Vampyr ou L’Etrange Aventure de David Gray (Carl-Theodor Dreyer, 1932)

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Vampyr est un chef d’œuvre du septième art qui, avec Nosferatu de Murneau et Dracula de Tod Browning, forme le triptyque parfait du film de vampire. Il fut longtemps resté invisible dans sa forme définitive car de nombreuses bandes furent coupées et perdues. Le montage de cette nouvelle version, qui tient compte des indications posthumes laissées par le réalisateur, fut effectué par la cinémathèque française.

Chacun des plans, des cadrages, sont d’une rare beauté. Le travail du son associé aux contrastes forts des images, aux effets spéciaux (surimpressions, ralentis) renforce la dimension onirique de l’histoire, dans laquelle on ne sait jamais quel est la part de réel des événements vécus par le personnage principal. Une pure merveille d’esthétisme, emplie d’images et de séquences fortes (le mouvement inversé d’un homme creusant une tombe, le passeur avec sa faux, David qui se voit dans son propre cercueil, etc.) depuis longtemps ancrées dans (ou tirées de ?) notre inconscient collectif.

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Vampyr semble hanté par l’immatérialité des images cinématographiques. Dreyer fait ainsi montre d’une virtuosité technique et d’un goût du trucage qu’on ne retrouvera dans aucun de ses autres films : images d’extérieur surexposées et voilées, intérieurs très contrastés, ombres mouvantes, surimpressions, images défilant à l’envers, ce luxe d’effets contribue à créer l’atmosphère angoissante propre au récit fantastique en même temps qu’il invite à une réflexion sur la nature des images et leur complicité avec la mort. Le film restera ainsi célèbre pour cette séquence d’une rare audace où la caméra filme un enterrement en adoptant le point de vue du mort. (Wikipedia)

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Librement adapté d’une nouvelle de Sheridan Le Fanu, Vampyr ou l’étrange aventure de David Gray nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui s’installe un soir dans l’auberge du village de Courtempierre. Pendant la nuit, un vieillard lui rend visite pour lui demander de l’aide car sa fille est malade, et lui confie une enveloppe à n’ouvrir qu’après sa mort. David répond à son appel et se rend au château du vieil homme et de ses deux filles (Gisèle et Léone, cette dernière étant malade) guidé par d’étranges ombres. Il arrive trop tard pour sauver le vieil homme qui meurt sous ses yeux. Il réconforte de son mieux Gisèle puis ouvre le paquet, qui contient un livre expliquant les méfaits des vampires et le moyen d’y remédier. Dans l’entrefaite, Léone à quitté son lit de malade…

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Après La passion de Jeanne D’Arc, succès critique mais demi-échec commercial, Carl Dreyer entreprend son premier film parlant. Il devient son propre producteur, aidé par les capitaux d’un jeune mécène hollandais, le baron de Gunzburg qui sera l’interprète du personnage principal, David Gray (Allan Gray dans la version allemande). Vampyr fut tourné en France, principalement à Courtempierre, près de Montargis, sans son synchrone, puis synchronisé ultérieurement à Berlin en trois langues (allemand, français et anglais). Dreyer tira un parti extrêmement intéressant des effets sonores étroitement mélangés aux dialogues et à l’excellente partition musicale de Wolfgang Zeller. Peu de films donnent un tel sentiment d’étrangeté et d’inquiétude. Même s’il n’est pas toujours retenu par les tenants du genre en raison même de sa marginalité, Vampyr est un grand classique du cinéma fantastique. (80 Grands Succès du Cinéma Fantastique)

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Je connaissais Vampyr de référence depuis longtemps, mais je n’ai eu l’occasion de voir (et revoir) ce chef d’œuvre que depuis peu, sur Ciné FX, LA chaine des amateurs de cinéma fantastique !

2 commentaires à “Vampyr ou L’Etrange Aventure de David Gray (Carl-Theodor Dreyer, 1932)”


  1. 0 nantua 23 août 2009 à 21:47

    Bravo pour cet article inspiré. je l’ai vu il y a très longtemps et il m’avait effectivement marqué. De lui je retiendrai aussi Ordet dont j’attends impatience que mon cinématographe préféré repasse.

    Dernière publication sur carnet à dessins : Les z'amis

    Répondre

  2. 1 mitchul 23 août 2009 à 23:04

    Merci l’ami ! je me suis tout de même fait aidé par Wikipédia et Monsieur Cinéma pour trouver les mots justes et ne pas trop dire de conneries…

    Répondre

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