La diagonale des jours – Edmond Baudoin & Tanguy Dohollau (éditions Apogée, 1995)

 

La diagonale des jours - Edmond Baudoin & Tanguy Dohollau (éditions Apogée, 1995) ladiagonaledesjours

La diagonale des jours est un ouvrage qui regroupe la correspondance dessinée des auteurs-illustrateurs Baudoin et Dohollau. Echange de sensibilité, de motifs (la femme en particulier), de réflexions sur le monde, l’ humanité, l’amour… Une ballade riche et contrastée dans l’intimité d’une relation artistique plutôt rare dans le monde du neuvième art.

Cette correspondance dessinée est née de l’admiration réciproque de deux dessinateurs. L’originalité de cette démarche n’échappe cependant pas aux règles du genre. Il n’y a pas de scénario préétabli : les auteurs abordent tout ce qui leur passe par la tête, au bout du pinceau ou de la plume. Ces dessins et dialogues, ces dialogues en dessins s’étendent de novembre 1992 à novembre 1994. (note de l’éditeur)

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Je me suis demandé au départ quel liens stylistiques, quels passerelles graphiques peut-il y avoir entre le pinceau du niçois et le crayon du breton. Tout semble les opposer. L’un ne jure que par le noir tranchant sur le blanc immaculé, l’instantanéité du geste et la prise de risque sans filet, là où l’autre grave méticuleusement des hachures grises sur des dessins réfléchis, très construits, d’un réalisme appliqué. L’un est dans le geste, l’autre dans la composition. Cependant, c’est avec surprise que je découvre dans un Circus de 1980 (n°33bis) une histoire de Baudoin intitulée le retour d’Armand, dont le graphisme ressemble étrangement à celui de Dohollau. A cette époque, Baudoin usait de ces hachures grises, de ce réalisme un peu maladroit. On sent cependant déjà chez lui une attirance pour les formes vives directes, les contrastes noir et blanc purs…

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Laissons la parole aux intéressés :  

« J.B. : Pour La diagonale des jours, c’est une démarche complètement nouvelle …

B. : Non ça c’était avec un ami, et on a correspondu réellement, et puis au bout de deux ans il m’a dit ça pourrait faire un livre, peut être … Et comme moi j’aime bien sa sensibilité … et c’est ma manière aussi, peut être, de me dire comme ça il va être édité et ça peut l’aider. Voilà, c’est un truc d’amitié.

J.B. : Pourtant c’est quand même vraiment nouveau la correspondance entièrement en bande dessinée …

B. : Au fond, moi j’ai l’impression de faire beaucoup de brouillons, beaucoup de trucs, et s’il y a d’autres dessinateurs pour une histoire comme ça, de correspondance sur le monde d’aujourd’hui et tout … ça peut donner des idées, donc pourquoi pas, hein ! … Qu’ils le fassent, qu’ils rentrent dedans, ça peut être bien.
Voilà, c’est une idée que je donne de manière de faire avec la bande dessinée … Mais je vais pas continuer, non.

J.B. : Ah bon,il n’y aura pas de suite ? …

B. : Non j’ai trop de choses à raconter avec moi même … comme ça … trop, trop … J’aurai pas assez du reste de ma vie pour raconter tout ce que j’ai à raconter … Malheureusement … Je le sais déjà …
J’ai rien, hein ! On m’a pas dit « vous avez un cancer, vous allez mourir » ! Mais je sais que je n’aurai pas assez de temps. » (Du9)

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« Ton roman graphique « Pas à pas, à l’écoute du silence«  est paru il y a peu de temps aux éditions Des ronds dans l’O. C’est l’histoire d’un dessinateur réputé, spécialisé en bande dessinée de science-fiction, qui décide de quitter Paris pour la Bretagne afin de trouver le calme nécessaire à la réalisation de son œuvre. Il y rencontre une femme, avec laquelle il se lie d’amitié. Peux-tu expliquer la genèse de ce roman, qui a la particularité de se présenter sous la forme d’une bande dessinée ?

J’avais envie de faire une histoire en bande dessinée depuis plusieurs années. En 1995 est parue une correspondance dessinée, La diagonale des jours, née d’un échange épistolaire avec Edmond Baudoin dont certains aspects faisaient penser à une bande dessinée (Baudoin étant lui-même un célèbre auteur de bandes dessinées). Depuis cette publication j’avais envie de faire une bande dessinée, mais je ne savais pas précisément ce que j’allais faire et comment j’allais la faire… J’étais pris par mon travail de librairie. Et puis il s’est trouvé que j’ai eu enfin du temps pour m’y consacrer. Au tout début, j’ai fait des brouillons d’histoires. Je voyais bien un personnage, un dessinateur…(source)

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edmondbaudoin.com

Tanguy Dohollau

2 commentaires à “La diagonale des jours – Edmond Baudoin & Tanguy Dohollau (éditions Apogée, 1995)”


  1. 0 Tanguy Dohollau 2 mar 2011 à 15:13

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  2. 1 mitchul 2 mar 2011 à 20:59

    Merci pour le lien Tanguy, je l’ai inséré dans l’article !
    Bravo et merci pour votre œuvre qu’il me tarde de mieux connaitre…

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