Archives pour mars 2010



Le petit livre des couleurs – Pastoureau & Simonnet (Points histoire, 2007)

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Passionnant ouvrage qui se lit malheureusement trop vite. Je remercie l’ami Vidocq qui m’a offert cette petite perle, qui nous permet d’en savoir bien plus sur l’origine, l’histoire et la symbolique des couleurs, qui ont bien plus de répercussion sur notre vie quotidienne qu’on n’aurait pu le croire… Pour sa culture personnelle ou pour briller en société !

Saviez-vous que les couleurs avaient une histoire ? Saviez-vous que le jaune était la couleur de l’infamie ? Savez-vous combien il y a de couleurs, de vraies couleurs à ne pas confondre avec les nuances ? Quel est leur lien avec Newton et l’économie ? Pourquoi César portait du pourpre et pourquoi la mariée n’est plus en rouge mais en blanc ? Non, ce ne sont pas des questions posées que par des enfants ?
C’est à ces questions et à bien d’autres de Dominique Simonnet que Michel Pastoureau répond avec une grande érudition et pour notre plus grand plaisir. On en voit de toutes les couleurs avec Le petit livre des couleurs.

Avec ce (trop) petit livre des couleurs, vous apprendrez une foule de choses sur les couleurs et les demi-couleurs. A travers un entretien avec Dominique Simonnet, auteur de romans et d’essais, l’auteur Michel Pastoureau, historien médiéviste et anthropologue, vous fera des révélations étonnantes et passionnantes. Elles trouvent leur source dans l’Antiquité et au Moyen-Age, le développement économique, les grandes découvertes technologiques, celle des Amériques et l’arrivée de l’indigo… etc. Vous comprendrez aussi pourquoi dans l’Antiquité une couleur était prisée pour être dépréciée, voire même tabou quelques siècles plus tard.

A chaque couleur sont attachés des symboles que l’on retrouve dans des expressions bien connues : voir rouge, rire jaune, devenir vert de rage. Ce petit livre donne une petite approche de ce monde plus ou moins caché.

Le blanc est-il une couleur ? Quelle est l’importance du mat et du brillant ? La couleur est-elle lumière ou bien matière ? Tout cela est passionnant, pratique, synthétique, facile à lire et à relire, ce petit livre des couleurs raconte tout cela avec simplicité et brio. On en redemande. (Biblioblog)

Michel Pastoureau a également écrit deux ouvrages, l’un sur la couleur bleu, l’autre la couleur noir (qui est bien une couleur !)

The Wolfman – Joe Johnston (2010)

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Après plusieurs mois sans mettre les pieds dans une salle obscure, je n’aurais pas forcement choisi d’aller voir ce film (de plus, le jour de sa sortie). Mais je n’ai pas eu le choix, c’était dans le cadre de mon boulot, (oui je sais, il y a plus pénible comme condition de travail). Comme son nom l’indique, Wolfman nous narre les mésaventures d’un homme qui devient loup garou. C’est aussi l’histoire d’une famille, supportant un lourd héritage.

Le traitement de l’histoire n’a rien d’original : scène d’ouverture exposant des faits inquiétants. L’arrivé du personnage principal dans son château natal. Retrouvaille avec son père. L’impression qu’il se passe quelque chose d’anormal. Flash back de souvenirs enfouis. Des meurtres ignobles de pauvres gens. Puis la morsure suivie de la transformation…

Des personnages prévisibles (le père autoritaire qui cache un lourd secret de famille, un fils qui affronte ses démons à travers ce père, la veuve du cadet qui tombe amoureuse de l’ainé…) pour un casting tape à l’œil, avec un Anthony Hopkins qui cabotine et un Del Toro qui joue en sous régime. Qu’est-il venu foutre dans cette production ? Un besoin de notoriété plus importante ? M’enfin, même si je ne retiendrai pas sa prestation comme une grande performance, j’ai toujours plaisir à voir jouer cet acteur.

