Archives pour la catégorie Plein les ouies



Radiodread – Easy Star All-Stars (Easy Star Records, 2006)

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A la fin des années 90, une rumeur circulait comme quoi Massive Attack allait intégralement remixer OK Computeur, avec l’approbation de Radiohead. Les deux groupes s’apprécient mutuellement et se côtoyaient parfois. Un projet qui avait de quoi mettre l’eau à la bouche : le meilleur groupe électro du moment fusionnant avec le meilleur groupe rock, ça ne pouvait qu’être bon ! D’où la déception de voir que ce projet ne restera qu’un rêve improbable de fans… C’est pourquoi, lorsque le Easy Star All-Stars sort leur 2ème album, Radiodread, qui réorchestre façon reggae-dub ce même OK Computeur, c’est un peu comme si ce projet fou réapparaissait, dans une version alternative. D’autant que la présence d’Horace Andy en ouverture de l’album (sur Airbag) fini de me convaincre qu’il existe une réelle filiation entre ces deux projets.

Collectif basé à New York, Easy Star All-Stars est composé d’un noyau dur d’artistes de la scène reggae, ska, dub et jazz, ainsi que de grands chanteurs jamaïcain, invités à l’occasion pour participer aux projets. Leur premier, sorti en 2003, est le Dub Side of the Moon qui, comme son nom l’indique, aborde la face reggae du Pink Floyd. Un premier essai réussit. S’ensuit 3 ans après ce Radiodead puis, sort cette année, un nouvel opus : Easy Star’s Lonely Hearts Dub Band qui, vous l’aurez deviné, reprend l’intégralité du plus célèbre album des Beatles. Des p’tits gars qui n’ont peur de rien !

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Les chansons de Radiohead sont ici entièrement réorchestrées façon reggae-dub. D’une grande fidélité par rapport au matériau de base, chaque morceau y est repris note pour note, sans perditions ni modifications. Ce qui fait qu’on retrouve l’architecture particulière des chansons, avec un énorme plus apporté par ces sons et structures reggae.

La voie lyrique d’Horace Andy fait des merveilles sur Airbag, véritable alter-égo jamaïcain de Thom Yorke… Paranoïd Androïd commence doucement. L’orchestration n’apporte pas grand-chose à la chanson, jusqu’au moment ou les cuivres arrivent (en remplacement les guitares) et là, ça prend une autre tournure ! Exit Music est magnifique et se prête admirablement au spleen reggae. Une reprise qui sonne comme du Gainsbourg période Wailers. Le Let Down est magistralement transcendé par l’interprétation de Toots & Maytals. Si on ne connaît pas cette chanson de Radiohead, on pourrait croire sans problème à un standard, un classique du répertoire roots-reggae. Bluffant. Karma Police reste Karma Police, même à la sauce jamaïcaine. Un pur morceau. Superbe aussi la version de Electioneering qui termine en apothéose Dub ! Les autres morceaux sont un ton en dessous, mais dans l’ensemble, Radiodread est un tribute vraiment réussit, bien plus qu’une curiosité pour les fans du quintet d’Oxford et peut même en réconcilier plus d’un avec leurs chansons !

Ce Radiodread nous permet de redécouvrir des morceaux qu’on croyait connaître par cœur. Il nous confirme également l’idée (qu’on savait déjà) qu’au-delà du style et du « son Radiohead », il y a à la base de superbes chansons, qui supporteraient tous les traitements possibles et inimaginables (à quand Kid A version Doom-Metal ..?).

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FUN HOUSE – The Stooges (Elektra, 1970)

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Chronique de l’ami Bruce, tirée de son blog (http://www.secteur7.net/site/). Un bon compte rendu des impressions que l’on peut ressentir à l’écoute de cet album Monstrueux…

Album sau­vage, vis­cé­ral, inci­sif, explo­sif, violent, cru, où le mot Rock prend toute sa signi­fi­ca­tion. Si je pense Rock je pense «Fun House». Un album qui n’a pas mar­ché à sa sor­tie, for­cé­ment il y a tout, ça fai­sait trop.

Les frères Ashe­ton sont aux som­mets dès ce deuxième album, gui­tare criarde, telle une voix accom­pa­gnant celle d’Iggy Pop, ou le contraire je ne sais plus, pos­sé­dée, d’une méchan­ceté sur­vol­tée, aux influences free-jazz quand appa­rait le saxo­phone, aux influences aussi bluesy sur «Dirt», titre ban­dant à sou­hait. The Stooges inventent sur le reste du contenu le punk et le metal, et font ainsi de la galette «Fun House» la plus grande influence du monde.

