Archives pour la catégorie Chroniques Ciné



HALLOWEEN – Rob Zombie (2007)

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Je trouve cet Halloween de Rob Zombie très bon. Certes, il ne peut pas être aussi original que celui de Carpenter, mais je le trouve très réussi et plutôt utile dans sa première partie, pour comprendre un peu mieux la personnalité de Michael Myers. Ce que j’apprécie dans le point de vue de Zombie, c’est qu’il le considère à la base comme un être humain qui devient un monstre, un non-humain.

J’aime beaucoup cette approche psychologique (toute proportion gardée, Zombie est un artiste, pas un psychiatre) : Comment un enfant se construit au point de devenir un monstre, et à quel moment le devient-il ? Quel est l’élément déclencheur qui l’amène à passer à l’acte ? Tous les cas de schizophrénie et autres psychoses lourdes passent par une phase de décompensation qui amène le passage à l’acte…

La deuxième partie reprend là où commence le film de Carpenter : Myers s’est échappé de l’asile et prend sa soeur en chasse. Zombie y est plus fidèle au film matriciel, tout en évitant le copier-coller ou la référence trop appuyée.

Zombie a su inclure ses obsessions à l’œuvre originale de Carpenter. On retrouve sa thématique de prédilection : la famille pathogène. Il a su également raconter l’histoire d’une autre manière, avec un autre point de vue. Il se focalise sur Myers alors que Carpenter s’attardait plus sur les personnages secondaires, Laurie ou le Dr Loomis. Zombie cherche à comprendre la folie de Michael, ce qui l’amène à tuer, là où Carpenter décrit seulement les faits…

Un des meilleurs remakes de film d’horreur vu à ce jour (je le préfère à La colline a des yeux de Aja ou à L’armée des morts de Snyder) qui ne trahit pas l’œuvre de référence et y apporte quelque chose en plus, un autre point de vue. J’irai voir le Halloween 2 à sa sortie.

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GOOD MORNING ENGLAND – Richard Curtis (Angleterre, 2009)

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Good Morning England (franchement, ils auraient pu garder le titre original) n’est pas un film documentaire, mais une vraie comédie qui nous raconte cette aventure hors norme de Radio Rock, une des nombreuses radios pirates qui diffusaient sur les ondes anglaises de la musique Pop-Rock, 24 heures sur 24 et ce pendant plus de 3 ans. Bien plus qu’un simple effet de mode, ces radios étaient d’authentiques phénomènes de société, avec pas moins de 20 millions d’auditeurs. Pour nos amis anglais, cette aventure est gravée au fond de leur mémoire. Cela explique aussi la place particulière que peut avoir la musique Pop chez eux.

Le réalisateur nous fait découvrir la vie de ces DJ, véritables pirates des ondes qui bravent les autorités politiques. Certes, ils vivent reclus sur un bateau en pleine mer du nord, mais ils sont entre amis et libres. Libres de leur faits et gestes, libres dans leurs moeurs… Ils ne manquent de rien et reçoivent régulièrement la visite de fans dévoués. Ce qu’on peut dire, c’est qu’ils avaient la belle vie…

Les acteurs sont tous formidables et dressent des personnages hauts en couleurs. Des personnages tous différents (du plus excentrique au plus coincé), tous attachants qui vivent moult péripéties cocasses et parfois dramatiques. Mais jamais sérieusement, ce n’est pas dans leur état d’esprit…

Il n’y a pas de héros principal, si ce n’est le bateau en lui même. C’est un film choral, mais on devrait plutôt dire un film Band (ou de bande…) ! Une comédie anglaise sensible et intelligente qui ne joue pas sur la corde de la nostalgie pour nous décrire cette époque maintenant révolue. J’ai passé un très bon moment…

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MUTANTS – David Morley (France, 2009)

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Cette histoire de survivants face à des contaminés a déjà été vue mainte fois. Donc, rien de nouveau par rapport aux autres films de mutants/zombies, entre les 28 jours/semaines ou Je suis une légende… C’est plutôt dans le traitement de l’histoire, l’esthétique et la psychologie des personnages que le réalisateur tire son épingle du jeu…

La relation d’amour et de rejet entre l’héroïne (Hélène de Fougerolles plutôt convaincante dans ce rôle) et son ami contaminé qui se transforme (impressionnant Francis Renaud !), apporte un coté « auteurisant » (le défaut de pas mal de films de genre français) qui passe ici plutôt bien, qui est même assez troublant. Et heureusement, le réalisateur va jusqu’au bout des scènes gore, sans trop en faire, ni trop peu…

La photographie est superbe. Les plans sur ce paysage de montagne, bleus gris, très purs et calmes créent une ambiance décalée par rapport aux scènes d’intérieur, sombres, brutes… Ce contraste intérieur/extérieur est plutôt bien réussit.

