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Midnight Movies – From the Margin to the Mainstream (Stuart Samuels, 2005)

 

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Midnight Movies est un passionnant documentaire faisant la lumière sur un phénomène plutôt obscure mais ô combien fondamental de la culture américaine. Un reportage dans lequel tous les protagonistes (Jodorowsky, Romero, Waters, Lynch…) reviennent sur cette formidable aventure contre-culturelle des années 70. Tout commence au ELGIN Theater de New York à l’automne de l’année 1970, quand le patron du cinéma, Ben Barenholtz, décide d’ouvrir une séance à minuit afin de passer un film que personne n’a encore osé diffuser (si ce n’est le MoMA) et qu’il est impossible de projeter à une heure normale. Un film de cowboy trop expérimental et mystique pour attirer les fans de John Ford ou même ceux de Sergio Leone. El Topo restera plusieurs années à l’affiche, attirant de plus en plus de fanatiques (artistes et hippies de toutes sortes), par un effet de bouche à oreille des plus efficaces. C’est rapidement plus de 600 personnes par soir ! Un mythe est né. Les séances de minuit ont depuis pullulé un peu partout, et existent encore aujourd’hui.

Midnight Movies - From the Margin to the Mainstream (Stuart Samuels, 2005) dans Chroniques Ciné eltopojpgtm

El Topo d’Alejandro Jodorowsky (1970)

 

Ces Midnight Movies (ou Midnite) sont rapidement devenus de véritables emblèmes de la contre-culture des années 70. Six films qui n’ont absolument rien en commun (entre un western métaphysique, un classique du cinéma d’horreur, une comédie musicale, un film de rasta, une comédie trash et un film expérimental) si ce n’est de réunir à chaque séance de plus en plus de monde, jusqu’à l’hystérie. Le sommet est atteint avec le Rocky Horror Picture Show quand rapidement, le spectacle n’avait plus lieu sur l’écran, mais dans la salle où le public déguisé, rejouait les scènes du film.

Ce reportage nous présente donc ces films de manière chronologique, par ordre de diffusion. Il ne faut cependant pas oublier d’autres œuvres cultes qui ont fait les grandes heures de ces séances nocturnes : The Wall d’Alan Parker et Pink Floyd, Freaks de Tod Browning, Harold et Maude de Hal Ashby ou Reefer Madness, film de propagande anti-marijuana. Sans oublier de nombreux cours métrages diffusés en première partie. Le tout projeté dans une ambiance plutôt enfumée…

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The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975)

 

« Un documentaire original qui explore le parcours de six films cultes des années soixante-dix. Entre 1970 et 1977, ces six films à petit budget, montrés aux séances de minuit, ont influencé la manière de faire et de voir les films, ils ont réinventé le médium en dépassant les frontières du mauvais goût et des tabous sociaux. Assister aux « films de minuit » est devenu un marqueur social, intellectuel, cinéphilique et culturel, un rite de passage pour toute une jeune génération en crise. » (allociné)

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La Nuit des morts vivants de George A. Romero (1968)

Avec El Topo (1970), Jodorowsky revisite le western spaghetti en poussant le genre dans ses retranchements, tant au niveau de la représentation de la violence (le gore, il aime ça !) que du rythme de narration (une sorte de road-movie shakespearien). Maitre du symbolisme, Jodo use de scènes et d’images archétypales, puisées dans notre inconscient collectif…

Night of the Living Dead (1968) marque un tournant dans l’histoire du cinéma. Un film à mi-chemin entre le cinéma d’horreur classique (huis-clos en noir et blanc, scènes de dialogue assez « théâtrales »…) et ce que sera le cinéma gore quelques années plus tard (ah, la scène choc du festin cannibale !). Un traitement réaliste, quasi documentaire, renforcé par l’utilisation du noir et blanc et la présence d’images télévisuelles. Un nihilisme total, des images chocs, une fin loin de toute moralité, Night of the Living Dead est un film matriciel, qui influence encore bon nombre de cinéastes plus de 40 ans après sa sortie.

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Pink Flamingos de John Waters (1972)

Pink Flamingos (1972) est le chef-d’œuvre du mauvais gout assumé. John Waters est un esthète du trash. Une famille recomposée (ou plutôt décomposée) se dispute avec ses voisins le titre de la famille la plus dégoutante de la planète. Le film accumule les scènes trash cultes, dont le summum est atteint lorsque Divine, l’héroïne, avale devant nous une déjection canine fraichement démoulée. Un film qui marque à jamais.

