Archives pour la catégorie Plein les ouies



Humbug – Arctic Monkeys (Domino Recording, 2009)

Humbug - Arctic Monkeys (Domino Recording, 2009) dans Plein les ouies arcticmonkeyscoverhumbu

ATTENTION : article partisan et réducteur !

On se demandait avec les amis : quel est le meilleur groupe anglais des années 2000 ? Celui qui restera ?

Il y a eu The Beatles durant les années 60 (avec les Rolling Stones, les Kinks, ou les Who). Pink Floyd pour les seventies (ou peut-être Led Zep’ ?), The Clash (au début) et The Smiths sur la fin des années 80 (à moins que ce ne soit The Cure ?)… Radiohead (ou Blur) pour les nineties…

Et durant les années 2000 ? Supergrass ? Trop vieux ! The Foals ? Trop jeune ! The Libertines ? Trop Camés ! Gomez ? Trop confidentiel ! The Coral ? Trop foutraque ! Pourtant si bons…

Cette kyrielle de « meilleur groupe du monde de la semaine » ne nous a pas convaincu. Pas de formation majeur qui, au-delà de surprendre avec un premier album prometteur, n’ait réussi à marquer l’essai d’un deuxième album remarquable. Les Franz Ferdinand et autres Bloc Party nous ont déçus avec leur second opus (pis encore avec la suite) alors qu’on avait bon espoir en eux…

La Grande Bretagne aurait-elle perdu sa capacité à générer de petites formations qui deviendraient des groupes d’envergure, originaux et influents ?  Le ‘Melting-pot musical’ des années 2000 a-t-il fait perdre tout repère d’un rock balisé et estampillé ‘So British’ ? Sachant que les ricains ont magistralement contribué au fameux ‘retour du Rock’ du début de la décennie avec The Strokes et The White Stripes… Où sont passées les richesses soniques du Shoegazing, la Pop classieuse de Liverpool, les délires acides du Madchester ou les ambiances mélancoliques du Trip Hop ? Noyés dans la soupe tiédasse de la Brit-pop ..?

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La réponse nous vient d’un troisième album. Non pas que je les découvre seulement maintenant, mais ce Humbug (sorti en 2009) me convainc qu’Arctic Monkeys est définitivement le meilleur groupe anglais des années 2000 ! Leurs prestations live (vues seulement en vidéo, dommage) nous démontrent l’évidence…

Humbug est un putaing d’album dans lequel il n’y a rien à jeter. On y retrouve la même générosité que sur les précédents : au minimum 3 idées par chanson, qui génèrent ces ruptures de rythmes si particulières (appuyées par la batterie ‘chirurgicale’ de Matt Helders). L’énergie des débuts est toujours intacte, les Arctic Monkeys rendent leur tribu au Punk (Potion Approaching ou Pretty Visitors), tout en remontant aux origines de l’Afro-beat (grande tendance des années 2000, voire Foals et autres Vampire Weekend..). Deux morceaux (Crying Lighting et Dangerous Animals) ont été produits par Josh Homme, dont le son et les ambiances fleurent bon le rock lourd made in US (entre Stoner et Métal). La section rythmique dégage un groove d’une efficacité remarquable (qui rappelle les grandes heures de l’Indie-Pop). Les guitares vives de Turner et Cook jouent souvent le contraste rythmique et lead, mais surprennent parfois à s’unir au service de la mélodie (My Propeller).

Des références évidentes et assumées (Il y a du David Bowie dans la voix mature d’Alex Turner sur Secret Door ou Cornerstone) alimentant des compositions inspirées, faisant la part belle à ces mélodies pop qui nous emmènent vers des contrées froides (ah, ce spleen new-wave de Dance Little Liar ou The Jeweller’s Hands !), que seuls les britishs savent nous conter (Portishead n’est pas loin..).

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Beirut – The rip tide / dEUS – Keep you close / Gomez – Whatever’s on your mind / Primus – Green naugahyde

Quatre nouveaux albums de quatre bons groupes en cette rentrée. 2011 s’annonce un bon cru pour Beirut, dEUS, Gomez et Primus…

Beirut-the-rip-tide Beirut – The rip tide

Beirut nous emmène une fois encore en belle balade dans ses contrées où les frontières n’existent pas. Un album plus intimiste, dans lequel Zach Condon (auteur compositeur interprète musicien) n’oublie cependant pas ses amours tsiganes. Beirut est un groupe – ce qu’on aurait parfois tendance à oublier, mais pas avec ce dernier – des plus singuliers, qui a su créer un univers riche et original, auquel vient s’ajouter une nouvelle pépite…

