Archives pour la catégorie Evenements culturels



R.I.P. Jacques Carelman

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Jacques Carelman, Collage pour les « Mille et une Nuits »

Bon, ça commence à bien faire de devoir commenter l’actualité nécrologique. Jacques Carelman nous a quitté ce dimanche premier avril. Tu parles d’une blague !

Tout comme pour Moebius, je n’ai pas connu Carelman autrement que par ses œuvres. Et je le connais depuis très longtemps maintenant. C’est pourquoi j’en ai parlé dès le début de ce blog, qui est de loin l’article le plus lu et commenté de tous ceux que j’ai pu bafouiller. J’ai même eu l’immense honneur d’un commentaire de sa part. Il fut touché par mes propos passionnés et, venant d’un artiste de sa trempe, je dois reconnaître en tirer une certaine fierté…

Bon, ça fait quand même chier de reparler de lui à l’occasion de sa mort, et non pour l’une des nombreuses facettes de son œuvre prolifique, dont il me reste encore beaucoup à découvrir. M’enfin, c’est comme ça…

A bientôt Monsieur le Régent ! Et merci !

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R.I.P. Jean Giraud – Moebius

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(Hors série de 1991)

Triste nouvelle en ce jour, Jean Giraud – Moebius nous a quitté à l’âge de 73 ans. Ce n’est pas dans mon habitude de suivre l’actualité nécrologique, mais là, quand même, merde ! Je n’peux pas ne pas réagir !

Je n’ai jamais rencontré Moebius, jamais échangé avec lui. Pourtant, je le connais assez bien. D’une part, grâce à son œuvre multiple, protéiforme, mais ô combien cohérente, qui n’en finira jamais de nous émerveiller (je serai toujours en extase devant ses formes magnifiques et ce trait unique). Une Œuvre universelle, qui n’en demeure pas moins très intime.

D’autre part, j’ai déjà eu l’occasion de discuter à plusieurs reprises avec lui, dans mes rêves… Je ne me rappelle plus la teneur de nos propos, mais je sais qu’une fois, il m’a engueulé pour m’être mêlé de ce qui ne me regardait pas (c’est du moins l’impression diffuse qu’il m’en reste).

Point de mysticisme dans mes propos, car nous ne maitrisons rien de nos rêves. Cependant, Moebius a toujours été fasciné par le monde de l’onirisme et ses possibilités infinies. Il raconte dans une interview sa fascination pour les ouvrages de Carlos Castaneda (auteur de L’art de rêver), dont le concept central serait d’amener à « rêver de façon consciente et se programmer à s’éveiller à l’intérieur même du rêve, et ainsi retrouver une forme d’autonomie consciente dans le rêve » (dixit Moebius). Alors…

Il me reste encore beaucoup à découvrir de son Œuvre. Et dans le monde du rêve, la mort n’existe pas. C’est pourquoi je ne lui dis pas « Adieu », mais « A bientôt Maestro » !

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(Quatrième de couv’)

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Ciné-concert John Carpenter (Le 12 février 2011 à l’Omnia)

Ciné-concert John Carpenter (Le 12 février 2011 à l'Omnia) dans Evenements culturels lbdc85584167e402cb3c90f

Soirée spéciale John Carpenter organisée par le cinéma Omnia et Le 106, ce samedi dernier. Une superbe occasion de voir The Fog et New York 1997 sur grand écran et dans leur jus, avec craquements, bandes qui sautent et une bande son qui parfois déraille. Apres visionnage de ces deux films, la soirée se poursuit par la projection du court-métrage qui sert d’introduction à la prestation du groupe Zombie Zombie. Un duo (claviers et batterie) qui revisite à la sauce « krautrock » la musique de Carpenter. Une musique électronique minimaliste dont l’intensité monte crescendo, reposant sur quelques accords répétitifs et la superposition de boucles rythmiques. Halloween, The Fog, New York 1997, Christine… Même The Thing, dont la BO n’est pas de Carpenter mais d’Ennio Morricone, est revisité par le groupe, dans le cadre du court métrage d’animation absolument génial : Driving this road until death sets you free, un remake de The Thing fait avec des GI Joe !

