Sur la piste avec Blanc-Dumont – Olivier Cassiau (Petit à Petit, 2000)

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Sympathique collection des éditions Petit à Petit, Aficionado nous propose de découvrir un auteur dans son intimité. Des albums au format à l’italienne, une mise en page claire, efficace, remplis de photo de l’artiste prises dans son atelier ainsi que diverses illustrations retraçant son parcours. Cela nous permet d’observer ce que peut être le quotidien d’un acharné de travail, qui se restreint maintenant à ne dessiner qu’une planche par semaine. Il aborde les difficultés et les contraintes liées à cette profession : le temps qu’il n’a pu consacrer à sa famille, les sentiments de doute et de solitude qu’il ressent parfois devant sa table à dessin.

Je n’ai jamais vraiment aimé la bd réaliste (je suis bien incapable de lire un Largo Winch ou un XIII…) et les albums de Blanc-Dumont ne font pas exception. Cependant, je ne peux que m’incliner devant le talent d’un dessinateur tel que lui. J’ai toujours eu de la sympathie pour « Blanc-Du » et ai toujours aimé ses illustrations (j’apprends d’ailleurs qu’il a travaillé avec Jean-Jacques Annaud sur « le nom de la rose »). J’apprécie son graphisme d’une grande classe et ses couleurs toujours parfaites (c’est sa femme qui œuvre à la coloration de ses planches).

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Blanc-Dumont a créé les personnages de Colby (sur un scénario de Greg) et de Jonathan Cartland (scénario de Laurence Harlé). Ce dernier est un peu l’antithèse du lieutenant Blueberry : Humaniste et défenseur de la cause des indiens, alors que Blueberry est individualiste et pense avant tout à sa survie. « J’ai toujours évité de faire le parallèle entre Cartland et Blueberry. Blueberry est né dans l’esprit de Charlier avec le cinéma d’après-guerre, celui de John Ford et John Wayne, puis celui de Sergio Leone. Ma génération est plutôt celle de « Little Big Man » ou de « Jeremiah Johnson ». Un cinéma qui rend hommage aux Indiens, qui cultive le mythe de l’anti-héros. Comme Cartland. C’était ma conception du western, des chroniques de l’ouest et du héros malgré lui ». 

Blanc-Dumont n’est pas Giraud. Son graphisme est plus académique, plus sage peut-être. Ce qui les réunit, c’est ce traitement quasi hyperréaliste et ce sens du détail irréprochable. Sans omettre ce goût partagé pour les enchainements de plans très « cinématographiques » (que le genre western semble irrémédiablement imposer). Que ce soient pour les décors, les costumes ou les accessoires, Blanc-Du s’appuie sur une documentation riche et précise. Sa passion des chevaux (il en possède plusieurs) fait de lui un des meilleurs dessinateurs équestres de la Bande Dessinée. Il ne pouvait y avoir d’autre dessinateur pour reprendre la série de la Jeunesse de Blueberry. Non seulement, les aficionados du lieutenant n’ont pas criés au scandale, mais dans le fond, qui d’autre que Blanc-Dumont aurait pu s’atteler aussi aisément de cette lourde tache. Il fallait un artiste de cette trempe.

Cet album est sorti à l’occasion du 5ème festival de BD de Darnetal (en 2000) dont Michel était l’invité principal et avait réalisé l’affiche. Une bien belle manière de rendre hommage à cet artiste aussi discret que talentueux.

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L’artiste dans son atelier

Blanc-Dumont sur bedetheque

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