporte de nouvelles pépites, de belles sensations… Et c’est le cas ! Au-delà de mes espérances, c’est leur meilleur album. Le décrire morceau par morceau me parait difficile, trop subjectif. Car on ne peut comparer qu’en fonction de nos propres références…

In Rainbows ne s’aventure pas vers des territoires sonores inconnus. Il n’est non plus une redite de Hail to the Thief (qui fait la synthèse de leurs précédents albums, une sorte de best of d’inédits). Tel un artiste peintre, Radiohead a maintenant constitué sa palette et peut composer pleinement avec ses sonorités, ses structures, ses mélodies, ses rythmes…

L’ambiance globale est plus calme, moins torturée (plus adulte ?). Les membres (et thom Yorke en particulier) semblent plus sereins, à l’aise à leur place. Cet album est celui d’un groupe soudé, au service de leurs chansons et non celui de musiciens au service d’un chanteur mégalo… Remarquable !

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