L’ambiance globale est assez inquiétante, c’est ce qu’on attend d’un film d’horreur. Encore un petit film de genre français réussi, qui assume ce qu’il est, sans trop en faire dans l’intellectualisme à deux sous…

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THE WRESTLER – Darren Aronofsky (2009)

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Cela fait quelques temps maintenant que je suis assez régulièrement les aventures de ces gladiateurs des temps modernes. Le catch n’est pas un sport, mais un spectacle, un divertissement sportif comme disent nos amis canadiens. Dans la grande tradition de l’entertaintment à l’américaine, le catch est à la fois du cirque, du sport de combat, du Grand Guignol, de la cascade, de la gymnastique, de la chorégraphie, du cinéma, du business… C’est pourquoi il n’y a pas vraiment d’arbitrage. Les arbitres font partie intégrante du spectacle. Les coups ne sont pas réellement portés (quoique…), mais les risques sont bien réels. Il faut faire preuve d’une grande abnégation, donner de son corps pour faire le spectacle. En fait, celui qui porte le coup prend beaucoup plus de risques que celui qui l’encaisse…

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Le film The Wrestler nous montre très bien les coulisses de cette discipline. Aronofsky filme les combats au plus prêt des corps (à la différence des matchs filmés pour la télévision). C’est là qu’on se rend compte de la violence des chocs, des coups… En coulisses, on découvre comment les catcheurs préparent les combats : ils se mettent d’accord seulement 5 minutes avant le match. Leurs expériences font qu’ils déterminent rapidement un scénario et se lancent… The Wrestler raconte l’histoire de Randy « The Ram » Robinson, un catcheur vieillissant qui, suite à un accident cardiaque, doit absolument arrêter son activité. Il tente de rentrer dans le rang et avoir une vie normal, mais ses déceptions sentimentales (avec sa fille, son amie…) lui brisent bien plus le cœur que son attaque. The Ram se rend compte qu’il ne peut rien faire d’autre que catcher. Le ring est toute sa vie, et il en mourra ! Tous ce qu’on a pu dire sur Mickey Rourke est vrai : il est bouleversant, impressionnant ! C’est un film une telle intensité qu’on le garde avec soi, longtemps après l’avoir vu…

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Show vu à Rouen cette année…

Assister à un spectacle de catch américain est quand même une expérience bien sympathique. Dans un Zénith bondé, le ring parait assez petit au centre de la salle (dans la fosse !). Mais en fait, la visibilité est nickel (en plus, on était situé dans l’axe, en plein milieu). La distance fait qu’on ne voit pas trop les imperfections, les hésitations des lutteurs. Le spectacle est bien rodé, avec un enchaînement de divers combats : les vétérans, par équipe, un combat féminin, les mini luchadores (pour ne pas dire les nains…). En Main Event, on a eu le droit à la présence d’un des champions de la WWE (la plus importante fédération) : Rob Van Dam ! Un acrobate qui saute partout, tout le temps ! Un vrai showman ! D’ailleurs, pour la petite histoire : à la fin du spectacle, on sort de la salle et on cherche à récupérer l’appareil photo de l’ami Haelith. Il se l’est fait confisqué à l’entrée du Zénith. Il doit le reprendre à la fin. On se ballade donc dans le grand hall d’entrée afin de repérer le stand et sans le vouloir, on se retrouve devant la sortie des artistes. Et là, qui voit-on sortir des loges ? Rob Van Dam ! Il allait en direction du stand dédicace, seul, avec juste un garde du corps devant lui (en même temps, vu son gabarit, personne n’osera venir le provoquer…). Comme il arrive vers nous, je lui tend la main et lui dit qu’il est « great ! ». Il hésite une demi-seconde, puis me sert la main en me remerciant d’un geste de la tête… Quand je pense que d’autres vont payer pour l’approcher, alors qu’il nous a serré la main comme ça, pour rien ! Il aurait pu nous envoyer bouler, mais non ! Ces mecs là respectent vraiment leur public.

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Rob Van Dam, il m’a serré la main, comme ça !

