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Archives pour juillet 2009



Roland Topor ou le rire étranglé (Buchet Chastel, 2007) / Topor traits (Scali, 2007)

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Topor toujours et encore… Je ne me lasserai jamais de découvrir son œuvre aux multiples facettes… Et même s’il est très difficile de se procurer ses livres, on a eu la chance de voir sortir récemment pas moins de 4 ouvrages sur le très talentueux Topor (à l’occasion des 10 ans de sa disparition en 2007). Ainsi qu’une réédition (chez Attila), sous le titre Défouloir, de deux recueils historiques de ses dessins cruels : Les Masochistes (1960) et La Vérité sur Max Lampin.

Comme le dit très bien l’entarteur littéraire Noel Godin (dans Siné Hebdo n°41) : Topor a du bol. Les quatre moelleux ouvrages axés sur ses frasques, parus ces dernières années, assortis d’une tripotée d’illustrations pimentées, sont tout à fait au poil et ne font pas quadruple emploi. Les fanas de TTT (soit le turbulent touche-à-tout Topor) ne se sentiront pas pigeonnés par Topor, l’homme élégant, orchestré par Christophe Hubert (Les cahiers de l’humoir, Hermaphrodite) ; (Presque) tout Topor, de Laurent Gervereau (Alternatives) ; Topor traits, de Daniel Colagrossi (Scali) et Roland Topor ou le rire étranglé, de Frantz Vaillant (Buchet-Chastel), une ébésillante bio.

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Je me suis pour ma part procuré ces deux derniers ouvrages. Roland Topor ou le rire étranglé est une excellente biographie qui nous en apprend beaucoup sur sa vie d’artiste et sa vie d’homme. Sur la relation privilégiée qu’il entretenait avec son père Abram, artiste peintre, qui l’a soutenu (sans le forcer) afin de devenir un artiste accompli, libre et heureux de faire ce qu’il désir. Le désir justement, la passion, sont les véritables moteurs de l’œuvre toporienne.
Topor était un personnage unique, entier. Qu’il soit en famille, en train de créer ou au zinc, Topor restait Topor, dont le rire légendaire était le ciment de cette personnalité complexe.

L’ouvrage de Daniel Colagrossi, Topor traits, est admirable. L’auteur a pris des centaines de clichés de son ami (entre 1985 et 1997, lors de rencontres amicales, d’expositions…), qu’il n’a développé que 3 ans après la mort de Roland
La magie de la photographie opère : Topor ressurgit à travers la nostalgie et l’amitié qui se dégagent de ces images en noir et blanc. Un album de famille se dessine. Pour confronter ce travail sur l’image, Daniel Colagrossi propose à des proches de l’artiste de lui rendre hommage en livrant leur témoignage. Lettres, poèmes, dessins, documents s’accumulent. Pour couronner le tout, Nicolas Topor, le fils de l’artiste, dévoile une centaine d’œuvres inédites de son père, publiées pour la première fois dans cet ouvrage…
Ces témoignages d’affections et ces documents inédits nous permettent d’en savoir un peu plus sur la personnalité de cet artiste hors-normes et inclassable !

Image de prévisualisation YouTube

Film réalisé et monté par Frantz Vaillant

IDEAL CRASH – dEUS (Island, 1999)

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Voici un compte-rendu de l’ami Bruce qui décrit parfaitement cet album pop-rock indispensable by dEUS (je l’emmenerai aussi sur l’île déserte ! Cela va devenir une coutume de mettre les bons articles des amis…

D’entrée « Put The Freaks Up Front»  met tout le monde d’accord en France : On ne déblatéra plus la moindre blague sur les Belges. Ensuite « Sister Dew» , merveilleuse ballade sombre et torturée, en remet une couche : le plus grand album britannique ne vient donc pas de Manchester mais d’Anvers.

Le Songwriting est absolument parfait. L’état de grâce continuera sur toutes les plages suivantes avec comme point d’orgue « Instant Street»  qui sonne comme le plus grand titre des 20 dernières années, implosant dans un final apocalyptique des plus réjouissant. « The Magic Hour» , « Magdalena» , « Everybody’s Weird»  et « Dream Sequence #1» sont aussi de parfaits exemples de cohérence à l’univers tout aussi mélancolique qu’explosif.

« The Ideal Crash»  est un album qui donne la pêche et du baume au cœur, qui possède multiples changements de rythmes, aux idées musicales nombreuses, aux redoutables refrains et couplets, une virtuosité pop-rock à tomber par terre, d’un perfectionnisme sidérant.

Les égos et les multiples déformations du groupe n’auront rien pu y faire, Tom Barman a reprit de belle manière le navire et il trouvera enfin la formation qui lui manquait pour les suites « Pocket Revolution»  et « Vantage Point» . Deux albums qui n’auront pas cette cohésion et cette beauté, mais où son chant par contre sera d’une évolution notable.