The Harder They Come (1972) est le seul que je ne connais pas vraiment. J’ai du l’entrevoir une fois lors d’une diffusion sur Arte, il y a longtemps. Je ne me rappelle donc que très très vaguement cette histoire d’un chanteur (interprété par Jimmy Cliff) issu de la campagne, voulant faire carrière à la ville (Kingston) mais qui deviendra un hors-la-loi. Ce film a surtout marqué pour son engagement, son dépaysement (le cinéma jamaïcain était peu connu à l’époque. Encore maintenant d’ailleurs) et sa bande-son reggae.

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The Harder They Come de Perry Henzell (1972)

The Rocky Horror Picture Show (1975). J’avoue ne pas aimer ce film. Je ne supporte pas les comédies musicales, aussi rock et déjantée soient-elles. Je reconnais cependant que ce film (adaptation du spectacle du même nom) mérite son statut d’œuvre subversive (parler de transexualité à l’époque était un sacré tabou !) et donc libératrice pour bon nombre de marginaux…

Eraserhead (1977) est un ovni. Une expérience sensitive et émotive intense, plutôt qu’un délire intello. Une esthétique industrielle, renforcé par une bande son hallucinante. Lynch ne nous raconte pas une histoire linéaire, mais nous confronte à une succession de séquence qui nous plonge dans un univers onirique, insensé, où les têtes tombent et les fœtus portent des costards… Un trip indéfinissable.

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Eraserhead de David Lynch (1977)

Ce documentaire est un indispensable témoignage sur une époque maintenant révolue, où le cinéma authentique et sans concessions, subversif et déviant, existait grâce à la volonté de quelques artistes et programmateurs indépendants, et n’était pas encore récupéré par les industriels du spectacle filmique.

Midnight Movies sur Cinétrange.com

Mammuth – Gustave Kervern & Benoit Delépine (2010)

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Mammuth est un road-movie inversé, où le héros ne fuit pas en avant, mais est obligé de s’aventurer vers son passé pour pouvoir envisager l’avenir sereinement. C’est parce qu’il lui manque des points pour sa retraite qu’un jeune sexagénaire doit retourner vers ses anciens employeurs pour obtenir des attestations lui permettant de comptabiliser un nombre suffisant de trimestres. Il recroise alors d’anciens collègues (il a été videur de boite, agriculteur…) ou des membres de sa famille perdus de vue depuis longtemps (une nièce, un oncle…). Cette quête vers ses points retraite lui permet, bien malgré lui, de revenir sur son passé, ses espoirs, ses échecs. Et surtout son grand amour, perdu à jamais tout comme l’innocence de sa jeunesse…

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Dès qu’il enfouche sa Mammuth (une moto allemande comme on en fait plus), ses fantômes ressurgissent… Adjani est remarquable. Ils forment avec Depardieu un couple mytique du cinema français. Kervern et Delepine exploitent admirablement cette référence inscrite dans la mémoire des spectateurs. Depardieu est incroyable. Son meilleur rôle depuis (toujours?) longtemps, tant il arrive dès les première seconde (il a un côté Mickey Rourke dans The Wrestler), et ce jusqu’à la fin, à nous faire oublier qu’il est Depardieu. Un film avec Depardieu sans Depardieu en somme. Seul un acteur de ce qualibre peut réussir cette performance. Yolande Moreau est exceptionnelle, jouant avec cette sensibilité incroyable, boulversante. Son personnage est l’antithèse de celui (dés)incarné par Adjani : présente par son absence. Elle est le carburant du Mammuth, qui ne s’y trompe pas d’ailleurs puisqu’il y revient (la scène de retrouvailles est magnifique).

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K et D on réalisé un film qui pourrait ressembler à une succession de sketchs un peu décousue (voir la scène avec Siné), une sorte d’exercice de style grolandais.  Mais au contraire, l’histoire justifie ce « morcellement », illustrant le fait que Serge Pilardosse, alias Mammuth, a toujours cloisonné – comme pour s’en protéger – tout ces éléments de sa vie, qu’il semble avoir toujours subit, sans pouvoir les maitriser. Les dialogues sont savoureux, les situations sulfureuses, et si les gags cons et répliques fulgurantes sont calibrés « humour Groland » (« y aura toujours un bidon d’huile pour toi mon Mammuth » !), K et D ne s’égarent jamais et restent jusqu’au bout au service de leur histoire. La dimension politique est présente, comme toujours avec Kervern et Delépine, sauf que cette fois-ci, le discours est en filigrane, plus diffus…

