Archives pour août 2009



HERMAN – Jim Unger (Glénat, 1987)

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Restons dans le dessin d’humour de grande qualité avec Herman de Jim Unger. J’ai découvert par hasard cet ouvrage (première traduction en français) et suis de suite tombé sous le charme de cet humour so british… Jim Unger est un anglais qui à travaillé au Canada. Mais laissons la parole à l’intéressé, qui se raconte mieux que personne…

Pour devenir un « cartoonist », on a besoin que d’une feuille de papier, d’un stylo à dix francs… et d’un solide sens de l’humour. Le sens de l’humour c’est le plus important ! Surtout si, comme moi, ça vous a pris trente ans pour économiser les dix francs… 

Si vous aimez les dates, sachez que j’ai débuté Herman en 1974. Auparavant, j’avais placé quelques dessins humoristiques dans un quotidien canadien, mais les lecteurs trouvaient mes dessins tellement poilants que personne ne lisait plus les éditos. Alors je me suis tourné vers la B.D. Mais ce n’était pas mon style : je me sentais prisonnier à l’intérieur de ces petites cases. Jusqu’au jour où les gens de Universal Press Syndicate ont vu ce que je dessinais et l’ont baptisé du nom d’Herman. Qu’est-ce que j’en sais moi ? Je ne connais même pas ce type. 

On me demande souvent comment j’ai débuté. Mais je ne répond jamais – surtout si mes admirateurs savent dessiner ! Car s’ils sont bons, ils ont forcément le sens de l’humour. Alors je me contente de raconter que j’ai commencé à l’armée. 

En réalité, débuter n’est pas très difficile. La véritable épreuve, c’est imaginer une nouvelle idée chaque jour. Ca c’est dur ! Il faut savoir s’abstraire de la race humaine, prendre du recul et regarder les choses telles qu’elles sont réellement. Car comment être objectif face à notre univers ? Nous sommes comme des poissons, incapables de voir l’eau qui nous baigne. 

Nos cerveaux sont programmés dès l’enfance. On ne pense pas, on apprend. On apprend ce qui est joyeux ou ce qui est triste. Et le banal, on l’oublie. Quand on regarde les nuages dans le ciel, on oublie à quel point ils nous ont parus bizarres la première fois qu’on les a aperçus par la fenêtre de la chambre d’enfants. Moi quand j’étais gosse, je n’avais pas de chambre, je me souviens que je les observais à travers une fente du plafond. 

Si Herman est drôle, c’est parce qu’il illustre le ridicule de nos comportements que nous croyons « normaux ». Car nous partageons tous les mêmes choses, les mêmes gestes, les mêmes pensées. Et pourtant, nous nous croyons uniques : voilà où débute l’humour… (Jim Unger en préface de l’ouvrage)

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Pour l’humour de l’Art – Quino (Glénat, 2007)

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On compare souvent Quino à Schultz. Deux auteurs prolifiques, mondialement connus pour leur série phare, œuvre de toute leur vie. Mais si Schultz a consacré sa carrière exclusivement à ses Peanuts, Quino lui, n’a pas œuvré que pour Mafalda. Ces deux séries possèdent de nombreuses similitudes. Elles mettent en scène des enfants (« kid strip ») qui pensent et s’expriment comme des adultes sur les divers problèmes de société. Même si Mafalda est plus politisée… Et tel Chas Addams, qui n’a pas uniquement dessiné La Famille Addams, ni Sempé Le Petit Nicolas, Quino est aussi reconnu comme un grand dessinateur humoristique, œuvrant pour la presse (culturelle, actualité…), l’illustration. 

Cet ouvrage Pour l’humour de l’Art (première édition en 1982), nous permet de prendre la pleine mesure du génie de Quino. Avec son humour à priori gentil, mais réellement mordant, il passe ici au crible les travers de l’Artiste (peintre, musicien, sculpteur, écrivain…) à la fois mégalo et peu sûr de lui, ainsi que ceux des spectateurs-auditeurs, les critiques, les commanditaires… Tout en partageant ses réflexions sur la création, l’art moderne, les nouvelles technologies…

Virtuose du dessin, son trait rond,  »tremblotant » et pourtant dynamique est d’une précision imparable. Rien n’est fait au hasard, le moindre pli de manche, la posture des personnages, les expressions des visages… Une richesse dans les détails qui n’entrave en rien la lisibilité de ses dessins. Tout est minutieusement réfléchi, alors que chaque dessin donne l’impression d’être fait sur le vif… Quino maitrise autant la technique du gag en dessin unique (sans textes pour la plupart), que la planche séquencée propre à la bande dessinée (avec quelques phylactères). Admirable.

Sempé, un autre de mes maîtres, français né en août 1932 (je suis né en juillet 1932), que je considère, avec moi, comme un des derniers exposants d’un genre d’humour en extinction, l’humour humaniste, qui n’est pas corrompu par la satire de la politique du moment. Ses dessins, ainsi que les miens, ne produisent pas le fou-rire, ils doivent être regardés attentivement, même réfléchis. Disons que je le considère comme un frère, pas de sang, car je ne l’ai vu qu’une fois et rapidement, mais comme un « frère d’encre ». (Quino)

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http://www.quino.com.ar/frances/quino_bio30.htm

CASES DEPARTS – Olivier Ka (Petit à Petit Editions, 2003)

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Je n’avais pas encore d’ouvrage des éditions Petit à Petit, voilà qui est chose faite. Installée à Darnétal -la ville normande de la BD, avec son Festival (14ème édition cette année) de l’association Normandiebulles, Fariboles (coucou à l’ami swamps !) et même Leblon-Delienne à ses débuts- cette maison d’édition nous propose depuis sa création un catalogue riche et varié, des projets originaux, des ouvrages de très bonne facture, de beaux livres jeunesse et des bandes dessinées. Petit à Petit est surtout connu pour sa série des Chansons de (Gainsbourg, Dutronc, Brassens, Brel, etc.) en BD.

« L’aéroport est un lieu de fantasmes, de rêves et d’évasion. Transitoire et impersonnel, il appartient à tout le monde. Les dix histoires de Cases Départs s’intéressent à des personnages imaginaires, qui s’approprient pour un instant un fragment de cet endroit de passage, en y injectant ici une once d’humour, là un poil de poésie. Dix histoires décalées pour voir l’aéroport autrement ». (quatrième de couverture)

Cet ouvrage collectif comprend dix histoires entrecoupées de dix poèmes illustrés. Tous écrits par Olivier Ka et interprétés par des dessinateurs et illustrateurs connus (Bouzard, Rabaté, Edith ou Alfred, pour leur première collaboration) d’autres moins, mais tous vraiment talentueux. Olivier Ka est un auteur prolifique, un des meilleurs de sa génération. Il excelle dans la plupart des formes littéraires (chronique, jeunesse, nouvelle, roman, scénario, poésie…) et jongle aisément avec les genres (surréaliste, fantastique, absurde, humoristique ou tragique). Ce Cases Départs nous raconte des histoires tantôt réalistes, tantôt fantastique, concoctées avec une bonne dose d’humour (absurde, quelques fois noir ou bon enfant) et toujours cette pointe de mélancolie propre à l’univers d’Olivier Ka.

Image de prévisualisation YouTube

Petite animation réalisée par un étudiant hollandais. Elle est tirée de l’histoire Le Spectateur…

http://olivierkaontheweb.free.fr/

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