« The Ideal Crash»  est un album élégant et poisseux, doux et orageux, obsédant et galvanisant. Une œuvre d’Art précise et authentique. Oui, une putain d’œuvre d’Art ! Cela fait à présent dix ans que je ne cesse d’écouter ce paradis auditif et même si les américains n’ont pas eu cet album sur leur sol, il faut bien se rendre à l’évidence : dEUS porte terriblement bien son nom.

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dEUS, millésime 1999

BRIGHTEN THE CORNERS – Pavement (Domino Recording, 1997)

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Découvert sur le tard, à l’époque de leur album Terror Twilight en 1999, Pavement ne m’a pas séduit immédiatement. Il faut dire que ce dernier album n’est pas le plus représentatif de leur univers lo-fi (production plus léchée, plus propre), même si après plusieurs écoute, il demeure totalement cohérent dans leur discographie, et s’avère être un sacré bon album. A l’époque, l’ami Ahmede m’avait enregistré un best-of sur cassette (et oui, ça se faisait encore il y a peu) dans lequel les morceaux venaient de tout leurs albums. J’ai mordu à l’hameçon Pavement avec les chansons de Woowee Zoowee (Rattle by the rush, Grave architecture, We dance…), Crooked Rain Crooked Rain (Silence kid, 5*4=Unity, Stop breathin’…) et surtout Brighten the Corners (Stereo, Shady lane, Passat dream

C’est-à-dire le Pavement qui sort de la production punk-underground de Slanted & Enchanted et privilégie plutôt les ambiances et structures pop-rock branques, dans la ligné de ces groupes indé-ricains tels que Sonic Youth, Pixies, Gun Club ou Violent Femmes… Et dans ce jeu des références, on peut même remonter jusqu’au Creedence Clearwater Revival ou Neil Young, sans oublier les anglais de The Fall ou Echo and the Bunnymen… Un enfant qui ne parait pas se prendre au sérieux et s’amuse avant tout à produire de bonnes chansons, sans chercher à se donner un genre. Un groupe authentique, qui influence les plus grands (Malkmus est un des song-writers préféré de Thom Yorke) ainsi que la nouvelle garde du rock indé (Broken Social Scene, Cold War Kids…)

Brignten the Corners est pour moi leur meilleur album tant il sonne de façon cohérente de la première à la dernière note, sans temps mort. Ce sentiment d’improvisation prééminents sur leurs précédents albums est encore présent, mais plus tout à fait le même. Chaque morceau me donne l’impression d’être produit exactement comme il fallait pour mettre en valeur le song-writing de Malkmus, sans approximations. Ses textes (We are underused, Transport is arranged, Old to begin…) abordent les difficultés existentielles de sa (ma) génération (la fameuse X). Une rythmique décalée par rapport à la mélodie, une basse ronde et groovante,  un chant (Malkmus, mais aussi Kannenberg) toujours à la limite du déraillement, de la fausse note. Des chansons parfois pop-naïves, à la rythmique acoustique, associées à une production post-grunge et ses guitares distordues. Un parfait équilibre entre puissance et finesse.

Un album riche, abouti, complet (entre énergie punk et atmosphères pop), généreux (il y a des idées pour 3-4 chansons dans chacune d’elle). Certainement leur plus commercial, mais du commercial comme ça, je veux bien en entendre tous les jours. En un mot : parfait (même ses imperfections sont parfaites) ! Mon album rock pour l’île déserte…

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Sous les Pavement, la plage !

L’Album Goscinny – Phil Casoar & Jean-Pierre Mercier (Les Arenes, 2002)

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Sorti en 2002 aux éditions « Les Arenes », l’Album Goscinny est un superbe ouvrage de Phil Casoar et Jean-Pierre Mercier. Les auteurs ont surtout accompli un formidable travail d’archiviste (avec l’aide précieuse d’Anne Goscinny, la fille de René) en nous proposant, non pas une énième biographie, mais un recueil de textes inédits, introuvables, BD cultes, pages d’anthologies… L’oeuvre de Goscinny y est passé en revue, de 1959 à 1974, c’est-à-dire de la création de Pilote à son départ de la rédaction (il s’investira pleinement dans le cinéma durant ses 3 dernières années).

