Into the Wild – Sean Penn (2007)

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Into the Wild nous raconte l’histoire vraie de Christopher McCandless, un jeune homme de 22 ans promis à un bel avenir, qui décide de tout plaquer et de partir à l’aventure jusqu’en Alaska. Sean Penn s’est appuyé sur ce fait divers (qui fut aussi un livre de Jon Krakauer) pour nous offrir un film sensible et émouvant. Il ne porte aucun jugement et décrit sur un mode impressionniste la quête initiatique d’« Alex Supertramp ». L’histoire nous est racontée en voix off par la sœur de Christopher. Sean Penn illustre les étapes de son parcours, de ses rencontres, de ses souvenirs… 

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Penn n’explique rien, ne justifie rien des actes d’Alex. Il s’attache seulement à retranscrire le plus sincèrement possible les émotions vécues et les sentiments partagés par les personnages. Un cinéma du sensible (et non de la sensiblerie), s’appuyant sur la force des images (des splendides décors naturels) et des situations, nous emmenant à la rencontre de personnages émouvants, authentiques… La réalisation est magistrale. Tous les éléments se combinent à merveilles, entre la photographie (magnifiques couleurs et lumières naturelles), la narration (entre récit en voix off, flash back et situations présentes), les dialogues (d’une vraie justesse), les personnages (tous attachants), l’interprétation des acteurs (tous remarquables),  la musique (les chansons d’Eddie Vedder créent une résonnance particulière avec les situations vécue par Alex), tout sonne juste, précis, en accord parfait. On suppose en amont, un véritable travail d’orfèvre, méticuleux, pour un résultat d’une fluidité et d’une légèreté déconcertante. 

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Bien plus que la retranscription d’un fait divers un peu particulier, Sean Penn nous offre un conte philosophique. Les rencontres que peut faire Alex ne sont pas anodines. Les personnes qu’il croise au hasard de ses pérégrinations représentent en fait ceux qu’il quitte, ce qu’il fuit : une mère, une sœur, un père… Non par rancœur ou une quelconque forme de revanche, mais par choix délibéré. Son changement de patronyme nous prouve qu’il cherche plutôt à fuir de lui-même, à s’échapper de ce qu’il était ou ce qu’il devait devenir. Les rencontres qui balisent ce parcours initiatique lui permettent de tester sa détermination à pouvoir se détacher des autres et partir seul dans la nature. Son ambition première semble, non pas de vivre en ermite, mais de renouer un contact perdu avec la nature. Ce qui ne veut pas dire retourner à l’état de nature, mais bien de (re)trouver sa véritable humanité. Car Alex part peut-être seul, mais il emmène avec lui son amour (et l’amour) des autres, auprès desquels il laissera une empreinte indélébile (ses derniers mots sont significatifs, lorsqu’il écrit que le bonheur ne peut qu’être partagé). 

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Alex part à l’aventure sans véritablement anticiper ce dont il aurait besoin pour sa survie. Il se prépare tout de même physiquement et ses multiples rencontres l’aident à organiser au mieux son périple dans le grand nord (on lui offre des bottes, un fusil, du matériel de pêche…). Alex est porté par une motivation qui le dépasse. Une sorte de transe « lucide » qui ne le quittera jamais, alimentée par ses lectures et ses fantasmes. Il est en paix avec lui-même et le monde qui l’entoure. Ou du moins cherche-t-il à l’être, avant d’aboutir « into the wild ». Cet appel de la nature peut être vu comme la métaphore d’une accession à une forme de sagesse, de plénitude éternelle, basée sur la contemplation de la nature sauvage et l’envie d’y vivre en osmose… Cette arrivée dans les grandes étendues d’Alaska donne lieu à des scènes surréalistes, entre la présence du Magic Bus (que fait ce bus de Fairbanks City abandonné en pleine nature ? On peut le voir comme un signe, une présence de la civilisation), ou sa rencontre avec le grizzli, l’autre prédateur des lieux. Vivre en harmonie avec la nature suppose pour l’homme de trouver sa place dans un écosystème impitoyable…

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Une noble quête, qui peut paraître vaine à notre époque, mais à laquelle Alex croit, et cherchera à atteindre coute que coute. C’est pourquoi la fin de son périple n’est pas dramatique. Au contraire, il aura été au bout de ses rêves, de sa quête, et sa mort en devient secondaire, anecdotique (même si pour la famille de Christopher, c’est un véritable drame). C’est en cela que Penn a su se démarquer du fait divers pour nous proposer une fable qui transcende son sujet. Une œuvre sublime, sans idéalisme ni misérabilisme… C’est rare.

Image de prévisualisation YouTube

http://www.intothewild.fr/

Allociné pour les photos

2 commentaires à “Into the Wild – Sean Penn (2007)”


  1. 0 Bruce 28 déc 2010 à 23:47

    Ce chef d’œuvre t’a inspiré. Bel article pour un de mes films essentiels. Bonnes fêtes de fin d’année à toi.

    Répondre

  2. 1 mitchul 29 déc 2010 à 2:01

    Merci mon frère. Bonne année itou !

    Répondre

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