Je ne sais quoi ajou­ter de plus à cet album classé par cer­tains comme le plus grand de tous les temps, de Nick Cave à Jack White, ou du maga­zine «Rock & Folk». Je ne vais pas emprun­ter un dic­tion­naire des syno­nymes et col­ler tous les super­la­tifs exis­tants pour dire ce que com­portent ces excep­tion­nelles plages !

Une claque encore 40 ans après. Une énième écoute et même deux de suite ce matin et encore ce seul mot : Putain ! Bouche bée par tant d’intensité. 7 plages pour une île déserte où règnera le sexe et la drogue, l’excitation et la chair de poule.«Fun House», on y entre et on y vît une ensor­ce­lante orgie. Et on en sort chan­ger, à tout jamais.

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Louder Than Bombs – The Smiths (Rought Trade Records, 1987)

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Plutôt que de me creuser la tête à trouver les mots justes pour décrire ce superbe album des Smiths – qui est en fait une compilation de leurs premiers singles et faces b – alors que je suis encore en vacances (vive la paresse !!!), je vous propose cette chronique dénichée sur le site Guts Of Darkness. Chronique à laquelle j’adhère complètement… Louder than Bombs est le premier disque que j’ai découvert d’eux et je n’avais pas accroché sur le coup. Je lui préférais Meat is Murder et The Queen is Dead. Mais avec le temps, c’est devenu mon album préféré des Smiths !

A la base, ‘Louder than bombs’ fut produit comme une contrepartie américaine à la compilation ‘The world won’t listen’ sortie sur le marché anglais. Vendu sous forme d’un double album, il incluait tous les singles et pratiquement toutes les faces B qui n’étaient à l’époque (1987) pas disponibles sur le territoire américain. Etant donné que le disque incluait le single ‘Sheila take a bow’ ainsi qu’une poignée d’inédits en album, ‘Louder than the bombs’ fut réclamé par le public européen et finalement édité pour lui aussi. C’est bien compréhensible car cette compilation regorge de bonnes choses, véritable démonstration du talent et des capacités des Smiths, de la pointe mélancolique du superbe ‘Rubber ring’ aux tentations punky de ‘London’, sans oublier la désinvolture désenchantée de ‘William, it was really nothing’, l’humour grinçant dissimulant un cri d’amour (‘Ask’) ou le suicidaire ‘Shakespeare’s sister’. Pas évident de se renouveler dans mes chroniques des albums de Morrissey et sa bande, leur musique appelle encore et encore les mêmes qualificatifs tant il est difficile de résister à cette pop fluide aux guitares cristallines enrichies de temps à autre de piano, d’harmonica, qui s’insinue dans les oreilles comme une brise mélancolique. La voix et les textes de Morrissey font des merveilles, les morceaux charment, serrent l’estomac de par leur tristesse, nouent la gorge de par leur profondeur et leur simplicité désabusée mais si classieuse. Qui plus est, ‘Louder than bombs’ permet de découvrir un certain nombre de chansons vraiment bonnes pas forcément présentes sur les best of; parmi elles, je retiendrais particulièrement ‘Sweet and tender hooligan’, ‘Girl afraid’, ‘Rubber ring’ ou même l’instrumental vaguement cabaret ‘Oscillate wildly’…Les Smiths, c’est une drogue dont on ne se désintoxique pas. (Twilight)

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ULTRA – Depeche Mode (Mute, 1997)

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C’est marrant, mais à chaque fois que je veux faire découvrir un album de Depeche Mode, je choisi toujours Ultra… C’est un album incroyable, inespéré pour le fan critique que je suis… Leur meilleur album, leur chef d’œuvre…

J’y retrouve l’alchimie toute particulière du « son DM ». Des chansons bien sur, avec le traditionnel « couplet-pont-refrain » qui nous démontre (s’il fallait encore le démontrer) les grandes qualités d’écriture de Martin.L.Gore. Ses thèmes de prédilection sont bien présents (la quête, la rédemption, amours perdus, impossibles…). Des ambiances toujours aussi sombres, mais cette fois-ci plus matures, plus assumées, moins « fabriquées ». La voie de Dave Gahan possède plus d’ampleur, d’épaisseur. Martin Gore (qui chante de façon plus technique que Dave, qui est plutôt instinctif) interprète ici les deux chansons qui sont à mon avis ses meilleurs jamais écrites pour lui-même : Home et The Bottom Line.