Beirut - The rip tide / dEUS - Keep you close / Gomez - Whatever's on your mind / Primus - Green naugahyde dans Plein les ouies deusimages dEUS – Keep you close

dEUS nous revient avec l’album Keep you close. Un album inspiré, dans lequel ils reviennent à des ambiances down-tempo plus orchestrales que sur le précédent, alliant, comme eux seuls savent le faire, la fragilité des mélodies à la puissance du son. Bien qu’il trafique toujours autant sa voix, Tom Barman chante de mieux en mieux au fil du temps. Et il écrit toujours aussi bien. Ce dernier opus fini d’enfoncer le clou : dEUS est un groupe incontournable de la scène rock mondiale !

albumgomez dans Plein les ouies Gomez – Whatever’s on on your mind

Toujours content de retrouver Gomez, qui encore une fois ne me déçoit pas (ce Whatever’s on your mind est même meilleur que le précédent album). C’est un réel bonheur de découvrir de nouvelles compositions pop aux tessitures rock-blues-jazzy. Toujours référencée mais jamais ennuyante, singulière et de grande qualité, la musique de Gomez m’accompagne maintenant depuis plus de douze ans, et c’est tant mieux !

albumprimus Primus – Green naugahyde

Douze ans après la sortie de leur dernier album studio (Antipop datant de 1999) Primus nous reviens en grande forme avec ce Green naugahyde. Les Claypool (basse/chant) et Larry Lalonde (guitare) sont toujours fidèle au poste. Tim Alexander cède sa place à Jay Lane, leur tout premier batteur qui n’avait jamais enregistré avec eux. Voilà qui est chose faite ! Ce retour aux origines se ressent également dans leurs compositions, qui rappellent la folle période des Frizzle Fry et Pork Soda. Claypool y reprend même ses chroniques du Fisherman commencées sur Suck On this… Primus, c’est une drogue dure, dès qu’on y a prit goût, on ne peut plus s’arrêter…

C’est un plaisir de constater que ces quatre groupes que j’affectionne et suit depuis pas mal d’année maintenant, nous offrent de bons albums, dans lesquels certes, ils ne se réinventent pas, mais restent fidèles à leur univers. Et franchement, je n’en demande pas plus !

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Philippe Katerine (2010)

 

Philippe Katerine (2010) dans Plein les ouies katerine031010

Katerine a depuis ses débuts développé un univers particulier, où l’absurdité de ses textes côtoie des arrangements « variété-rock » de très bonne facture. Sa musique fait un grand écart réussi entre alternatif et commercial. De Je Vous Emmerde à Parlez-Vous Anglais Mr Katerine ?, de Luxor J’Adore à Poulet n° 728120, ses chansons sont de véritables perles d’absurdité, dont on ne sait s’il faut les prendre au premier, deuxième ou trente-sixième degré.

Dans ce dernier album, il pousse l’absurdité au summum et frôle le conceptuel, tendance Dada et Art Naïf. Les mots ne sont plus essentiels pour dire des choses. Il signifie beaucoup par ces textes minimalistes : Bla Bla Bla est une ode à ceux qui parlent pour ne rien dire, Moustache aborde les thèmes du désir et de la frustration qui en découle, Musique D’Ordinateur nous rappelle que nous sommes envahis et conditionnés par les nouvelles technologies, etc.

Il s’amuse avec le rythme des phrases (La Banane), des mots (Philippe), des syllabes (Le Rêve), des lettres (Les Derniers Seront Toujours Les Premiers), du souffle (Moustache), des accords (La Musique)… Katerine fait même de la politique avec La Reine d’Angleterre, Liberté ou Juifs Arabes.

La forme est en parfaite adéquation avec le fond, à l’image de Bien Mal qui ne pouvait mieux convenir qu’avec cette musique tantôt rythmée, tantôt neurasthénique « à la Pink Floyd ». La qualité des arrangements et la richesse des mélodies ont de quoi rendre jaloux bon nombre de chanteurs et chanteuses de la scène française actuelle…

Mais j’arrête là, car l’erreur serait d’intellectualiser un album d’une grande sensibilité – qui n’a pas besoin d’explication de texte pour être apprécié à sa juste valeur – ou de chercher les motivations d’un artiste qui a simplement beaucoup d’humour et de talent. Salutaire !

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Katerine Website

The King Of Limbs – Radiohead (2011)

The King Of Limbs - Radiohead (2011) dans Plein les ouies 59668b86f3

Bon, The King of Limbs est à peine sorti qu’il fait déjà polémique. Bon album ou attrape-couillons ? Innovant ou réchauffé ? Il est vrai qu’à la première écoute, l’album déroute. On n’y sent pas de morceau fort. On se dit même qu’ils ne se sont pas foulés. Pas de chanson, peu d’instruments organiques (où est passé Phil Selway ? Ils ont enregistré les morceaux pendant qu’il travaillait sur son album solo ou bien ?) Un album qui semble plus dans la continuité de The Eraser que de In Rainbows. Après le figuratif (du « pompier » Creap à « l’impressionniste » Nude), Radiohead œuvre pleinement dans l’abstraction. Ce qui n’est pas pour me déplaire.

