Archives pour la catégorie Plein les ouies



Louder Than Bombs – The Smiths (Rought Trade Records, 1987)

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Plutôt que de me creuser la tête à trouver les mots justes pour décrire ce superbe album des Smiths – qui est en fait une compilation de leurs premiers singles et faces b – alors que je suis encore en vacances (vive la paresse !!!), je vous propose cette chronique dénichée sur le site Guts Of Darkness. Chronique à laquelle j’adhère complètement… Louder than Bombs est le premier disque que j’ai découvert d’eux et je n’avais pas accroché sur le coup. Je lui préférais Meat is Murder et The Queen is Dead. Mais avec le temps, c’est devenu mon album préféré des Smiths !

A la base, ‘Louder than bombs’ fut produit comme une contrepartie américaine à la compilation ‘The world won’t listen’ sortie sur le marché anglais. Vendu sous forme d’un double album, il incluait tous les singles et pratiquement toutes les faces B qui n’étaient à l’époque (1987) pas disponibles sur le territoire américain. Etant donné que le disque incluait le single ‘Sheila take a bow’ ainsi qu’une poignée d’inédits en album, ‘Louder than the bombs’ fut réclamé par le public européen et finalement édité pour lui aussi. C’est bien compréhensible car cette compilation regorge de bonnes choses, véritable démonstration du talent et des capacités des Smiths, de la pointe mélancolique du superbe ‘Rubber ring’ aux tentations punky de ‘London’, sans oublier la désinvolture désenchantée de ‘William, it was really nothing’, l’humour grinçant dissimulant un cri d’amour (‘Ask’) ou le suicidaire ‘Shakespeare’s sister’. Pas évident de se renouveler dans mes chroniques des albums de Morrissey et sa bande, leur musique appelle encore et encore les mêmes qualificatifs tant il est difficile de résister à cette pop fluide aux guitares cristallines enrichies de temps à autre de piano, d’harmonica, qui s’insinue dans les oreilles comme une brise mélancolique. La voix et les textes de Morrissey font des merveilles, les morceaux charment, serrent l’estomac de par leur tristesse, nouent la gorge de par leur profondeur et leur simplicité désabusée mais si classieuse. Qui plus est, ‘Louder than bombs’ permet de découvrir un certain nombre de chansons vraiment bonnes pas forcément présentes sur les best of; parmi elles, je retiendrais particulièrement ‘Sweet and tender hooligan’, ‘Girl afraid’, ‘Rubber ring’ ou même l’instrumental vaguement cabaret ‘Oscillate wildly’…Les Smiths, c’est une drogue dont on ne se désintoxique pas. (Twilight)

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ULTRA – Depeche Mode (Mute, 1997)

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C’est marrant, mais à chaque fois que je veux faire découvrir un album de Depeche Mode, je choisi toujours Ultra… C’est un album incroyable, inespéré pour le fan critique que je suis… Leur meilleur album, leur chef d’œuvre…

J’y retrouve l’alchimie toute particulière du « son DM ». Des chansons bien sur, avec le traditionnel « couplet-pont-refrain » qui nous démontre (s’il fallait encore le démontrer) les grandes qualités d’écriture de Martin.L.Gore. Ses thèmes de prédilection sont bien présents (la quête, la rédemption, amours perdus, impossibles…). Des ambiances toujours aussi sombres, mais cette fois-ci plus matures, plus assumées, moins « fabriquées ». La voie de Dave Gahan possède plus d’ampleur, d’épaisseur. Martin Gore (qui chante de façon plus technique que Dave, qui est plutôt instinctif) interprète ici les deux chansons qui sont à mon avis ses meilleurs jamais écrites pour lui-même : Home et The Bottom Line.

La production de Tim Simenon est remarquable, ce qui est une gageure tant il est plutôt difficile de passer après Alan Wilder et d’arriver à conserver l’identité sonore du groupe. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans cet album, la qualité du son. Entre des lignes de basses profondes, très Trip Hop, des guitares mélodiques ou incisives, une rythmique organique (fini la boite à rythme)… L’habillage sonore (qui se dévoile au fil des écoutes) apporte une richesse incroyable à des chansons charnelles, incarnées comme jamais. Toujours cet équilibre entre le chaud et le froid, l’ombre et la lumière, l’intime et l’universel, le super-produit et l’authenticité…

