Morbus Gravis – Serpieri (Dargaud, 1986)

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Dans un monde totalement délabré, la population doit faire face à un mystérieux virus très contagieux, qui transforme rapidement les contaminés en montres répugnants et carnivores. Afin de survivre dans cet univers chaotique, où la milice de ce qui reste d’un gouvernement totalitaire est tout aussi dangereuse que les contaminés, Druuna use de ses charmes pour le moins avantageux, afin de récupérer du sérum pour son ami victime du Mal. Sa quête l’emmènera dans les tréfonds de la cité, dans laquelle elle fera de nombreuses rencontres, pas toujours heureuses, et l’amènera à découvrir l’horrible vérité sur le sort de ses semblables.

On ne présente plus Druuna, la pulpeuse héroïne du dessinateur italien Paolo Eleuteri Serpieri. Cette série, qui compte maintenant huit volumes (sans les hors-série), est devenue au fil du temps un prétexte pour l’auteur à se laisser aller à ses phantasmes les plus libidineux. Ce qui rend cette série de moins en moins intéressante. Seul ce premier volume, que l’on peut considérer comme un « one shot », trouve grâce à mes yeux. La suite se perd dans des délires mystico-pornographiques, où se mélange télépathie, paradoxe temporel, dimension parallèle… Bref, un fourre-tout scénaristique sans grand intérêt.

Par contre, le style réaliste de Serpieri, contrasté, usant de hachures pour créer les volumes est remarquable. Cette approche charnelle de la matière l’inscrit pleinement dans la tradition esthétique italienne. Le contraste chaud-froid des couleurs, entre les décors vert-bleu-gris sales et les corps ocre-rouge-orangés (corps sensuels ou corps mutilés), illustre parfaitement le thème central de cette histoire : survivre ou mourir. Les quelques scènes torrides sont la juste contrepartie de l’horreur ambiant. Pulsions de vie contre pulsions de mort. Une parabole sur le conflit psychique humain.

Un univers qui se situent au croisement de la science fiction, du gore et de l’érotisme. Si cette série a perdu de son intérêt au fil des volumes, ce Morbus Gravis, est une réussite du genre.

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7 commentaires à “Morbus Gravis – Serpieri (Dargaud, 1986)”


  1. 0 lantredejekyll 3 mar 2010 à 16:50

    Salut! Je ne serais pas aussi sévère que toi quand aux volumes de druuna qui ont suivi Morbus Gravis, perso j’ai bien aimé les suites de plus en plus surréalistes comme un cauchemar qui n’en finit pas… de toute façon on ne peut qu’apprécier le trait de Serpieri, et son héroine est certainement l’une des plus sexy de la BD! Ciao

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  2. 1 mitchul 4 mar 2010 à 0:32

    Oui, je suis peut être un peu trop radical avec les autres volumes (que je possède d’ailleurs) car ils m’ont déçu par rapport à ce premier opus. Mais comme tu le dis justement, on ne peut rester indiffèrent aux dessins de Serpieri !

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  3. 2 lantredejekyll 4 mar 2010 à 15:58

    Pas de problème! Après, c’est vrai qu’en incluant à un récit des scènes érotiques ( voir pornographique..) y a toujours le risque que ça diminue l’impact du scénario et son évolution.

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  4. 3 swamps 5 mar 2010 à 20:20

    il n y a rien à redire à l’aspect graphique de m’sieur Serpieri, mais je doute que valerie kaprisky (qui a servie de réference à druuna!)soit au courant que ce qui arrive à son avatar de papier!

    en même temps, on ne peut que la plaindre(druuna!)le scénario ne lui facilite pas la résolution de l’énigme! et même que je subodore , que parfois, cela lui plait!

    m’enfin, il est dommage que l’idée de départ tourne court , pour laisser place aux fantasmes de son créateur……….!

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  5. 4 mitchul 5 mar 2010 à 20:32

    On est d’accord l’ami, c’est pourquoi je préfère considérer ce Morbus Gravis comme un « one-shot » (pour faire « chébran ») ! ;)

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  6. 5 nantua 6 mar 2010 à 20:16

    Je passais juste pour faire un sixième commentaire car j’ai pas lu cette bd. Voilà, c’est un sixième commentaire.

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  7. 6 mitchul 6 mar 2010 à 22:36

    Merci pour ce sixième commentaire l’ami ! :)
    Et je ne peux que te recommander de lire, si ce n’est l’intégrale de la série, au moins ce premier volume !!

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