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La séance débute donc avec The Fog, troisième film du réalisateur, sorti en 1980. Un film « mineur » dans sa filmographie, mais qui concentre tout le savoir faire du Maitre : éléments fantastiques qui s’immiscent dans un quotidien des plus banal, ambiance oppressante qui monte crescendo, réalisation sobre, aux effets maitrisés. Film d’un grand classicisme (aucun second degré), tant dans sa forme que son contenu. Cette histoire de fantômes pirates, venus récupérer leur or volé cent ans auparavant par les descendant de la communauté d’Antonio Bay, s’inscrit dans la grande tradition de la littérature fantastique du 19ème siècle, avec les thèmes classiques de la trahison, du complot, du crime odieux, de la vengeance d’outre tombe… Le film s’ouvre d’ailleurs sur une citation d’Edgar Alan Poe. Le brouillard est ici un personnage à part entière, dont les apparitions rendent le climat de plus en plus intense, oppressant. Un film à l’esthétique vraiment superbe.

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New York 1997 est rapidement devenu un film culte, un des meilleurs dans le genre anticipation « post-apocalyptique », sorti à cette époque post-punk (1981), dont l’attitude nihiliste de Snake Plissken reflète parfaitement l’esprit. Dans ce film, Carpenter fait cette fois preuve d’ironie, de dérision. Une référence clairement affichée au Western, par la présence de Lee Van Cleef. Snake est l’archétype même de l’antihéros, individualiste, qui n’agit que dans son propre intérêt, ou sous contraintes. Le discours politique que sous-tend le film reste d’une effrayante actualité. Comment ne pas voir en ces prisonniers reclus sur l’île-prison une allusion directe aux exclus et aux opprimés de nos sociétés modernes. Sans parler de l’aspect « prémonitoire » de la scène d’ouverture où des terroristes détournent l’avion présidentiel pour s’écraser sur une tour. Un film fort, sans concessions, dont les ambiances nocturnes servent parfaitement la dimension « crépusculaire » du récit… 

Avec le temps, il s’avère que le cinéma de Carpenter, qui était à l’époque un cinéma de genre, est devenu un cinéma « classique », prisé par les intellectuels. Alors que ses intentions premières n’étaient certainement pas de devenir un artiste incontournable du 7ème art, mais un artisan produisant des œuvres honnêtes et efficaces. Mais l’un n’empêche pas l’autre et il est clair que « Big John » a permis d’apporter ses lettres de noblesses au genre fantastique, et influencera encore de nouvelles générations d’artistes…

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Une ville pour l’Impressionnisme (Musée des Beaux Arts de Rouen, 2010)

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Découvrir sa ville par des toiles de grands artistes impressionnistes (des précurseurs au néo-impressionnistes), est plutôt… impressionnant. Je savais que Rouen avait inspiré Monet ou Pissarro et possédait sa propre école, fondée vers 1880 par les « mousquetaires » Joseph Delattre, Léon Jules Lemaître, Charles Frechon et Charles Angrand, plutôt orientés vers le pointillisme et les couleurs vives (parfois fauves). Mais je ne m’attendais pas à en découvrir autant. Turner, le voisin d’outre-manche, fut inspiré par la Cathédrale dès les années 1830 et Gauguin, l’artiste fauve, le peintre des îles, fut lui aussi attiré par les ambiances froides de la ville aux cent clochers. Une exposition riche, rassemblant des toiles venues du monde entier (Etats-Unis, Russie, Angleterre, Allemagne, Espagne…) qui pour certaines n’avaient pas été réunies depuis la mort de leurs auteurs. Une bien belle balade dans ma ville, que je regarderai maintenant autrement…

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William Turner, la Cathédrale de Rouen, vers 1832