La production de Tim Simenon est remarquable, ce qui est une gageure tant il est plutôt difficile de passer après Alan Wilder et d’arriver à conserver l’identité sonore du groupe. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans cet album, la qualité du son. Entre des lignes de basses profondes, très Trip Hop, des guitares mélodiques ou incisives, une rythmique organique (fini la boite à rythme)… L’habillage sonore (qui se dévoile au fil des écoutes) apporte une richesse incroyable à des chansons charnelles, incarnées comme jamais. Toujours cet équilibre entre le chaud et le froid, l’ombre et la lumière, l’intime et l’universel, le super-produit et l’authenticité…

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Barrell of a gun, premier morceau et première claque ! Enfin le single qu’aucun fan de rock ne peut critiquer. Ni les fans de DM of course… Une intensité à pleurer, une puissance à hurler. Chanson de la résurrection, aux paroles explicites (« Whatever I’ve done, I’ve been staring down the barrel of a gun…« ). Dave Gahan n’écrivait pas encore de texte pour DM, mais il aurait pu écrire cette chanson au mot prêt. The love thieves est magnifique, une de mes chansons préférées du groupe. Un morceau à la structure classique, qui prend le temps d’installer une ambiance intime, dont l’intensité dramatique monte crescendo… Morceau typique des albums de DM. Home est une pur merveille. La plus belle des chansons de Martin et de fait, son plus beau single. It’s no good est à prendre au second degré, comme une auto-parodie. DM imite le DM faiseur de tube des années 80. Une chanson électro-pop pour club de dance, lourde de sens et bien moins naïve qu’elle n’y parait. Uselink est un instrumental, un intermède musical qui devient une tradition depuis Music for the Masses. Useless est imparable et ne pouvait que finir en single. Une chanson qui nous démontre une bonne fois pour toute (comme s’il fallait le confirmer) que la structure « guitare-basse-batterie » a toute sa place dans l’univers modien…

La face b de cet album (qui fut sorti aussi en vynil) est remarquable et difficilement racontable, tant les chefs d’œuvre s’y succèdent. Entre le mélancolique Sister of night (qui fini en apothéose), l’instrumental Jazz thieves, le bluesy Freetaste, le gospel de The bottom line ou le classicisme d’Insight. Toute la palette de leurs influences s’y trouve transcendée comme jamais…

Un album nocturne, qui s’inscrit dans la continuité logique de la direction prise par les deux précédents (Violator et SOFAD). Ultra est un album rock, aux influences assumées, qui a définitivement installé DM au panthéon des groupes phares des années 90. On est loin de l’image de garçons coiffeurs des années 80. Synthèse parfaite de leurs albums antérieurs, entre Pop-sombre et électro-rock. L’apogée de leur discographie…

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IDEAL CRASH – dEUS (Island, 1999)

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Voici un compte-rendu de l’ami Bruce qui décrit parfaitement cet album pop-rock indispensable by dEUS (je l’emmenerai aussi sur l’île déserte ! Cela va devenir une coutume de mettre les bons articles des amis…

D’entrée « Put The Freaks Up Front»  met tout le monde d’accord en France : On ne déblatéra plus la moindre blague sur les Belges. Ensuite « Sister Dew» , merveilleuse ballade sombre et torturée, en remet une couche : le plus grand album britannique ne vient donc pas de Manchester mais d’Anvers.

Le Songwriting est absolument parfait. L’état de grâce continuera sur toutes les plages suivantes avec comme point d’orgue « Instant Street»  qui sonne comme le plus grand titre des 20 dernières années, implosant dans un final apocalyptique des plus réjouissant. « The Magic Hour» , « Magdalena» , « Everybody’s Weird»  et « Dream Sequence #1» sont aussi de parfaits exemples de cohérence à l’univers tout aussi mélancolique qu’explosif.

« The Ideal Crash»  est un album qui donne la pêche et du baume au cœur, qui possède multiples changements de rythmes, aux idées musicales nombreuses, aux redoutables refrains et couplets, une virtuosité pop-rock à tomber par terre, d’un perfectionnisme sidérant.

Les égos et les multiples déformations du groupe n’auront rien pu y faire, Tom Barman a reprit de belle manière le navire et il trouvera enfin la formation qui lui manquait pour les suites « Pocket Revolution»  et « Vantage Point» . Deux albums qui n’auront pas cette cohésion et cette beauté, mais où son chant par contre sera d’une évolution notable.

« The Ideal Crash»  est un album élégant et poisseux, doux et orageux, obsédant et galvanisant. Une œuvre d’Art précise et authentique. Oui, une putain d’œuvre d’Art ! Cela fait à présent dix ans que je ne cesse d’écouter ce paradis auditif et même si les américains n’ont pas eu cet album sur leur sol, il faut bien se rendre à l’évidence : dEUS porte terriblement bien son nom.

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dEUS, millésime 1999

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