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Barrell of a gun, premier morceau et première claque ! Enfin le single qu’aucun fan de rock ne peut critiquer. Ni les fans de DM of course… Une intensité à pleurer, une puissance à hurler. Chanson de la résurrection, aux paroles explicites (« Whatever I’ve done, I’ve been staring down the barrel of a gun…« ). Dave Gahan n’écrivait pas encore de texte pour DM, mais il aurait pu écrire cette chanson au mot prêt. The love thieves est magnifique, une de mes chansons préférées du groupe. Un morceau à la structure classique, qui prend le temps d’installer une ambiance intime, dont l’intensité dramatique monte crescendo… Morceau typique des albums de DM. Home est une pur merveille. La plus belle des chansons de Martin et de fait, son plus beau single. It’s no good est à prendre au second degré, comme une auto-parodie. DM imite le DM faiseur de tube des années 80. Une chanson électro-pop pour club de dance, lourde de sens et bien moins naïve qu’elle n’y parait. Uselink est un instrumental, un intermède musical qui devient une tradition depuis Music for the Masses. Useless est imparable et ne pouvait que finir en single. Une chanson qui nous démontre une bonne fois pour toute (comme s’il fallait le confirmer) que la structure « guitare-basse-batterie » a toute sa place dans l’univers modien…

La face b de cet album (qui fut sorti aussi en vynil) est remarquable et difficilement racontable, tant les chefs d’œuvre s’y succèdent. Entre le mélancolique Sister of night (qui fini en apothéose), l’instrumental Jazz thieves, le bluesy Freetaste, le gospel de The bottom line ou le classicisme d’Insight. Toute la palette de leurs influences s’y trouve transcendée comme jamais…

Un album nocturne, qui s’inscrit dans la continuité logique de la direction prise par les deux précédents (Violator et SOFAD). Ultra est un album rock, aux influences assumées, qui a définitivement installé DM au panthéon des groupes phares des années 90. On est loin de l’image de garçons coiffeurs des années 80. Synthèse parfaite de leurs albums antérieurs, entre Pop-sombre et électro-rock. L’apogée de leur discographie…

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IDEAL CRASH – dEUS (Island, 1999)

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Voici un compte-rendu de l’ami Bruce qui décrit parfaitement cet album pop-rock indispensable by dEUS (je l’emmenerai aussi sur l’île déserte ! Cela va devenir une coutume de mettre les bons articles des amis…

D’entrée « Put The Freaks Up Front»  met tout le monde d’accord en France : On ne déblatéra plus la moindre blague sur les Belges. Ensuite « Sister Dew» , merveilleuse ballade sombre et torturée, en remet une couche : le plus grand album britannique ne vient donc pas de Manchester mais d’Anvers.

Le Songwriting est absolument parfait. L’état de grâce continuera sur toutes les plages suivantes avec comme point d’orgue « Instant Street»  qui sonne comme le plus grand titre des 20 dernières années, implosant dans un final apocalyptique des plus réjouissant. « The Magic Hour» , « Magdalena» , « Everybody’s Weird»  et « Dream Sequence #1» sont aussi de parfaits exemples de cohérence à l’univers tout aussi mélancolique qu’explosif.

« The Ideal Crash»  est un album qui donne la pêche et du baume au cœur, qui possède multiples changements de rythmes, aux idées musicales nombreuses, aux redoutables refrains et couplets, une virtuosité pop-rock à tomber par terre, d’un perfectionnisme sidérant.

Les égos et les multiples déformations du groupe n’auront rien pu y faire, Tom Barman a reprit de belle manière le navire et il trouvera enfin la formation qui lui manquait pour les suites « Pocket Revolution»  et « Vantage Point» . Deux albums qui n’auront pas cette cohésion et cette beauté, mais où son chant par contre sera d’une évolution notable.

« The Ideal Crash»  est un album élégant et poisseux, doux et orageux, obsédant et galvanisant. Une œuvre d’Art précise et authentique. Oui, une putain d’œuvre d’Art ! Cela fait à présent dix ans que je ne cesse d’écouter ce paradis auditif et même si les américains n’ont pas eu cet album sur leur sol, il faut bien se rendre à l’évidence : dEUS porte terriblement bien son nom.

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dEUS, millésime 1999

BRIGHTEN THE CORNERS – Pavement (Domino Recording, 1997)

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Découvert sur le tard, à l’époque de leur album Terror Twilight en 1999, Pavement ne m’a pas séduit immédiatement. Il faut dire que ce dernier album n’est pas le plus représentatif de leur univers lo-fi (production plus léchée, plus propre), même si après plusieurs écoute, il demeure totalement cohérent dans leur discographie, et s’avère être un sacré bon album. A l’époque, l’ami Ahmede m’avait enregistré un best-of sur cassette (et oui, ça se faisait encore il y a peu) dans lequel les morceaux venaient de tout leurs albums. J’ai mordu à l’hameçon Pavement avec les chansons de Woowee Zoowee (Rattle by the rush, Grave architecture, We dance…), Crooked Rain Crooked Rain (Silence kid, 5*4=Unity, Stop breathin’…) et surtout Brighten the Corners (Stereo, Shady lane, Passat dream