« Durant tout l’été 2010, plus de cent trente tableaux de grands peintres de la fin du XIXe siècle, au premier rang desquels Monet, Gauguin et Pissarro, sont rassemblés pour explorer l’un des derniers grands thèmes de l’histoire de l’impressionnisme qui n’ait pas fait l’objet d’une exposition : le rôle joué par la capitale normande dans cette révolution picturale. [...] Les quelque 130 œuvres réunies pour évoquer le foisonnement des avant-gardes dans la capitale normande pendant le dernier tiers du XIXe siècle et les premières années du XXe siècle sont organisées de façon principalement chronologique. À certains moments de l’exposition, des thèmes iconographiques sont toutefois isolés, de façon à montrer la persistance de motifs devenus classiques qui se retrouvent sur plusieurs décennies. » (Dossier de presse de l’exposition)

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Paul Gauguin, rue Jouvenet, 1884

La déclinaison d’un sujet (Cathédrale, meules de foin, ponts…) – prétexte à la (re)production de diverses ambiances, diverses émotions, tenant compte des variations d’intensités lumineuses, suivant les différents heures de la journée, les saisons – est une pratique récurrente chez les impressionnistes… Par ce biais, les artistes développent un rapport particulier au temps. S’intéressant aussi bien à l’évolution de la lumière sur quelques heures, que durant une année entière, tout en cherchant à capter « l’instantanéité » des sensations visuelles. Ces séries sont de bon moyen pour expérimenter leur technique, cette succession de couches de couleurs modulant la matière par les contrastes (par exemple dans chaque ombre portée, on trouve des gammes de couleurs complémentaires à celles du motif). Cette touche caractéristique qui trouvera son apogée (et ses limites) avec le pointillisme de Seurat.

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Cathédrales de Monet, entre 1892 et 1894

« Dans sa série sur la Cathédrale de Rouen mais plus encore dans celle des Nymphéas, on a le sentiment que le modèle choisi est plutôt un prétexte qu’un but ; un prétexte pour laisser se développer et s’amplifier une domination lyrique de la couleur et de la lumière, on est tenté de dire « un délire » tant on y sent le déchaînement puissant de l’instinct dominé par la passion. » (Raymond Cogniat, catalogue du Musée Marmottan, 1971)

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Charles Angrand, Le pont de pierre, 1881

Pourquoi Rouen convient-elle aux impressionnistes ? Parce que son climat tempéré et humide génère des variations de lumière et de couleur riches et contrastés, que l‘on peut observer dans une même journée. Les couleurs du ciel sont à dominante gris –bleu (Monet est celui qui l’a le mieux capté). Mais par grand soleil, les bleus azur et jaunes vifs dominent… Sans parler des crépuscules orangés, où à bien y regarder, toutes les couleurs du prisme sont présentes, jusqu’au violet. Ce qui caractérise aussi la ville, c’est d’être entourée de plateaux. Cette « cuvette » génère la présence quasi constante d’un léger smog. Un voile diffus créé par l’évaporation de la pluie (fréquente) et surtout par la pollution. On voit d’ailleurs, dans certains tableaux de Pissarro par exemple, que les fumées d’usines sont déjà à l’époque nombreuses et contribuent à l’ambiance générale plutôt éthérée.

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Camille Pissarro, le pont Boïeldieu , soleil couchant, temps brumeux, 1896

Cette exposition comprend de nombreuses toiles de Camille Pissarro, quelques toiles de Gauguin, lorsqu’il fut invité à Rouen par Pissarro, ainsi que des artistes rattachés de prêt ou de loin à « l’Ecole de Rouen ». Mais le maitre de cette exposition demeure Claude Monet. Sans installer de rapport qualitatif, ni dénigrer les indéniables talents des artistes présents, Monet se place largement au-dessus du lot. Quand Pissarro peint sa série du pont Corneille, c’est dans un style impressionniste « classique », figuratif, au service du sujet représenté… Alors qu’avec ses Cathédrales, Monet exprime bien plus ses propres émotions, se détachant de plus en plus du sujet. Il flirte déjà avec l’abstraction. Avec l’Impressionnisme, le sujet du tableau a perdu de sa noblesse, il devient anecdotique. Avec Monet, il n’y a quasiment plus de sujet…