Comme ils nous l’expliquent dans l’interview pour Siné Hebdo, le film est réalisé en 16 millimètres (ils ont récupéré des bandes servant pour les reportages télévisés des années 70) avec cette particularité de ne pas avoir de négatif. Le travail de montage s’en trouve bien différent. Ils utilisent aussi du 8 millimètres pour représenter la vision du fantôme Adjani. D’ailleurs, cette dernière a elle-même filmé ces plan en super 8. Le grain particulier des images, la lumière naturelle et les couleurs un peu « passées », développent une esthétique originale – et plutôt inédite pour un long métrage – qui créée une proximité, une intimité avec les protagonistes. Kervern et Délépine nous confirment ici qu’ils sont de grand sentimentaux, au sens noble du terme. Ils aiment leurs personnages. De par sa réalisation et son jeu d’acteurs, Mammuth est un film directe, authentique, bouleversant, qui ne mérite que des superlatifs !

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Interview par Siné Hebdo

Halloween 2 – Rob Zombie (2009)

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J’aime bien le cinéma déjanté de Rob Zombie. Un cinéma déviant, amoral, qui nous met face aux dérives psychopathologiques de notre société occidentale et nous confronte à nos propres démons. Il développe une esthétique de la violence particulière, sans concessions, qui fait autant référence aux classiques du genre horreur seventies (entre Tobe Hopper, John McNaughton et Wes Craven) qu’aux films de Peckinpah ou Boorman. Un cinéma certes très référencé, mais parfaitement de son temps. A ce titre, son Devil’s Reject est un petit bijou…

Pour ses deux derniers métrages, Zombie s’est attaqué à LA figure emblématique du fantastique des seventies. Même si son Halloween 2 m’a déçu sur la fin, il reste une assez bonne suite, plutôt cohérente par rapport à ce qu’il avait développé dans le premier opus.

Je cite le billet de Cédric Janet, tiré du dernier numéro de Brazil2 (n°28), avec lequel je suis bien d’accord, à propos de ce film en particulier (auquel il met 3 étoiles sur 5) et le cinéma de Zombie en général :

« Avec Halloween 2, Rob Zombie remet le couvert après un reboot (refais-le moi depuis le début) réussi de la célèbre franchise créée au milieu des années 70 par John Carpenter. Je sais que dans nos murs résident des détracteurs du bonhomme, qui le jugent aussi mauvais scénariste que mauvais directeur d’acteurs, et plus encore, mauvais musicien. Pour ce qui est de la zic, j’admets, mais ce n’est ni l’endroit ni le moment.

Le cinéma de Zombie, je le trouve efficace et jubilatoire. Voilà, c’est dit. Seulement, il y a un hic, voir même des hics. Ses histoires et ses personnages sentent le réchauffé. Vous me direz que là, c’est un peu normal !! Mais cette impression perdure tout le long de son diptyque fou animé par le Capitaine Spaulding. Nous sommes en droit de préférer la cuisine traditionnelle de tonton Carpenter plutôt que celle plus actuelle de cousin Rob. C’est un art d’accommoder les restes. 

Rob Zombie modernise, met au goût du jour, mais n’améliore pas. Après coup, le côté craspec « métal industriel » qu’il propose fait plus figure d’effet de style que de véritable coup de pouce au genre. Je crois que Zombie attache plus d’importance à la forme qu’au fond, et que les quelques séquences oniriques (assez comiques et grandiloquentes) entre maman et fiston Myers cachent de graves lacunes scénaristiques. En fin de compte, nous n’apprenons pas grand-chose de cette folie qui habite le tueur et de cette peur qui étreint sa sœur. Quid de la famille. Comme si Rob Zombie n’avait en tête que de faire mal. Mais le fait-il bien ? Pas sûr. Halloween 2 se laisse regarder avec plaisir. Le film est généreux. Zombie devrait s’attacher à faire progresser ses intentions d’auteur ». CQFD.


The Wolfman – Joe Johnston (2010)

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Après plusieurs mois sans mettre les pieds dans une salle obscure, je n’aurais pas forcement choisi d’aller voir ce film (de plus, le jour de sa sortie). Mais je n’ai pas eu le choix, c’était dans le cadre de mon boulot, (oui je sais, il y a plus pénible comme condition de travail). Comme son nom l’indique, Wolfman nous narre les mésaventures d’un homme qui devient loup garou. C’est aussi l’histoire d’une famille, supportant un lourd héritage.