C’est-à-dire le Pavement qui sort de la production punk-underground de Slanted & Enchanted et privilégie plutôt les ambiances et structures pop-rock branques, dans la ligné de ces groupes indé-ricains tels que Sonic Youth, Pixies, Gun Club ou Violent Femmes… Et dans ce jeu des références, on peut même remonter jusqu’au Creedence Clearwater Revival ou Neil Young, sans oublier les anglais de The Fall ou Echo and the Bunnymen… Un enfant qui ne parait pas se prendre au sérieux et s’amuse avant tout à produire de bonnes chansons, sans chercher à se donner un genre. Un groupe authentique, qui influence les plus grands (Malkmus est un des song-writers préféré de Thom Yorke) ainsi que la nouvelle garde du rock indé (Broken Social Scene, Cold War Kids…)

Brignten the Corners est pour moi leur meilleur album tant il sonne de façon cohérente de la première à la dernière note, sans temps mort. Ce sentiment d’improvisation prééminents sur leurs précédents albums est encore présent, mais plus tout à fait le même. Chaque morceau me donne l’impression d’être produit exactement comme il fallait pour mettre en valeur le song-writing de Malkmus, sans approximations. Ses textes (We are underused, Transport is arranged, Old to begin…) abordent les difficultés existentielles de sa (ma) génération (la fameuse X). Une rythmique décalée par rapport à la mélodie, une basse ronde et groovante,  un chant (Malkmus, mais aussi Kannenberg) toujours à la limite du déraillement, de la fausse note. Des chansons parfois pop-naïves, à la rythmique acoustique, associées à une production post-grunge et ses guitares distordues. Un parfait équilibre entre puissance et finesse.

Un album riche, abouti, complet (entre énergie punk et atmosphères pop), généreux (il y a des idées pour 3-4 chansons dans chacune d’elle). Certainement leur plus commercial, mais du commercial comme ça, je veux bien en entendre tous les jours. En un mot : parfait (même ses imperfections sont parfaites) ! Mon album rock pour l’île déserte…

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Sous les Pavement, la plage !

March Of The Zapotec And RealPeople Holland – Beirut (Pompeii records)

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On a assisté durant ces années 2000 à un « déclivage » des musiques populaires (qu’on peut aussi qualifier du terme générique de Rock). Depuis les années 50, chaque décennie aura vu des styles et des courants dominants, s’opposant, alternant (et revenants) au fil des années.

Pour schématiser : les années 50 ont eu les Mods contre les Rockers. Les années 60, la Pop, le Rock Psychédélique, les folkleux… Les années 70 : le Hard contre le Reggae ou la Disco contre le Punk. Durant les années 80, la pop synthétique contre la New Wave, le Prog contre les alternatifs. Les années 90, le retour du Rock opposé au Rap, opposé à la techno…

Mais durant ces années 90, apparaîssent aussi des artistes qui mélangent sans aucuns complexes ces diverses influences (et d’autres). Tous les Beck, Beastie Boys, Radiohead ou autres Massive Attack ont amorcé ce qui me semble être la grande originalité de ces années 2000, à savoir décloisonner les genres. Recycler toutes ces influences pour créer son propre style… Il n’y a plus de genre dominant (même s’il reste toujours des grandes tendances).

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Zach Condon (à gauche) et son frère pour le Pompeii EP…

Beirut est à ce titre pour moi l’artiste emblématique de ces années 2000. Groupe d’un seul homme, Zach Condon (chant, ukulélé, trompette, accordéon, batterie…) fait aussi bien appel aux musiques actuelles qu’aux musiques traditionnelles, aux musiques occidentales (pop, folk, electro…) qu’aux musiques d’ailleurs (tsigane, latino, jazz New Orleans…). Il digère toutes ces influences avec une facilité déconcertante, et sait les utiliser de façon cohérente, afin de servir au mieux ses chansons. Et ce n’est pas pour en cacher la médiocrité, au contraire. Ces références enrichissent et donnent du corps à son remarquable song-writing.

Un artiste décomplexé, découvert avec son album The Flying Club Cup (grâce à l’ami Bruce), Beirut vient de sortir le superbe March Of The Zapotec/Holland EP. Sorte de double album dont la première partie sonne comme le Beirut de Gulag Orkestar, fanfare tsigane en avant. La deuxième sonne plutôt comme le Beirut du Pompei EP : electro pop intimiste (celui que je préfère)… On retrouve donc ici les deux pôles de la planète Beirut : Orchestral et Minimal. Un univers riche et foisonnant…Son chant alterne entre envolée lyrique et voie basse très New Wave. Ce qui contribue à la diversité de sa musique. 

http://www.dailymotion.com/video/x9lvy8

La chanson The Concubine est un très bon exemple. Ca commence par une ritournelle à l’accordéon (façon générique des Deschiens), à laquelle se rajoute trois notes joués à la sonnette de vélo, appuyés par une trompette, suivi d’un rythme basse-batterie très hip-hop. Arrive alors Condon avec une mélodie et un son de voie très new-wave (genre Talking Head). Le tout saupoudré d’une ou deux couches de synthé cheap. Et ça donne une superbe chanson de Beirut… Zach Condon, l’artiste rock des années 2000 ? Assurément…

http://www.beirutband.com/

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