Promenade(s) – Pierre Wazem (Atrabile, 2001)

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Restons dans les personnages aux nez pointus avec ce Promenade(s) de Pierre Wazem. Acteur actif de la bande dessinée indépendante suisse (ça en jette comme formule ça !), Wazem nous propose ici un récit très personnel, un ensemble de scénettes (pré-publiées dans la revue Bile Noire) dans lesquelles il aborde ses difficultés existentiels (sa grande tendance à l’alcoolisme, comme pour combler un vide affectif) qui relèvent de problèmes familiaux profonds.

Pierre se réveille un matin dans sa baignoire avec une bonne gueule de bois. Il ne sait s’il rêve encore ou pas, la présence d’un pingouin à grandes oreilles le fait fortement douter. En fait, il ne rêve pas mais divague dans ce qu’il appelle sa « maison-mentale », encore embué par les effluves d’alcool. Le pingouin est son « Jiminy cricket », qui n’hésite pas à lui dire des vérités qui fachent. Pierre est au stade de la mise au point. Il nous dresse un bilan de son univers (ses amis, ses amours, son quartier, sa cuisine, le café du coin, sa chambre…). Il repense également à sa grand mère et décide d’aller voir sa mère (qui étrangement, ressemble à une souris !? Encore les effets secondaires…). Comme il le dit : « Je ne sais pas trop pourquoi mais après une grosse cuite j’ai toujours envie d’aller voir ma mère. Comme si j’avais failli mourir et que je voulais revoir la source de ma première étincelle de vie. Ou quelque chose comme ça ». On découvrira ensuite son histoire et ses relations particulières avec sa mère, puis son père. Pierre est en quète et part en promenade vers ses origines. Il semble à point pour accepter et supporter ce qui en découlera…

Raconter ses traumatismes d’enfance peut s’avérer glauque, mais Wazem à su trouver la distance et le ton juste pour aborder ce délicat sujet. Son trait vif et ses dessins d’apparences maladroits (avec ses hachures « ratés ») relèvent en fait d’une grande maitrise, tant au niveau des vues d’ensembles que des attitudes des personnages. De plus, ce style « léger » en noir et blanc favorise la distanciation avec ces émotions fortes qui nous sont contées… Le titre est bien trouvé, Wazem nous emmène en promenade vers son passé, ses difficultés existentielles, familiales…  Cette promenade est aussi celle de sa mère, de son père, d’où le S entre parenthèses.

La collection Bile Blanche d’Atrabile est la soeur quasi jumelle de l’Eperluette de l’Association : même format, du moins pour cet album (22x29cm), couverture souple avec rabats et papier épais de qualité… Les filiations entre ces deux maisons indépendantes sont évidentes – en plus du fait qu’on y retrouve certains mêmes auteurs (Baladi, Peeters…) – tant elles partagent le même goût des ouvrages de bande dessinée bien faits ! Wazem cite d’ailleurs deux albums de l’Association comme étant ses « livres-totems » : Livret de Phamille et Le petit Christian. Ce Promenade(s) trouvera parfaitement sa place entre les deux…

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2 commentaires à “Promenade(s) – Pierre Wazem (Atrabile, 2001)”


  1. 0 nadiac 11 juin 2010 à 14:49

    Bonjour à vous,
    J’aime beaucoup voôtre blog sur la BD en général , ça insite à reprendre ces lectures et ça repose c plein d’humour…
    Bravo encore pour vôtre idée!!!!

    Répondre

  2. 1 mitchul 11 juin 2010 à 15:52

    Merci nadiac ! Reposant et plein d’humour, je prends comme compliments !
    et je t’incite à continuer ton blog sur sa lancée…

    Répondre

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