Un film d’un grand classicisme, aussi bien dans le traitement de l’histoire que la réalisation des décors et des costumes. D’ailleurs, le look du loup garou fait référence à celui incarné par Lon Chaney, c’est-à-dire plus humain (bipède et habillé) qu’animal. Normal vous me direz, puisse que ce film en est le remake. Les couleurs sont remarquables et rendent parfaitement cette esthétique fin 19ème. Un Romantisme légèrement pompier, mais bien agréable. Les scènes se passant dans l’asile sont à mon avis les plus réussies.

Par contre, aucun doute, c’est bien un film de notre époque, usant d’effet de caméra speed, qui ne lésine pas sur la surenchère de scène gore et abuse de ces effets sonores totalement insupportables et gratuits, qui vous font sursauter à chaque fois, sans la moindre raison. Ca devient vraiment pénible ce procédé. D’autant que le son dans les salles est affreusement fort ! A quand un film flippant muet ?

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LAPIN n°41 – Revue de l’Association (2010)

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Double actualité en ce début d’année 2010 pour l’Association, qui fête ses 20 ans d’existence et par la même occasion, la première année de renaissance de sa revue phare. Quoi de mieux qu’un bon Lapin pour faire ripaille !

Pour célébrer ce double anniversaire, l’Association n’a pas organisé de soirée spéciale à Angoulême, mais le fera plutôt courant juin au Sismics Festival de Sierre, en Suisse. Esprit indépendant, fidèle à lui-même, JC Menu confirme tout le bien qu’il peut penser du festival international charentais dans l’édito de ce 41ème numéro…

Ce retour réussi de Lapin illustre la relative bonne santé éditoriale de l’Association, qui bien qu’ayant connu des périodes difficiles, se retrouvant au creux de la vague (suite les départs successifs de membres fondateurs, la concurrence de gros éditeurs marchant sur ses plates-bandes…), son catalogue n’a malgré tout cessé de s’étoffer, alliant réédition d’œuvres incontournables de grands auteurs (Forest, Gébé, Schlingo,…), d’œuvres étrangères (Bittercomix, Mattioli…), tout en conservant son rôle de découvreur, de défricheur de nouveaux talents.

N’en déplaise à certains, l’Association ne vit pas sur les ruines de son glorieux passé. Cette maison conserve un rôle actif dans le monde de l’édition. La teneur du nouveau Lapin nous le confirme avec, certes, de nouveaux auteurs encore très influencés par l’ancienne garde, mais bien d’autres apportent du sang neuf à ce Lapin loin d’être empaillé (Matthias Picard, Olivier Josso, Lucas Méthé, Henninger & Gosselin, Benoît Guillaume…), sans oublier les valeurs sures telles que Baladi ou Mahler… Bref, avec cette relève, il nous faudra compter sur l’Association pour encore vingt ans, au moins… Chouette !

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Jogging de Benoît Guillaume, récit commencé au n°38 qui se termine dans ce n°41

Kamandi (Année Zero) – Jack Kirby (Arédit / DC Comics Inc, 1979)

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Pour notre plus grand plaisir, Jean pierre Dionnet à créé son blog, depuis une petite année maintenant. L’ange du Bizarre (titre d’une des Histoires grotesques et sérieuses d’Edgar A. Poe) porte bien son nom, tant Dionnet demeure cet inconditionnel chroniqueur et découvreur d’oeuvres, d’artistes décalés et déviants, nous éclairant de sa plume avertie et sans chichis sur la part obscure, merveilleuse et inconnue de l’art.

J’y lis, en début de semaine, un article très intéressant sur la « synchronicité » (concept exploité entre autres par Carl Jung ) qu’on pourrait définir comme étant la manifestation « simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit »(Wikipedia). Puis, deux articles plus loin, un autre sur Jack Kirby, à l’occasion de la sortie de « The Collected Jack Kirby Collector Vol.7», dans lequel j’apprends (je ne suis pas d’une culture comics) qu’il n’était pas qu’un génial dessinateur œuvrant avec Stan Lee, mais un artiste complet et un scénariste plutôt prolifique.

Deux jours plus tard, je vais chez mon libraire habituel et tombe sur ce comic de Kirby, égaré parmi les albums franco-belges. Kamandi – le dernier garçon de la terre, dont il signe scénario et dessins. Hasard ou synchronicité ? En tout cas la coïncidence est amusante.