Au final, ce fut une soirée vraiment sympa, avec une ambiance bon enfant (beaucoup de papa et leur fiston dans la salle). Malgré le coté « baston », le catch est un spectacle familial, qui plait à toutes les générations. Populaire, dans le vrai sens du terme…

WATCHMEN – Zack Snyder (2009) / THE DARK KNIGHT – Christopher Nolan (2008)

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Nés à la même époque, le Cinéma et la Bande Dessinée sont des Arts hybrides, au croisement de l’image, du texte (et du son pour le cinéma). Leur principale particularité est de proposer une narration par l’image. Ce qui les distingue, c’est le rapport au temps : un film impose au spectateur son rythme, un temps limité et bien défini. Alors que le lecteur détermine lui-même le rythme de lecture de l’œuvre. La Bande Dessinée a énormément apporté au Cinéma, tant sur le fond (des auteurs, des personnages, des univers…) que sur la forme (l’apport des comics est indiscutable pour l’évolution du cinéma animation). L’inverse se vérifie moins… Le passage du 9ème Art au 7ème Art est souvent délicat. Une chose est sure, de grandes bandes dessinées peuvent faire de grand films (le Persepolis de Satrapi en est un parfait exemple) mais aucun bon film n’a donné de bonne BD (c’est plus un produit de merchandising qu’une œuvre à part entière, merci Star Wars !)

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Jusqu’alors, la plupart des adaptations de comics ne m’ont jamais vraiment convaincu. Ce sont des films manichéens, bien gentils (voire carrément nunuche), s’adressant essentiellement à un public adolescent (X-men, Iron-man, Dardevil, Hulk, Les 4 fantastiques, ElektraLes films de super-héros sont-ils exclusivement réservé à un public jeune ou peuvent-ils aussi s’adresser à un public adulte ? Et si oui, peuvent-ils être de grands films ou seront-ils toujours cantonné au cinéma de genre ? 

Tim Burton, Sam Raimi et Guillermo Del Toro sont de véritables auteurs, possédant un univers particulier, riche. Lorsqu’ils se lancent dans une adaptation de comics, ils savent y intégrer leur « patte », leur esthétique, leurs obsessions. Les Batman de Burton, les Hellboy et le Blade 2 de Del Toro, ainsi que la trilogie de Spiderman de Raimi sont des réussites, car ces auteurs ont su transcender le matériau de base (tout en y restant fidèle) pour en faire une œuvre personnelle (et grand public, ce n’est pas incompatible). Le fait qu’ils aient travaillé en étroite collaboration avec les créateurs (Del Toro avec Mignola et Raimi avec Stan Lee) a fortement contribué à la qualité de leurs adaptations.

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Un bon roman graphique ne fait pas automatiquement un bon film. Les adaptations des œuvres d’Alan Moore en sont de parfaits exemples. La ligue des Gentlemen est une catastrophe. From Hell et V pour Vendetta sont divertissants, mais décevants comparativement aux œuvres de référence. Watchmen s’en sort mieux. C’est certainement la meilleure adaptation d’un comics de Moore. Le plus fidèlement retranscrit. Zack Snyder (qui a superbement adapté le 300 de Miller) a pris le temps d’aborder la psychologie complexe des protagonistes, d’installer l’intrigue sans la simplifier. Il n’a pas cherché à adapter le graphic novel de Moore pour tout public (ce n’est pas pour les enfants). Il n’est pas besoin non plus d’être un aficionado de l’œuvre originale pour adhérer à l’univers du film. Pour ma part, je ne l’ai pas encore lu mais j’ai vraiment apprécié le film. Des amis fans me garantissent qu’il n’y a aucune trahison, ni simplification de la part du réalisateur. Si tous les films de super-heros pouvaient être de ce calibre…

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Franck Miller a plus de chance. Ses œuvres s’adaptent parfaitement au 7ème Art. Homme d’images, ses graphic novels sont à la base plus visuels, plus cinématographiques que ceux de Moore (qui est un homme de lettres !). De plus, Miller s’investie d’avantage dans la production et la réalisation de ces adaptations, alors que Moore s’en désintéresse… Sin City ou 300 sont des réussites du genre (par contre, son adaptation du Spirit est apparemment décevante. A voir…). The Dark knight n’échappe pas à la règle. Le film de Nolan est un chef d’œuvre du genre (le casting est monstrueux !).

Globalement, l’univers de Batman se prête assez bien à une transposition cinématographique : des personnages haut en couleur et psychologiquement torturés, un univers réaliste et stylisé, pas de super pouvoirs (donc peu d’effet spéciaux)… Même si les versions de Tim Burton sont remarquables, ce Dark Knight est de loin la meilleure transposition des aventures de l’homme chauve-souris. Nolan a réalisé non pas un film fantastique (comme le sont tous les films de super-héros) mais un polar urbain, noir, très noir… Il me semble qu’avec le Sin City de Rodriguez (qui est aussi un polar hard-boiled !), ces deux films sont les plus aboutis, les plus subversifs, sans concessions, s’adressant uniquement à un public adulte (l’esthétique de Miller s’y prête à merveille). Et ils n’ont pas loupé leur cible !

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Miller et Marv…

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