Rouen par cent chemins différents – Emmanuel Lemaire (Warum, 2018)

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Celles et ceux qui connaissent Rouen savent que l’on peut la traverser en long, en large et en travers sans jamais prendre deux fois le même chemin. La cité aux cent clochers est aussi la ville aux mille rues, faite de chemins de traverses et de faux culs de sacs.

Malgré son titre, Emmanuel Lemaire ne nous parle pas que de sa ville. On apprend rapidement que cette histoire devait être autobiographique et concernait sa vie de couple. Mais suite au départ de sa compagne, elle s’est fatalement transformée en un récit sur l’errance et la reconstruction. Emmanuel Lemaire raconte de manière subtile, tout en impressions, les conséquences de sa rupture et les moyens (parfois obsessionnels) qu’il invente pour supporter cette situation difficile, retrouver le goût des autres et des petites choses, la légèreté et le rire. En particulier ce drôle de rituel consistant à ne jamais emprunter quotidiennement le même trajet de chez lui à son travail.

J’ai eu l’occasion de découvrir le travail d’Emmanuel Lemaire lors de l’exposition « Architectures dessinées » à la Maison de l’Architecture de Normandie en 2017. J’aime bien son trait fin et dynamique, son travail sur les verticales et horizontales qui structurent ses compositions sans les saturer. Son style sied à merveille pour dessiner la Ville (Rotterdam, Rouen, Paris…), multipliant les focales, allant des plans d’ensemble aux détails d’un monument. Il sait aussi croquer des portraits attachants de ses contemporains, dressant un panorama assez juste des personnages que l’on croise régulièrement dans les rues de Rouen : un ancien collègue « l’homme au teckel », son ami Olivier le libraire (au Grand Nulle Part, pour ceux qui connaissent), un groupe de marins laotiens en escale, un punk à chien sans chien…)

Qu’elles soient graphiques ou psychologiques, Lemaire cherche les lignes de fuite. Il est en quête et trouve dans ces déambulations et ses rencontres les petits remèdes à sa morosité grimpante, une nouvelle direction à son récit et, par extension, à son existence. Rouen peut-être une ville triste. Mais elle peut, si l’on trouve les bons angles d’approches, être d’un grand réconfort.

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