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Tout et son contraire – Philippe Vandel (France Info)

Tout et son contraire - Philippe Vandel (France Info) dans Plein les ouies 350pxphilippevandel

Tout et son contraire est l’émission quotidienne de Philippe Vandel. Découpée en 3 ou 4 parties, réparties tout aux long de la journée dans la grille des programmes de France Info, l’émission nous permet d’entendre bon nombre de gens (artistes, journalistes, musiciens, hommes politiques…) qui ne jouissent pas d’une grande couverture médiatique. En particulier des auteurs de bandes dessinées (certes, les plus connus tels que Wolinski, Cabu, Dionnet, Algoud, Binet, Margerin, Zep, Gotlib, Petillon, Moebius, Sfar…), qu’il est toujours bien sympa d’entendre sur les ondes…

J’aime bien sa manière candide de poser des questions qui, l’air de rien, sont toujours pertinentes et judicieusement enchainées. Ce qui favorise la complicité, la confidence… De plus, et ce n’est pas négligeable, Vandel connait très bien ses sujets. Il n’est jamais approximatif. La qualité des réponses, sans langue de bois, nous le confirme. Un ton qui nous change de la plupart des interviews télévisées… Je vous incite fortement à découvrir la page web de l’émission – bien foutu, avec à chaque fois une présentation claire et succincte de l’invité – et piocher dans la longue liste des interviewés, sur le site de France Info.

 

TNT – Tortoise (Thrill Jockey, 1998)

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J’avoue être passé à côté de cet album lors de sa sortie en 1998. Je n’accrochais pas à ce que les journalistes appellaient alors le Post-rock : un rock instrumental, expérimental et planant, un peu trop jazzy et intello pour moi. Disons que je n’étais pas assez mûr pour prendre le rythme de cette tortue… Mais depuis, est sorti le dyptique Kid A/Amnesiac qui m’a sensibilisé à cette approche musical. Alors, quand je me me suis plongé dans ce TNT, j’ai rapidement été pris dans les mailles de ses filets. Tortoise produit un rock instrumental, effectivement influencé par les structures jazz (« Swung from the gutters », « In Sarah, Mencken, Christ… »), mais aussi par les musiques de films, entre Western et Fantastique (« The Equator », « I set my face to the hillside »ou bien « Ten-day interval » et « Four-day interval » qui paraissent venir d’une B.O. de John Carpenter !). Cependant, ce n’est pas aussi cérébral que je ne le pensais. Leur musique est très sensible, sensuelle…

Bien qu’il s’aventure parfois vers les sonorités froides et inquiétantes de la musique électronique, des productions du label Warp en particulier (« A simple way to go fast », »Almost always is nearly enough », « Jetty »), TNT est un album chaleureux et paisible. L’influence des rythmes latinos et caribéens y contribue fortement. De superbes ambiances rock (« TNT », « The suspension bridge at Iguazu falls » ou « Everglade ») qui m’emmènent en ballade mentale vers les grandes étendues d’une Amérique imaginaire… Un univers musical proche de ce que je peux trouver chez Calexico, Pavement ou Broken Social Scene, les lyrics en moins… Leur album précédent, « Million now living will never die » (sorti en 1996) est tout aussi bon ! Moins électro et plutôt influencé par le Krautrock. On y retrouve ces riches ambiances… Tortoise est un groupe qui compte !

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Mark Kozelek – What’s Next To The Moon (Badman Recording, 2001)

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Belle découverte (merci à l’ami Swamp !) que cet album de Mark Kozelek, qui rend hommage à AC/DC, période Bon Scott. Beau contraste entre la violence des textes et l’ambiance paisible des arrangements folk-acoustiques. Il paraissait plus facile de reprendre leurs chansons en Blues…

On ne reconnaît pas les morceaux, entièrement réorchestrées, si ce n’est quelques bribes de couplets, de refrains, qui nous rappellent que ce sont des compositions de Scott and Young. If You Want Blood, Bad Boy Boogie ou Riff Raff sont méconnaissables. C’est là toute la réussite de cet album : nous faire entendre des morceaux qu’on connaît par cœur de manière inattendue. Plus que de simples reprises, Kozelek nous offrent de véritables réinterprétations, rendant justice aux textes de Bon Scott, plus reconnu comme performer que song-writer.

La pochette décrit très bien la teneur de cet album, un chemin de fer balisant la route, nous emmenant vers un horizon boisé…

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Un homme lunaire…

Le leader des Red House Painters a lancé un autre projet en 2003 : Sun Kil Moon (merci à l’ami Bruce !), grâce auquel il avance encore plus loin dans son univers de prédilection. A savoir un folk-rock teinté de pop, de country, pur produit estampillé « americana », offrant des images d’une Amérique contemporaine fantasmée : soleil plombant ou rasant, poussière, grandes étendues forestières ou désertiques, évasions de toutes sortes…

Un rythme lent (down tempo), une batterie en sourdine, une basse tellement en place qu’on ne l’entend pas. Des guitares slide ou en arpège. Une voix basse qui susurre, reconnaissable entre mille. Kozelek ne pousse jamais sa voix, il est toujours dans la retenue. De belles ambiances Country-Folk. [Un bon pote me disait il y a peu, lors d’une discussion musicale, que j’aimais bien ce qui est « country ». J’aime en effet ses ambiances, ses sons, quand ils sont cités, détournés par des artistes rock, pop ou folk. Mais je n’aime pas le style country en tant que tel. Le Creedence Clearwater Revival ou Johnny Cash font exception, tant ils transcendent le genre.] Un univers musical qui m’évoque de bons groupes US tels que Pavement, Calexico ou Neil Young…