Le traitement de l’histoire n’a rien d’original : scène d’ouverture exposant des faits inquiétants. L’arrivé du personnage principal dans son château natal. Retrouvaille avec son père. L’impression qu’il se passe quelque chose d’anormal. Flash back de souvenirs enfouis. Des meurtres ignobles de pauvres gens. Puis la morsure suivie de la transformation…

Des personnages prévisibles (le père autoritaire qui cache un lourd secret de famille, un fils qui affronte ses démons à travers ce père, la veuve du cadet qui tombe amoureuse de l’ainé…) pour un casting tape à l’œil, avec un Anthony Hopkins qui cabotine et un Del Toro qui joue en sous régime. Qu’est-il venu foutre dans cette production ? Un besoin de notoriété plus importante ? M’enfin, même si je ne retiendrai pas sa prestation comme une grande performance, j’ai toujours plaisir à voir jouer cet acteur.

Un film d’un grand classicisme, aussi bien dans le traitement de l’histoire que la réalisation des décors et des costumes. D’ailleurs, le look du loup garou fait référence à celui incarné par Lon Chaney, c’est-à-dire plus humain (bipède et habillé) qu’animal. Normal vous me direz, puisse que ce film en est le remake. Les couleurs sont remarquables et rendent parfaitement cette esthétique fin 19ème. Un Romantisme légèrement pompier, mais bien agréable. Les scènes se passant dans l’asile sont à mon avis les plus réussies.

Par contre, aucun doute, c’est bien un film de notre époque, usant d’effet de caméra speed, qui ne lésine pas sur la surenchère de scène gore et abuse de ces effets sonores totalement insupportables et gratuits, qui vous font sursauter à chaque fois, sans la moindre raison. Ca devient vraiment pénible ce procédé. D’autant que le son dans les salles est affreusement fort ! A quand un film flippant muet ?

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Le Dernier Combat – Luc Besson (1983)

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Le vieil adage du « coup d’essai, coup de maître » convient parfaitement à ce premier film de Luc Besson. Pur produit du début des années 80, Le Dernier Combat est un film qui colle parfaitement à son époque « fin de siècle », influencé par la SF « post-apocalyptique » et plus particulièrement par l’esthétique les bandes de Métal Hurlant. Cette histoire de survivant errant dans une ville en ruine et devant combattre pour vivre, me fait fortement penser à Ardeur des frères Varenne, ainsi qu’aux planches « désertiques » d’Arzack

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Dans un futur proche, une poignée d’hommes tente de survivre suite à une explosion nucléaire. Un individu échappe à une horde de survivant et se réfugie dans les restes d’une ville. Il y croise un homme (la Brute) qui n’a pas l’intention de sympathiser avec lui. Alors que ce dernier le laisse pour mort, il est récupéré et soigné par le Docteur, un mystérieux personnage qui semble cacher un grand secret, que la Brute cherche à s’accaparer à tout prix…Une histoire comprenant de nombreuses images fortes, telles que l’échappé en deltaplane, le désert, la pluie de poissons, les armures de l’Homme et de la Brute…

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L’idée vraiment originale, qui apporte tout son sens à l’histoire, est que tous les protagonistes sont muets (à cause des gaz radioactifs) et de fait, n’ont pas de noms. Sans langage, l’homme perd son humanité et (re)devient animal (Hobbes n’est pas loin). D’ailleurs, la scène où le Docteur fait respirer de l’oxygène à l’Homme, afin de pouvoir émettre un son et se dire simplement bonjour, est magnifique. Quel bonheur de redevenir humain, même pendant quelques secondes…

Les acteurs sont tous remarquables. Exprimer des émotions sans parler n’est pas si évident que cela. Pierre Jolivet et Jean Reno s’en sortent très bien, mais Jean Bouise est littéralement hallucinant dans ce rôle. En un simple regard, quelques gestes, il nous exprime bien plus d’émotions que par des mots. Digne des grands acteurs du cinéma muet…

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Les décors naturels (Besson a tourné ses scènes dans un chantier de Paris et dans le désert tunisien) sont splendides et l’utilisation du noir et blanc contribue parfaitement au minimalisme ambiant (du visuel et de l’histoire). Même la musique d’Eric Serra est supportable et colle parfaitement aux ambiances du film.

Luc Besson ne fait pas parti de mes réalisateurs préférés. Je dirais même qu’à part ce Dernier Combat, ses films me laissent plutôt froid, voire m’insupportent. Cependant, j’ai revue Subway il y a peu et je dois dire que je l’ai regardé avec plaisir, tant il a pris une patine sympa avec le temps. De même que le 5ème élément, bien qu’il soit plutôt « ampoulé » malgré le superbe travail de Mézières et Moebius. En fait, j’apprécie ses films qui sont directement inspirés par la bande dessinée SF. Et Le Dernier Combat est de loin le plus réussi.

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