J’aime être bousculé dans mes habitudes d’auditeur et cet album ne m’a pas épargné. J’y ressens ce même mélange d’impressions, entre fascination et déception, que j’avais ressenti à la première écoute de Kid A. je me rappelle même avoir été plus déçu en découvrant Hail to the Thief que ce King Of Limbs

J’apprécie ces boucles rythmiques, ces superpositions décalés qui trouvent le sens que l’on veut bien leur donner. Il n’y a plus ces figures imposées du format chanson, mais un travail méticuleux sur la texture, les tessitures. Plus encore que sur leurs derniers albums, ils privilégient la forme. Et malgré les apparences, pas au détriment du fond. Car après plusieurs écoutes, on s’aperçoit qu’il y a des chansons derrière cet habillage sonore plutôt dépouillé et déroutant. De bonnes chansons d’ailleurs (Give up the Ghost, Lotus Flower, Codex, Morning Mr Magpie, Separator…)

Il est clair que ceux qui supportent mal les jérémiades du chanteur Yorke, ainsi que ces bidouillages de voix passerons leur chemin en courant. Les autres auront peut-être comme une impression de déjà entendu. Bien que Thom Yorke s’aventure ici vers des territoires peu visités jusqu’alors, tels que le gospel (Give up the Ghost) ou le chant classique (Feral), il ne peut non plus réinventer sa manière de chanter à chaque album. Il semble ici libéré de toute contrainte et n’avoir plus rien à prouver. Simplement chanter comme il l’entend.

Un album qui ne se laisse pas conter et qu’il faudra apprivoiser. Je me suis demandé sur le coup (comme certains sur les forums spécialisés) s’ils n’auraient pas d’abord diffusé l’album bis, composé de faces b et autres morceaux des sessions d’enregistrements (une pratique ancienne chez les gars d’Oxford, générant une riche discographie parallèle) avant de dévoiler le véritable album sur disque au mois de mars. Mais en l’état, ce dernier album me convient parfaitement et à le réécouter, je suis convaincu que c’est bien l’album principal. Un très bon album.

Reconnaissons à Radiohead ce talent (ce génie ?) de défricheur, permettant à un public rock « mainstream » de découvrir des univers musicaux très confidentiels. Un rôle de passeur que je trouve salutaire de leur part. Un immense groupe de rock se transformant en un curieux groupe d’abstract électro. Beau parcours, qui les rend à mes yeux toujours aussi intéressant et précieux.

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radiohead.fr

Chroniques des Inrocks

Cup Of Tea – A Compilation (Cup of Tea, 1996)

Cup Of Tea - A Compilation (Cup of Tea, 1996) dans Plein les ouies coverqe

Cette compilation des premiers travaux du label Cup Of Tea est sortie en 1996. La plupart de ces morceaux ont été produit à une époque (entre 1992 et1996) où le terme Trip-hop n’avait pas encore été inventé par les journalistes pour désigner cette musique hybride, entre froide mélancolie et rythmes chauds, venant du sud de l’Angleterre, Londres et surtout Bristol, ville de la Wild Bunch d’où sortirons Massive Attack, Portishead ou Tricky.

J’écoutais en boucle cet album à l’époque, puis l’ère des cassettes audio étant révolue, je n’en avais plus de trace… Je l’ai redécouvert très récemment et je dois dire que la magie de ce son est toujours intacte. Si certains morceaux ont un peu vieilli, d’autre ont conservé toute leur originalité. En particulier le premier morceau, Love Anybody de Barcode, le premier produit par le label en 1992. On était à l’époque loin du terme même de trip-hop et seul Blue Lines, le premier album de Massive Attack, était sorti en 1991. Une chanson au format pop-rock (couplet-pont-refrain), une rythmique funk-rap, une ligne de basse plutôt reggae –dub, des claviers atmosphériques, un habillage sonore très électro, une voix éthérée, encore marquée par les voix chaudes du funk, des ruptures de rythme, d’ambiances…

Le reste de la compilation est très bon, cohérent et varié, comprenant d’autres perles, en particulier les morceaux de Monk & Canatella, les seuls artistes de cette compil’ qui ont fait ce qu’on pourrait appeler une carrière, bien que restée assez confidentielle. Ce qui est plutôt incompréhensible tant la qualité de leur musique est indéniable. Entre pop, rock, jazz, funk et classique, leur univers est d’une incroyable richesse sonore, alliage parfait de tessitures électroniques et organiques, et d’une formidable cohérence esthétique. Quelle voix du chanteur ! Un groupe qui aurait largement mérité le succès d’un Morcheeba ou d’un Archive…

Le trip-hop est un melting-pot de références, dont les artistes majeurs – DJ Shadow, Kruder and Dorfmeister, Thievery Corporation, Fila Brazilla, U.N.K.L.E ou Alpha – ont su transcender toutes ces influences (et bien d’autres encore, telle que les musiques de film, les musiques ethniques…) pour créer un son « nouveau ». Parfaite bande sonore de cette fin de siècle passé.

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Du beau, du bon, des bds…

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