Trois albums à leur compteur et quelques E.P. J’ai une préférence pour le superbe April. Mark Kozelek est un homme à suivre…

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Sun Kil Moon, April

http://markkozelek.com/

http://www.sunkilmoon.com/

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Radiodread – Easy Star All-Stars (Easy Star Records, 2006)

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A la fin des années 90, une rumeur circulait comme quoi Massive Attack allait intégralement remixer OK Computeur, avec l’approbation de Radiohead. Les deux groupes s’apprécient mutuellement et se côtoyaient parfois. Un projet qui avait de quoi mettre l’eau à la bouche : le meilleur groupe électro du moment fusionnant avec le meilleur groupe rock, ça ne pouvait qu’être bon ! D’où la déception de voir que ce projet ne restera qu’un rêve improbable de fans… C’est pourquoi, lorsque le Easy Star All-Stars sort leur 2ème album, Radiodread, qui réorchestre façon reggae-dub ce même OK Computeur, c’est un peu comme si ce projet fou réapparaissait, dans une version alternative. D’autant que la présence d’Horace Andy en ouverture de l’album (sur Airbag) fini de me convaincre qu’il existe une réelle filiation entre ces deux projets.

Collectif basé à New York, Easy Star All-Stars est composé d’un noyau dur d’artistes de la scène reggae, ska, dub et jazz, ainsi que de grands chanteurs jamaïcain, invités à l’occasion pour participer aux projets. Leur premier, sorti en 2003, est le Dub Side of the Moon qui, comme son nom l’indique, aborde la face reggae du Pink Floyd. Un premier essai réussit. S’ensuit 3 ans après ce Radiodead puis, sort cette année, un nouvel opus : Easy Star’s Lonely Hearts Dub Band qui, vous l’aurez deviné, reprend l’intégralité du plus célèbre album des Beatles. Des p’tits gars qui n’ont peur de rien !

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Les chansons de Radiohead sont ici entièrement réorchestrées façon reggae-dub. D’une grande fidélité par rapport au matériau de base, chaque morceau y est repris note pour note, sans perditions ni modifications. Ce qui fait qu’on retrouve l’architecture particulière des chansons, avec un énorme plus apporté par ces sons et structures reggae.

La voie lyrique d’Horace Andy fait des merveilles sur Airbag, véritable alter-égo jamaïcain de Thom Yorke… Paranoïd Androïd commence doucement. L’orchestration n’apporte pas grand-chose à la chanson, jusqu’au moment ou les cuivres arrivent (en remplacement les guitares) et là, ça prend une autre tournure ! Exit Music est magnifique et se prête admirablement au spleen reggae. Une reprise qui sonne comme du Gainsbourg période Wailers. Le Let Down est magistralement transcendé par l’interprétation de Toots & Maytals. Si on ne connaît pas cette chanson de Radiohead, on pourrait croire sans problème à un standard, un classique du répertoire roots-reggae. Bluffant. Karma Police reste Karma Police, même à la sauce jamaïcaine. Un pur morceau. Superbe aussi la version de Electioneering qui termine en apothéose Dub ! Les autres morceaux sont un ton en dessous, mais dans l’ensemble, Radiodread est un tribute vraiment réussit, bien plus qu’une curiosité pour les fans du quintet d’Oxford et peut même en réconcilier plus d’un avec leurs chansons !

Ce Radiodread nous permet de redécouvrir des morceaux qu’on croyait connaître par cœur. Il nous confirme également l’idée (qu’on savait déjà) qu’au-delà du style et du « son Radiohead », il y a à la base de superbes chansons, qui supporteraient tous les traitements possibles et inimaginables (à quand Kid A version Doom-Metal ..?).

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FUN HOUSE – The Stooges (Elektra, 1970)

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Chronique de l’ami Bruce, tirée de son blog (http://www.secteur7.net/site/). Un bon compte rendu des impressions que l’on peut ressentir à l’écoute de cet album Monstrueux…

Album sau­vage, vis­cé­ral, inci­sif, explo­sif, violent, cru, où le mot Rock prend toute sa signi­fi­ca­tion. Si je pense Rock je pense «Fun House». Un album qui n’a pas mar­ché à sa sor­tie, for­cé­ment il y a tout, ça fai­sait trop.

Les frères Ashe­ton sont aux som­mets dès ce deuxième album, gui­tare criarde, telle une voix accom­pa­gnant celle d’Iggy Pop, ou le contraire je ne sais plus, pos­sé­dée, d’une méchan­ceté sur­vol­tée, aux influences free-jazz quand appa­rait le saxo­phone, aux influences aussi bluesy sur «Dirt», titre ban­dant à sou­hait. The Stooges inventent sur le reste du contenu le punk et le metal, et font ainsi de la galette «Fun House» la plus grande influence du monde.

Je ne sais quoi ajou­ter de plus à cet album classé par cer­tains comme le plus grand de tous les temps, de Nick Cave à Jack White, ou du maga­zine «Rock & Folk». Je ne vais pas emprun­ter un dic­tion­naire des syno­nymes et col­ler tous les super­la­tifs exis­tants pour dire ce que com­portent ces excep­tion­nelles plages !

Une claque encore 40 ans après. Une énième écoute et même deux de suite ce matin et encore ce seul mot : Putain ! Bouche bée par tant d’intensité. 7 plages pour une île déserte où règnera le sexe et la drogue, l’excitation et la chair de poule.«Fun House», on y entre et on y vît une ensor­ce­lante orgie. Et on en sort chan­ger, à tout jamais.

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