Le grand pouvoir du Chninkel – Rosinski & Van Hamme (Casterman, 1988)

Le grand pouvoir du Chninkel - Rosinski & Van Hamme (Casterman, 1988) dans Chroniques BD grandpouvoirchninkel01

Au début des années 90, tout amateur de bande dessinée se devait d’avoir lu le Chninkel. A peine sorti en 1988 que cet album est devenu culte, incontournable. Pour ma part, j’ai du me forcer à l’époque pour entrer dans cette aventure car, d’une part, je n’ai jamais été attiré par Thorgal de Van Hamme et Rosinski et, d’autre part, je n’aime pas l’Héroic Fantasy ! Ca fait beaucoup de réticences à découvrir le Chninkel. Mais j’ai franchit le cap, ai laissé de côté mes aprioris et suis entré de pleins pieds dans les pas de J’on ! Sans regretter une seconde car, à peine commencé ce « one-shot », on ne peut plus le lâcher.

grandchninkel1 dans Chroniques BD

Dans cette épopée, Van Hamme à créé un univers, une atmosphère et des personnages hors du commun. Une sorte de syncrétisme scénaristique, qui réuni des références archétypales et immédiatement identifiables : la Bible bien sur, les mondes fantastiques de Tolkien ou l’Odyssée de l’Espace de Kubrick.

Ainsi en J’on, on retrouve le Christ, mais aussi Frodon. En Ar’th, Juda. « Les immortels », les chevaliers de l’Apocalypse. Nous retrouvons le monde des fées, de la divination et de la magie avec Volga, des lutins avec les Kolds et des amazones. Enfin U’n, le créateur des mondes est représenté sous la forme du grand monolithe noir. Ces emprunts sont parfaitement digérés et n’entravent en rien la force et la cohérence de cette épopée, portée par la personnalité sympathique du pauvre J’on qui doit, bien malgré lui, sauver le monde.

grandchninkel2

Rosinski use d’un noir et blanc contrasté (entre noirs intenses et blanc immaculé) apportant du relief à ses paysages majestueux et ses personnages tous plus surprenants les uns que les autres. La précision de son trait, son sens du détail pour les décors, la profondeur des yeux de ses personnages nous étonne à chaque nouvelle page. Preuve de sa maîtrise – au cas où l’on en douterait encore – il mélange allégrement des scènes de grand angle où se mêlent de nombreux personnages dans des décors très complexes, avec des scènes très épurées où le vide est employé avec justesse. Bien que la mise en page soit on ne peut plus classique, le découpage apporte un rythme soutenu qui ne retombe jamais. Tout comme J’on lui-même, on est pris dans un tourbillon d’événements incroyables et de rencontres hallucinantes.

Le grand pouvoir du Chninkel nous démontre le savoir faire évident de Van Hamme et Rosinski pour emmener leurs lecteurs dans des univers totalement dépaysant, tout en y insérant des éléments familiers. Une alchimie qui fonctionne ici parfaitement.

33889197822033343971

0 commentaire à “Le grand pouvoir du Chninkel – Rosinski & Van Hamme (Casterman, 1988)”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire


Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Du beau, du bon, des bds…

Du beau, du bon, des bds…

Mag’ & revues disponibles…

Mag’ & revues disponibles…


DuffDes!gn |
Le peuple des couleurs |
ateliers enfants |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | axecreations
| ART'S DATING - DJO CAFÉ-ARTS -
| Electivo Fotografía