Apporte-moi de l’amour – Charles Bukowski & Robert Crumb (Mille Et Une Nuit, 1999)

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Quand l’univers de Robert Crumb croise celui de Charles Bukowski, cela créé un mélange explosif, un cocktail détonnant ! C’est en 1983 que Crumb illustre la nouvelle Bring Me Your Love. Ce n’est pas une BD, mais quelques dessins en lien avec le texte. Parution également du recueil de nouvelles Hot Water Music (Je t’aime, Albert). Crumb illustrera la nouvelle There’s no business en 1984.

Ce petit recueil illustré, traduit par Jean-Luc Fromental, contient les deux nouvelles Bring Me Your Love et There’s no business, ainsi que des repères biographique et bibliographique de Buk.  

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Le trait expressif de Crumb convient à merveille pour mettre en image les mots incisifs de Buk. Cette collaboration parait évidente, tant il existe de nombreux points communs entre ces deux artistes. Autodidactes, n’appartenant à aucunes écoles, aucuns courants, ils abordent dans leurs œuvres les affres de l’existence et les dérives de la société américaine, en nous racontant des histoires de losers misanthropes, alcooliques, lubriques et dépressifs… Ils développent tous deux une forme d’autobiographie qui ne les mets pas en valeur (loin de là) mais leur permet d’exorciser de nombreux démons. Des styles bruts, directes, sans fioritures, mais démontrant une grande maitrise. 

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Jean-Luc Fromental nous explique en postface, un autre de leur point commun, et non des moindre : La rencontre de Crumb et de Bukowski sous la même couverture n’a rien de fortuit. L’un et l’autre sont les produits du même malentendu. La vague rock les a portés au sommet de la gloire. [...] Ils vouent le même mépris pour la musique binaire et ses évangiles. La mystiques des années 60/70, dont ils sont les emblèmes, suscite au mieux leur indifférence, le plus souvent leurs sarcasmes. L’utopie hippie a fourni à Crumb la matière de ses plus virulentes satires. Son Mister Natural, dont les préceptes ineptes étaient repris au premier degré par les adeptes du Flower Power, était une caricature au vitriol des gourous délirants que virent fleurir par milliers les enfants de Thoreau sous acide. Bukowski, lui, refusait carrément d’en parler. Woodstock, les trips, le Viêt-Nam brillent par leur absence dans son œuvre. C’est pourtant le mouvement underground qui a fait d’eux ses porte-drapeaux ; les réseaux alternatifs qui les ont élevés au rang de héros et ont clamé au monde leur louanges. Les comix de San Fransisco pour l’un, le journal Open City de Los Angeles pour l’autre, les ont tirés de l’obscurité pour les projeter dans la lumière de la révolution psychédélique planétaire. 

 

 

Deux artistes sans concessions qui ne pouvaient que se compléter admirablement. Un bel ouvrage.

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« Bukrumbski »

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