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Autoportrait

Découpé en sept chapitres – pour nous guider dans cet album, Bruno Léandri s’est amusé à pasticher le journal intime de Chaprot, de la petite école à la fac – chacun d’entre eux nous offre son lot d’images et de textes inédits. Beaucoup de textes inédits de Goscinny, un régal ! Pas de nostalgie dans cet ouvrage, tant son humour et son style demeure toujours aussi moderne, hors du temps. Il a accompli une œuvre admirable (en tant que scénariste et rédacteur en chef), dont on est loin d’avoir fait le tour…

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A l’occasion des 30 ans de sa disparition en 2007, Pascal Ory a sortie une biographie définitive de Goscinny, sobrement intitulée : Goscinny, la liberté d’en rire, que je suis en train de dévorer… Goscinny voulait avant tout être dessinateur. Jusqu’à l’age de 30 ans, il avait l’ambition de devenir illustrateur (comme Cavanna, l’autre monstre de la presse des années 60-70). Mais déjà, il scénarisait lui-même toutes ses histoires. Il est d’emblé un auteur complet…

Voici quelques dessins du jeune Goscinny. Durant les années 1940-44, ses caricatures mettent très vite en scène les acteurs principaux de l’actualité : De Gaulle, Churchill, Hitler, Mussolini…

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« Je ne lache une image que quand je ne peux plus mettre de gags dedans »

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L’inspecteur Dick Dicks, scénarisé et dessiné par Goscinny…

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MAUVAIS REVES – Imagex (Artefact, 1983)

 

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La bande dessinée peut avoir des vertus thérapeutiques pour ceux qui la pratique. Comme tout Art, la bande dessinée est un moyen d’expression privilégié qui peut servir de défouloir, d’exutoire et apporter du mieux être (mais je suppose aussi beaucoup de souffrance lors de la réalisation) à celui ou celle qui produit une oeuvre. De là à dire que tous les artistes (donc les auteurs de BD) sont de gros névrosés, ou carrément de vrais malades mentaux, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. Ils ne le sont pas plus que ceux qui admirent leurs oeuvres.

Par contre, quand je lis ce Mauvais Rêves d’Imagex, je ne peux m’empêcher de penser qu’il a été écrit et réalisé par quelqu’un de plutôt perturbé. Cet album a dû être une véritable catharsis, tant l’auteur y exprime des angoisses profondes, infantiles (plus encore que Burns et son Black Hole)Mauvais Rêves où la bande dessinée à visées thérapeutiques… 

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Edité chez Artefact (ancienne maison de bonne facture au catalogue underground : Shelton, Crumb, Volny, Schlingo…), Mauvais Rêves nous présente sept récits (dont certains furent publiés dans la revue Viper), racontés chacun du point de vue d’un enfant victime, qui subit les événements.

La première histoire se passe dans un hôpital psychiatrique. Julien (dans La vie débile) entend la voix de sa grande sœur, qui l’incite à faire ce qu’elle veut. Et cela se termine mal, mais pour un des deux seulement… La deuxième (Le vélo) nous raconte une histoire de vol de vélo qui ne dérange pas tant que ça la victime. La troisième (Dans les tours) où des enfants apprennent à leur dépend que la gourmandise est un vilain défaut. La quatrième (Grand père est mort) nous parle d’enfants battus, d’inceste… La cinquième (Papa Goldorak), où un enfant croit être sauvé par Goldorak, qui est en fait un braqueur déguisé. La sixième (Le cri) nous parle d’un enfant séquestré dans un placard par ses parents qui se promet que la prochaine fois, il criera ! Et la dernière (Mauvais rêves), l’histoire d’un gamin persuadé que ses parents sont des extra-terrestres… Entre cas cliniques et situations fantastiques, ce recueil peut paraître sordide ou glauque. Heureusement, il contient d’une bonne dose humour noir. 

En quoi cet album est bon ? Par le fait que tout les éléments qui le composent (histoires, dialogues, graphisme, couleurs, mises en pages, etc.) se complètent parfaitement autour de la thématique centrale. Imagex possède un trait « amateur » très dynamique et pas vraiment académique. Il utilise la bichromie, dont le contraste chaud-froid (rouge-bleu) est dominant. Ces ambiances bleu-nuit sont remarquables. Il joue beaucoup avec les effets de trame.

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Il n’y a quasiment aucune info de dispo sur Imagex, si ce n’est ce texte de Philippe Annocque : Et à propos de rêves, ou plutôt de cauchemars, le mot de la fin ce sera pour Imagex. Imagex, je n’ai jamais su si c’était un homme ou une femme qui signait comme ça ; j’ai souvent pensé que c’était une femme. Dans quelques numéros d’ (A suivre) (qui pour le coup ne se suivaient pas), il y a une histoire étrange (achevée ? je ne m’en souviens pas), Colonie de vacances racontée par une petite fille, dans son journal intime plein de fautes. La colonie est au bord de la mer. Il y a deux garçons de son âge avec elle. Les autres enfants, les monos, tout le monde a disparu. Disparu il y a tellement longtemps que les enfants depuis le temps auraient dû grandir. Au lieu de grandir, une queue leur pousse, et ils apprennent à voler. Sauf un des garçons, mais lui il peut faire tomber les avions de guerre qui passent dans le ciel.Je sais qu’Imagex a publié sous ce nom un autre album, Mauvais rêves, chez Artefact (je le sais parce que je l’ai). Mais je ne sais rien de plus.  

Imagex n’aurait à priori sorti que ces deux albums (Mauvais Rêves et Colonie de Vacanse)…

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