Pour le coup, je laisse la parole à Dionnet :

« [...] Il est dans la bande dessinée un artiste qui ne peut être comparé à personne dans aucun domaine, car il a tenu compte de l’époque où il est né, et visionnaire au XXème siècle comme tant d’autres au XIXème, il a inclus la machine et la seconde guerre mondiale qu’il a vécue. Il avait assez de connaissances du passé et de toutes les mythologies, et de l’avenir, la science fiction était déjà née, et assez d’expériences dans le réel (il était un peu le sosie de James Cagney, né dans un quartier pauvre et devant faire le coup de poing pour survivre à ses débuts).

Il a été souvent copié en bande dessinée mais aussi au cinéma, et même, avec une certaine révérence, par certains peintres comme Erro et par nombre de mangakas japonais, le manga étant pour moi un art très différent de la bande dessinée.

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Cet homme s’appelait Jack Kirby. Il a fait des tas de choses. Il a créé des super héros, non pas le premier, mais on pourrait presque dire le deuxième avec « Captain America », qui était aussi un symbole de l’Amérique et qui, ne l’oublions pas, s’il luttait contre les nazis, le faisait alors que l’Amérique n’était pas encore en guerre. Il était juif et cela lui semblait urgent. 

Il a créé à lui tout seul nombre de genres, depuis les Romance Comics en passant par les comics psychanalytiques. Il a fait aussi des multitudes de héros, certains qui sont connus de tous comme les « Fantastic Four » ou « Thor », mais aussi d’autres, parce qu’il ne pouvait pas tout faire et parce qu’il était chez Marvel avec Stan Lee, qui furent dessinés par d’autres comme « Spiderman », qui finit entre les mains de Steve Ditko qui d’ailleurs y a fait des merveilles. 

Et jusqu’à la fin de sa vie, il a produit énormément, sans cesse, faisant à côté des projets d’animation ou de longs métrages qui n’aboutissaient jamais, dessinant inlassablement. 

[...] Il était vraiment médium avec ses lignes de force qui n’appartenaient qu’à lui, son dessin antiacadémique au possible, qui était plus proche de l’underground en fait, que du comic book. Il y avait de l’abstraction dans ses dessins en même temps qu’une grande suggestion. Et comme quelqu’un, je ne sais plus qui, lui posait la question de comment il faisait pour abattre quatre fascicules par mois, de 22 pages, il répondit, comme si c’était naturel, qu’il dessinait, qu’il dessinait, qu’il écrivait l’histoire en même temps, comme elle venait, et qu’après il jetait les pages en trop. 

Son dessin, toujours au crayon, était si formidable, que les encreurs qui passaient après lui n’arrivaient pas à faire tous les détails. Et puis un jour il est mort, mais curieusement depuis, on ne parle plus que de lui. »

Comme le titre nous l’indique, Kamandi (au look très « rahan-esque ») est le dernier garçon de la terre. Le seul survivant de l’espèce humaine, pris en chasse par une horde de guerriers gorilles. On retrouve dans cette histoire des grands thèmes de science fiction, entre La planète des singes, Le survivant ou Je suis une légende

Kamandi croise des gangsters au look années 30, qui l’emmènent dans la ville de Chicago. Un Chicago qui bizarrement, a survécu au grand désastre, comme figé dans le temps, et peuplé de drôle de personnages vivant à l’époque de la prohibition, des tripots et des gangs. Kamandi sent bien que tout cela n’est pas normal. Il apprendra que ces personnes sont en fait des robots. Et quand il se dit : « Je me demande s’ils sont bien réels… Ils se comportent comme des acteurs », ça me renvoi au thème principal de Matrix ou Existenz

Dionnet a raison : « … au travers de Jack Kirby [...] on devine en amont tant de choses qu’on va retrouver plus tard dans le manga, la science fiction et ailleurs. »

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http://www.humano.com/blog/l-ange-du-bizarre/year/2009/month/8/1

Voir aussi sur le site Comic Box : http://www.comicbox.com/index.php/articles/oldies-but-goodies-kamandi-v1-60-dec-1978/

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