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Claude Monet, vue de Rouen, 1892

« Comment ne pas voir dans cette effervescence une libération de tout académisme et une apologie de l’acte individuel qui ont engendré les audaces du fauvisme et des théories sur la couleur pure. Comment ne pas voir dans cette musicalité des étangs de Giverny qui illuminent les dernières années, une irréalité échappant aux conventions d’espace et de forme qui annonce les libertés de la peinture abstraite. Comment ne pas voir dans l’instabilité des combinaisons de couleurs et dans l’utilisation des phénomènes scientifiques pour les effets visuels un prélude aux recherches de l’op art. « (Raymond Cogniat, catalogue du Musée Marmottan, 1971)

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Franck Boggs, Les toits de Rouen et le clocher de la chapelle des Bénédictines du Saint-Sacrement, 1890

www.rouen-musees.com

15ème Festival de la Bande Dessinée (Darnetal, 2010)

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Quinze ans déjà que le festival Normandiebulle fait la joie des petits et des grands amateurs de bande dessinée de l’agglo rouennaise. L’invité d’honneur de cette année est Olivier Boiscommun, qui signe l’affiche du festival. Comme d’habitude, on se ballade entre les stands de vendeur de bd d’occasions (un bon moyen pour compléter ses collections…), les expos d’auteurs (Boiscommun bien sur, mais aussi des auteurs de la collection Sorcières des éditions Dupuis ou les pin-up de Jean-Baptiste Andréae) et les tables de dédicaces. Pas de dédicace pour moi cette année, car à vrai dire, un seul auteur m’intéressait, mais il ne venait que le dernier jour. Je n’ai donc pas pu rencontrer Olivier Besseron, dommage. Mais je ne suis pas rancunier, j’ai quand même acheté un de ses albums :  De véritables contes de fées,  tome II. J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensai de ce dessinateur (voir Haute Couture).  Je laisse la parole à l’éditeur (the Marvellous Requins Marteaux) pour nous présenter cet album :

« Après Haute Couture, De Véritables Contes de Fées, Toulouse septembre noir et Claude et Jérémie, Besseron frappe à nouveau chez les Requins Marteaux dans la collection Plombage avec le tome 2 de ses « véritables contes de fées ». Dans ce recueil, il rassemble avec justesse des histoires courtes pour la plupart pré-publiées dans Psikopat, My Way et Sushi Bondage… Le quotidien y est saisi avec précision. D’un trait maîtrisé et avec le souci du détail, l’auteur nous ballade de cafés, en parcs, en passant par un cour de tennis. Mais dans tous ces lieux anodins, voilà que les protagonistes semblent laisser échapper comme un soupçon de folie ordinaire. De la série tv au blogeur à la prostituée qui se rêve en star, du chanteur-lover violement rembarré à l’homme aux cheveux gras, tous les personnages sont confrontés à un quotidien tourné en dérision, et où la désillusion fait rage. Ce sont des histoires chargées d’humanité que nous présente Besseron, des histoires qui sont autant de gags corrosifs, caustiques, et finalement toujours réjouissants : de véritables contes de fées qu’on ne peut oublier. »

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Ne pas manquer dans le cadre du festival, plusieurs expositions organisées dans l’agglo avec en particulier deux tables rondes. Une première sur « l’humour décalé et la censure dans la presse des 1960s à nos jours », avec projection du film Choron dernière et présence du co-réalisateur Eric Martin ainsi que monsieur Delfeil de Ton (samedi 2 octobre à 17h // Bibliothèque Saint Sever à Rouen // renseignements 02 32 81 50 30). Une autre autour de « Flaubert, illustré et adapté en bande dessinée » avec la présence de monsieur Philippe Druillet. S’il vous plait ! Et aussi Luc Duthil, Daniel Bardet, Daniel Casanave et Yvan Leclerc. (du 4 au 8 décembre // Médiathèque F Mitterrand de Canteleu // 02 35 36 95 80)

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